Facebook Twitter Linkedin Whatsapp

L’autorité parentale remise en cause ?

«L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques.» Voilà ce que nous annonce la loi votée par l’Assemblée nationale le 29 novembre dernier, ratifiée par le Sénat le 2 juillet et publiée au Journal Officiel ce jeudi 11 juillet 2019.

L’article 371-1 du Code civil est donc modifié. Il se voit augmenté de cette simple phrase, presque banale, dont chacun s’accordera à dire qu’elle est tellement évidente que l’on peut se demander l’utilité de la figer dans le marbre.

L’exposé des motifs qui vient en préambule de la proposition de loi parle de VEO : Violences Éducatives Ordinaires. S’il est bien difficile d’en faire une liste exhaustive – ce que le législateur ne s’autorise pas –, rien n’est plus dangereux que de laisser pointer la suspension au terme d’une liste restant à compléter, et cela le législateur le fait. Cela revient à abandonner sa lecture, son interprétation, son application à l’arbitraire de ceux qui en seront saisis. «Rassurez-vous !», semble nous dire le législateur dans ce préambule car «la règle posée est de nature exclusivement civile et ne s’accompagne d’aucune sanction pénale nouvelle».


À vouloir éradiquer une certaine violence, on en vient à en prôner une autre, celle de la toute-puissance de l’enfant.


Quel sera l’effet de cette petite phrase agrégée au Code civil dans la vie quotidienne des Français ? Selon toute vraisemblance, elle participera de la redéfinition des contours de la relation parent-enfant pour passer de l’éducation à la séduction. Priver les parents du droit de sanctionner, c’est les priver de leur autorité, c’est nier cette responsabilité qui est la leur de faire grandir l’enfant, de le sortir de lui-même pour le conduire vers l’âge adulte.

Gardons-nous de rendre l’éducation responsable de toute maltraitance…

La société aspire à prendre soin des plus faibles, des plus fragiles : «Les femmes et les enfants d’abord !».

Cette aspiration demeure-t-elle ? Sa mise en œuvre évolue… La société reconnaissait la place de l’homme ; elle décrète aujourd’hui, dans ces décrets d’application qui suivent le vote des lois qu’elle n’en a plus besoin pour faire avancer la société.

D’un impératif catégorique qui visait, chevaleresque, à protéger les plus faibles, on en vient à un impératif catastrophique visant, cavalier, à gommer, supprimer la figure du père, jusqu’à l’effacer de la mémoire collective, la réduisant à néant dans la relation singulière.

De façon plus large, la notion d’adulte et de parent est en passe d’être dissoute. L’enfant peut évoluer selon son libre vouloir, qu’on lui laissera le soin de se forger sans repères ni limites. Il devient le centre de tout, il est le roi du monde, comme l’illustre si bien cette publicité pour le C4 Citroën2 diffusée en ce moment sur les écrans. À force de lui reconnaître une place centrale, on en fait une marionnette qui s’impose, sans limites, sans conscience de ce qu’il fait, avec une toute-puissance arrogante qui le met en position d’être premier, même dans les situations où il est incongru, même dans les situations où il n’a pas sa place. Il devient l’intrus à la tête d’ange devant lequel chacun plie… de bonne grâce ? De toute évidence, non !

À vouloir éradiquer une certaine violence, on en vient à en prôner une autre, celle de la toute-puissance de l’enfant devant lequel les parents n’auront qu’à se soumettre.

Or, l’enjeu de l’éducation est tout autre : «Vous, les enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car c’est cela qui est juste. Honore ton père et ta mère, c’est le premier commandement qui soit assorti d’une promesse : ainsi tu seras heureux et tu auras longue vie sur la terre. Et vous, les parents, ne poussez pas vos enfants à la colère, mais élevez-les en leur donnant une éducation et des avertissements inspirés par le Seigneur.» (Ép 6, 1-4)

Jérôme de Lartigue

 

>> Revenir à l’accueil