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Jean Vanier : au cœur de la personne humaine !

Jean Vanier, fondateur de l’Arche et cofondateur de l’association Foi et Lumière, est mort le 7 mai 2019. Il laisse derrière lui une œuvre magnifique de miséricorde humaine et spirituelle. Son empathie, sa capacité d’écoute envers les personnes les plus fragiles, pour en tirer des enseignements d’humanité, donne l’occasion à la presse de rappeler les qualités de l’homme.

Le vaticaniste John Lee Allen, pour le magazine Crux, souligne la personnalité exceptionnelle de Jean Vanier :

Logo de Crux

«Cependant, si vous êtes comme la plupart d’entre nous, vous rencontrez rarement des personnes qui semblent simplement rayonner de la sainteté […]. Nous parlons du type de personnalité avec lequel, après une rencontre, vous vous écartez en pensant : “Je viens de voir un saint vivant”. […] Si l’on mesure une vie à la manière dont elle façonne les autres, alors l’héritage vivant de Vanier dans des lieux aussi improbables que l’Ukraine suggère que sa vie a été un prodige. Requiescat in pace, Jean Vanier.»

Gérard Leclerc, dans France Catholique, parle d’un «coup de génie» :

Logo de France Catholique

«Pour le comprendre vraiment, il fallait le rencontrer chez lui à Trosly-Breuil dans l’Oise, au milieu de ceux avec qui il vivait habituellement. Il vous mettait tout de suite au diapason, car invité extérieur, vous étiez immédiatement introduit dans la communauté de l’Arche, partageant les repas aux côtés des personnes accueillies ici pour leur handicap, à l’égal des autres, qui étaient là pour leur venir en aide. C’était son coup de génie. Coup de génie du cœur. Faire sortir de leur ghetto tous ceux et toutes celles qui jusqu’alors étaient relégués dans des asiles où trop souvent leur dignité n’était pas reconnue.»

Un hommage que lui rend également La Croix :

Logo du journal La Croix

«Son amour de l’autre avec ses pauvretés et ses brisures, ses masques et ses mécanismes de défense, mais aussi sa dignité, sa beauté et sa soif de paix, d’amour, de vérité, qu’ils soient chrétiens ou non. Sa confiance dans la vie. Son respect de chacun. Rien n’était plus précieux pour lui que de témoigner que les plus pauvres et les plus rejetés des hommes sont particulièrement aimés de Dieu, afin peut-être de convertir les regards et, sans faire forcément de grandes choses, d’inventer des voies pour vivre et agir ensemble. […] La première [conversion, ndlr] est celle du Christ, justement, dont Jean Vanier a, toute sa vie, essayé de se faire “le disciple”, le laissant lui apprendre peu à peu “les secrets de Dieu”, s’efforçant de vivre, d’aimer, de parler comme lui.»

Pour le magazine The Tablet, l’universalité des hommages témoignent de la grandeur de l’homme :

Logo de The Tablet

«Les témoignages des dirigeants religieux, spirituels et autres à travers le monde témoignent de son impact et de son héritage durable. […] Au cours des dernières décennies, après avoir pris sa retraite de L’Arche, M. Vanier s’est concentré sur son travail, partageant un message d’unité, de dignité et de diversité. En plus de son travail avec L’Arche, Vanier a cofondé Foi et Lumière et a inspiré la création de nombreuses autres organisations. Il a publié une quarantaine d’ouvrages sur la manière dont les personnes ayant des troubles d’apprentissage peuvent contribuer à l’édification d’une société plus humaine.»

Le magazine America souligne l’influence que Jean Vanier a eue sur de nombreuses personnes et sa simplicité pour parler de l’homme :

Logo du magazine America

«M. Vanier a inspiré d’innombrables personnes par son message simple, à savoir que les personnes handicapées sont des enseignants. Randall Wright, le réalisateur de Summer in the Forest, un documentaire de 2017 sur M. Vanier et L’Arche, a déclaré à propos de M. Vanier : “Il a trouvé beaucoup de réponses en découvrant joyeusement la relation avec les gens les plus pauvres de la société. Et se rendre compte qu’ils avaient quelque chose […] qui est une sorte de capacité à dire la vérité sur le fait d’être humain sans avoir besoin de se mettre en scène ou en faisant preuve d’autorité.” […] Ceux qui connaissaient M. Vanier ont affirmé qu’il s’agissait d’une présence physiquement imposante et profondément tendre.»

