Document contre l'idéologie  du gender
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LGBTQIA+ (lesbienne, gay, bisexuel, transsexuel, queer, intersexe, asexuel)… Les lettres de l’alphabet ne suffiront bientôt plus pour dénombrer les différents «genres» que les personnes s’assignent. Le document «Il les créa homme et femme» récemment publié par la Congrégation pour l’Éducation catholique vient heureusement rappeler les principes anthropologiques mis en cause par cette théorie déconstructiviste aux conséquences funestes que recouvre le terme «gender». Aline Lizotte nous propose son analyse de certains points du texte.

La Congrégation pour l’Éducation catholique a rendu public, le 10 juin 2019, un document sur la théorie du gender intitulé : «Il les créa homme et femme. Pour un chemin de dialogue sur la question du genre dans l’éducation». Signé par son Préfet, le cardinal Giuseppe Versali, et par son Secrétaire, Mgr Angelo Vincenzo Zani, ce document1 relativement facile à lire devrait être profondément étudié tant il s’applique à notre situation postmoderne.

J’ai déjà publié dans la SRP une étude assez approfondie sur le gender2, et je m’y référerai au cours de cet article. Le document de la Congrégation, tout en faisant une brève analyse de cette théorie, indique d’une part ses dangers et surtout, d’autre part, les remèdes. Ce document s’adresse aux institutions d’enseignement. Il devrait donc être lu par tous les chefs d’établissements catholiques et présenté et expliqué aux parents. Souhait pieux ?

Pour ma part, je ne présenterai dans cet article que quelques points que, selon mon choix, je trouve les plus importants.

La distinction entre «biologique» et «nature»

On parle fréquemment, à l’heure actuelle, de «père biologique» pour l’opposer au «père légal», c’est-à-dire à l’homme qui, d’une manière ou d’une autre, a la reconnaissance légale de l’enfant et qui constitue pour cet enfant le point de départ d’une filiation. On admet cependant l’existence d’un «père biologique», c’est-à-dire d’un donneur de sperme, sans qu’il soit question d’un acte physique inaugurant la fécondation d’un ovocyte. L’acte physique est tout simplement éliminé et remplacé par une technique d’insémination artificielle. On ne retient donc plus que deux catégories : le biologique et le légal. Ainsi, on a éliminé la nature.


«Lorsque l’homme et la femme s’unissent pour devenir une seule chair, tous les éléments de leur agir constituent un acte procréatif humain».


C’est l’un des premiers points sur lequel le document ecclésial attire notre attention : la confusion entre l’ordre biologique et l’ordre de la nature. Cependant, c’est l’un des points fondamentaux de la théorie du gender. Et de citer Jean-Paul II, qui écrit : «L’ordre biologique est l’ordre de la nature dans la mesure où celui-ci est accessible aux méthodes empiriques et descriptives des sciences naturelles ; mais en tant qu’ordre spécifique de l’existence, restant en rapport manifeste avec la Cause première, avec Dieu le Créateur, l’ordre de la nature n’est plus un ordre biologique3».

Que veut dire le pape Jean-Paul II ? Lorsque l’homme et la femme s’unissent pour devenir «une seule chair» (Gn 2, 24), tous les éléments de leur agir constituent un acte procréatif humain : le consentement et l’amour – non pas nécessairement l’amour romantique, mais l’acte de don de la femme à l’homme et de l’homme à la femme –, mais aussi une ouverture à la vie. Tous ces éléments forment la nature de l’acte, c’est-à-dire une relation à «l’art divin induit4» dans l’aptitude des corps à manifester l’amour créateur.

Cet acte est donc un acte «naturel», c’est-à-dire conforme à l’ordre de la multiplication des êtres humains, tel que le Créateur l’a voulu et tel qu’il se produit de lui-même dans chaque engendrement d’un nouvel être. Mais dès que l’on sépare le sperme éjaculé du donneur et qu’on inocule ses spermatozoïdes dans un ovocyte, lui-même extrait de l’appareil génital de la femme, on a TOTALEMENT éliminé l’ordre de la nature. Ne restent plus que les éléments matériels (biologiques) qui, manipulés par le technicien, donneront ce qu’ils sont aptes à donner : une nouvelle vie artificiellement produite et non humainement conçue.

Ces enfants n’ont que des parents «biologiques», c’est-à-dire artificiellement produits comme géniteurs, et une reconnaissance légale que cette homme et cette femme ont un droit juridique à s’occuper d’eux. Mais ils n’auront jamais des «parents naturels», qui leur ont donné la vie et dont ils sont issus de la propre chair. On fait des enfants, on ne leur donne plus la vie.

Pour faire comprendre la différence entre le biologique et le naturel, j’ai utilisé l’exemple du «père biologique». La théorie du gender va beaucoup plus loin : elle cherche à éliminer tout l’ordre de la nature dans la relation homme-femme, pour s’emparer du biologique et le manipuler à son aise.

