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Le bac, son niveau et les lycéens

Les dernières épreuves du baccalauréat ont créé la polémique : textes trop complexes, exercices trop difficiles… Les lycéens se plaignent et signent des pétitions pour que les barèmes des épreuves soient modifiés. 90 % des élèves obtiendront pourtant ce sésame de la scolarité française… Un examen dont tous les experts s’accordent à dire que la difficulté s’est considérablement amoindrie depuis plusieurs années.

Sur le site d’actualité Atlantico, René Chiche, professeur de philosophie, affirme que le problème de fond est le niveau des élèves accédant à la terminale :

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«Si l’on peut réfléchir au format des épreuves, s’il est bienvenu de réduire l’écart délirant entre les coefficients qui permettent à des élèves sachant à peine lire et pas du tout écrire de devenir néanmoins bacheliers et d’accéder à l’université, s’il est souhaitable de supprimer les effets pervers des séries et de permettre aux lycéens de composer des enseignements de spécialité à leur guise, tout ceci ne contient pas encore l’once d’une mesure susceptible de remédier aux vraies difficultés, lesquelles proviennent d’abord de ce que des élèves en grand nombre parviennent jusqu’en terminale sans avoir le niveau requis, et obtiennent un diplôme bradé en toute connaissance de cause parce que ni la Cour des comptes ni l’opinion publique ne pourraient supporter qu’on ne l’accorde qu’aux quelques 40 % qui le méritent encore !»

Pour le magazine Valeurs Actuelles, Jean-Paul Brighelli, également professeur, souligne que, quitte à avoir un examen facile, autant octroyer un «certificat d’études» à la fin de la terminale :

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«Mais si l’on enlève toute difficulté à l’examen, pourquoi conserver l’examen ? Je milite depuis des années pour la suppression du bac. L’organisation de cette formalité coûte près d’un milliard d’euros, désorganise complètement le mois de juin, et ne représente plus rien puisque la sélection universitaire se fait au mois de mai, sur lecture des livrets scolaires et en amont du bac, dont tout le monde pense qu’il sera décroché sans encombre. Transformons-le en “certificat de fin d’études” octroyé à tout le monde – une autre économie notable, puisqu’il n’y aura plus de redoublants : 10 % de 650 000 candidats, à 10 000 euros l’année, cela fait 650 millions d’euros.»

Le taux de réussite élevé au baccalauréat et la faiblesse du niveau général des élèves mettent en évidence les failles et démissions du système éducatif français !

Le pape, les évêques allemands et le dogme

Lors de la séance plénière de la conférence des évêques allemande de mars 2019, ces derniers ont décidé de lancer un processus synodal contraignant touchant au cléricalisme, à la morale sexuelle de l’Église et au célibat des prêtres. Le pape François a écrit une «Lettre au peuple de Dieu en marche en Allemagne» de huit pages, le 29 juin 2019, lettre adressée à tous les catholiques allemands. Toute la presse catholique ne l’interprète pas de la même manière.

Le magazine Crux centre son propos sur les réserves émises par le pape François sur un processus synodal se déroulant hors du mystère ecclésial :

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«Dans la lettre, il rappelle également aux Allemands qu’une réforme “structurelle”, qui s’adapte simplement aux temps modernes, n’est pas la solution. La raison d’être de l’Église, écrit François dans cette lettre publiée par le Vatican samedi, est que Dieu “a tant aimé le monde qu’Il lui a donné son Fils unique afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.” Cela veut dire que la transformation et la revitalisation recherchées par l’Église allemande grâce au synode demandé par la Conférence des évêques ne peut simplement être une “réaction à des données ou des demandes extérieures”, notamment la baisse démographique ou le vieillissement des communautés. Bien que ces “causes soient valables” écrit François, les voir en dehors du mystère ecclésial pourrait entraîner une attitude réactionnaire.»

Le National Catholic Register évoque un véritable «avertissement» du pape François à l’Église allemande :

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«Dans sa lettre, le pape François a lancé un avertissement sur le “chemin synodal”, un processus annoncé par le cardinal Reinhard Marx. Le pape a dit : “Ce que cela implique concrètement et comment cela se déroulera demandera certainement un examen plus approfondi.” […] L’Église en Allemagne a été prise dans de nombreuses controverses ces derniers mois, dont certaines ont créé des tensions avec le Vatican, en particulier la pratique de donner la communion à des conjoints protestants mariés à des catholiques – une pratique désormais officiellement établie dans plusieurs diocèses allemands – tout autant que la pratique de donner la communion à des divorcés-remariés.»

