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PMA : le débat de la rentrée ?

Le 24 septembre 2019, les premiers débats au Palais Bourbon sur le projet de loi concernant l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules commenceront. D’ores et déjà, les commentateurs fourbissent leurs arguments.

Ainsi, le 4 septembre, Bertrand Vergely, essayiste, explique pour Aleteia l’incohérence du couple «mère-mère» :

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«Un enfant se fait par un homme et une femme et s’élève par un père et une mère. Il ne s’agit pas là d’une invention culturelle mais d’une condition de possibilité de l’humanité. À ce titre, pour faire un enfant et bâtir une famille, il n’y a pas plusieurs possibilités. Il n’y en a qu’une : celle du couple homme-femme comme celle du couple père-mère. […] Un couple mère-mère, cela ne veut rien dire. Une mère n’est pas une mère par rapport à une autre mère. Une mère est une mère par rapport à un père. Sans père, il n’y a plus de mère. Jusqu’à présent dans l’humanité, jamais on n’a vu de couple mère-mère. Pour une raison simple : jamais il n’y a eu comme but de construire une humanité ainsi qu’une société où, de façon délibérée, le père est éliminé. […] Quand un régime totalitaire veut asseoir son emprise sur la société, que fait-il ? Il change les mots en se disant qu’il va ainsi changer les esprits. Les promoteurs de la PMA comme du mariage pour tous sont aujourd’hui bien embarrassés. Ils pensaient qu’il serait facile de changer les mentalités en avançant une grande réforme progressiste.»

Dans les colonnes de Marianne, le 4 septembre, Caroline Mecary, avocat des causes LGBT, propose de supprimer la «filiation charnelle» pour ne retenir qu’une «déclaration anticipée de volonté universelle» (DAV) :

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«Avec une déclaration de volonté anticipée universelle, l’État assurerait à tous les enfants nés grâce à un don une égalité de traitement juridique. En effet, la DAV est ce qui permet à l’officier d’état civil, à qui elle doit être communiquée, de rédiger l’acte de naissance, donc le titre juridique qui détermine l’identité et la filiation d’une personne. En outre, en faisant l’objet d’une mention en marge de la copie intégrale de l’acte de naissance, elle permet à l’enfant d’avoir accès à son histoire personnelle. La mention marginale « DAV souscrite par Mme X et Mme Z par devant M. (nom) le (date) » permet à l’enfant, devenu adulte, de connaître son histoire, indépendamment du bon vouloir de ses parents. […] À ceux qui soutiennent que les parents hétérosexuels auront toujours la possibilité de ne pas communiquer la DAV à l’officier d’état civil et pourront continuer à passer par une filiation « charnelle » comme aujourd’hui, on répondra : oui, toute loi porte en elle la possibilité de sa transgression, mais ce n’est pas pour autant que l’on cesse de faire des lois. Pourquoi ? D’abord, parce que le vote d’une loi a un effet instituant sur les citoyens. En l’occurrence, l’existence d’une filiation fondée sur l’engagement parental confortera les parents ayant recouru au don dans leur démarche et sécurisera définitivement leur lien à l’enfant. […] Enfin, il doit aussi définir une infraction pénale en cas de non-communication de la DAV à l’officier d’état civil. Ces garde-fous renverront dans une marge ultra minoritaire ceux qui pourraient être tentés ne pas respecter la nouvelle réglementation.»

Si on suit la logique de Madame Mecary, c’est la loi qui dit ce qu’est la nature… Avec la DAV, c’est la volonté qui fait la parentalité du conjoint qu’il soit homme ou femme… C’est un mensonge, comme le souligne Bertrand Vergely !