La dénaturalisation du sexe

Le document ecclésial analyse très bien ce processus5 : «Les théories du genre – notamment les plus radicales – indiquent un processus progressif de dénaturalisation ou d’éloignement de la nature vers une option totale pour la décision du sujet émotif. Par une telle attitude, identité sexuelle et famille deviennent des dimensions de la “liquidité” et de la “fluidité” postmodernes, fondées sur une liberté mal comprise du sentir et du vouloir plutôt que sur la vérité de l’être, sur le désir momentané de la pulsion émotive et sur la volonté individuelle6».

Comment y arrive-t-il ? Tout simplement en séparant la réalité biologique du sexe et l’attribution postmoderne du genre. Le sexe, dit la théorie du gender, est une réalité biologique irréfutable ; il est, de sa nature, neutre et indifférent. C’est un simple fait biologique qui tient du hasard. Il est le résultat des chromosomes XX ou XY. Attribuer au sexe un signifiant culturel est un processus d’aliénation. Une femme n’est pas une femme parce que toutes ses cellules portent la paire chromosomique XX, un homme parce que toutes ses cellules portent la paire chromosomique XY.

Raisonner ce cette façon, c’est attribuer une signification culturelle à deux corps uniquement à partir du fait biologique, lequel est aussi indifférent que la couleur des cheveux et la couleur de la peau. Le signifiant «homme» ou «femme», leur distinction n’a rien à voir avec le corps, lequel est totalement neutre et n’a pas en lui-même de sens. La distinction homme-femme dépend, diront les tenants du gender, d’un fait sociologique systémique, la domination hétérosexuelle que l’homme «dominateur» a imposée à la femme «dominée». Dès lors, être «homme» ou «femme» ne dépend pas de la biologie, mais de la culture, c’est-à-dire de la «volonté» de donner à un corps neutre et indifférent la signification que l’on désire : «Si “l’identité” est un effet de pratiques discursives, dans quelle mesure l’identité du genre est-elle construite comme un rapport entre le sexe, le genre, la pratique sexuelle et le désir, comme l’effet d’une pratique régulatrice qui n’est autre que l’hétérosexualité obligatoire7 ?»


La théorie du genre se présente comme une «déconstruction» des significations qui font obstacles à la liberté de l’érotisation.


La théorie du genre se présente donc comme une «déconstruction» de ces significations qui font obstacles à la liberté de l’érotisation, et qui favorisent dans la société le cloisonnement de tout un groupe d’individus, les femmes, que les hommes dominent sexuellement à partir de la «fausseté» qui attribue une signification au sexe biologique. Le sexe biologique n’a aucune signification culturelle ou comportementale ; il n’est que la matière plastique de la jouissance érotique que l’on désire et vers laquelle on se tourne.

La personne et le sexe

Si l’identité humaine fait bon marché du sexe comme fondement identitaire, y a-t-il un autre fondement à la distinction des personnes humaines ? Si l’on regarde les comportements sociétaux actuels, il semble bien que les fondements identitaires des individus humains paraissent s’éloigner à grande vitesse des identités sexuelles. Les femmes font tous les métiers que font les hommes, du moins dans le champ du travail et dans la sphère politique. Jusqu’à un certain point ! La différence est inutile ; est-elle perdue à tout jamais ?

C’est là où le texte de la Congrégation est un document vrai, bon et beau. Après avoir rappelé que la sexualité est une vraie richesse, «qu’elle est une composante fondamentale de la personnalité, une de ses façons d’être, de se manifester, de communiquer avec les autres, de ressentir, d’exprimer et de vivre l’amour humain (et d’être) partie intégrante du développement de la personnalité et de son processus éducatif 8», il passe à la notion de «personne» et à sa relation au «corps».

La sexualité n’est pas, en elle-même, une réalité dont seul l’homme a la jouissance. Elle existe dans tout vivant apte à se reproduire. Cependant, elle est dans l’homme une réalité unique, car elle est le fondement de la distinction des personnes. En effet, la personne n’est pas uniquement un «être individué» ; elle est, quant à son existence, un sujet à part entière, source première de la détermination de son être et de son agir. Nous agissons à partir de ce que nous sommes, et non le contraire. Et nous agissons toujours de façon singulière, parce que la source à partir de laquelle nous posons nos actes est l’être singulier que nous sommes, et nous demeurerons toujours cet être singulier.


Parmi cette singularité qui détermine la personne, la sexualité est le premier attribut.