Quelques mois avant sa mort, nous l’avions rencontré (voir l’entretien vidéo) à Trosly-Breuil ! Recquiesca in pace, Jean !

Une nouvelle alarme sur la dégradation de la nature…

Les délégués de 132 pays ont publié le 6 mai 2019 un texte signalant la dégradation de la nature. Le texte s’adresse aux politiciens afin qu’ils puissent prendre les décisions pour «sauver la planète». Près d’un million d’espèces seraient menacées.

Le Figaro souscrit à cette analyse :

Logo du Figaro

«Force est de constater que la situation est préoccupante, pour ne pas dire catastrophique. Un million d’espèces, animales comme végétales, sont à ce jour en danger d’extinction. […] La disparition de la nature n’est pas seulement triste, c’est aussi (et surtout) un grave danger qui menace la survie de notre espèce. Ne serait-ce que parce que 75 % de nos cultures dépendent de la pollinisation et des insectes. “La perte de la biodiversité est 10 à 100 fois plus importante que dans les années précédentes, note Pierre Cannet, co-directeur de programmes au WWF. Et le rôle de nombreuses espèces ne pourra pas être remplacé.” […] Cinq causes connues, ciblées et hiérarchisées contribuent à cette disparition : la disparition des milieux naturels ; la surexploitation, notamment la surpêche ; le changement climatique ; les pollutions (pesticides, plastiques…) et les espèces envahissantes.»

Le Monde donne un chiffre choc et livre une approche altermondialiste :

Logo du journal Le Monde

«C’est un chiffre choc, propre à frapper les esprits, les consciences et peut-être les cœurs […]. Il faut noter qu’à eux seuls les insectes représentent plus des deux tiers de l’ensemble des espèces (5,5 millions) et que 10 % d’entre elles sont jugées menacées. […] L’un des intérêts du rapport est de hiérarchiser les facteurs de la perte de biodiversité, tous imputables aux activités humaines. En tête (30 % des impacts) arrive le changement d’usage des milieux naturels. […] Dans une approche très “altermondialiste”, l’IPBES met ainsi en cause un modèle de consommation insoutenable. Au cours du demi-siècle écoulé, la production agricole mondiale a triplé et celle de bois brut a augmenté de 45 %, tandis que le commerce international a été multiplié par dix. Cette pression accrue s’explique en grande partie par la hausse de la population mondiale. »

Le journal Libération, par contre, publie un article à charge contre l’écologie intégrale :

Logo de Libération

«Les Français d’abord, la planète ensuite. Nouveau mantra pour une écologie d’extrême droite ? Pour comprendre ce twist écolo, un concept-clé : l’“écologie intégrale”. La présidente du RN ne le dit pas comme cela, mais tout dans le nouveau discours de son parti fait écho à cette notion à la croisée du souci de l’identité française et de la préservation de l’écosystème. L’une de ses premières occurrences apparaît en 1984 dans un numéro de la publication royaliste, Je suis Français. Jean-Charles Masson, un idéologue très catholique, y pose les “jalons pour un écologisme intégral”, tout droit inspiré du “nationalisme intégral” de l’écrivain xénophobe de l’Action française, Charles Maurras. […] Mais, depuis quelques années, c’est une autre frange de la droite qui déterre la notion d’écologie intégrale et opère un travail idéologique de fond par l’intermédiaire de sa “Revue d’écologie intégrale” lancée en 2015, Limite. […] L’écologie intégrale, du greenwashing pour intégristes ? Ce mode de pensée n’est, en tout cas, pas étranger à la croisade “antigenre” orchestrée par des groupes catholiques depuis les années 90, en France et en Italie notamment, afin de réaffirmer l’“ordre naturel” de la sexualité. […] Qu’elle soit néo-païenne et aux revendications populaires tendance Nouvelle Droite ou catho-tradi, plus élitiste, version Limite, l’écologie intégrale converge, in fine, vers la stricte défense de l’identité française et du national-conservatisme, allergique, dans les deux cas, à l’appel de l’égalité et de l’émancipation des individus, pensé par les Lumières.»

La question de l’écologie est celle du bien commun, ce que Libération semble avoir oublié en ne lui reconnaissant qu’une portée idéologique.

Pierre Hardon

 

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