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«On l’appellera du nom d’Emmanuel : Dieu avec nous1»

Le processus démocratique conduit un candidat, porté par le suffrage du peuple, à se voir confier la charge de président. Une fois investi, il nomme un premier ministre, lequel forme un gouvernement qui portera, pour leur majeure partie, les projets de lois permettant à la société de toujours davantage préciser le cadre établi pour porter le vivre ensemble.

Comme tout gouvernement, celui d’Édouard Philippe écrit la loi… Et la loi est présentée au Parlement… Et la loi est votée… Et, souvent, la loi est adoptée.

Nous en avons l’illustration quasi quotidienne au sein de notre Parlement national, après que les allers-retours d’usage entre les deux chambres ont abouti au vote d’un texte de loi par les députés de l’Assemblée nationale.

Le citoyen ordinaire, quand il le fait, se contente de regarder le résultat final, ignorant bien souvent le travail préparatoire nécessaire pour en arriver au jour du vote.


Est-ce au législateur de décréter une atrophie dont nul ne peut aujourd’hui mesurer les conséquences ?


Alors que se déploient depuis plusieurs mois des consultations sur la révision des lois de bioéthique, notamment via le CCNE2, des auditions au sein des commissions parlementaires, nous assistons de la part de deux ministres, dans un court extrait des débats de commission concernant le volet autour de la PMA3, à un exercice auquel les funambules les plus avertis ne s’essaieraient probablement pas…

En effet, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, et la ministre des Solidarités et de la Santé se trouvent interrogées sur des occurrences pour saugrenues qu’elles puissent apparaître s’avérant toutefois plus que vraisemblables… Et, chemin faisant, elles perdent un peu le fil de leur démonstration, peinent à conserver leur latin, et même leur sérieux, se raccrochant vaille que vaille à la longe les arrimant solidement à la loi et donc – pensent-elles – au droit. Or c’est bien là que le bât blesse : si notre exécutif écrit les lois, en l’espèce, il réécrit le droit.

Si l’être humain ne manquera jamais de ressources pour s’adapter aux accidents de la vie, est-ce au législateur, comme s’en inquiète Jean-Marie Petitclerc, ce polytechnicien devenu éducateur salésien3, de décréter une atrophie dont nul ne peut aujourd’hui mesurer les conséquences ?

Jérôme de Lartigue

 


1 – Mt 1, 23 (Traduction de la Bible de Jérusalem).

2 – Comité Consultatif National d’Éthique.

3 – Jean-Marie Petitclerc, Bioéthique : le cri d’un éducateur, Revue Don Bosco aujourd’hui, 15 octobre 2019.

 

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