Ainsi, nous sommes les premiers sujets de nos actes, non seulement en tant que nous les assumons, mais en tant que nous les produisons. Or, parmi cette singularité qui détermine la personne, la sexualité est le premier attribut. C’est la sexualité qui, au point de départ, dès l’instant de la fécondation, donne à la personne son mode d’exister en toute réalité : cet être existera comme une femme ou existera comme un homme, quoi qu’il fasse pour en effacer les marques ou pour en acquérir de nouvelles qu’il ne possède pas et qu’il ne pourra jamais posséder. Cette sexualité ne s’adresse pas qu’au corps ; elle marque l’être intime de l’individu : elle en signe les qualités et les valeurs, signes et valeurs qui demandent à être acceptés – et non seulement assumés – et qui apparaîtront dans toutes les manières d’agir.

Rendre le corps «neutre», c’est tenter de le vouloir «impersonnel», sans signification, sans valeur ; c’est le rendre sujet de ses vouloirs et de ses pulsions comme on jette sur une toile des coups de pinceau ravageurs qui ne deviendront jamais une œuvre du génie artistique. Comme le dit Jean-Paul II : «le corps est subjectivité qui communique l’identité de l’être9». Et le document d’ajouter : «La tentative de dépasser la différence constitutive homme-femme, comme il advient dans l’intersexualité ou le transgenre, conduit à une ambiguïté masculine et féminine, qui présuppose de manière contradictoire la différence sexuelle que l’on entend nier ou dépasser. Cette oscillation entre homme et femme devient, à la fin, une exposition uniquement “provocatrice” contre les prétendus “schémas traditionnels” et ne tient pas compte des souffrances de ceux qui vivent dans une condition indéterminée10

Cette neutralisation du corps, loin de provoquer une libération des jouissances érotiques, entraîne un lourd potentiel de «déchets», d’actes manquées, de tentatives sans succès, de désespérances accablées. À vouloir faire taire le corps, on finit par le réduire à n’être plus que le témoin bâillonné de la négation de la personne. Le gender n’est pas libérateur, c’est le «tueur» de l’Image dont chaque personne est singulièrement porteuse.

Les conséquences et les remèdes

Les conséquences n’ont pas besoin d’être longuement analysées. Nous les connaissons tous. La première est l’enfermement dans l’ipséité absolue : je suis moi… L’autre n’est pas ou, s’il l’est, il n’est que le matériau à partir duquel se construit mon individualisme. L’autre que je ne peux percevoir que par son corps se tient, devant mon regard, comme une être insignifiant, sans valeur, ayant perdu tout intérêt. Il devient rivé à l’expression libre de mes pulsions, il les épouse, les accepte ou les repousse, mais ce ne seront toujours que «mes passions» contre lesquelles les siennes viennent se heurter. Certes, elles peuvent s’ajouter aux miennes. Ce sera un plus, mais jamais une communion !

«L’anthropologie chrétienne plonge ses racines dans le récit des origines tel qu’il apparaît dans le livre de la Genèse, où il est écrit que “Dieu créa l’homme à son image. […] il les créa homme et femme” (Gn 1, 27). Dans ces paroles se trouve le cœur non seulement de la création, mais aussi de la relation vivifiante entre l’homme et la femme, qui les unit intimement à Dieu. Le soi et l’autre que soi se complètent selon leur identité spécifique et se rencontrent en ce qui constitue une dynamique de réciprocité, soutenue par le Créateur et issue de lui.11».

Qui en souffre, et par qui faudra-il guérir l’humanité qui s’enlise dans cette triste neutralité ? La première, c’est la famille, «le lieu naturel dans lequel cette relation de réciprocité et de communion entre l’homme et la femme trouve toute sa réalisation ». Dans la famille, l’homme et la femme, unis par le choix libre et conscient du pacte d’amour conjugal, réalisent «une totalité, dans laquelle entrent toutes les composantes de la personne, appel du corps et de l’instinct, force du sentiment et de l’affectivité, aspiration de l’esprit et de la volonté12».

Mais la famille n’est pas une juxtaposition de corps neutres qui attendraient de la signification érotique un sens particulier : je jouis de ton corps, donc ton corps a un sens pour moi ; tu jouis de mon corps, donc mon corps a un sens pour toi. La jouissance réciproque donne un sens à deux corps, mais ce n’est que cette jouissance qui donne le sens. Non une signification hétérodoxe d’une supposée féminité ou d’une supposée masculinité. Ces catégories ne sont que les prétextes inventés pour rationnaliser la domination hétérosexuelle d’une masculinité uniquement biologique qui s’est octroyé le droit de dominer une féminité rendue biologiquement inférieure. Dans cette perspective, la famille n’a aucun sens. Elle ne devient qu’un lieu accidentel de mûrissement des corps en attente que la jouissance leur donne une signification, laquelle peut tout aussi bien être celle de l’inceste que celle de tout autre forme d’abus. D’ailleurs y a-t-il abus lorsqu’il y a jouissance ?

