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Bouton de la Rubrique Grand Angle

Liberté religieuse et objection de conscience

Australie : un projet de loi controversé

Depuis plusieurs années, l’Australie a connu un débat intense sur la liberté religieuse à propos de plusieurs questions pouvant donner lieu à des discriminations (secret de la confession, critères d’embauches, mariage homosexuel). L’archevêque de Sydney avait exprimé son inquiétude : «Nous ne pouvons pas tenir pour acquise la liberté de tenir et de pratiquer nos croyances ; même ici, en Australie, […] des intérêts puissants cherchent maintenant à marginaliser les croyants et les croyances religieuses, en particulier les chrétiens, et à les exclure de la vie publique».

Parlement de Canberra
Le Parlement de Canberra

Dans ce contexte, un ensemble de lois visant à lutter contre les discriminations basées sur «la religion, les croyances religieuses ou l’absence de croyances» a été présenté par le procureur général de l’État australien de Tasmanie. Ce projet créerait un commissaire à la liberté religieuse à la Commission australienne des droits de la personne. Or, cette initiative est très controversée. Si la Conférence des évêques catholiques d’Australie a qualifié le projet de loi de «reconnaissance importante du droit à la liberté de religion», elle a aussi averti qu’il n’était pas suffisant dans plusieurs domaines clés (les établissements de santé et ceux d’enseignement en particulier). Le groupe de réflexion juridique chrétien Freedom for Faith a affirmé que le projet avait «une portée très limitée pour les organisations religieuses de conserver leur ethos et leur identité et, inversement, une portée étendue pour la suppression de la liberté de parole». L’ancien juge de la Haute Cour Michael Kirby a affirmé quant à lui que le projet favoriserait l’intolérance et l’extrémisme religieux.

Se voulant rassurant, le procureur général a prévenu que «ces lois protégeront les personnes victimes de discriminations, mais ne les autoriseront pas à discriminer d’autres personnes à leur tour ou à proférer des discours de harcèlement ou à caractère diffamatoire.» Les textes seront présentés au Parlement fédéral en octobre.

Source : Catholic News Agency

Pendant ce temps-là, aux États-Unis la liberté religieuse est attaquée via la clause d’objection de conscience des personnels de santé et des service sociaux privés

Pour la deuxième fois en deux jours, un juge fédéral américain a conclu que la Clause d’objection de conscience des personnels de santé mise en place par le gouvernement Trump est contraire à la loi. Dans un jugement du 7 novembre dernier, un juge de Washington a émis un jugement défavorable au Ministère de la Santé et des Services Sociaux suite à une plainte déposée par l’État de Washington.

Cette clause de conscience stipule que les personnels de santé ne peuvent être contraints de participer, de fournir ou de payer des actes contraires à leurs convictions, comme des avortements, des stérilisations ou des suicides assistés. Elle devait entrer en vigueur en juillet, mais sa mise en place a été retardée au 22 novembre en raison de plusieurs actions en justice.

Ces jugements précisent que tous les citoyens ont droit à l’ensemble des services de santé et que l’objection de conscience fragilise les populations rurales et les pauvres qui n’ont pas d’autre alternative que leurs structures médicales locales, tout comme les personnes LGBTQ qui souffrent déjà d’une discrimination dans l’accès aux soins, qu’il s’agisse d’avortements, d’actes chirurgicaux transgenres ou d’autres «soins».

La Cour Suprême
La Cour suprême

Aux États-Unis, l’histoire de l’objection de conscience est mouvementée depuis l’arrêt de la Cour suprême Roe/Wade, qui a permis la légalisation de l’avortement tout en préservant l’objection de conscience. Celle-ci fut ensuite renforcée par l’administration Bush et fragilisée par l’administration Obama. En réponse aux mesures prises par l’administration Trump, une coalition regroupant 19 États, des autorités territoriales et des associations pro-avortement, comme la Fédération nationale du Planning familial, a déposé plainte.

