Obsèques de Jacques Chirac
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Le 30 septembre 2019, la France a rendu hommage au président Jacques Chirac. Au cours de ses obsèques, Mgr Michel Aupetit a prononcé une homélie dont nous extrayons ces passages :

Si nous prions pour tous ceux qui sont chargés de nous diriger, c’est parce qu’ils ont la responsabilité du Bien commun, c’est-à-dire de chacune des personnes et de l’ensemble de la communauté, afin que tous puissent atteindre leur plein épanouissement. Ce n’est donc pas une prière facultative pour nous, c’est une obligation qui tient à l’amour du prochain. Nous le savons aussi, le Bien commun n’est pas l’intérêt général, car l’intérêt général peut supporter le sacrifice et l’oubli du plus faible. […]

Il y avait chez notre ancien président, cet homme chaleureux soutenu par son épouse Bernadette, un véritable amour des gens. Aussi à l’aise dans les salons de l’Élysée qu’au Salon de l’agriculture, beaucoup en le rencontrant se sentaient considérés. Son amour pour sa famille était profond et, bien que pudique, chacun a pu percevoir la tendre compassion qu’il avait pour la vulnérabilité de sa fille Laurence. Bien des exemples ont été rapportés sur cette attention aux plus faibles. Hier encore, quelqu’un me disait que, lorsqu’il était maire de Paris, il n’hésitait pas à faire des maraudes la nuit pour aller à la rencontre des gens de la rue. […]

«Gouverner, c’est prévoir». Cette célèbre citation d’Émile de Girardin, le président Jacques Chirac l’a illustrée à plusieurs reprises. En septembre 2002, lors du Sommet de la Terre, avant la prise de conscience écologique forte d’aujourd’hui, il avait dit : «Notre maison brûle et nous regardons ailleurs».

De même, en février 2001, au Forum mondial des biotechnologies, il avait vu la nécessité d’une conscience éthique. Je le cite : «Face à l’importance des enjeux et à la rapidité des progrès, il est essentiel que les avancées de la science s’accompagnent partout d’une conscience démocratique et d’une réflexion politique et morale aussi large que possible».

Enfin, lorsque la France pouvait être engagée dans une guerre injuste et dangereuse pour l’équilibre mondial, il a su librement se démarquer des pays amis qui voulaient entraîner notre patrie dans une aventure imprudente. Puisse-t-il être entendu aujourd’hui sur tous ces sujets. […]

Pour finir, je voudrais citer cette phrase du président Chirac – qui est tellement d’actualité –, qu’il a prononcée pour la visite du pape saint Jean-Paul II en 1980. Nous sommes alors dans la cathédrale Notre-Dame : «C’est en ces lieux, sous le commandement des tours de Notre-Dame, à portée de la chapelle où saint Louis a honoré la Passion, au pied de la montagne Sainte-Geneviève où flotte encore le souvenir de l’antique bergère de Nanterre, patronne de la capitale, sous le regard de la prestigieuse Sorbonne où tant de docteurs ont enseigné, c’est en ces lieux que la France sent le plus fortement battre son cœur». Les événements récents et dramatiques survenus à Notre-Dame nous ont montré combien cette intuition était vraie. Adieu et merci, M. Chirac.

Rédaction SRP

Photo : Francois Mori / AP / SIPA

 

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