Si la famille a un sens, comme lieu naturel où l’on apprend la réciprocité, l’altérité, le don de soi, la communion, il faut respecter «le droit de la famille à être reconnue comme le lieu pédagogique primordial pour la formation de l’enfant». Ce «droit primaire» se traduit concrètement par le «très grave devoir13» des parents de prendre en charge de manière responsable «l’éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants14», y compris quant à leur éducation à l’identité sexuelle et à l’affectivité, «dans le cadre d’une éducation à l’amour, au don de soi réciproque15».


La société a permis l’apparition de ces idéologies qui détruisent les fondements les plus absolus de la vérité de l’être de l’homme.


Non seulement la famille, mais aussi l’école, doit devenir une «véritable communauté éducative où la personne s’exprime et grandit humainement selon un processus de relation dialogique, en interagissant de manière constructive, en exerçant la tolérance, en comprenant les divers points de vue, en créant la confiance dans un milieu de concorde authentique16». L’éducation à l’affectivité doit être un de ses soucis. Elle a sa place «si le langage est adapté et mesuré17». Elle doit, de plus, aider l’élève à développer «un sens critique, face à l’invasion de propositions, face à la pornographie incontrôlée et à la surcharge d’excitations qui peuvent mutiler la sexualité18».

Enfin, la société. Le ton du document n’est pas très amène pour parler de cette société «qui a souvent brandi le drapeau de la liberté», mais qui, en réalité, a apporté «une dévastation spirituelle et matérielle à d’innombrables êtres humains, en particulier aux plus vulnérables19». Cette société qui, en appauvrissant l’humanité dont elle avait la charge, a permis l’apparition de ces idéologies qui détruisent les fondements les plus absolus de la vérité de l’être de l’homme et la valeur intégrale de l’amour humain.

L’urgence de se former

On sera pas étonné de lire, dans les dernières lignes de ce grand et beau document, un appel à la formation de formateurs. Effectivement, il est impossible de laisser les personnes humaines et chrétiennes, les familles, les écoles, affronter seules les défis que posent à l’heure actuelle les tenants du gender.

Le document de la Congrégation pour l’éducation catholique en a étudié quelques-uns. Elle ne peut aller plus loin. Mais il suffit de regarder ce que nous montrent les journaux. Quand on apprend, vidéo à l’appui, qu’un jeune garçon est arrivé un jour en arborant une jupe, des souliers à talon et maquillé à outrance, parce que, disait-il, il se sentait «une femme» et qu’on n’a pas osé le renvoyer chez lui s’habiller d’une façon plus digne de sa personne et de son sexe, on peut se demander jusqu’à quel point l’enseignement des SVT n’est pas en cause dans cette complicité avec le gender.

On ne continuera pas à énumérer les facéties qui peuvent s’aligner en réponse aux sollicitations de l’époque. Les exagérations outrancières étonnent, sans plus ! Ce qui n’étonne plus personne, c’est l’insinuation éclatante dans la société des théories du gender et sa pénétration insidieuse au sein des familles et de la société. Étudions la question et formons-nous pour ne pas laisser périr des vérités qui nous sont chères et des biens humains que nous ne voulons pas perdre.

Aline Lizotte

Photo : Servizio Fotografico OR / CPP / CIRIC


1 – Le texte intégral se trouve ici.

2 – Voir l’article du 14 octobre 2016 : «Le gender existe-t-il ?»

3Il les créa homme et femme, n° 23 ; Jean-Paul II, Amour et responsabilité, Stock, Paris, 1965, p 48-49.

4 – Cf. Saint Thomas d’Aquin, In octo libros Physicorum Aristotelis, L. II, l. 14, n° 268. La nature est ainsi définie : «Natura nihil aliud quam ratio cuisdam artis, scilicet divinæ, indita rebus, qua ipsæ res moventur ad finem determinatam.» (La nature n’est rien d’autre que l’ordre d’un certain art, l’art divin induit dans les choses, à partir duquel elles se meuvent elles-mêmes à une fin déterminée.)

5Il les créa homme et femme, n° 19 à 23.

6Il les créa homme et femme, n° 19.

7 – Judith Butler, Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité, traduit de l’anglais (États-Unis) par Cynthia Kraus, La Découverte/Poche. p. 85.

8Il les créa homme et femme, n° 4.

9Jean-Paul II, Veritatis splendor , 6 août 1993, n° 48.

10Il les créa homme et femme, n° 25.

11Ibid., n° 31.

12Ibid., n° 36.

13Code de Droit canonique, can. 1136.

14Gravissimum educationis, n° 3.

15Amoris lætitia, n° 80.

16Il les créa homme et femme, n° 40.

17Ibid., no 42.

18Amoris Lætitia, n° 281.

19Il les créa homme et femme, n° 43.

 

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