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L’Église qui souffre

L’archevêque de Rennes, Mgr Pierre d’Ornellas, nous a profondément émus, lundi soir dernier, en montrant avec une éloquence appropriée et une argumentation solidement étayée la souffrance de la Terre (que nous osons appeler «notre sœur») et la souffrance de cet être vulnérable, l’Homme, l’habitant privilégié de cette planète.

Mais nous, chrétiens, qui ouvrons chaque jour un journal, nous souffrons aussi pour notre Église si souvent attaquée, salie, lapidée, presque condamnée à l’ignominie. Nous souffrons parce que notre Église est sainte et qu’on la traite comme une prostituée ; elle est catholique et on la voit comme une association d’originaux déséquilibrés ; elle est apostolique et on en fait une institution crypto-criminelle ; elle est romaine, fondée par le Christ qui l’a bâtie sur Pierre et les Apôtres, et nous en faisons une simple administration curiale. Ce n’est pas que nous ne reconnaissons pas notre Église, c’est que nous refusons d’entrer dans sa souffrance, que nous rejetons.

Car nous rejetons sa souffrance par notre foi qui doute, qui chancelle, qui accuse. «Je crois en l’Église». Y croyons-nous vraiment ? Pouvons-nous vraiment suivre les pas de ceux qui ne perdent pas une occasion de faire son procès en prenant pour acquis – sans enquête, sans preuves juridiquement établies, sans procès concluant – que tel prêtre accusé par la rumeur publique d’être un pédo-criminel est cet être monstrueux, dont on ne cesse de faire le portrait à grand renfort d’invraisemblances ?


L’Église n’a pas besoin de réformateurs extérieurs ni d’un processus du type «Réparons l’Église» ! Elle a besoin de croyants.


Pouvons-nous être certains que, devant le pouvoir du Sanhédrin qui accusait Jésus de blasphème, nous n’aurions pas cédé à la vindicte de l’accusateur ? Et si nous sommes si sûrs de notre foi, pourquoi doutons-nous de l’Église ? Pourquoi entrons-nous dans la déception ? Serions-nous de ceux qui crient «Hosanna !» quand les manteaux couvrent le chemin de son parcours, heureux qu’il le mène à la gloire ? De ceux qui, quelques jours plus tard, crieront «Crucifiez-le» ?

Les temps qui montrent la souffrance de l’Église doivent devenir les temps forts de notre foi et de notre espérance. L’Église n’a pas besoin de réformateurs extérieurs ni d’un processus du type «Réparons l’Église» ! Elle a besoin de croyants. Elle a besoin de notre foi, de notre foi agissante, de cette énergie divine qui nous sort de nos péchés. Son vrai Réformateur est l’Esprit envoyé par le Christ. Ce sont aussi les saints ! Ce sont eux, les fidèles qui témoignent de l’énergie de toute réforme : Ecclesia semper reformanda.

Aline Lizotte

 

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