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Les Républicains nouvelle version ?

Fraîchement élu à la tête des Républicains, Christian Jacob forme aujourd’hui son bureau politique, afin de remettre le parti en état pour lutter à la fois contre l’attraction du Rassemblement national et celle de La République en Marche :

Le Figaro du 22 octobre explique que la nomination de François Baroin au comité stratégique du parti indique la nouvelle orientation des Républicains à court terme :

Logo du Figaro

«À la veille des élections municipales, l’investissement du patron de l’AMF symbolise l’esprit de la nouvelle direction de LR voulue par Christian Jacob. Priorité à “l’ancrage sur les territoires, via l’intégration d’élus territoriaux dans l’équipe”. Conscient que La République en marche risque de pâtir de son faible réseau d’élus locaux, le député veut miser sur la succession de scrutins locaux (municipales, départementales, régionales) pour prouver que son parti n’est pas mort.»

Le journal Les Échos dresse le portrait de Guillaume Peltier, nommé vice-président délégué, qui servira d’orateur au parti :

Logo des Échos

«Ambitieux, doté d’un sens acéré de la formule et à l’aise devant les caméras, Guillaume Peltier irrite beaucoup les élus de son camp, qui le décrivent comme “un mercenaire”, obsédé par les sondages et opportuniste. “C’est un entrepreneur de la politique, un businessman du marketing électoral”, tacle un LR. “Il ouvre des brèches. Au moins, avec lui, on parle d’autre chose que d’identité et d’immigration, tempère un autre. Mais il parle trop vite et trop seul. Il faudrait qu’il apprenne qu’un sniper ne gagne pas une guerre.”»

Le Monde, enfin, explique le 23 octobre la stratégie à court et à long terme de Christian Jacob :

Logo du journal Le Monde

«Malgré les appels répétés de certains, comme le président du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau, à débattre au plus vite du fond des propositions du parti, les idées, elles, attendront. Par souci d’apaisement, on se gardera de remuer la boue des divergences idéologiques pendant le “tunnel des municipales”. “On ne peut pas débattre d’une ligne politique pendant que nos candidats font campagne sur le terrain”, explique un élu local. Ce n’est donc qu’après mars 2020 que commencera la structuration idéologique d’un parti affaibli par les défaites. La constitution d’une ligne est d’autant plus difficile que c’est sur ce terrain que LR souffre du travail de sape électoral de la majorité d’un côté, du Rassemblement national de l’autre.»

Limiter les dégâts aux municipales, reprendre appui sur les idées et repartir en force pour 2022, tout cela peut-il être le socle d’une véritable stratégie politique ?

Droit de retrait et grève illimitée

Le vendredi 18 octobre au soir, les salariés de la SNCF sous l’impulsion des syndicats, ont mis en avant leur «droit de retrait», au motif que la sécurité des voyageurs était menacée à la suite d’un accident de train dans les Ardennes le 16 octobre ayant fait onze blessés. Cette quasi-grève surprise démarrant un week-end a pris de court le gouvernement et les usagers jusqu’au mardi 22 octobre.

Cécile Crouzet, dans Le Figaro du 20 octobre, explique la raison profonde de ce mouvement de droit de retrait général :

«Son enjeu du moment [pour la CGT, ndlr], c’est la réforme des retraites, qui, telle qu’elle se dessine, sonnera le glas à plus ou moins long terme des régimes spéciaux en vigueur à la SNCF, à la RATP, chez EDF… Inacceptable pour le syndicat. Avec les autres centrales contestataires (FO, Solidaires, FSU) et des organisations de jeunesse, la CGT appelle à la grève, dans toutes les entreprises et services publics, le 5 décembre. Dans ce contexte, le mouvement en cours à la SNCF doit d’abord se lire comme un tour de chauffe. La CGT a toujours considéré qu’un mouvement social se construit pas à pas, en montant en puissance. Pour que la mobilisation de décembre réussisse, il s’agit donc de rassembler les troupes dès maintenant.»

La grève illimitée du 5 décembre fera-t-elle plier le gouvernement ? Elle fera plier la patience des usagers français, sans aucun doute.

Interminable Brexit…

Boris Johnson vient de subir un nouvel échec face à la Chambre des communes. Le 22 octobre, elle a rejeté l’établissement du calendrier de mise en action du plan négocié avec l’Union européenne.

