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Le laboratoire à idées allemand

L’agence de presse CNA (Catholic News Agency) annonçait le 14 mars 2019 la tenue en Allemagne d’un processus synodal «contraignant» organisé par la conférence des évêques allemands, sur le célibat sacerdotal, l’enseignement de l’Église sur la morale sexuelle et une réduction du pouvoir clérical.

Le cardinal Reinhard Marx, président de la Conférence et archevêque de Munich, a été interrogé par La Croix sur les réformes que l’Église devrait faire, grâce à l’impulsion de l’Allemagne :

Logo du journal La Croix

«Si certains nous trouvent en avance, d’autres nous jugent hérétiques ! Notre spécificité est de disposer de beaucoup de professeurs de théologie, dont de nombreuses femmes, qui enseignent dans une vingtaine de facultés ou d’instituts de théologie. Ils peuvent écrire, discuter, publier, et donc alimenter le débat. En outre, les laïcs sont très organisés, dans les paroisses, les diocèses et les mouvements de fidèles, et aussi au sein du Comité central des catholiques allemands. Dans la crise actuelle, ce dernier est proche des évêques, mais effectue aussi un travail critique. Enfin, l’Allemagne est le seul pays européen qui n’a pas une Église dominante, mais deux : les protestants sont aussi nombreux que les catholiques. Les théologiens protestants s’expriment eux aussi dans les journaux et à la télévision. Cela crée une stimulation.»

Ce «processus synodal «contraignant» a fait réagir le journaliste George Weigel qui, dans les colonnes de First Things, interpelle le cardinal allemand :

Logo de First Things

«Comment un “processus synodal” d’une Église locale pourrait-il donner des résultats “contraignants” sur des questions concernant l’Église universelle ? La Communion anglicane l’a tenté et se trouve maintenant dans un désordre général ; les Églises anglicanes locales qui ont pris le chemin des accommodements culturels sont aujourd’hui dans le coma. Est-ce le modèle que vous et vos confrères souhaitez ? […] Votre Éminence, l’Église allemande – le catholicisme de mes ancêtres – est en train de mourir. Il ne sera pas revigoré en devenant un simulacre de protestantisme moribond et libéral.»

La Conférence des évêques allemands passerait-elle d’organe de coopération à assemblée législative pour l’Église universelle ?

Cardinal Barbarin : quelques îlots de bon sens

Depuis la condamnation du cardinal Barbarin à six mois de prison avec sursis (et l’appel interjeté par ses avocats), plusieurs articles viennent rappeler quelques vérités sur l’action du cardinal, notamment dans son gouvernement et sa gestion des agressions sexuelles sur des mineurs par des prêtres. Ils font contrepoids à la conclusion de la réunion confidentielle du conseil presbytéral de Lyon, dont le vote demande que le cardinal présente à nouveau sa démission (malgré son retrait volontaire du gouvernement de l’archevêché).

Tout l’abord, Pierre-Yves Gomez, dans les colonnes du Figaro, vitupère :

Logo du Figaro

«[…] Je ne veux pas être de ceux qui auront honte de s’être tus aujourd’hui ; des bonnes âmes y compris des bons “cathos”, qui, encore une fois, ne veulent pas faire de bruit, parce qu’il faut passer à autre chose ; et tant pis pour celui qui tombe. […] Je n’ai aucune envie de polémiquer ; […] Seulement de dire que nous sommes pris chaque jour un peu plus dans des mécanismes de lynchage que commande l’émotion collective. Et qu’on s’en satisfait désormais avec une complaisance terrifiante ; par crainte d’attirer sur soi les déchaînements refoulés. Alors pardon de troubler le repos des grandes âmes, mais je ne suis pas solidaire de la condamnation publique de Philippe Barbarin. Les victimes du prêtre prédateur réclament justice pour les crimes dont ils ont été objets. Personne ne peut oser la leur refuser. Mais ce n’est pas minorer leur souffrance que de dénoncer la violence faite à un homme. C’est, au contraire, prendre très au sérieux leur souffrance ; c’est croire que leur cause mérite une justice sans tache. Pour l’exemple. Car aucun combat, s’il est juste, ne peut légitimer une injustice. Même à l’égard d’une seule personne. Même pour servir une juste cause.»

De même François Morinière, président des Entretiens de Valpré, membre du conseil de surveillance du groupe Bayard, dans le journal La Croix :

«Jamais le cardinal ne s’est retranché derrière une quelconque prescription et il s’est expliqué à chaque fois aussi clairement que possible au sujet de l’affaire Preynat. Pourtant, cette phrase aura été le cheval de Troie de la machine à détruire un homme, et à travers lui l’autorité de L’Église. Elle aura été exploitée à l’excès, y compris par le film d’Ozon, avec sa vision partielle et donc partiale de toute l’affaire. Mon désarroi n’est pas de lire toute la violence des attaques venues de la part de milieux résolument hostiles à l’Église. C’est de voir les croyants se déchirer, et pour certains se transformer en procureurs du cardinal. […] Je ne me suis toujours pas remis qu’on lui demande de «re»-démissionner huit jours exactement après qu’il l’eut déjà fait, en assumant pleinement ses responsabilités. Pourquoi ? Pour donner des gages de dégagisme ? A-t-on vu des pétitions pour demander que Preynat soit jugé plus vite ? Non. Pour demander qu’il quitte la ville de Lyon, où il se promène en liberté ? Non. Mais, par contre, il faut que le cardinal déguerpisse, et au plus vite.»

