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Manifestations à Hong Kong : le rôle des chrétiens

Un projet de loi d’extradition de Hong Kong vers la Chine est à l’origine de manifestations impressionnantes dans cette ville peuplée de 7 millions d’habitants. Le projet de loi a été suspendu en juin 2019, mais les manifestations continuent, défendant un régime de libertés pour la ville, rétrocédée en 1997 par le Royaume-Uni à la Chine communiste. Dans les manifestations, la présence des chrétiens est très importante : c’est un point que relève particulièrement la presse chrétienne.

D’abord, le journal La Vie évoque «un arrière-plan chrétien de la révolte» :

Logo de la Vie

«Cette implication des chrétiens n’est pas étonnante. Durant le siècle et demi où l’Union Jack flottait sur la presqu’île, de 1841 à 1997, Hong Kong a été une porte d’entrée de la Chine pour les missionnaires catholiques et protestants, faisant de la cité une véritable ruche chrétienne. […] Avec quelque 800 000 chrétiens sur sept millions d’habitants, contre deux millions de bouddhistes et taoïstes, les Églises ont un rayonnement considérable. […] En outre, malgré l’engagement sans failles du cardinal Zen et de Joseph Ha, l’Église catholique reste prudente. […] En toile de fond de la crise hongkongaise, c’est la diplomatie vaticane en Chine qui se trouve fragilisée. Après des années de négociations, initiées sous Benoît XVI, un accord provisoire a été conclu entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine, en septembre 2018, sur la reconnaissance par Rome de certains évêques nommés par le PCC.»

Le National Catholic Register espère que les catholiques pourront participer au processus de paix. Mais le risque communiste est tout de même important pour les catholiques hongkongais :

Logo du NCR

«La menace du projet de loi d’extradition pourrait être importante pour les catholiques […] parce qu’ils craignent, si le projet est réintroduit et adopté, qu’il affecte la liberté religieuse, donnant au gouvernement chinois un pouvoir supplémentaire pour arrêter des chrétiens et les envoyer en Chine continentale s’ils commettent des crimes contre le pays. […] Hong Kong jouit d’une totale liberté de culte et d’évangélisation, a déclaré le père Cervellara [rédacteur en chef d’Asia News, ndlr], parce que depuis les cinquante dernières années, il s’agit d’une “société libérale” dans laquelle les décisions du diocèse ne font pas l’objet d’un contrôle gouvernemental. “Notre crainte est que, si cette loi entre en vigueur, les prêtres de Hong Kong, les fidèles de Hong Kong, ne puissent plus aider l’Église en Chine. De cette manière, l’aide apportée par les catholiques en Chine pourrait être considérée comme une affaire criminelle”.»

Le site internet Bitter Winter souligne l’importance politique et diplomatique, du Vatican à Pékin en passant par Hong Kong, de l’Église catholique en Asie :

«Hong Kong est aussi un pont traditionnel entre le Vatican et la Chine. […] Il [Mgr Tong, évêque de Hong Kong, ndlr] a conseillé à la cheffe exécutive [dirigeante de la région administrative spéciale de Hong Kong, ndlr] catholique Carrie Lam de ne pas signer l’accord d’extradition controversé avec la Chine et, aux côtés d’autres chefs religieux, il a offert un soutien modéré aux manifestants. Dans le même temps, il a également fait savoir aux catholiques de Hong Kong qu’il ne soutenait pas le cardinal Zen dans sa vive opposition à l’accord Vatican-Chine. Mais il n’a pas empêché son évêque auxiliaire Ha Chi-shing de participer activement aux manifestations, et même d’être considéré comme l’un de ses leaders moraux. […] Le Vatican a gardé le silence sur les manifestations de Hong Kong. Mais il est clair qu’il devra s’exprimer tôt ou tard sur le sujet, non pas avec des mots, mais en prenant une décision capitale. Le cardinal Tong a 80 ans. Il a clairement indiqué qu’il acceptait de reprendre provisoirement son ancien poste. Bientôt, le pape devra nommer un nouvel évêque à Hong Kong. Les catholiques locaux soutiennent massivement les manifestations et ne cachent pas qu’ils s’attendent à ce que Mgr Ha soit nommé. Ils considéreraient la nomination de l’évêque de Macao, Mgr Lee, comme une prise de position contre les manifestations et la démocratie.»

Les manifestations d’Hong-Kong montrent la difficulté pour les chrétiens de vivre en Chine, sous un régime communiste. Et les difficultés pour le Vatican d’agir en soutenant les chrétiens…

États-Unis : nouvelles dénonciations d’agressions sexuelles

L’Église universelle traverse une période difficile, car les accusations d’agressions sexuelles pleuvent dans de nombreux pays. Aux États-Unis, dans l’État de New York, une loi d’août 2019 fait passer l’obligation pour une victime mineure d’engager des poursuites contre son agresseur avant l’âge de 55 ans, contre 23 ans auparavant.

