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Terre et ne pas taire… Voilà la raison !

«Comment prendre le bon virage ? J’esquisse une réponse : en nous mettant à l’écoute de la planète. Elle crie sa souffrance et ce sont les plus pauvres qui en pâtissent. Oui, l’alerte écologique sonne de plus en plus fortement et résonne avec une inquiétude grandissante dans le cœur de plus en plus de monde, en particulier de jeunes. Comment ne pas laisser la crainte due à l’écologie entrer en résonance avec la crainte due à la bioéthique1 ?»

La prise de conscience de la nécessité du prendre soin de la «maison commune» est, là, largement partagée. Quelles mesures oser pour la préserver ? La solution réside-t-elle uniquement dans la maîtrise des accroissements tous azimuts : phénomène de réchauffement de la planète, frénésie de la consommation2, déforestation massive3, démographie galopante4

Au-delà de cette prise de conscience, quels défis se posent, quelles conceptions s’opposent ? Des idées font leur route… Ne les suivons pas toutes avec l’aveuglement que suscite parfois une cause exaltante, sous peine de faillir dans la pire déroute.

La défense de la Terre passe par celle de ses habitants. «Cela semble une évidence à ceux qui ont découvert à quel point notre chère planète avec ses écosystèmes et ses vivants offrait tant d’heureuses possibilités pour notre propre vie et notre bonheur5». L’association L214 éthique et animaux, tirant son nom de l’article du Code rural et de pêche maritime6, a fait de la protection de l’espèce animale son cheval de bataille. C’est un combat précieux qui ne saurait se transformer en croisade punitive, comme le laissent à penser les excès parfois véhiculés sur ces réseaux que l’on dit sociaux, arrivant à ravaler l’être humain au rang d’animal.


Il existe une incohérence à vouloir agir pour la protection des êtres vivants et à faire comme si l’être humain n’était, lui, pas toujours un être vivant.


L’être humain est-il un animal ? Si tel est le cas, comment ne pas le défendre contre les fléaux auxquels on s’attaque pour protéger l’ensemble des espèces animales ?

Quand l’emploi outrancier de produits phytosanitaires pour la culture des plantes ou celles des hormones pour l’élevage animal est crûment fustigé, que faire face à l’ingurgitation massive de substances déréglant les organismes humains ?

Quand est conspuée l’exploitation des animaux dans les cirques ou ailleurs7, que penser des nouvelles formes d’esclavages déguisés que peuvent être le marché doré du football et celui inavoué de la GPA ?

Quand est promue dans l’article L214-38 la limitation des expériences sur les animaux aux cas de stricte nécessité, que dire de l’obstination et la constance avec lesquelles on joue aux apprentis sorciers sur les êtres humains ?

Quand on s’insurge contre l’élevage intensif d’animaux comme objets de consommation, que penser au sujet de la conservation d’ovocytes et du don de gamètes instrumentalisés ?

«La prise de conscience écologique, en tant qu’elle s’intéresse à la réalité naturelle et qu’elle refuse le tout technologique, peut, à cet égard, être un point d’appui pour aider à poser des limites. Mais il existe néanmoins une incohérence à vouloir agir pour la protection des êtres vivants et à faire comme si l’être humain n’était, lui, pas toujours un être vivant9

C’est un combat sérieux qu’il nous faut engager sur tous les fronts, au sein de tous nos réseaux.

«Pour construire le monde de demain, le bon virage est impossible à prendre, si d’un côté nous renoncions à nos pouvoirs technologiques malfaisants pour prendre enfin soin de la terre, alors que d’un autre côté, nous continuons à laisser les techniques nous abuser par leurs pouvoirs au point d’abîmer des humains, en particulier les plus faibles. Il serait absurde de vivre en même temps le respect de la planète pour que les plus pauvres soient protégés et le pouvoir destructeur de techniques séductrices qui ne protègent pas les plus faibles10

Jérôme de Lartigue

 


1 – Mgr Pierre d’Ornellas, Intervention au Collège des Bernardins le 16 septembre 2019 (de 50’25 à 51’02).

2 – Jérôme Fouquet, «Davos : Forum du bien-être planétaire ou du  vivre bien ?», SRP, 02 février 2018.

3 – Pierre Hardon, Revue de Presse, SRP, 30/08/2019.

4 – Laure-Marie de Synthe, «Dépeupler la terre : un remède aux maux de la planète ?», SRP, 16 novembre 2017.

5 – Mgr Pierre d’Ornellas, Intervention au Collège des Bernardins le 16 septembre 2019 (de 51’30 à 51’43).

6Code rural et de la pêche maritime, Article L214-1.

7Normandie/76Actu, 23 septembre 2019.

8Code rural et de la pêche maritime, Article L214-3.

9 – Pascale Morinière (présidente des AFC), «Éthique et écologie de l’homme : quels enjeux pour l’élection présidentielle ?», SRP, 28 avril 2017.

10 – Mgr Pierre d’Ornellas, Intervention au Collège des Bernardins le 16 septembre 2019 (de 53’00 à 53’40).

 

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