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Au service du Bien Commun

Deux soldats du commando Hubert (Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello) sont morts au cours d’une mission au service de la France. Ils ont sauvé deux touristes français, ainsi qu’un américain et un sud-coréen enlevés dans le parc de la Pendjari au Bénin. Un véritable acte héroïque qui invite les éditorialistes à s’interroger sur le sens du sacrifice pour la patrie et sur la notion de Bien commun.

Édouard Tetreau, chroniqueur et essayiste, dans Le Figaro, veut tirer les leçons d’un tel geste, tant pour les victimes que pour la société française dans son ensemble :

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«La cérémonie nationale aux Invalides aujourd’hui ne peut nous exonérer d’une question de conscience, individuelle et collective: sommes-nous dignes de ces sacrifices ? […] D’un côté, des hommes d’exception de 28 et 33 ans, engagés à 18 et 20 ans, d’innombrables actes de bravoure et citations à leur actif. De l’autre, un groupe de quatre touristes imprudents, dont deux enseignants français s’étant approchés d’une zone pourtant réputée dangereuse. […] Puisse cette tragédie servir de leçon, pas seulement pour les rescapés, mais pour toute une société française qui croit pouvoir s’affranchir de la nation. Nous redécouvrons, à travers ces sacrifices récents, qu’elle est aujourd’hui le lien le plus puissant et le plus éprouvé pour nous tenir ensemble, debout et libres, face aux menaces du temps présent.»

Toujours dans le même journal, le Général Dary rappelle que la paix européenne est garantie au prix de la vie d’hommes qui acceptent de la donner sur les théâtres extérieurs :

«Contrairement à ce que certains esprits caustiques affirment un peu rapidement, ils ne sont pas “payés pour mourir”: comme tous leurs frères d’armes, ils se sont engagés pour défendre la France, ses intérêts et sa population, quitte à risquer leur vie pour accomplir leur mission. […] La tristesse et l’amertume, que chacun aura forcément au fond du cœur, ce mardi aux Invalides, ne seront que la traduction de notre époque, à la fois idéaliste et paradoxale : idéaliste, car les progrès et l’absence de guerre sur le territoire national depuis presque trois quarts de siècle ont fait reculer l’échéance d’un conflit majeur et fait croire à une paix éternelle ; mais aussi paradoxale, car, à se croire invulnérable, on en vient à évacuer les risques et à oublier la mort ! Mais le paradoxe va plus loin, car, dans la société où l’on vit, l’émotion est reine, à tel point que le statut de victime permet de tout dire, sans que personne ne puisse faire de reproches. En revanche, pour les soldats engagés en opérations, à l’instar de ce qu’écrivait le supérieur des moines de Tibhirine, “l’héroïsme ne consiste pas à faire des actes extraordinaires, mais à continuer de faire les choses ordinaires, même lorsque les circonstances ont radicalement changé et comportent la possibilité de conséquences tragiques!”»

«Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre,
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés…»
,
Ève, C. Péguy

L’effet Bellamy ?

L’arrivée de nouvelles têtes dans l’arène politique comme Raphaël Glucksmann, Nathalie Loiseau, Jordan Bardella ou encore François-Xavier Bellamy apporte un vent de fraîcheur à la politique française selon les analystes politiques. Grâce à sa jeunesse et la qualité de ses propos, François-Xavier Bellamy réjouit les commentateurs, notamment dans les journaux catholiques.

Dans La Vie, Gaël Brustier voit dans la jeune tête de liste des Républicains l’image d’un conservatisme de droite, qui ne flirte pas avec l’extrême droite :

