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Synodalité et crise

À l’approche du processus synodal contraignant lancé par la Conférence épiscopale allemande, le cardinal Burke fait le lien entre le synode pour l’Amazonie et ce processus, dans un article de First Things daté du 27 septembre :

Logo de First Things

«Les évêques allemands croient pouvoir définir maintenant la doctrine, mais c’est faux. Sinon, nous finirions par former tout un groupe d’Église nationale, chacune ayant ses préférences à propos de la doctrine et de la discipline. La catholicité de l’Église catholique est littéralement en jeu. L’Église catholique est une Église qui a une seule foi, un seul système sacramentel et une discipline à travers le monde entier, et nous n’avons jamais pensé que chaque partie de la planète définisse l’Église en fonction des particularités locales. […] Ils [les défenseurs du synode, ndlr] disent que l’Amazonie est une source de la Révélation divine et que, par conséquent, lorsque l’Église s’y rend en tant que missionnaire, elle doit apprendre de la culture. Cela nie le fait que l’Église proclame le message du Christ, qui seul est notre Salut, et apporte ce message à la culture – non l’inverse !»

«Le Rhin se jette-t-il dans l’Amazone ?», se demande Edward Pentin dans le National Catholic Register

Funérailles de Jacques Chirac : tensions entre l’Église et l’État

La mort de Jacques Chirac, cinquième président de la Ve République, a donné lieu à des tensions entre l’Église et l’État au sujet de la messe de funérailles demandée par la famille.

Guillaume Tabard, journaliste politique, fait cette analyse dans Le Figaro du 29 septembre :

Logo du Figaro

«Tout comme il existe un rituel d’installation d’un chef de l’État, au-delà des spécificités voulues par chacun, l’actuel occupant de la fonction souhaite une sorte de rituel d’adieu. Une manière pour lui de souligner la continuité républicaine, et plus encore de montrer qu’après la fin de leur mandat, les anciens présidents ne redevenaient pas totalement des personnes privées. […] La cérémonie de ce lundi autour de Jacques Chirac à Saint-Sulpice – tenant lieu de cathédrale “hors les murs” – s’inscrit donc dans cette liturgie nationale qu’Emmanuel Macron reprend à son compte en voulant la théoriser. Non sans une certaine confusion. […] Cette formulation [le site de l’Élysée évoque un “service solennel présidé par le Président de la République”, NDLR] était en effet maladroite : les tenants sourcilleux de la laïcité se seraient indignés que le président d’une République laïque “préside” un office dans une église tandis que les autorités ecclésiastiques auraient été surprises d’une forme de “nationalisation” d’un acte liturgique. Elle témoignait en tout cas de la volonté d’Emmanuel Macron de prendre le récit national comme un bloc, mêlant règles républicaines, tradition française et histoire personnelle du président défunt.»

«Je ne pense pas que ce soit de la malveillance, mais seulement de l’ignorance», a dit Mgr Aupetit sur France Info : dont acte !

Brexit : vers un nouveau référendum ?

Le Brexit n’en finit plus de diviser au Royaume-Uni. Depuis que Boris Johnson, l’actuel Premier Ministre, a affronté la fronde de vingt-deux députés de sa majorité à la Chambre des communes, la possibilité d’une sortie le 31 octobre (date butoir) semble dans une impasse, si bien que la possibilité d’un nouveau référendum – qui semblait improbable il y a encore quelques mois – apparaît aujourd’hui beaucoup plus sérieuse.

Rachel Sylvester, journaliste politique au Times de Londres, explique, dans le numéro du 1er octobre, pourquoi cette hypothèse est aujourd’hui envisageable :

Logo de The Times

« […] Au Parlement, privé de sa majorité de la Chambre des communes, il [Boris Johnson, ndlr] est incapable de contrôler les événements. Les anciens députés conservateurs qui siègent maintenant comme des indépendants ont, dans les faits, plus d’influence sur son avenir que les conservateurs qui applaudissent loyalement dans les réunions. Ces députés […], alliés aux anciens ministres qui ont démissionné en raison de la stratégie du Brexit de Boris Johnson, ont la mainmise sur l’équilibre des pouvoirs à la Chambre des communes. Ils sont 22, soit plus que les libéraux démocrates ou les unionistes sur lesquels s’est reposé le parti conservateur par le passé. Sans eux, Boris Johnson ou Jérémy Corbyn ne pourra faire adopter quoi que ce soit au Parlement, qu’il s’agisse d’un nouvel accord ou d’une motion de confiance. Un point très important réside dans le fait que ce groupe se dirige doucement et sûrement vers l’idée d’un second référendum. Quelques anciens tories [conservateurs, ndlr], notamment Justine Greening et Dominic Grieve, ont longtemps milité pour un prétendu vote populaire, mais d’autres se tournent vers cette idée comme moyen de sortir de l’impasse parlementaire et comme compromis entre deux extrêmes : d’un côté un départ sans accord et de l’autre l’abandon total du Brexit. […] Beaucoup sont convaincus que la crise du Brexit est le résultat d’un affrontement entre démocratie représentative et démocratie directe, et que la seule manière de s’en sortir est d’organiser un nouveau référendum.»

Wait and see… once more !

Impeachment : plus redoutable pour les démocrates, ou pour D. Trump ?

La procédure d’impeachment lancée contre le Président Donald Trump – pour des propos tenus lors d’une conversation avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky (Donald Trump aurait encouragé le président ukrainien à enquêter sur un potentiel adversaire démocrate, Joe Biden) – par Nancy Pelosi se retournera-t-elle contre le camp démocrate ?

Le New York Times, que l’on ne peut pas qualifier de défenseur acharné de Donald Trump, souligne les incertitudes dans le camp démocrate, sous la plume de Jonathan Martin, le 29 septembre :

Logo du New York Times

«Mais le changement d’avis sur la procédure d’impeachment de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, suite à des mois de tergiversations sur l’opportunité de lancer une procédure ou une enquête en raison des sondages exprimant les réticences de l’opinion publique, a semé une grande incertitude dans les manœuvres démocrates pour conserver la Chambre. […] La question qui pourrait conditionner leurs chances de réélections en 2020 est la même que celle de leurs homologues républicains des deux chambres qui défendent le Président : savoir si les nouvelles preuves détaillant les débordements politiques du président Trump en Ukraine sont suffisantes pour faire changer l’opinion publique envers un Président dont le positionnement a été remarquablement cohérent malgré sa conduite hors-norme. […] Cette incertitude explique pourquoi les leaders démocrates à la Chambre racontent qu’ils ne cherchent pas à destituer le Président, mais plutôt à conduire une enquête serrée sur ses agissements avec les Ukrainiens.»

La procédure d’impeachment, à un an des élections, apparaît comme une manœuvre politique et juridique à double tranchant. La question de l’opinion publique est centrale : si les preuves sont convaincantes, les démocrates auront réussi leur pari. Sinon, ils auront contribué à renforcer Donald Trump.

Pierre Hardon

 

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