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Un islamiste au cœur de l’administration

Depuis le 3 octobre dernier, nous pouvons ajouter quatre noms sur la longue liste des victimes d’un islamisme radical. Les locaux de la Préfecture de police de Paris ont été le théâtre de l’assassinat de quatre personnes (trois policiers et un agent administratif) par un de leurs collègues travaillant depuis quinze ans comme fonctionnaire de l’État à la Direction du renseignement de la Préfecture.

Entre l’aveuglement volontaire face aux dangers de l’islam et la gravité de l’attentat qui touche le cœur même de l’administration régalienne, Thibaut de Montbrial explique, lors d’un entretien pour Le Figaro du 7 octobre :

Logo du Figaro

«C’est donc un attentat gravissime qui s’est déroulé à la préfecture de police de Paris. Il implique en outre un informaticien travaillant dans un service de renseignement, qui disposait potentiellement de l’accès à un nombre vertigineux d’informations. […] Cette affaire est une véritable catastrophe. […] L’honnêteté intellectuelle commande de rappeler que, depuis la tuerie de novembre 2015, des dizaines d’attentats ont été déjoués. […] Cet aveuglement [face à la radicalisation du tueur, ndlr] n’est hélas pas nouveau. Il relève d’une forme d’autocensure, par peur d’être taxé d’islamophobie et de discrimination, entretenue par des faiseurs d’opinion experts dans le déni et au mieux naïfs, et par un travail de sape des islamistes dans les médias.»

Après cet attentat, les différents ratés du ministre de l’Intérieur ont prêté le flanc à la critique de l’opposition. Jules Pecnard, pour BFM-TV le 7 octobre, analyse la position du ministre de l’Intérieur :

Logo de BFMTV

«Cinq jours après la tuerie perpétrée jeudi, au cœur même d’un symbole de l’ordre républicain, les questionnements autour de ses premières déclarations hâtives (et surtout erronées) lors du drame continuent de nourrir l’actualité. Et de polluer, par là même, la riposte gouvernementale face au brûlant sujet que constitue le terrorisme islamiste. Une riposte dans laquelle il a fallu inclure un gilet de sauvetage pour le locataire de la place Beauvau, taxé d’incompétence par les opposants d’Emmanuel Macron. […] En dépit de tous ces coins introduits dans l’autorité qu’est censé incarner Christophe Castaner, la macronie fait bloc derrière l’un de ses plus anciens grognards. Politiquement, rien d’anormal, quand bien même la pression sur les épaules de l’ex-socialiste n’a jamais été aussi forte.»

Le Président de la République lui-même a réagi officiellement, dans un discours prononcé pendant la cérémonie d’hommage aux victimes le 8 octobre. Dans son éditorial du lendemain, le journal Le Monde explique pourtant que la situation est pour lui plus complexe qu’il n’y paraît :

Logo du journal Le Monde

«Aujourd’hui, le registre lexical a changé : le chef de l’État appelle à la mobilisation des Français contre l’islam radical. Car, sur les sujets régaliens, sa procrastination a fini par le mettre en position de fragilité. […] Plus gênant, le gouvernement et la majorité sont profondément divisés sur la façon de lutter contre l’islamisme radical. Depuis le début du quinquennat, l’aile droite, incarnée par Gérald Darmanin, Jean-Michel Blanquer et Bruno Le Maire, revient régulièrement à la charge, persuadée que “la dérive identitaire est l’un des sujets les plus graves de notre époque”, mais, dès qu’il faut porter ces sujets, de profonds désaccords semblent paralyser le gouvernement.»

De quoi s’agit-il : d’un mouvement politique qu’il faut tolérer ou d’une idéologie létale qu’il faudra se décider à éradiquer ? Difficile de trancher ! Mais d’autant plus difficile qu’on lui laisse le temps de s’incruster dans un certain nombre de consciences.

Le synode pour l’Amazonie : de nouveaux chemins… qui se séparent…

Du 6 au 27 octobre, se déroule le synode pour l’Amazonie, au Vatican. L’objectif est de dégager «de nouveaux chemins pour l’Église et pour une écologie intégrale». Cependant, toutes les sensibilités ne semblent pas prêtes à emprunter les mêmes voies.

Dans le magazine La Vie du 7 octobre, Marie-Lucile Kubacki souligne les tensions au sein de ce synode :

Logo de la Vie

«En bon général de ses troupes, François a tracé les priorités, opérant un recentrement de la discussion, mais surtout de la démarche. […] Les tensions sont nombreuses autour de ce synode. Et les sujets épineux ne seront pas écartés. Juste après le pape, le cardinal brésilien Claudio Hummes, rapporteur général – dont on dit dans les milieux informés qu’il est à ce synode sur l’Amazonie ce que le cardinal Walter Kasper était au synode sur la famille : une cheville ouvrière et un pilier – a lâché dans son discours que des communautés indigènes réclamaient une ouverture à l’ordination d’hommes mariés vivant dans leurs communautés pour faire face à l’absence de célébrations eucharistique en certaines zones, ainsi qu’une reconnaissance des femmes, nombreuses à diriger ces communautés, par “un ministère approprié”.»

