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Levée de la protection diplomatique de Mgr Ventura

Le nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura, est accusé d’avoir commis des attouchements sexuels sur trois personnes au moins. Ses fonctions de nonce lui accordaient la protection diplomatique empêchant une enquête éventuellement suivie d’une instruction. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, puisque le Vatican a décidé de lever son immunité diplomatique.
Pour Christopher Lamb, dans un article du 10 juillet 2019 dans The Tablet, il faut voir cette décision comme un «précédent», un acte fort :

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«“C’est un geste extraordinaire qui confirme la volonté du nonce, comme il l’a dit au tout début de cette affaire, de collaborer pleinement et volontairement avec les autorités judiciaires françaises”, a expliqué un porte-parole du Vatican. […] Cela indique une évaluation des dommages causés par les crises des agressions sexuelles et à quel point il n’est plus possible, pour le Saint-Siège, de se réfugier derrière la protection diplomatique lorsque des agressions présumées apparaissent. Jusqu’à présent, le Vatican a toujours été réticent à lever l’immunité de ses diplomates accusés de présumées agressions sexuelles. […] Il est difficile de dire avec certitude si le Saint-Siège va mener une politique générale de levée de l’immunité diplomatique lorsque des accusations sont lancées contre ses diplomates. […] Qu’il s’agisse ou non d’une politique générale, un précédent a été établi. C’est une reconnaissance de la façon dont l’Église doit coopérer avec les autorités civiles en matière d’abus afin de protéger la souveraineté du Saint-Siège.»

Par ailleurs, Jean-Pierre Denis, dans son éditorial du 9 juillet 2019 dans La Vie, montre l’importance du geste et, surtout, l’importance de l’immunité diplomatique :

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«Il nie les faits qui lui sont reprochés. La levée de l’immunité diplomatique n’enlève rien à la présomption d’innocence. Elle signifie que la justice française ne sera pas contrainte à classer l’affaire sans suite. […] L’immunité diplomatique n’a rien d’un arrangement entre puissants. Au contraire ! C’est une mesure protectrice, destinée à éviter chantages et pressions. […] Ses diplomates agissent souvent dans des contextes d’oppression. L’immunité des nonces et l’inviolabilité des nonciatures sont d’autant plus précieuses qu’elles attestent d’une souveraineté fragile. Qui renonce à s’en prévaloir crée un redoutable précédent. Mais l’affaire n’était pas que diplomatique. Précisément parce que si le Saint-Siège est un État souverain (mais fragile), si le Vatican est un territoire physique (même réduit), la papauté est une autorité politique et spirituelle (mais en partie déconsidérée). […] Sacrifier l’immunité d’un nonce permettra de sauver la crédibilité de l’Église tout entière.»

Ce geste n’est pas innocent. S’il marque la volonté du Saint-Siège de collaborer avec les autorités civiles dans les cas d’actes graves – qui relèvent de la responsabilité personnelle du diplomate –, il ne doit pas être interprété comme un geste de concession politique de la part du Vatican, qui garde sa pleine qualité d’État souverain et son devoir de protéger ses ambassadeurs.

Le secret de la confession en danger

En Australie et en Californie, notamment, il y a une attaque contre le secret de la confession. Ces États souhaitent obliger les prêtres à révéler, dans le cadre d’enquêtes de police, ce qu’ils entendent en confession. La Pénitencerie apostolique a publié le lundi 1er juillet une note – approuvée par le pape –affirmant la volonté absolue de l’Église de respecter le secret de confessions.

Solène Tadié, le 8 juillet 2019, dans le National Catholic Register, rappelle que le secret de confession est absolu et que l’Église empêchera toute tentative de lui retirer ce caractère :

Logo du NCR

«Ces actions contre le caractère sacramentel du secret de la confession ont immédiatement provoqué un tollé dans l’Église, qui y a vu une attaque fondamentale contre la liberté religieuse et, plus généralement, contre la liberté de conscience […] De plus, les membres du clergé qui protestent contre les menaces législatives dans leur pays affirment qu’il existe des éléments factuels qui prouvent que de telles mesures produisent peu d’effets dans la lutte contre les abus sexuels. […] Le secret est protégé par l’Église non pas pour cacher des crimes, mais pour aider les gens à connaître la vérité.»

