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Une planète sans avenir ?

Mais alors c’est de moi que monte et que s’élance
Un univers plus beau, plus plein de passion,
Je suis le sol, la flamme et l’orchestration,
Je foule l’infini, j’embrase le silence,
Et mon cœur est unique, universel, puissant,
Mon esprit est ouvert comme une immense porte,
Je m’attendris, je meurs, je m’exalte, je porte
Quelque chose, ce soir, de divin dans mon sang…
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Est-il une boussole en ce monde perdu ? Bien des observateurs, des soi-disant experts nous l’annoncent fini ou du moins moribond. Une chose est certaine, il est désorienté. Alors, pour apaiser les foules unanimes, on nous réactualise à la mode du jour les plus vieilles rengaines : panem et circenses !

Circenses ? Les jeux, nous les avions, mais ils étaient portés par feu les dieux du stade, dont l’appétit croissant commence à écœurer.

Panem ? Le pain, nous en manquons, car nous le gaspillons : c’est ce que nous proclame l’austère infante de la cause que tous les grands s’arrachent.

À peine a-t-on tenté de mettre la République en marche qu’aujourd’hui, au galop, pointe l’écologisme !

Comte rêvait d’un monde où le positivisme parvenu à son terme ferait place à une religion de l’Humanité. Il est aujourd’hui dépassé, renversé par ce nouveau progrès qui voit l’Humanité gommée par la Nature.

La Nature a sa place, l’homme doit garder la sienne, dit le pape François : «Aujourd’hui, croyants et non-croyants, nous sommes d’accord sur le fait que la terre est essentiellement un héritage commun, dont les fruits doivent bénéficier à tous. Pour les croyants, cela devient une question de fidélité au Créateur, puisque Dieu a créé le monde pour tous. Par conséquent, toute approche écologique doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés2


La seule fin qui nous guette vraiment est la nôtre, en faisant de l’environnement un bien suprême à sauver pour lui-même.


Prenons la mesure des difficultés auxquelles l’humanité doit faire face, mais gardons-nous de sombrer, nous laissant emporter par une écologie radicale activant la crainte de la fin du monde. La seule fin qui nous guette vraiment est la nôtre, en faisant de l’environnement un bien suprême à sauver pour lui-même. Cela est inutile, sans fruit, si nul n’est là pour en jouir. «Quand on parle d’environnement, on désigne […] une relation, celle qui existe entre la Nature et la société qui l’habite. Cela nous empêche de concevoir la Nature comme séparée de nous ou comme un simple cadre de notre vie3

«S’il est vrai que les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde», sans négliger les efforts à entreprendre, avouons que le nœud du problème se situe dans nos «déserts intérieurs devenus très grands», faisant de «la crise écologique un appel à une profonde conversion intérieure4

Retroussons-nous les manches, mettons-nous au travail, en écoutant la voix qui nous parle à l’intime, répétant inlassablement : «Vous êtes le sel de la terre5

Jérôme de Lartigue

 


1 – Anna de Noailles, Plénitude, L’offrande.

2 – Pape François, Laudato si, n°93.

3Ibid., 139.

4Ibid., 217.

5 – Mt 5, 13.

 

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