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Cardinal Barbarin : lâchez les lions !

Le cardinal Barbarin a présenté sa démission au pape François, qui a refusé de le démettre de sa charge d’archevêque de Lyon. Le cardinal s’est retiré temporairement de l’administration de son diocèse. Malgré la présomption d’innocence, la presse critique à la fois le cardinal, le pape et l’Église.

La Croix donne la parole à François Devaux, président de l’association de victimes La Parole Libérée :

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«Cette décision n’est ni en cohérence avec les directives de l’Église ni même avec l’Évangile. Elle démontre concrètement ce que nous disons depuis quatre ans : le problème n’est pas la pédophilie, mais la sacralisation du pouvoir dans l’Église. C’est tout son fonctionnement, son absence de rationalisation, son cléricalisme auxquels elle se retrouve confrontée et dont elle montre, une fois de plus, qu’elle est incapable de sortir. Cette institution hyper-hiérarchisée, dirigée par un homme qui se dit le successeur de saint Pierre, fait la preuve que son pouvoir n’est pas fiable : ces hommes, prêtres comme évêques, qui naviguent entre deux eaux, à la fois mi-hommes et mi-Christ, auxquels nous venons livrer notre âme, n’ont en réalité aucune expertise sur l’amour du prochain, le respect du plus faible.»

Exégète et théologien depuis peu… L’analyse de François Devaux est une attaque en règle contre l’Église, sans rien comprendre à ce qu’elle est.

Une autre victime, cofondatrice de La parole Libérée, s’exprime dans le même journal :

«Beaucoup s’éloignent discrètement de l’Église. J’ai pour ma part d’autres manières de vivre ma foi, je ne me sens plus dans l’institution, l’Église n’est plus crédible à mes yeux. Pendant un temps, nous avons eu des attentes à l’égard du pape, mais c’est fini. La semaine que le pape a organisée à Rome pour lutter contre les abus commis par des prêtres a été un échec, elle s’est terminée tout bonnement par un discours dans lequel il incriminait le diable dans l’Église. Au cours du procès du cardinal, son avocat lui-même avait reconnu qu’il y avait eu une faute morale, mais pas de faute judiciaire. La justice civile a conclu à une faute judiciaire. Nous attendons l’appel. Mais si le pape lui-même ne tire pas les conséquences de la faute morale, que peut-on attendre de lui ?»

Justement, le pape a tiré les conséquences du système juridique français en respectant l’effet suspensif de l’appel !

Le journal La Vie interroge Bernard Mabille, chercheur au CNRS, qui affirme :

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«[…] L’Église catholique agit ici, comme dans le cadre de ses relations internationales, comme un État. Elle l’a d’ailleurs fait l’an dernier, dans ce même dossier, en refusant la notification à comparaître concernant un cardinal, Mgr Ladaria, que la justice française voulait voir comparaître dans le cadre du procès de Mgr Barbarin. Le Vatican est dans une ambiguïté constante : il dit ne pas être un État comme les autres, mais se conduit comme un pouvoir étatique en s’en tenant au droit. Dans le cas présent, la procédure de justice française n’est pas à son aboutissement, donc le pape François attend son résultat final.»

Le Vatican est un État. Être un État ne l’empêche d’être soumis au commandement du Christ quant au pouvoir de juridiction, tout en développant un droit positif.

Dans Libération, Bernadette Sauvaget analyse :

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«Symbole de l’omerta dans l’Église, l’ecclésiastique [le cardinal Barbarin, ndlr] avait pourtant des atouts à faire valoir auprès du pape ; ce qui explique une décision qui a aujourd’hui du mal à passer dans beaucoup de milieux catholiques. Le jésuite argentin apprécie, de fait, la personnalité de l’archevêque de Lyon, l’un des rares prélats français qu’il connaît un peu… François fonctionne ainsi au coup de foudre, à la tocade ; ce qui lui a déjà fait commettre, dans le passé, de très gros faux pas.»

Quels milieux catholiques ?

Critiques des milieux catholiques contre l’Église

L’enchaînement des scandales dans l’Église provoque de nombreuses réactions dans la presse catholique.

Dans The Tablet, un article affirme que les catholiques s’interrogent sur leur engagement dans l’Église. À une lecture plus attentive, il s’avère qu’il s’agit des catholiques non pratiquants…

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«Aux États-Unis, de plus en plus de catholiques s’interrogent sur leur engagement envers l’Église à la suite de la crise des abus sexuels. Selon un sondage réalisé par Gallup, les catholiques non pratiquants sont ceux qui ont le plus tendance à remettre en question leur religion. […] Près de la moitié, 46% des catholiques qui fréquentent rarement ou jamais l’Église se demandent s’ils vont rester. À titre de comparaison, moins d’un sur quatre, 37% des personnes qui vont à l’Église chaque mois et un cinquième de celles qui y vont toutes les semaines remettent en question leur allégeance.»

Un «catholique non pratiquant», qu’est-ce que cela veut dire ?

