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La chasteté, un traumatisme ?

La lutte que certains groupes homosexuels ont entreprise pour faire interdire par la loi les «thérapies de conversion» conduit à certaines exagérations qui dépassent leurs objectifs. Libre à ces groupes de combattre ces thérapies qui s’infiltreraient en France et en Suisse, ce dont un article du 8 octobre émanant du Huffington Post nous informe, mais aussi un article du Temps et un autre de Slate, traduit en français, provenant d’un journaliste français qui s’est introduit dans un groupe de «gays» en se faisant passer pour un homosexuel en quête de thérapie, et qui décrit cette immersion forcée comme celle d’un enfer.

Que des groupes d’homosexuels défendent leur choix de vie est une chose, qu’ils s’attaquent à d’autres valeurs qui forment le fondement de la vie humaine et chrétienne en est une autre. Qu’ils nous disent que proposer la chasteté de vie est, de sa nature, un traumatisme et inclut des perturbations psychologiques, voilà un propos auquel il est impossible d’acquiescer, même si on doit respecter profondément la personne humaine, quelles que soient ses tendances ou ses choix de vie.


 

La chasteté seule permet de disposer du corps dans la joie et dans l’humanité du service à l’autre.

 


La chasteté, en effet, n’est pas un projet de vie qui ne serait proposé aux homosexuels que pour leur donner le droit de vivre dans une communauté chrétienne. La chasteté est une vertu morale qui doit être pratiquée par toute personne ayant une juste compréhension des exigences de sa sexualité. Elle vaut autant pour les homosexuels que pour les hétérosexuels. Les mêmes comportements – qu’il s’agisse de fellation ou de sodomie, sont considérés comme de graves désordre moraux – que la personne soit homosexuelle, bisexuelle, transgenre, ou hétérosexuelle.

La vraie chasteté se définit comme «une juste modération des désirs du plaisir sexuel». Cette juste modération n’est pas une sorte de tiédeur sympathique entre un «pas assez» et un «trop exagéré». Elle est plus qu’une disposition. Elle est une qualité permanente de la relation que la personne acquiert vis-à-vis d’elle-même et vis-à-vis de l’autre personne envers laquelle elle engage sa sexualité. Elle repose sur la nature même de cet acte et ne vient pas d’une idéologie puritaine ou stoïcienne qui engagerait la personne à une abstention méprisante des actes de la sexualité.

Ces actes doivent demeurer ce qu’ils sont : un don d’amour et d’ouverture à la vie. La chasteté conduit à un respect de plus en plus profond de l’autre et ne le contraint pas à poser des actes qui vont contre la vérité de son existence. Chacune des deux personnes engagées dans une relation sexuelle chaste acquiert progressivement une grande estime d’elle-même et de l’autre. J’entends toujours le témoignage d’un époux à qui sa femme avait demandé de respecter le cycle féminin, lequel exige une véritable chasteté conjugale : «Je te remercie de ta demande car, en la respectant, j’ai appris à connaître la grandeur et la beauté de la femme».

Certes, il y a des personnes qui ne connaîtront jamais la beauté et la grandeur de la personne humaine grâce au don sexuel orné de la chasteté. Certaines l’ont voulu et désiré pour des raisons de choix de vie, de disponibilité plus intense vis-à-vis de Dieu et de service de leurs frères ; d’autres ont été, par les événements de leur vie, orientées à une solitude qui n’entrait pas dans leur espérance ; d’autres sont, par les dispositions de leur personnalité psychique, détournées d’une sexualité de complémentarité.

Cependant, aucune de ces personnes n’est un être sexuellement diminué, car la sexualité s’attache à l’être et au mode d’existence de cet être dont le premier est non le «genre», mais la personne sexuelle dans son corps et dans son âme. La personne n’est jamais neutre : elle est homme ou femme. À chaque personne est demandé un don d’elle-même selon son existence, et son existence conditionnée par les circonstances de sa propre vie. Mais pour toute personne, ce don exige que la force vitale de la sexualité soit guidée par la chasteté. Elle seule permet de disposer du corps dans la joie et dans l’humanité du service à l’autre. Non, la chasteté n’est pas un traumatisme, elle est la qualité transcendante de la personne qui se donne par amour !

Aline Lizotte

 

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