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«Le choix de François-Xavier Bellamy comme chef de file de la liste LR s’inscrit dans une stratégie pensée de longue date. Rendue nécessaire par la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, elle a trouvé son terreau grâce à La Manif pour tous, véritable «Mai 68 conservateur». L’émergence d’une pensée conservatrice, diverse mais surtout riche de jeunes talents politiques et intellectuels en devenir la charpentant, donne à une droite en pleine crise existentielle les premiers éléments pouvant s’intégrer à une synthèse politique renouvelée. […] À LR, […] Bellamy apparaît comme le porteur d’une pensée conservatrice cohérente, désormais mise à l’épreuve du choc des urnes, mais aussi comme la preuve vivante que conservatisme (“traditionalisme devenu conscient”, selon Karl Mannheim) ne rime pas avec “extrémisme”. Le destin de la Droite française n’est peut-être pas d’être inévitablement absorbé par le lepénisme. Ayant regagné environ 7 points en quelques semaines, la Droite française peut espérer vivre, après son Mai 68, son 10 Mai 1981 conservateur. Bellamy n’y aura pas été étranger.»

Les élections européennes seront-elles le bon tremplin  ? On peut en douter, tant ces élections se distinguent par un taux d’abstention en augmentation depuis 1979 (de 39,29% en 1979 à 57,57% en 2014).

Juridisme en France sur l’affaire Vincent Lambert

Depuis plus de six ans, le cas de Vincent Lambert provoque de vifs débats sur la fin de vie, soutenus par l’émotion des parties qui s’opposent. Il est dans un état pauci-relationnel hydraté et nourri par sonde stomacale. Après une nouvelle décision d’arrêt des soins du CHU de Reims, validée par le Conseil d’État et la Cour Européenne des Droits de l’Homme, les parents de Vincent Lambert ont saisi un comité consultatif (Comité international du droit des personnes handicapées) de l’ONU (CDPH) qui a demandé à la France de suspendre son jugement le temps d’étudier le dossier.

Le journal La Croix, qui a eu accès au rapport de motivation répondant au CDPH, explique comment la France et l’hôpital justifient la légalité et la conventionalité (par rapport aux conventions internationales) de l’arrêt des soins :

Logo du journal La Croix

«[…] L’argumentation déployée tout au long de ces six pages tend à démontrer que le gouvernement n’est pas tenu par la demande préliminaire du CDPH. Et d’arriver à cette conclusion : “Après une analyse attentive de la situation, le gouvernement informe le comité qu’il n’est pas en mesure de mettre en œuvre la mesure conservatoire qu’il lui a adressée.” […] “En l’espèce, c’est bien la procédure qui a été suivie et les décisions prises par les médecins pour concilier l’ensemble de ces obligations ont fait l’objet de contrôles attentifs des juridictions internes, notamment du Conseil d’État, et de la Cour européenne des droits de l’homme, qui n’ont relevé aucune illégalité ni inconventionnalité.” Une manière pour la France de justifier le refus de l’intervention du comité de l’ONU dans la procédure : “Dans ces conditions, poursuivent les auteurs du texte, la remise en cause de la décision d’arrêt des traitements, par une nouvelle suspension qui priverait d’effectivité le droit du patient à ne pas subir d’obstination déraisonnable, n’est pas envisageable.”»

Pour mémoire, Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, et l’hydratation et l’alimentation dont il bénéficie ne sont pas des soins thérapeutiques. Mais l’instrumentalisation médiatique de son cas se traduit par une confrontation où l’on oublie l’homme qu’il est.

C’est ce que rappelle le père Saintôt, dans le même journal :

«Il serait d’abord bon de parler de “Monsieur Vincent Lambert” : cette personne est hospitalisée et elle doit être considérée avant tout avec respect jusque dans nos usages du langage. Parler d’emblée d’affaire, c’est la déposséder de sa singularité et du respect de sa dignité. […] L’exposition médiatique conduit à des caricatures argumentatives qui sont déplorables. Dans certains médias, la transformation du cas en une cause conduit à polariser faussement le débat entre de mauvais catholiques traditionnels censés défendre la vie à tout prix et de bons progressistes – de préférence athées – censés défendre la volonté claire de “Monsieur Vincent Lambert”. […] Dans la complexité de la situation, que faire ? Seule la mort non provoquée peut dénouer cette situation tragique et les accusations mutuelles où s’enferment tous les protagonistes. “Monsieur Vincent Lambert” n’appartient à personne ; il n’est pas à disposition pour défendre une cause. Continuer à prendre soin de lui, sans obstination déraisonnable, signifie qu’il est un indisponible. Le transférer dans une unité spécialisée pour les patients cérébrolésés serait une décision de sagesse… afin que personne ne s’empare du tragique.»