Le 23 octobre, pour Politique Magazine, la comédie anglaise a assez duré, et il faut respecter le choix du peuple britannique :

Logo de Politique Magazine

«Le peuple britannique, lui, se demande si cette comédie finira un jour. Il ne s’est jamais senti européen, et n’avait accepté qu’avec crainte et commisération l’adhésion à la Communauté, en 1972-1973. Le 23 juin 2016, il s’est prononcé en faveur de la sortie d’un ensemble étranger à son identité, à sa nature et à sa vocation profondes, et les sondages récents montrent qu’il n’a pas changé d’avis sur ce point. Mais la classe politique britannique, elle, n’a pas cette nature simple et franche : les remainers (une bonne partie des travaillistes, les libéraux-démocrates, et l’aile europhile des conservateurs) font tout pour empêcher la réalisation concrète du Brexit, cependant que les partisans d’un Brexit doux veulent que leur pays garde un pied en Europe, l’autre dehors, ce qui présente au moins autant d’inconvénients (sinon plus) que d’avantages. Résultat de cette situation : Johnson rencontre l’hostilité d’un Parlement opposé à la fois à des législatives anticipées et à un Brexit sans accord avec l’UE.»

Dans tout ce grand désordre , Le Monde du 23 octobre retient que le report du Brexit est désormais acté :

«Que faut-il retenir de cette folle journée ? Quelques quasi-certitudes, et de nouveau, beaucoup d’interrogations. Ce qui paraît désormais clair, c’est qu’à moins d’un miracle, il n’y aura pas de Brexit le 31 octobre. Boris Johnson a très probablement perdu son pari d’un divorce pour Halloween, lui qui avait fait de cette date un marqueur de son gouvernement. Elle avait pourtant été choisie un peu au hasard par les Européens, en avril, comme un compromis entre les demandes de l’ancienne première ministre britannique Theresa May (fin juin 2019) et de M. Tusk (début 2020).»

Entre les partisans d’un nouveau référendum, ceux d’un Brexit doux et ceux d’un Brexit dur, sans oublier ceux qui votent pour un Brexit tout en ne l’appelant pas de leurs vœux, aucune solution satisfaisante ne semble émerger au Royaume de Sa Majesté !

Un synode inquiétant ?

Le synode pour l’Amazonie, qui se termine le 26 octobre, marqué par des débats à huis-clos, donne lieu à des commentaires pour le moins contradictoires.

John Lee Allen, dans Crux du 18 octobre, explique l’influence de l’Église allemande sur le synode :

Logo de Crux

«En résumé, quatre Brésiliens sont en faveur des prêtres mariés. On peut cependant le dire d’une autre manière : trois Européens et un Allemand de souche sont en faveur des prêtres mariés, puisque le cardinal Hummes est fils de parents allemands et a étudié en Suisse, Kräutler est né en Autriche et Verzeletti et Coter sont des Italiens respectivement de Bergame et de Brescia ; les deux sont en Lombardie, ancienne province de l’Empire autrichien et toujours influencés par la mentalité teutonne. Parce que l’Amazonie est une terre de mission, il est logique que le clergé et les religieux de différentes parties du monde y jouent un rôle majeur et aient un impact sur les discussions. Étant donné que le Brésil contient la plus grande partie de l’Amazonie, et étant donné la forte empreinte allemande au Brésil, cela signifie que le catholicisme de langue allemande a eu un impact important ici.»

Dans le Le Figaro du 20 octobre, Jean-Marie Guénois rend compte de l’existence d’une majorité de Pères synodaux favorable à l’ordination d’hommes mariés :

«Les jeux ne sont donc pas faits mais, après deux semaines de discussions synodales à huis clos, la tendance majoritaire confirme un penchant pour un vote positif en faveur de l’ordination à la prêtrise catholique de viri probati mariés. Lors des conférences de presse quotidiennes, la communication officielle du Vatican – verrouillée comme jamais – a mis en avant une écrasante majorité de personnalités ecclésiales en faveur de cette évolution. Il a fallu par exemple attendre la dixième conférence de presse pour qu’un évêque, un seul, opposé aux viri probati puisse accéder à cette tribune après le passage de plus de trente évêques ou experts ouverts à cette perspective.»

Beaucoup de crispation autour de ce synode…

Rédaction SRP

 

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