Facebook Twitter Linkedin Whatsapp

Dites 33 !

C’est en chacun de nous que l’injonction résonne… Quel médecin n’a prononcé cette locution – presque une incantation – au moment d’ausculter un patient ? Ce n’est rien moins pour le praticien que le moyen d’écouter l’air passant dans les poumons, de déceler un éventuel dysfonctionnement.

33 ! Tel est le nombre de listes initialement déposées pour les élections européennes de 2019 en France… jusqu’à ce que le ministère de l’Intérieur n’en valide une 34e, adoubée par le Conseil d’État une semaine après la clôture des parutions au Journal officiel.

Mais que de médecins pour semblable aventure !

Est-ce à dire que l’Europe se meurt ? En perpétuelle convalescence, elle résiste.

Est-ce à dire que l’Europe est souffrante ? Bien des symptômes l’attestent.

Est-ce à dire que l’Europe mérite que l’on prenne soin d’elle ? Sans aucun doute !


L’Europe ne peut exister sans viser cette double préoccupation de la poursuite du bien commun et du respect de chacun de ses membres.


Pour autant, le spectacle – est-il un autre terme ? – qui nous est présenté peut sembler affligeant, les joutes se jouant devant nos yeux surpris s’apparentant parfois à ces chamailleries propres aux cours d’école. Elles nous font réentendre la vieille ritournelle déclinée cette fois à la sauce élective :

« 1, 2, 3… Moi j’irai m’asseoir

      4, 5, 6… Après le Vingt-Six

            7, 8, 9… Sur mon siège tout neuf

                  10, 11, 12… Direction Strasbourg ! »

Et chacun de tirer la couverture à soi ! Crainte d’attraper froid ? Peur d’être découvert ?

Songeons à saint Martin partageant son manteau. Il offre ce qui est à lui, prenant soin de son frère qui en a juste besoin. Il en conserve un pan, celui de la cité, qui lui a été confié.

L’Europe, société humaine, ne peut exister sans viser cette double préoccupation de la poursuite du bien commun et du respect de chacun de ses membres. L’Europe est appelée à être une société humaine où «il n’y a plus ni juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus.» (Ga 3, 28)

N’oublions pas que la tête est au-dessus de la flèche apparente. Quand bien même elle brûle, quand bien même, ahuris, nos yeux la scrutent qui s’effondre, la tête, elle, demeure, surplombant la cité.

Alors pour prendre soin de cette Europe en constante convalescence, laquelle ne trouvera de repos qu’en sa réelle tête, votons le 26 mai !

Jérôme de Lartigue

 

>> Revenir à l’accueil