Le directeur du Bureau pour les droits civils du ministère de la Santé et des Services sociaux a déclaré en conférence de presse que son bureau n’avait reçu que huit plaintes de violation de la clause d’objection de conscience en huit ans, et qu’il en reçoit maintenant plusieurs centaines. À ce jour, on ne sait pas si ces jugements vont faire l’objet d’un appel de la part du ministère.

Dans le même temps, l’association chrétienne pour l’adoption d’enfants New Hope Family Services, bien établie, se bat contre les services de l’État de New York, qui veulent la cessation de ses activités, car elle refuse des placements auprès de couples non mariés ou de couples de même sexe. Elle a fait un recours et obtenu une suspension de la mesure. New Hope Family Services a déclaré avoir placé plus de 1 000 enfants, gérer une centre d’accompagnement des femmes enceintes et une agence de placement en famille d’accueil.

Source : Catholic News Agency

Au Mexique : un projet de loi sur l’objection de conscience dans l’État du Nouveau Léon

Le 10 novembre, l’archevêque de Monterrey, Mgr Rogelio Cabrera López, a déclaré qu’il soutenait la réforme de la loi sur les soins de santé dans l’État mexicain du Nuevo Leon, réforme permettant aux médecins et aux infirmières de faire objection de conscience pour ne pas participer à des procédures comme l’avortement : «Les médecins et les infirmières ont le droit de faire respecter leurs convictions morales, spirituelles et personnelles, mais jamais au détriment ou au mépris de quiconque», a-t-il déclaré.

Source : Catholic News Agency

Conférence épiscopale américaine et pape François : une mise au point nécessaire

Le 5 novembre est paru aux États-Unis un livre d’Austen Ivereigh’s intitulé Wounded Shepherd (Le berger blessé), dans lequel l’auteur fait état d’un conflit entre les évêques américains et Rome suite à l’affaire McCarrick.

Le 7 novembre, la Conférence épiscopale des États-Unis (USCCB) a publié une déclaration affirmant que ce livre «perpétue un mythe malheureux et inexact selon lequel le Saint-Père rencontre une opposition parmi les dirigeants et les membres de la Conférence épiscopale des États-Unis».

Monseigneur Stanislas Lalanne

Ivereigh affirme en effet que les propositions pour un code de conduite des évêques et des commissions laïques à la suite du scandale McCarrick – qui ont ensuite été rejetées par Rome – visaient à contourner l’autorité romaine. Or, son récit a été qualifié de «faux et trompeur» par James Rogers, le porte-parole de la Conférence des évêques américains : les propositions devaient être votées lors de l’assemblée générale des évêques américains de l’automne 2018, mais, sur l’indication de Rome, le cardinal DiNardo a retardé ce vote, et cette décision du cardinal «est un signe clair de la collaboration et de l’obéissance du cardinal et de ses frères évêques envers le Saint-Père», affirme Rogers.
Il ajoute : «Lorsque le pape François a annoncé la nouvelle loi universelle de l’Église établissant un programme mondial de protection, le cardinal DiNardo a fortement soutenu les mesures et s’est empressé de faire en sorte que les propositions de la Conférence soient prêtes pour les votes en juin de cette année et soient complémentaires au programme du Saint-Père lui-même.» Ainsi, conclut-il, «grâce aux actions décisives du pape François et de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, l’Église est un lieu plus sûr pour les enfants et les adultes en situation de vulnérabilité».

Source : Catholic News Agency

La crise des abus sexuels dans l’Église

Congrès sud-américain sur les abus sexuels dans l’Église

Lors du sommet latino-américain sur la prévention des abus pédosexuels commis par des clercs en Amérique latine organisé par le Centre pour la protection des enfants de l’Université catholique du Mexique du 6 au 8 novembre derniers, Mgr Luis Manuel Alí Herrera, évêque auxiliaire de Bogota (Colombie) et membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, a déclaré devant 450 personnes (évêques, prêtres, religieux et religieuses et laïcs de presque tous les pays d’Amérique latine) que si les «gringos du Nord» avaient pris des mesures importantes pour lutter contre ce problème, «sa propre région n’avait pratiquement rien fait» en ce qui concerne la protection des enfants contre les abus cléricaux.