Le secret de la confession est absolu. La police a bien d’autres moyens pour conduire une enquête efficace que de violer à ce point le for interne.

«Féminicide»

Un nouveau mot est apparu récemment dans la presse française : le «féminicide». Il est défini comme «le meurtre d’une femme par un homme parce qu’elle est une femme». En 2019, 75 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint.

Christophe Cornevin, pour Le Figaro du 10 juillet 2019, rappelle les statistiques des morts violentes au sein d’un ménage. Les femmes sont majoritairement victimes, mais les hommes le sont également :

Logo du Figaro

«Chiffres et tableaux à l’appui, les analystes ont établi que 149 personnes, 121 femmes et 28 hommes ont perdu la vie sous les coups de leur partenaire ou leur ex-partenaire en 2018. […] Le contrôleur général Michel Lavaud, chef du service d’information et de la communication de la police nationale, détaille : “L’auteur masculin est, le plus souvent, marié, français, âgé de 30 à 49 ans. Il commet ce crime à domicile, sans préméditation, majoritairement avec une arme blanche ou une arme à feu.’’ Sa principale motivation demeure la dispute, suivie de près par le refus de la séparation. Les femmes passent à l’acte plus tard, dans une tranche d’âge allant de 60 à 69 ans, en se servant d’une arme blanche ou d’une arme par destination, sachant que l’étude passe aussi en revue les cas de “strangulation’’, de ‘’projection dans le vide’’ ou encore ‘’d’empoisonnement’’.»

Les violences conjugales ne peuvent être assimilées uniquement à ce que l’on appelle le féminicide. L’idéologie féministe n’a aucun moyen d’apporter un remède aux violences conjugales. L’article du Huffington Post du 8 juillet 2019 révèle jusqu’à quel point l’idéologie féministe peut biaiser les faits tout en semblant les rapporter de façon objective :

Logo de Huffington Post

«[…] Quelle est la particularité du féminicide par rapport à d’autres meurtres de femmes (dans un attentat par exemple) ? “Le contexte systémique, le facteur sociétal. Dans un féminicide, l’homme peut se considérer comme ayant le privilège de posséder la femme, d’avoir un droit sur elle”, explique Muriel Salmona psychiatre et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, contactée par Le HuffPost. […] Mais une dispute peut-elle vraiment mal tourner à ce point ? Une femme peut-elle être tuée par accident ? C’est régulièrement ce qui est sous-entendu dans les descriptions de ces “faits divers”: on parle de “drame”, de “chagrin d’amour”, de “meurtre sur fond de jalousie”, d’un “coup de folie”, de “crime passionnel”. […] Mais cela n’en reste pas moins un féminicide, et c’est pourquoi ce terme est d’une grande importance dans les débats.»

Que ce soit le Huffington Post qui affirme qu’il existe une «violence systémique», ce n’est pas étonnant. Il est dommage qu’un article datant du 5 juillet 2019 de La Vie aille dans ce sens :

«Sans se concerter, les agresseurs utilisent une stratégie commune bien ficelée qui enferme la victime jusqu’à ce qu’elle ne soit plus en état de riposter seule. Le cycle débute par un isolement géographique, professionnel, social… Une fois la victime coupée de ses repères, vient la dévalorisation “tu es grosse, nulle, bonne à rien…’’. “Les limites sont subtiles car les agresseurs font passer ces remarques pour des blagues insignifiantes alors qu’ils détruisent progressivement l’estime de la victime via des scènes d’humiliation publique ou des rabaissements permanents’’ reprend la responsable. Quand la femme saisit l’ampleur de l’emprise et montre des signes de résistance, l’agresseur inverse la culpabilité en invoquant une situation compliquée destinée à justifier ses actes : “Ça ne va pas en ce moment, je suis stressé, je bois beaucoup…’’, pour que la victime se sente fautive et culpabilise.»