Le magazine The Tablet met en perspective plusieurs points de vue de prélats allemands, divisés sur l’interprétation à donner à cette lettre :

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«Le pape François a appelé tous les catholiques allemands à ne pas s’éloigner de l’Église universelle dans le cadre du processus synodal qu’ils ont établi un peu plus tôt cette année. […] “La lettre du pape est à la fois un encouragement et un défi, dit l’évêque Franz-Josef Bode d’Osnabrück. Il nous exhorte à ne pas perdre de vue le grand horizon de l’évangélisation et la vie de l’Église universelle”. […] Le vicaire général de Regensburg, Michæl Fuchs affirme qu’il n’est plus possible de continuer le processus synodal après la lettre du pape. “En réalité, la lettre nous presse de d’entreprendre un processus nouveau et complet, fondé sur l’évangélisation et le renouveau spirituel – un processus non simplement fondé sur des ajustements, mais sur Dieu” souligne-t-il.»

Pour La Croix, le pape soutient le processus synodal engagé par les évêques allemands :

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«Dans une Lettre au saint peuple de Dieu qui chemine en Allemagne, publiée samedi 29 juin au Vatican, le pape François a encouragé le “processus synodal” lancé par les évêques catholiques allemands. […] Si des voix s’étaient élevées pour critiquer cette initiative, y voyant une remise en cause de la doctrine catholique, le pape, dans sa lettre à l’Église allemande, n’interdit de fait aucun sujet, se contentant d’exposer quelques réflexions sur la manière dont doit se dérouler, selon lui, un parcours synodal.»

Contrairement aux médias anglo-saxons, La Croix voit dans la lettre du pape aux catholiques allemands une simple réflexion sur la manière dont doit se dérouler un processus synodal… Ne s’agirait-il pas plutôt d’un véritable avertissement indiquant que l’Église allemande risque de ne plus suivre l’Église universelle ?

La loi contre les contenus haineux sur internet

Une proposition de loi déposée par la député LaReM Lætitia Avia est débattue en ce moment à l’Assemblée Nationale. Elle propose que les contenus jugés «haineux» soient supprimés directement par les plateformes de diffusion comme Facebook ou Twitter, en moins de 24 heures.

Dans La Vie, Jean-Pierre Denis s’inquiète d’une dérive visant à donner un pouvoir de police à des géants du web :

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«Où se place la frontière entre la colère, la grossièreté, voire la haine, sentiments méprisables mais aisément imputables à autrui, et les actes de harcèlement véritable ? Comment trancher entre l’opinion, même hideuse, même horrible, mais libre… et le délit, jamais acceptable ? Les réseaux sociaux ferment trop volontiers les yeux sur les abus, invoquant la difficulté à contrôler ou l’utopie d’une parole sans frontière ni censure. […] Peut-on faire des géants du numérique nos policiers et nos juges ? Ils s’y mettront, peut-être, tout comme il leur arrive de filtrer au nom de la décence les images de nus qui font la gloire de nos musées. Ils exécuteront tout cela froidement, à coup de dénonciations pas toujours justifiées ou de géniaux algorithmes, mais sans appel, réduisant au silence de malheureuses victimes collatérales. Et que leur demandera-t-on de plus demain, ou quelle mission s’attribueront-ils pour répondre à telle ou telle demande sociale, à tel ou tel intérêt particulier ?»

Le magazine Les Échos met en avant l’avis des professionnels du numérique, qui craignent d’avoir à remplacer le rôle du juge :

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«[…] Pour les professionnels du numérique, ce cadre attrape-tout “nuirait très probablement au traitement des infractions initialement visées.” Selon eux, le volume de contenus “gris” à traiter dans les 24 heures augmenterait d’autant. “Ce délai met une pression sur les plates-formes. Nous aurions préféré plus de proportionnalité, avec une gradation en fonction de la gravité des messages concernés, explique un acteur du secteur. Là, les réseaux sociaux vont prendre des décisions de quasi-justice, et aller encore plus vite sur un plus grand nombre de sujets.”»

Est-il juste de confier le pouvoir de juger ce qui est haineux ou pas à des plateformes de réseaux sociaux ? L’accélération de la diffusion de l’information doit-elle changer le rôle du modérateur en celle de juge ?

Pierre Hardon

 

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