Dans le National Catholic Register, Edward Pentin donne la parole à un chef amazonien (Jonas Marcolino Macuxi, chef de la tribu Macuxi), qui critique le «primitivisme» et cette fascination occidentale pour le «bon sauvage» vivant en harmonie avec la terre, libre et heureux. Image bien lointaine de la réalité des peuples d’Amazonie :

Logo du NCR

«Selon la religion traditionnelle, quand un enfant naît avec un défaut, il est enterré vivant, et cela continue. Ces choses se terminaient ; mais maintenant, avec l’idée qu’il faut retourner au primitivisme, elles persistent. La Déclaration universelle des droits de l’homme stipule que toute personne naît avec certains droits et que le droit à la vie s’applique évidemment à un enfant présentant des défauts. […] Ces théologiens de la libération défendent l’idée que les Indiens qui vivent encore de manière primitive sont très heureux, vivent au paradis, etc., et souhaitent promouvoir cette idée auprès de tous les autres. Mais ce n’est pas vrai. C’est faux. Nous ne vivons pas au paradis. […] Nous devrions être autorisés à développer notre économie, car la région est très riche. Toutes les ressources naturelles sont là. Mais dans les réserves indiennes, vous ne pouvez pas y toucher, ce qui se fait au détriment des personnes qui y vivent. Ceux [qui veulent les garder dans l’état primitif] ont court-circuité la raison. Il est évident que ces ressources doivent être exploitées, mais nous ne sommes pas autorisés à le faire. Nous ne sommes pas autorisés à utiliser notre intelligence pour utiliser les choses qui sont présentes là où nous vivons.»

Le mythe du bon sauvage !!!

Quel monde voulons-nous ?

Le projet de loi pour l’extension de la PMA avance toujours à l’Assemblée nationale. La loi y sera votée le 15 octobre avant d’être présentée au Sénat. Le 6 octobre, le collectif Marchons Enfants ! a rassemblé une foule considérable pour une marche entre le Sénat et le boulevard du Montparnasse. Même si cette loi n’est pas encore «pliée», comme l’a fait remarquer Mgr Michel Aupetit avant la marche, les volontés politiques sont décidées à voter cette loi, quelles que soient les réticences du peuple ! Et l’on nous affirme toujours que l’on vit en démocratie !

Charlotte d’Ornellas, dans Valeurs Actuelles du 6 octobre, dresse le portrait de Jean-Louis Touraine :

Logo de Valeurs Actuelles

«Ni vraiment pro-LGBT, ni très préoccupé par les histoires personnelles, ni très attiré par le marché… Il s’en sert. Tout, pourvu que l’homme parvienne à la toute-puissance. Jusqu’à décider de l’heure de sa mort. Très proche de l’ADMD, Touraine persévère. Un amendement, en 2015, pour réclamer “une assistance médicalisée active à mourir”, une proposition de loi, en 2017. Cette année, le député accepte que le sujet soit traité à part, mais promet une proposition de loi avant la fin du quinquennat. […] Les dogmes de la médecine s’effondrent. On avait l’habitude de taire la vérité aux malades, il fallait désormais éviter la contagion. Des associations militantes fleurissent et demandent toujours plus au nom des malades. Touraine ne sait plus quoi dire aux jeunes malades qui demandent à mourir et rejette peu à peu sa vision “très paternaliste” de la médecine. “J’ai alors acquis une conviction : ni le médecin, ni l’État, ni la religion ne devaient plus se substituer à la volonté du malade”.»

Mais la volonté du malade est-elle de mourir le plus vite possible ?

Olivia Sarton, pour Le Figaro du 2 octobre, s’inquiète de l’introduction des chimères dans le projet de loi bioéthique :

«En effet, ce projet de loi ouvre grande la porte dans son article 15 à la création de chimères animal-humain, c’est-à-dire d’embryons mêlant des cellules humaines et des cellules animales. Ce n’est rien moins que la tentation originelle – et donc bien peu originale – de l’homme de se vouloir créateur, à l’égal de Dieu, qui semble en cours de réalisation. […] Les embryons ainsi créés sont donc bien des embryons chimériques, contenant des cellules humaines et des cellules animales. Moutons et porcs sont privilégiés pour mener ces expériences : les moutons car certains de leurs organes (cœur, poumons) présentent une taille similaire à celle des organes humains, les porcs parce qu’ils présentent une plus grande vitesse de croissance des organes et des portées plus nombreuses. […] Pour transgresser les limites, les chercheurs font miroiter les immenses progrès qu’ils réaliseraient ainsi pour les hommes, et l’accroissement du bonheur qu’ils leur apporteraient. […] La défense de la nature, de notre planète, le respect des animaux vont de concert avec les droits de l’enfant, le statut de l’embryon humain, la défense des hommes que la vie place dans une situation de fragilité, la défense de notre humanité.»

L’affrontement autour de la PMA est un affrontement anthropologique ! Quel homme voulons-nous ?

Pierre Hardon

 

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