Ne serait-il pas temps de laisser les procédures judiciaires se dérouler sans passion, afin qu’elles puissent conduire à un jugement objectif ?

Christus vivit

Après le synode sur la jeunesse qui s’est tenu au Vatican au mois d’octobre 2018, le pape François a publié une exhortation apostolique intitulée Christus Vivit !, destinée aux jeunes et au reste du peuple de Dieu.

Le National Catholic Reporter ne peut s’empêcher de noter que les propos du synode sur l’égalité homme-femme sont à peine évoqués dans l’exhortation :

Logo du National Catholic reporter

«La nouvelle exhortation, issue de la réponse du Synode des évêques d’octobre 2018, est orientée sur les besoins de la jeunesse actuelle, sans pour autant s’engager sur l’appel sans précédent dans le document final pour l’inclusion des femmes dans une Église masculine à tout niveau de décision [Église patriarcale, ndlr]. […] Si le pape reconnaît qu’il y a “une part d’autoritarisme [et] de domination” au sein de l’Église, il ne traite pas ce que la réunion synodale appelle le “devoir de justice” d’inclure les femmes “à tous les niveaux” de l’institution.»

Nicolas Senèze, pour La Croix, décrypte :

«Rarement “exhortation” papale aura autant mérité ce qualificatif. […] Dans sa lettre d’une soixantaine de pages, François fait des jeunes eux-mêmes les acteurs de la réforme qu’il veut impulser dans l’Église. Même sur la difficile question des abus sexuels, il les croit capables d’agir contre “ce nuage noir” par leur “capacité de renouveler, de revendiquer, d’exiger cohérence et témoignage, de rêver de nouveau et de réinventer”. […] Pas de “jeunisme” pour autant. François met bien en garde contre “une vénération de la jeunesse, comme si tout ce qui n’est pas jeune était détestable et caduc. […] Voyant la jeunesse comme “un temps de rêve, de choix”, François livre quelques axes pour une plus grande implication dans la vie de l’Église, tout en veillant à ne pas faire de son exhortation “un guide de pastorale pratique”. Il veut, en effet, surtout faire “confiance à la capacité des jeunes eux-mêmes, qui savent trouver les chemins attrayants pour appeler”».

Oui, Christus vivit !

Face aux dégradations, la prière dans l’Église

En France, les actes anticatholiques atteignent des chiffres élevés. Les vols et dégradations volontaires se multiplient, et les profanations de tabernacles et de mobilier liturgiques sont nombreuses, qu’elles soient conscientes ou non. Devant cette augmentation, Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban, réagit dans les colonnes du Figaro afin de ne pas pour autant fermer les églises :

«J’insiste à temps et à contretemps sur la nécessité de laisser les églises ouvertes. Pourquoi ? Parce qu’elles sont pour tous et tout le temps. Une église fermée est un musée, signe d’une Église en train de mourir. Comment limiter ces atteintes aux lieux de culte ? D’abord placer des caméras : même si ce n’est pas totalement efficace, c’est dissuasif. Ensuite passer de la musique enregistrée. Entretenir les lieux de sorte qu’ils ne paraissent ni négligés ni abandonnés ! Et, surtout, conscientiser les catholiques sur le fait que leur mission est de venir prier dans les églises, chaque jour, un moment. Plus il y a de présence visible, moins il y a de risques. Enfin, confier à la Vierge Marie ou au saint protecteur de l’église le soin de veiller sur l’intégrité du lieu. Je vous assure : ça marche !»

Merci pour cet appel ! La réalité des actes anticatholiques est tout de même très préoccupante.

GPA familiale

La gestation pour autrui est légale aux États-Unis. Un binôme homosexuel a décidé d’avoir un enfant, mais, au lieu de recourir à une tierce personne étrangère, c’est la mère du donneur qui était la gestatrice. Quant à l’autre conjoint, c’est un ovule provenant de sa sœur qui a été fécondé pour donner naissance, neuf mois plus tard, à une petite fille. Le Parisien évoque l’affaire :

Logo du Parisien

«L’enfant a pu voir le jour grâce à un embryon conçu avec les gamètes de Matthew et de Lea, la sœur de son conjoint. Après deux ans de préparatifs et une batterie de tests médicaux, la fécondation in vitro a fonctionné au premier essai, alors que la future grand-mère était pourtant ménopausée depuis 10 ans. […] Les jeunes parents ne voulaient de toute façon pas faire appel à des inconnus. Ils auraient également pu opter pour une adoption, mais ont préféré la fécondation in vitro pour une raison simple : “Pour nous, le fait de pouvoir contrôler ce qu’il se passait était important. On a pu vivre cette grossesse à notre manière.”»

Et l’enfant dans tout ça ?… Le «droit à l’enfant» conduit à une grossesse «à notre manière» qui nie les droits les plus élémentaires de l’enfant.

Pierre Hardon

 

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