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Grande bataille autour de l’avortement sur le continent américain

Sur le continent américain, la bataille autour du «droit» à l’avortement fait rage entre les «pro-vie» et les «pro-choix». Deux pays en témoignent : d’une part, les États-Unis, pays dans lequel l’avortement a été largement promu, qui font face à une contre-attaque des mouvements pro-vie, tant légale (300 propositions de lois dans 41 états fédéraux depuis le début de l’année pour interdire totalement ou partiellement l’avortement) que politique (un président pro-vie) sans précédent ; d’autre part, l’Argentine, pays de tradition catholique, qui fait face à une attaque des pro-choix pour la libéralisation de l’avortement.

Le père Shenan J. Boquet, sur le site internet Human Life International, en se fondant sur le rapport du Guttmacher Institute, fait ce constat :

Logo de Human Life International

«Pour les observateurs attentifs, il est clair que le mouvement pro-vie prend une ampleur énorme. […] Des organisations d’extrême gauche comme le Planned Parenthood [le Planning familial, ndlr], qui ont fondé leur idéologie sur le refus ou la négation des vérités scientifiques fondamentales, luttent pour rester légitimes maintenant que ces vérités scientifiques sont si indéniables et si accessibles au public, grâce aux progrès technologiques et aux infatigables efforts des mouvements pro-vie. […] Une autre nouvelle extrêmement encourageante tirée du rapport du Guttmacher Institute est que six États n’ont plus qu’un seul centre d’avortement. En d’autres termes, ces États sont sur le point d’éliminer les avortements chirurgicaux, sans même adopter une législation interdisant les avortements. […] La croissance massive de cette législation pro-vie et la fermeture des cliniques d’avortement coïncident avec une baisse spectaculaire du taux d’avortement aux États-Unis.»

La rédaction du National Catholic Register évoque un «combat épique pour la vie» :

Logo du NCR

«Il existe de nombreuses preuves que la cause pro-vie gagne du terrain : plus de 300 lois ont été proposées au niveau national dans tout le pays pour restreindre l’accès à l’avortement, et au niveau fédéral le Planned Parenthood fait face pour la première fois à la concurrence de fournisseurs de services de santé qui n’incluent pas le massacre d’enfants à naître comme fondement de leur modèle économique. Mais, avec ces efforts pro-vie, l’opposition en faveur de l’avortement rassemble ses forces pour un combat long et âpre. […] Cependant, nous ne devrions pas sous-estimer la portée et la détermination de l’industrie de l’avortement. Twitter a brièvement suspendu et sans motif le récit du film Unplanned le week-end même de sa sortie. Sans surprise, des célébrités hollywoodiennes ont appelé à un boycott contre la Géorgie pour punir l’État de son engagement en faveur de la vie.»

Martin M. Barillas, pour Life Site News, évoque la bataille en Argentine menée par des féministes et des groupes d’extrême-gauche en faveur de l’avortement, contre le catholicisme :

Logo de Life Site News

«Des enseignantes appartenant à un groupe féministe radical se sont engagées dans une campagne en faveur de l’avortement avant la semaine sainte et Pâques, alors que les Argentins se préparent à commémorer la Passion et la Résurrection de Jésus Christ. […] Ces enseignantes ont distribué des œufs verts recouverts de sucre portant le slogan “Aborto Ya” [«avorter, déjà !», ndlr] dans le cadre d’un effort plus large qu’ils ont appelé “Abort the little surprise” [«avorte la petite surprise», ndlr]. […] Les activistes favorables à l’avortement ont porté les mouchoirs verts comme symbole d’organisation et ont également utilisé le vert pour colorer les œufs sucrés distribués aux écoliers. En revanche, les militants pro-vie portent des bandeaux bleu ciel rappelant la couleur du drapeau national argentin. Des militants pro-vie se sont rassemblés à Buenos Aires en mars, sous le slogan “Sauvons deux vies” pour contrer le message pro-avortement.»

Deux pays, deux combats. Les Argentins doivent favoriser la protection de la vie dès sa conception ; les Américains doivent la reconquérir… Des combat différents, un même objectif !

Pour une Église missionnaire ?

Alors que l’Église est très attaquée, deux appels à la mission sont parus cette semaine.