Le journal The Tablet s’inquiète de la multiplication des affaires suite à cette loi et des risques financiers qui pèsent sur l’Église américaine, qui a déjà payé très cher les indemnisations aux victimes :

Logo de The Tablet

«Aux États-Unis, l’Église a utilisé ses richesses pour payer des centaines de millions de dollars en compensation pour des milliers de victimes. Mais, si l’Église comptait en avoir fini, elle se trompait profondément, comme le montrent les évènements de mercredi [14 août 2019, ndlr] dans l’État de New York. […] Les victimes d’agressions sexuelles dans l’État de New York devaient auparavant engager des poursuites avant leur vingt-troisième anniversaire. Avec la nouvelle loi, ils ont jusqu’à 55 ans, et pour une année, à compter du mercredi 14 août, ils peuvent être plus âgés que cela [pour engager des poursuites, ndlr]. À la fin de la journée de mercredi, 427 poursuites ont été lancées à travers l’État. […] L’archidiocèse de New York a affirmé dans un communiqué qu’il avait prévu de faire face à de nouvelles poursuites avec le changement de loi. […] Jusqu’à présent, l’archidiocèse a versé plus de 66 millions de dollars en indemnités à 335 victimes. Les paiements sont financés par des prêts garantis sur ses nombreuses propriétés.»

C’est irresponsable. Limiter dans le temps les poursuites ne dépend pas d’une question de justice, mais de la bonne administration de la preuve. Prouver des évènements survenus quarante ans auparavant n’est pas une mince affaire !

France : les écologistes, nouvelle force principale à gauche ?

En 2017, lors des élections présidentielles, Emmanuel Macron a détruit le Parti socialiste. Depuis, le Front de gauche est en difficulté – sans doute en partie par les excès de son leader, Jean-Luc Mélenchon. En 2019, la surprise des élections européennes a été la montée des écologistes et de leur tête de liste, Yannick Jadot. Un nouveau phare (vert) pour la gauche ?

Dans un éditorial, Le Monde explique comment les Verts essaient devenir le nouveau point fixe de la gauche française :

Logo du journal Le Monde

«Le 26 mai, cependant, Yannick Jadot […] a redonné espoir en obtenant 13,47 % des suffrages exprimés pour la liste qu’il menait aux élections européennes. Ce score a placé EELV loin devant La France insoumise et le Parti socialiste, allié à Place publique. Depuis, l’ancien animateur de Greenpeace proclame que “le temps des écologistes est venu”. […] La conjoncture s’y prête. Elle est exceptionnellement favorable aux écologistes. Le réchauffement climatique a cessé d’être la préoccupation d’un petit cercle d’initiés pour devenir celle de la population tout entière, sous l’effet de la multiplication des épisodes caniculaires. En France, l’écologie est à présent la première cause de mobilisation chez les jeunes. Partout en Europe, elle progresse, autorisant des actions concrètes, notamment au Parlement européen, qui s’est considérablement verdi lors du dernier scrutin. Tout semble donc sourire à EELV, et pourtant rien n’est joué.»

La multiplication des épisodes caniculaires aurait permis une prise de conscience de la population entière ? Le vote écologiste dépendrait donc du temps qu’il fait…

Le «féminicide» : un mot nouveau pour un concept faux

Le «féminicide» est défini par le dictionnaire du féminisme moderne comme le meurtre d’une femme parce qu’elle est femme. Ce barbarisme est aujourd’hui utilisé à la télévision et par le gouvernement, si bien que son emploi se banalise, alors qu’il désigne une réalité très particulière : un homme tuerait une femme parce qu’elle est femme. Or, ce mot désigne aujourd’hui une bonne partie des meurtres conjugaux, qui n’ont généralement pas pour mobile le sexe d’une personne.

Causeur explique pourquoi il faut refuser en bloc un terme qui n’a pas sa place dans les dictionnaires, la littérature et la presse française :

Logo de Causeur

«[…] qualifier de “féminicide” le meurtre d’une femme par son conjoint revient à effacer les innombrables problématiques individuelles pour tout regrouper dans une catégorie fallacieuse, celle des femmes tuées “en raison de leur sexe”. C’est bien l’objectif, d’ailleurs, d’une telle appellation : Libération a trouvé la formule : “un fait social plutôt qu’un fait divers ”. Selon certaines associations féministes, au nombre desquelles on trouve en première ligne Osez le féminisme, “c’est le machisme qui tue” : le féminicide ne serait que la manifestation ultime d’un “continuum de violences systémiques” organisé par les hommes contre les femmes. […] Faisons appel au bon sens : quand un homme tue sa femme après l’avoir battue ou parce qu’elle voulait se séparer de lui, comment peut-on dire qu’il la tue “en raison de son sexe” ? Jonathan Daval (cité en exemple paroxystique de féminicide) est-il allé ramasser sur le bas-côté n’importe quel individu de sexe féminin pour l’étrangler et brûler son corps ?»

Exactement !

Pierre Hardon

 

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