Rappelant que, dès 2011, la Congrégation pour la Doctrine de la foi avait demandé à chaque conférence épiscopale du monde de produire un ensemble de directives de base pour répondre aux allégations d’abus dans l’Église catholique, Mgr Herrera a souligné que «Pendant toutes ces années, et après toute cette documentation, nous avons [encore] eu des cas en Amérique latine qui nous ont bouleversés : au Mexique, feu le père Marcial Maciel ; au Pérou, le laïc Luis Fernando Figari ; au Chili, Fernando Karadima.» Il a ajouté que, malgré quelques signes d’espoir, les initiatives qui se déroulent dans la région sont pour la plupart isolées, et que certaines conférences épiscopales doivent encore prendre conscience de la gravité de la situation.

Le prélat a défini des priorités, notamment la protection des enfants et des personnes vulnérables en toutes circonstances et la création d’environnements sûrs. Il a affirmé que les victimes doivent être au centre et doivent percevoir que l’Église catholique se préoccupe de leur rendre justice : «Que nous n’avons pas peur de la vérité, que nous nous préoccupons de la réparation intégrale, et que nous nous engagions à ce que ces événements ne se reproduisent plus.» Les familles doivent savoir que «l’institution ne se retient pas dans ses efforts pour protéger leurs enfants, en agissant de manière professionnelle, en collaboration avec la société et les autorités civiles.»

Source : Crux

Royaume-Uni : intervention du Cardinal Nichols devant la Commission indépendante d’enquête sur les abus sexuels

Le cardinal Nichols
Le cardinal Nichols

Au cours d’une audience d’enquête indépendante sur les abus pédosexuels commis dans diverses institutions du Royaume-Uni – y compris l’Église catholique, l’Église d’Angleterre et des membres du Parlement –, le cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster, a admis le 8 novembre dernier qu’il n’avait pas traité correctement une accusation d’abus dans son archidiocèse, en ne répondant pas aux courriels d’une femme qui prétendait avoir été abusée sexuellement par un membre de l’ordre des Servites et qui a été décrite comme «agressive passive» et «profondément manipulatrice» par les prêtres et les fonctionnaires de l’archidiocèse. Il a également reconnu que la maltraitance des enfants est un problème répandu dans l’Église catholique, mais qu’il lui a été très difficile d’agir sur ce point.

Mgr Nichols a également rappelé l’inviolabilité du secret de la confession, affirmant que le gouvernement ne doit pas obliger les prêtres à le trahir : «Je défendrai absolument le sceau de la confession», a-t-il déclaré, ajoutant que l’histoire avait vu de nombreux prêtres tués pour avoir refusé de révéler ce qu’ils avaient appris dans une confession. «On pourrait en arriver là, mais le sceau de la confession est d’une nature sacrée et se trouve au cœur du ministère sacerdotal agissant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Le sceau de la confession est une partie essentielle de l’exercice du sacerdoce comme lien entre mon humanité pécheresse et la miséricorde de Dieu».

Mgr Nichols a précisé que non seulement il n’avait jamais entendu un pénitent avouer la pédophilie, mais qu’il n’avait jamais entendu une victime d’abus pédosexuels décrire ce type d’abus au confessionnal. D’autre part, il pense qu’il serait très improbable qu’un agresseur d’enfants aille se confesser, surtout s’il ne croit pas que sa conduite est un péché.

Source : Catholic News Agency

Rédaction SRP

Photos : Maksym Kozlenko ; Joe Ravi ; James Bradley / Wikimedia Commons

 

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