La crise politique anglaise du Brexit

Drôle d’ambiance à Westminster. Boris Johnson, Premier ministre anglais, a utilisé une règle constitutionnelle1 pour empêcher le Parlement britannique et d’éventuels députés réfractaires au no-deal de négocier un nouveau report avant la date butoir du 31 octobre 2019. Coup de théâtre le 3 septembre 2019, 21 députés conservateurs (du parti du Premier ministre) se sont opposés à lui et ont voté pour que le Parlement reprenne en main l’agenda du Brexit et le calendrier législatif. La journée du 4 septembre 2019, un deuxième vote oblige le Premier ministre à aller demander à l’Union européenne un nouveau report de la date de départ. Boris Johnson a réclamé des élections anticipées pour le 15 octobre 2019, mais n’a pas pu réunir les deux tiers des voix nécessaires à la Chambre des communes, subissant ainsi un troisième revers politique en deux jours.

Le 3 septembre 2019, Le Figaro anticipait les conséquences de la journée du 4 :

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«De fait, et quelles que soient ses arrière-pensées, le Premier ministre n’a guère le choix. Un report ruinerait tout son discours et ses promesses. ll ne veut pas aller “mendier” un délai à Bruxelles. Tant qu’il sera vivant politiquement, le pays sortira de l’Union au 31 octobre. Chahuté de tous côtés, Boris Johnson a clamé sa détermination. “Ça suffit! a-t-il lancé aux députés, nous avons promis au peuple que nous mettrions en œuvre le Brexit. Nous avons promis de respecter le résultat du référendum et nous devons le faire maintenant.” En poursuivant: “Tout le monde dans ce gouvernement veut un accord, mais c’est cette Chambre des Communes qui a rejeté trois fois l’accord de sortie (celui de Theresa May, NDLR) et il ne peut tout simplement pas être ressuscité.”»

Le même jour, le New York Times évoque un véritable chamboulement dans les rapports de force politiques anglais :

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«Il y a un peu plus d’un mois, M. Johnson, un homme politique téméraire et bourru comparé souvent au président Trump, a pris ses fonctions avec pour objectif d’arracher enfin la Grande-Bretagne de l’Union européenne par tous les moyens nécessaires, même s’il s’agissait d’un départ désordonné, un départ sans accord. À présent, le Parlement a mis un terme à sa marge de manœuvre et M. Johnson risque de tomber dans le même bourbier que celui de son prédécesseur, Theresa May. […] Le vote de mardi a marqué un moment où les tactiques brutales de M. Johnson, pour une fois, ont rencontré une résistance équivalente. Journée dramatique, M. Johnson a perdu sa majorité au Parlement, avant même le vote, quand un rebelle conservateur, Phillip Lee, a quitté le parti pour rejoindre les libéraux démocrates, qui ont réussi à se réorganiser en se positionnant sans équivoque comme un parti anti-Brexit. L’effet pratique de la défection de M. Lee pour M. Johnson a toutefois été limité, car le gouvernement ne tombera que s’il est renversé par une motion de censure.»

Dans un article du 5 septembre, Le Monde analyse :

Logo du journal Le Monde

«Le doute gagnerait-il Downing Street ? Il y a une semaine, le Premier ministre semblait en position de force : il venait d’annoncer la suspension du Parlement pendant cinq longues semaines, à partir du 9 septembre, afin de mieux neutraliser des élus réfractaires au “no deal”. Désormais, il est à la tête d’un gouvernement sans majorité, avec un Parlement qui dit non à presque tout : les élus ont voté trois fois contre l’accord de Theresa May, ils ne veulent pas d’un “no deal”, ni d’élections générales à la date avancée par M. Johnson. Comment le Premier ministre peut-il s’extraire d’un tel piège ? Les élections semblent inévitables.»

Plus l’année avance, plus la situation britannique est intenable. Entre «report» et «non-report», «deal» et «no deal», «backstop» et «no-backstop», difficile de comprendre nos voisins d’Outre-Manche, pris dans leurs propres contradictions.

Treize cardinaux et un pape !

