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«Rebâtis mon Église qui, tu le vois, tombe en ruines»

Cette parole du Christ à saint François d’Assise éclaire l’actualité des incendies de ces derniers jours en un saisissant raccourci.

Le 11 avril, sortant de son silence, Benoît XVI s’exprimait dans les colonnes d’un journal allemand sur la crise des abus sexuels commis par des clercs. Prenant du recul dans un climat médiatique passionnel, il souligne «que nous n’avons pas besoin d’une nouvelle Église de notre invention. Au contraire, ce qu’il faut d’abord et avant tout, c’est bien davantage le renouveau de la foi en la présence de Jésus Christ qui nous est donnée dans le Saint-Sacrement».


Sur quelle action nous mobilisons-nous face à cette Église traînée dans la boue et que l’on nous dit au bord de la ruine ?


Quelques jours plus tard, alors que les cendres de l’incendie de Notre-Dame de Paris fument encore, et que tous les médias entretiennent une légitime émotion, Mgr Aupetit, sur l’antenne de KTO, nous rappelle que la cathédrale Notre-Dame est d’abord un écrin dont le bijou peut paraître bien dérisoire aux yeux du monde : un morceau de pain dans lequel, par la foi, nous reconnaissons le corps du Christ, la présence réelle de Dieu. Ce corps du Seigneur que Marie-Madeleine cherchait au tombeau au matin de Pâques, et que l’aumônier des pompiers est allé chercher en premier dans la fournaise de l’incendie. Car «cette miette de pain, c’est la vie de Dieu qui se communique […], elle nous ouvre les portes du Ciel1».

L’un comme l’autre nous pose ces questions : quelle cathédrale voulons-nous reconstruire ? Sur quelle action nous mobilisons-nous face à cette Église traînée dans la boue et que l’on nous dit au bord de la ruine ? Qu’est-ce qui est pour nous le plus précieux ? L’un comme l’autre nous donne les éléments d’une réponse qui ne peut être que personnelle car, comme le souligne Mgr Aupetit, elle «dépendra sans doute de notre foi».

«Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps. » (1Co 6, 19-21). C’est dans les larmes fécondes de ces incendies que nous pouvons alors entrevoir que «Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d’où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ » (Ph 3, 20-21).

Jérôme Fouquet

 


1Homélie de Mgr Aupetit à Saint-Eustache à la messe de Pâques, le 21 avril 2019.

 

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