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L’Église de France réunie à Lourdes

Les évêques sont actuellement réunis à Lourdes pour leur assemblée générale annuelle. Pour la première fois cette année, chacun d’eux est accompagné de deux laïcs de son choix. Le thème principal de la réunion est l’écologie intégrale, dans la droite lignée de Laudato Si et du synode pour l’Amazonie, mais le problème des agressions sexuelles dans l’Église et les premiers résultats de la Commission Sauvé sont également au programme.

Dans La Vie du 4 novembre, Jean-Marc Sauvé (le président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église) dresse le bilan de son action dans un entretien avec Sophie Lebrun. Il envisage de faire un «tour de France» pour rencontrer les victimes qui n’ont pas entendu l’appel à témoignage pour une période s’étendant des années 1950 jusqu’à aujourd’hui.

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«Ces témoignages, nombreux, sont encore très insuffisants au regard de l’ampleur prévisible des abus sexuels commis sur la période de 70 ans sur laquelle nous enquêtons, de 1950 à aujourd’hui. Les personnes qui ont reçu une éducation catholique – au catéchisme ou à l’aumônerie –, fréquenté un établissement d’enseignement catholique ou un mouvement de jeunesse catholique, représentent les deux-tiers de la population française de plus de 18 ans. Cela veut dire plus de 40 millions de personnes. Il nous semble que notre appel n’a pas encore été entendu partout et, quand c’est le cas, que beaucoup de personnes n’ont pas encore franchi le pas de parler. C’est aussi pour remédier à cela que nous entamons un “tour de France”.»

Dans La Croix du 5 novembre, Bruno Bouvet évoque la création d’un fonds spécifique destiné à verser une allocation de reconnaissance de la souffrance des victimes :

Logo du journal La Croix

«Un an après que les évêques ont décidé de la création d’une commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), son président, Jean-Marc Sauvé, viendra faire un premier bilan de ses travaux. Puis les quatre groupes de travail, mis en place par la CEF, rendront également compte de leur mission, respectivement sur la mémoire, la prévention, l’accompagnement des prêtres coupables ou mis en cause, le geste financier pour les victimes. Alors que quatre d’entre elles seront présentes dans l’hémicycle, la question de ce que les évêques tiennent à appeler “allocation de reconnaissance de souffrance” (ARS), de préférence à indemnisation ou compensation, devrait alimenter les débats. “Une somme de cinq millions d’euros a été provisionnée pour financer la lutte et la prévention de la pédophilie dans l’Église, ainsi que le fonctionnement de la Ciase, précise-t-on à la CEF, mais pour des raisons juridiques et fiscales, elle n’inclut pas l’ARS, qui devra faire l’objet d’un fonds spécial.”»

La réparation que les évêques souhaitent doter et mettre en place n’est pas une indemnisation comme elle existe dans le système judiciaire américain, qui privilégie l’accord transactionnel, mais une reconnaissance du mal subi.

Trump et l’impeachment : un témoignage important

Depuis le début du mois d’octobre, les témoignages dans le cadre de la procédure d’impeachment contre le président Trump s’enchaînent devant la commission de destitution. L’objectif est d’établir si oui ou non il y a eu un abus de pouvoir : celui du président américain qui demande au président ukrainien d’enquêter sur le fils de Joe Biden, candidat démocrate et adversaire politique pour la présidentielle de 2020.

Le nouveau témoignage de Gordon Sondland, ambassadeur américain auprès de l’Union européenne, vient faire un lien entre la suspension de l’aide militaire accordée à l’Ukraine et l’enquête contre le fils de Joe Biden.

Le New York Times, le 5 novembre, explique l’originalité de ce témoignage :

Logo du New York Times

«Ce témoignage a également fourni aux démocrates une preuve consistante venant d’un témoin critique pour compléter le tableau d’un abus de pouvoir du président qu’ils sont en train de brosser. Contrairement à certains fonctionnaires qui ont offert des témoignages à charge contre M. Trump, M. Sondland est un partisan politique du président qui a eu des relations directes avec lui. Le sujet de la contrepartie est au cœur de l’enquête de destitution de M. Trump, qui porte sur la question de savoir si le président a abusé de son pouvoir lorsqu’il a demandé à une puissance étrangère de viser ses rivaux politiques.»

Le Wall Street Journal reconnaît que ce témoignage peut changer la donne pour l’avenir de Donald Trump :

Logo du Wall Steet Journal

«M. Trump se défend d’avoir fait pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors du coup de téléphone du 25 juillet, et il dit qu’il n’y a pas eu d’échanges de contreparties entre l’octroi des aides et l’enquête [sur le fils de Joe Biden]. Le nouveau témoignage de M. Sondland, un donateur et allié de Trump, rend difficile cette défense, bien que l’ambassadeur ait affirmé que le président lui a dit en privé que les deux choses n’étaient pas liées, et qu’il ait dit que c’est lui qui “présumait” ce lien.»

Il semble donc que cette affaire prenne un nouveau tournant.

Macron : le focus immigration !

Emmanuel Macron a accordé à Valeurs Actuelles un long entretien, qui a notamment porté sur le thème de l’immigration, qui revient dans le champ du débat politique en cette fin d’année 2019, avec la réapparition des fameux «quotas» pour que la France accueille les immigrés professionnels (33 502 titres de séjours livrés l’année 2018 pour ce motif) dont elle a besoin… Cela fait l’impasse sur les autres formes d’immigration.

Louis de Raguenel, Tugdual Denis et Geoffroy Lejeune ont écrit un long article relatant les propos du président de la République pour Valeurs Actuelles (édition papier) à propos de l’immigration :

Logo de Valeurs Actuelles

«Fidèle à sa réputation de fou des dossiers capable d’entrer profondément dans le détail technique de chaque pan de sa politique, Emmanuel Macron tient à préciser son diagnostic au sujet de la méconnue prestation universelle maladie, dite Puma : “Ce qui ne va pas, c’est que, quand vous demandez l’asile, vous n’êtes pas à l’AME, vous êtes à la Puma. C’est beaucoup plus généreux que l’AME ! Ce que je veux qu’on fasse, c’est mettre un délai de carence pour réguler cette aide.” En le lisant, certains beaux esprits s’indigneront peut-être de voir Emmanuel Macron s’aligner sur un discours droitier, voire l’accuseront de braconner sur les terres du RN. […] Pour la première fois dans ce quinquennat jusqu’ici bien timide sur les questions identitaires, le président a parlé. Il était temps.»

Le Figaro, dans un article du 6 novembre (édition papier), explique que la stratégie d’Emmanuel Macron pour parler de l’immigration risque de remettre en selle une opposition moribonde :

Logo du Figaro

«Seul bémol dans ce plan a priori bien huilé : l’exécutif espérait initialement pouvoir aborder le sujet dans un contexte “apaisé”. Mais l’attaque au couteau à la préfecture de police de Paris, puis l’incident autour de la mère voilée accompagnatrice de sortie scolaire sont venus contrecarrer cette stratégie. Et ragaillardir l’opposition, notamment de droite, qui salue des déclarations d’intention louables, mais réclame des actes.»

Ce sont effectivement des actes suivant les discours qui sont attendus.

Rédaction SRP

 

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