Le pape François vient de créer treize nouveaux cardinaux, dont trois ont plus de 80 ans et ne pourront donc pas voter au prochain conclave. Le nombre total de cardinaux pouvant voter s’élève à 128 aujourd’hui, dont 66 ont été créés par le pape François.

Christopher Lamb, dans The Tablet du 2 septembre 2019, souligne que le pape, par ses choix, cherche à ouvrir le dialogue avec les autres religions :

Logo de The Tablet

«Ses choix des cardinaux, dimanche, reflètent sa priorité pour le dialogue avec les autres religions, en particulier l’islam, une préoccupation pour les migrants et une église “hôpital de campagne” qui regarde les périphéries plutôt que les vieux centres du pouvoir ecclésial. […] En ce qui concerne les cardinaux, le pape n’a pas respecté la règle, non écrite, traditionnelle, selon laquelle les archevêques qui dirigent certains diocèses sont automatiquement créés cardinaux et il a recherché à la place des dirigeants d’Églises crédibles et modestes, qui travaillent loin des projecteurs. […] D’ici le 15 octobre, le pape aura choisi 66 des 128 cardinaux ayant le droit de vote du conclave, soit 53 % du total. Le choix du cardinal est le levier le plus efficace pour un pape dans la planification de sa succession et, avec ses choix, le pape François tente de faire en sorte que l’Église continue sur la voie qu’il a fixée pour elle.»

Joshua McElwee, le même jour, pour le National Catholic Reporter, y voit un accent mis sur les réfugiés et les migrants :

Logo du National Catholic reporter

«En plus de continuer à diversifier la représentation géographique du groupe qui élira un jour son successeur, le pape a également mis l’accent dans ses choix sur les efforts visant à aider les nombreux migrants et réfugiés dans le monde, en élevant [au titre cardinalice, ndlr] le responsable de la pastorale des migrants. Le père jésuite Michael Czerny, originaire de Tchécoslovaquie et ayant émigré au Canada dans son enfance, était le seul des treize élus à ne pas avoir été ordonné évêque. Le père Czerny […] dirige depuis 2017 la Section des migrants et des réfugiés du Dicastère pour la promotion du développement humain intégral. […] Le nombre de nouveaux cardinaux renforce également l’influence du pape François sur le groupe qui élira un jour son successeur. À partir du 15 octobre, à supposer qu’il n’y ait pas de changements imprévus, le pontife aura désigné une majorité claire des prélats : 66 des 124 électeurs.»

Edward Pentin, pour le National Catholic Register, toujours le 2 septembre, explique :

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«Ces nominations mettent en avant des hommes d’Église qui soutiennent des causes qui lui [le pape François, ndlr] tiennent à cœur, notamment des politiques d’accueil des migrants, la protection de l’environnement, le [combat contre le, ndlr] populisme, une posture plus diplomatique que réaliste envers l’islam et une sympathie pour ceux qui défendent les questions homosexuelles. […] À l’exception de Bologne, le pape François continue de négliger les autres épiscopats historiquement dirigés par un “chapeau rouge” – en Italie, notamment, le patriarcat de Venise, Palerme et Turin, et, aux États-Unis, Los Angeles et Philadelphie. Aucun cardinal américain n’a été nommé, et le pape François n’a pas attribué de chapeau rouge à un Américain depuis le consistoire de novembre 2016, préférant se concentrer sur l’Europe et la représentation de l’hémisphère Sud. L’absence d’un cardinal chinois est peut-être plus surprenante étant donné l’accord historique signé, en septembre dernier, entre le Vatican et la Chine concernant les nominations épiscopales.»

Ces créations de cardinaux soulignent les grandes orientations que le souverain pontife veut mettre en œuvre et les causes qui le préoccupent.

Pierre Hardon

 


1 – La prorogation. Il s’agit de mettre fin à une session du parlement. La nouvelle session aurait débuté cinq semaines après, un temps exceptionnellement long.

 

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