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Brexit : en avant ?

Le Brexit est repoussé au 31 janvier 2020. Boris Johnson demande des élections générales anticipées pour retrouver une majorité à la Chambre des communes. Elles devraient se tenir le 12 décembre.

Dans Le Figaro du 23 octobre, Arnaud de la Grange souligne les écueils auxquels devra faire face «BoJo» :

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«Certes, Boris Johnson a payé la brutalité de ses premiers pas, quand il a voulu mettre le Parlement hors de son chemin. La défiance extrême qu’il a instaurée lui a coûté de précieuses voix de soutien, dans son propre camp notamment. Mais au-delà, il a su faire des compromis, réussissant à convaincre les “brexiters” durs, à ramener vers lui des conservateurs “rebelles” et à attirer quelques poignées de députés travaillistes. Pour cela, il a dû promettre des choses assez opposées, ce qui ne manquera pas de réveiller tôt ou tard ces fameuses “contradictions”. Sur sa route, Boris Johnson va encore rencontrer de nombreuses embuscades. À grands coups d’amendements, ses opposants tenteront de détricoter son accord. S’il est trop “saboté”, le Premier ministre a averti qu’il le retirerait (s’il ne l’a pas fait avant) et que la bagarre se terminerait dans les urnes.»

Cécile Ducourtieux, dans Le Monde du 30 octobre, explique la stratégie de Boris Johnson et ses effets potentiels :

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«Boris Johnson, lui, risquait la paralysie totale, sans majorité parlementaire, et avec un accord de divorce fraîchement renégocié mais suscitant de plus en plus de résistances chez les députés. Ces élections, dont son conseiller spécial Dominic Cummings se faisait l’avocat depuis des semaines, lui permettent de sortir de l’ornière. Vont-elles pour autant l’aider à regagner cette majorité absolue que les conservateurs ont perdue lors du scrutin de 2017 ? Surtout : vont-elles aider le pays à sortir de l’impasse du Brexit ? S’il gagne son pari, l’actuel locataire du 10 Downing Street pourra retenter une ratification de son accord de divorce au Parlement britannique. Peut-être même avant le 31 janvier 2020, la nouvelle “deadline” du Brexit formellement acceptée par les Européens, mardi.»

Peter Tyler, psychothérapeute et professeur de théologie pastorale à l’université Saint Mary de Twickenham, est interrogé par La Vie le 23 octobre. Il analyse le Brexit à travers les fractures de «l’âme anglaise» :

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«J’en vois trois principales, qui expliquent le conflit actuel. Notre première fracture, c’est la Réforme. […] Depuis la Réforme et la conviction que Dieu a protégé l’Angleterre de la Grande Armada espagnole, le protestantisme s’est confondu avec l’identité nationale anglaise. Je suis frappé par le nombre de gens, ces dernières années, qui parlent du Brexit en des termes quasi religieux, comme si l’Union européenne était la nouvelle Rome ! L’âme anglaise n’a jamais guéri de cette première fracture, entre protestantisme et catholicisme. La deuxième fracture est venue avec la révolution industrielle, précoce chez nous, qui nous a brutalement séparés de la nature. Pour y remédier, les Anglais ont développé une vision romantique des jardins et des animaux. De nos jours, ils vouent un culte aux chiens et aux chevaux ! Enfin, la troisième, c’est la fracture entre les classes sociales. […] Je vois chaque semaine des patients, en tant que psychothérapeute, et beaucoup souffrent inconsciemment de cette profonde fracture entre les classes sociales. Cela se niche dans l’accent, le style vestimentaire, la généalogie… Ce conflit des classes populaires contre les élites se retrouve dans le Brexit.»

Vers une sortie de crise grâce aux élections anticipées ?

Synode : des avis mitigés !

Le synode pour l’Amazonie vient de se terminer à Rome par la messe pontificale de clôture, le 27 octobre.

Jean-Marie Guénois, dans Le Figaro du 28 octobre (version papier), analyse le vote positif des Pères synodaux sur les propositions du document final :

«Une mesure qui pourrait changer le visage de l’Église catholique [NDLR : l’ordination d’hommes mariés, soit des diacres permanents], car le Vatican a aussitôt indiqué qu’une consultation de tous les épiscopats catholiques du monde allait être lancée en vue d’étendre cette réforme à tous les pays. Si elle était confirmée par le pape, fin décembre, la mesure ne serait donc pas circonscrite aux “endroits les plus reculés de la région amazone”. […] Autre surprise du paragraphe 111 : il envisage une “approche universelle du sujet”. Autrement dit, une extension à toute l’Église, dans les pays où l’on manque de prêtres. Les Églises d’Allemagne et de Suisse y travaillent déjà ouvertement. Et le cardinal Mickael Czerny, jésuite et secrétaire spécial du synode, a confirmé le lancement d’une consultation auprès des autres Églises.»

Edward Pentin, dans le National Catholic Register du 26 octobre, rapporte les propos du cardinal Czerny, secrétaire spécial du synode, et s’interroge sur la sortie probablement rapide de l’exhortation apostolique :

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«Le cardinal Czerny a dit, il y a quelques semaines, qu’il s’attendait à ce que le document pontifical sur le synode ne fût pas publié avant le printemps. Habituellement, ce genre de documents prend environ six mois. Alors, pourquoi un tel empressement ? La réponse pourrait être qu’il est déjà largement rédigé, ce que de nombreux commentateurs ont pu prétendre (ils croient que les Pères synodaux invités, notamment ceux choisis directement par le pape, sont connus pour leurs sympathies avec les propositions en débat, facilitant la rédaction des conclusions du synode). Ou ce pourrait être que le pape François voit les dangers de telles questions controversées laissées en suspens sans texte pontifical définitif. Quoi qu’il en soit, nous connaîtrons probablement ce que pense le pape François de cette rencontre dans un temps relativement court.»

Gérard O’Connell, pour le magazine America le même jour, explique que le principal apport du synode n’est pas celui qui est soulevé par les médias :

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«Si cette dernière proposition [NDLR : l’ordination d’hommes mariés] a attiré l’attention des médias et recueilli le plus grand nombre de votes contre (128-41), la chose la plus importante qui est ressortie du synode est l’engagement sans équivoque de l’Église dans les neuf pays de la région amazonienne à rechercher de nouveaux moyens de prêcher l’Évangile et de promouvoir la justice et la solidarité auprès de ses 34 millions d’habitants, dont les quelque 2,5 millions de personnes autochtones volontairement isolées, pour défendre leurs droits à la vie, la terre et leur culture, et contre toutes formes de violence et d’exploitation auxquelles ils sont exposés.»

John Lee Allen, pour Crux du 28 octobre, ose une comparaison entre le synode pour l’Amazonie et la célèbre phrase du pape François «Qui suis-je pour juger ?» Il y voit le principal marqueur et clivage de la chrétienté :

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«Cette phrase mémorable, prononcée par le pape au cours de la conférence de presse dans l’avion qui le ramenait du Brésil, après les JMJ de 2013, résume en grande partie l’esprit de la papauté de François : non-dogmatique, non-critique, pastorale et généreuse, avec un accent mis sur la rencontre avec les personnes là où elles demeurent. Selon les points de vue il s’agit soit d’une bouffée d’air frais, soit d’une attitude cavalière et inquiétante envers la vérité. Vous saurez instantanément, en prononçant ces mots de quel bord est une personne : en regardant le sourire ravi ou bien le roulement des yeux indignés qui en résulte.»

Ce que dira le pape François dans la prochaine exhortation apostolique est important, mais plus importante encore l’action apostolique de la chrétienté en Amazonie.

Rédaction SRP

 

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