Aleteia a rencontré le père James Mallon, qui vient de publier le livre Réveillez vos paroisses :

Logo d'Aleteia

«Nos paroisses existent encore sur un modèle chrétien ancien. Aujourd’hui, elles ne vivent pas du tout leur identité missionnaire. Elles attendent que les gens viennent à elles. Or, un missionnaire va dehors, il dépasse les obstacles culturels. […] [En réponse «À la question : Quelles sont les clefs du changement ?», ndlr] La première, c’est de donner la priorité à l’évangélisation, car c’est elle qui change les cœurs. La deuxième clef, c’est la question du leadership. Il est nécessaire de passer de la maintenance à la mission. La “maintenance”, c’est lorsque l’on ne s’occupe que des paroissiens. Déplaçons le focus vers ceux qui ne sont pas paroissiens, vers l’extérieur. […] Enfin, la troisième clef, c’est la puissance de l’Esprit Saint. C’est un point qui énerve souvent les catholiques. […] L’Église est conduite par le Saint-Esprit à sortir. Actuellement, on ne va pas dehors, on reste trop au cénacle.»

En parallèle, Life Site News cite le cardinal Robert Sarah :

«Le cardinal Robert Sarah a déclaré que les catholiques avaient un « devoir » d’évangéliser et que le fait d’amener les non-baptisés au Christ était une « tâche urgente » pour l’Église. […] Dans son nouvel entretien avec Aleteia, il déclare que “ce qui est tragique, c’est la division au sein de l’Église. Une division qui se manifeste principalement aux niveaux doctrinal, moral et disciplinaire. Tout le monde dit et pense maintenant ce qu’il veut. Comment pourrions-nous ne pas être concernés s’il semble que l’Église ne dispose plus de doctrine ni d’un enseignement moral clair ?”. […] “L’Église n’appartient pas aux pseudo-réformateurs. Je ne peux pas changer ce que je n’ai pas construit moi-même et qui, par conséquent, ne m’appartient pas. Personne ne peut changer l’Église de Jésus. Ceux qui veulent la changer ont besoin d’un mandat de Jésus” ajoute-t-il.»

L’Église est d’origine divine, pas humaine. Il n’existe pas d’Église institutionnelle en face d’une Église des fidèles : elle est la voie à suivre pour le ciel.

Divorcés/remariés : la miséricorde humaine plus forte que la loi de Dieu

Le cas des divorcés-remariés est problématique car il exclut les conjoints remariés de la communion eucharistique, à moins qu’ils vivent maritalement, comme frères et sœurs. Dans le sacrement de mariage, ce que Dieu a uni, l’homme ne peut le séparer, et un divorce civil ne détruit pas cette union..

Le Journal La Croix évoque ce problème par des témoignages :

Logo du journal La Croix

«“Il nous paraissait absurde et injuste de ne pas pouvoir se nourrir du corps du Christ alors que d’autres péchés, à nos yeux plus graves, n’excluaient pas de la table eucharistique”, racontent Florence et Georges. “Nous souhaitons pouvoir communier au corps et au sang du Christ pour affermir notre foi et notre espérance” [affirme l’un des couples remariés, ndlr]. “Nous comprenons la logique de la sanction qui frappe les divorcés remariés : le mariage est indissoluble”, exprime le “couple parrain” d’Isabelle et Philippe lors de cette célébration. “Mais dans Amoris laetitia, la miséricorde s’affranchit de la loi ; le pardon, qui n’efface rien, redonne la vie.”»

Il ne s’agit pas d’une sanction qui touche au for interne, si en conscience le premier mariage est nul, mais d’une disposition qui relève du for externe : l’état dans lequel se trouvent les divorcés remariés est un état public qui est contraire à l’enseignement de l’Église, or la communion est un acte public.

Vandalisme en France

En France, les actes de vandalisme contre les lieux catholiques inquiètent, si bien qu’une enquête a été demandée au Sénat par Annie Génevard (député LR), comme le rapporte France Catholique :

Logo de France Catholique

«S’agit-il d’actes de vandalisme indistincts ou bien le christianisme est-il spécifiquement ciblé ? Si oui, pourquoi ? Quelle est la nature des inscriptions injurieuses que l’on trouve bien souvent ? Si les auteurs ont été interpellés, quel est leur profil ? S’il apparaît au terme de la mission qu’il s’agit par exemple de motivations satanistes, cela nous dira quelque chose de très important sur notre société, et notre jeunesse en particulier. Mais à ce stade, nous abordons le sujet de manière purement factuelle, en refusant toute tentation de concurrence victimaire. Il s’agit donc d’un véritable travail d’investigation qu’il serait pertinent de confier à une mission associant la commission des affaires culturelles, dont je suis membre, et la commission des lois, dont mon collègue Philippe Gosselin est le vice-président. »

Espérons que cette demande d’enquête aboutira !

Pierre Hardon

 

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