Le journal La Croix, citant le frère Adrien Candiard, affirme que l’Église a pris «l’habitude de manier l’interdit» en matière de sexualité :

«“[…]C’est l’amitié avec le Christ, c’est la présence de Dieu en nous – que nous appelons l’Esprit Saint – qui peut à la fois nous éclairer sur ce qui est bon, nous donner envie de l’accomplir et nous libérer patiemment de tout ce qui nous retient.” Cette approche vaut même en matière de sexualité, domaine dans lequel l’Église a pris l’habitude de manier l’interdit, ou au moins la mise en garde, parfois culpabilisante. Pour l’auteur [frère Adrien Candiard, ndlr], c’est là faire fausse route. Car “l’inhibition n’est pas la vertu mais sa caricature, peut-être son cadavre”. Faire du plaisir un bien désirable “mais interdit” risque surtout d’enfermer le fidèle “dans une nasse de culpabilité morbide”. “Je ne suis pas sûr que ce soit un objectif souhaitable, ni une manière saine et chrétienne d’envisager la sexualité”, écrit-il dans des pages qui résonnent fortement dans le contexte actuel. “Le bien est-il si peu attirant qu’il nous faille jouer sur la peur du mal ?”»

Il est difficile de choisir le bien sans répudier le mal !

Dans le même registre, Erwan le Morhedec, éditorialiste à La Vie, affirme qu’il faut réformer l’Église en profondeur en critiquant le «conservatisme» et son inertie :

«Le conservatisme et la capacité d’inertie d’une institution bimillénaire s’en accommoderaient bien, les réflexes défensifs de ceux qui se découvrent minoritaires et se sentent assiégés y porteraient volontiers. […] Il n’est plus possible de laisser perdurer le système ecclésial actuel. Si cette phrase vous paraît péremptoire, entendez sœur Véronique Margron évoquer une “guerre” contre ce que ce système a d’abusif, lisez Mgr Dominique Lebrun […]. Nous devons en tirer les conclusions nécessaires quant à la représentation des femmes, à l’existence de contrepoints au pouvoir ordinaire dans l’Église, à la responsabilité des évêques en son sein. Nous vivons des temps nouveaux, où l’Église doit accepter d’apprendre du monde. […] Il ne s’agit pas d’accuser encore prêtres et évêques. Je sais ce que je leur dois. Mais nous sommes en plein état d’urgence ecclésial.»

Urgence ecclésiale, cela veut dire quoi ?

Dans le même esprit, La Croix nous gratifie d’un témoignage bouleversant sur l’égalité des sexes dans l’Église :

«[Sœur, ndlr] Schönenberger, responsable des 70 membres du prieuré de Tutzing et de ceux de deux autres couvents bénédictins, a déclaré que les critères régissant la prêtrise ne devraient pas être fondés sur le sexe. « Notre image/concept actuel de la prêtrise doit être révisé de toute urgence et je suis sincèrement surprise que les prêtres eux-mêmes ne protestent plus contre les développements actuels, car ils les impliquent », a déclaré la prieure […]. Elle a déclaré que sa communauté et elle appuyaient pleinement l’initiative de prière en faveur de l’égalité des sexes dans l’Église, lancée en février par Sœur Irene Gassman, prieure du monastère bénédictin de Fahr (Suisse).»

Est-on sûr que la pédophilie soit le mal le plus profond de l’Église ? Il semble que ce sont les chrétiens eux-mêmes !

In fine, Veritas !

La bonne nouvelle de la semaine nous vient d’Amérique, où la première personne reconnue comme femme, puis comme non-binaire par un juge américain, vient d’annoncer qu’elle était finalement un homme et que son désir d’être une femme, au-delà de la réalité biologique, était un fantasme vendu par la communauté transgenre.

Dans le Daily Signal, il raconte :

Logo du Daily Signal

«La vérité est que mon changement de sexe en non-binaire était une fraude médicale et scientifique. […] Le poids du mensonge sur ma conscience était plus lourd que la valeur de la renommée que j’avais acquise en participant à cette escroquerie complexe. Deux fausses identités de genre ne pouvaient cacher la vérité de ma réalité biologique. Il n’y a pas de troisième sexe. Comme moi, les personnes intersexuées sont des hommes ou des femmes. Leur état est le résultat d’un trouble du développement sexuel, et ils ont besoin d’aide et de compassion.»

Aide et compassion pour les victimes, et combat contre les idéologues du genre !

Mort du cardinal Godfried Danneels

Le cardinal Godfried Danneels, connu pour ses positions libérales et ouvertes sur le monde, est mort.

Le journal belge L’Écho lui rend hommage :

Logo du journal L'Écho

«De 1990 à 1999, le cardinal Godfried Danneels a été président de Pax Christi International, un mouvement de paix. Dans le cadre de cette fonction, il a participé à une mission de paix en ex-Yougoslavie et s’est rendu au Soudan. Ses prises de positions sur le préservatif, l’homosexualité, le rôle des femmes dans l’Église ou encore l’organisation de cette dernière institution ont donné de lui l’image d’un homme de consensus, modéré et ouvert sur le monde, tranchant singulièrement avec l’intransigeance vaticane et faisant de lui une figure très appréciée par ses pairs de tendance libérale.»

Qu’il repose en paix… et en vérité !

Pierre Hardon

 

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