Un problème aussi grave que les violences conjugales, quand une idéologie s’en empare, devient insoluble. L’idéologie marxiste, par exemple, n’a jamais résolu les problèmes de la lutte du capital et du travail : il a fallu revenir à la vérité des faits…

La fessée, la claque !

L’Assemblée nationale a adopté, le 2 juillet 2019, une loi proscrivant la fessée des mesures éducatives. Elle serait une violence éducative commise contre l’enfant ! Elle fera donc l’objet d’une homélie républicaine au moment du mariage à la mairie.

Pour Charlotte d’Ornellas, le 5 juillet 2019 dans Valeurs Actuelles, il s’agit d’une infantilisation des parents et d’un moyen pour l’État de rentrer dans la sphère privée :

Logo de Valeurs Actuelles

«[…] Cette loi n’est qu’une leçon de morale de plus faite aux Français, et plus particulièrement à ceux qui sont parents et à qui l’État entend donc expliquer les tenants et les aboutissants de la bonne éducation à donner… […] les violences éducatives sont interdites, mais on ne sait pas encore ce qu’elles sont. Aucune définition, aucune nouvelle sanction. Une loi qui ne sert à rien donc, si ce n’est à infantiliser encore davantage ces Français à qui le gouvernement expliquait encore la semaine dernière qu’il ne fallait pas oublier de boire lorsqu’il faisait chaud ! […] D’autres vont même plus loin dans la précision, comme les auteurs du blog “enfances épanouies’’, qui se sont prêtés au jeu de l’énumération : “forcer à finir son assiette”, “faire les gros yeux”, “forcer un enfant à s’habiller alors qu’il souhaite être nu, dans la mesure du possible”, “Mettre un enfant sur le pot avant qu’il ne le demande”, “donner des surnoms (monstre, bulldozer, petit diable…)”… la liste est très longue, mais quelques exemples suffisent peut-être à expliquer l’incroyable chiffre de la Fondation pour l’enfance, qui explique que 85% des parents français ont recours aux violences éducatives ordinaires. »

Ainsi, il faudrait laisser ce petit bout-de-chou à la tyrannie de ses instincts !

Le difficile combat de l’intersectionnalité

Les footballeuses américaines ont gagné la coupe du monde féminine le 7 juillet 2019. Elles sont des modèles en matière de lutte «intersectionnelle» et dans le combat pour l’inclusivité des minorités : leur capitaine est une militante LGBTQ+ acharnée, qui refuse de chanter l’hymne américain, d’aller voir le président à la Maison blanche, entraînant dans son sillage toute son équipe.

Mais ce n’est pas assez. Stéphanie Le Bars, dans Le Monde du 6 juillet 2019, affirme que l’équipe américaine manque de diversité ethnique :

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«Mais une image restera aussi collée à cette formation, qui affronte les Pays-Bas en finale. Celle d’un groupe de jeunes femmes, majoritairement blanches, et donc partiellement représentatives d’un pays qui compte 18 % de Latinos, 12 % d’Afro-Américains et 5,6 % de personnes d’origine asiatique. […] Ce déséquilibre peut paraître d’autant plus étonnant que cette équipe, conquérante, triple championne du monde et quadruple championne olympique, est devenue aux États-Unis le symbole de la défense des minorités sexuelles et de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes. La star Megan Rapinoe, homosexuelle affichée depuis 2012, défend les droits de la communauté LGBT et a récemment affirmé : “ Vous ne pouvez pas gagner sans les gays dans votre équipe.’’ Comment alors, dans cet environnement plutôt progressiste et ouvert, justifier ce manque d’inclusion des minorités ethniques ?»

Qu’est-ce que le lobby LGBT a à voir avec la performance sportive au football ?

Pierre Hardon

 

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