À partir du 20 mai 2019 commenceront la procédure d’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation, ainsi que la sédation profonde de Vincent Lambert. Une réponse à la question posée dans l’article du 1er juillet 2014 de la Smart Reading Press : Vincent Lambert pourra-t-il mourir ?

Le diaconat féminin fait débat

Le pape François, dans l’avion le ramenant de Skopje (Macédoine), a déclaré que les membres de la commission instituée en 2016 étudiant le rôle des diaconesses dans les premiers temps de la chrétienté n’avaient pas réussi à se mettre d’accord sur la question : ont-elles reçues une ordination sacramentelle ? De cette réponse, l’Église pourrait tirer des enseignements pour une réforme de sa structure…

Malgré les hésitations de la commission, le professeur Arnaud Join-Lambert de l’université catholique de Louvain recommande d’ordonner les femmes diacres – un sacrement à part entière – dans La Croix :

«Dans l’Église catholique dont la structure est sacramentelle, il n’est pas souhaitable que des personnes exercent durablement un ministère de type ordonné sans avoir reçu le sacrement de l’ordre lui correspondant. L’agir de ces femmes [les diacres femmes, ndlr] est explicitement signe de l’amour bienveillant et de la miséricorde de Dieu auprès de personnes fragiles ou en construction. Et nous croyons que leurs actions sont efficaces, au sens justement d’une sacramentalité. […] Ce n’est donc pas ici une question de concession faite à un “esprit du monde”. Une amie aumônière me disait s’étonner que le vocabulaire utilisé par des responsables ecclésiaux pour cette question soit dans le registre du “c’est théoriquement possible”, “pourquoi pas”, “rien ne s’y opposerait”. Elle espérait entendre un peu d’enthousiasme et de joie : “Ce serait formidable pour les personnes à qui elles sont envoyées”, “quel potentiel pour un renouveau de la mission dans notre époque”, “de vrais signes pour une Église qui ose la sortie aux périphéries”, etc. […] Résumons. Il n’y a pas et il n’y aura pas d’unanimité. Il faut alors se demander pourquoi des hésitations alors que les dossiers sont finalement unanimes dans le sens de l’ordination diaconale de femmes.»

Une fois de plus il manque l’élément principal de la réflexion : la réalité du sacrement de l’ordre qu’on oublie au profit d’un sens du vent qui pousse à «une plus grande égalité».

La vie, le martyre !

Les chrétiens ont été directement visés au Sri Lanka, où les attentats perpétrés par des groupes armés islamistes ont fait des centaines de morts et de blessés. En Afrique également, les attaques de l’Islam contre le christianisme se développent et s’amplifient, notamment au Burkina Faso.

Dans le FigaroVox, Pierre Macqueron de l’Aide à l’Église en Détresse souligne le martyre que vivent les chrétiens dans certains pays d’Afrique au contact de l’Islam :

«[…] Hier, c’est d’abord et avant tout l’église que les terroristes ont cherché à attaquer, et c’est le prêtre qu’ils ont souhaité abattre. […] Au Burkina Faso, les chrétiens, locaux ou étrangers, catholiques ou protestants, sont devenus une cible : en témoignent les multiples attaques, enlèvements, intimidations et menaces que ceux-ci subissent. […] Dans certaines parties du territoire, les messes ne peuvent plus être célébrées ; des groupes djihadistes passent dans les villages et menacent les habitants pour qu’ils se convertissent à l’islam, entraînant la fermeture des communautés et des lieux de culte chrétiens, mais aussi des écoles et des centres de santé. Aux frontières du pays, mais aussi en sa capitale, Ouagadougou, les attentats se multiplient. […] Face à cet immense péril, l’Église locale se dit prête à payer le prix de sa fidélité au Christ.»

«Le sang des martyrs est semence de chrétiens» (Tertullien)

Pierre Hardon

 

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