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Emmanuel Macron en campagne

Emmanuel Macron lance sa campagne pour les élections des représentants au Parlement européen, en mai 2019, en s’adressant directement aux citoyens des 28 pays membres de l’Union. Deux lignes se dégagent : celle des démocraties libérales, placées sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, et celle des démocraties «illibérales», dont le mètre-étalon est le gouvernement hongrois de Viktor Orban.

C’est l’occasion, pour le journaliste Emmanuel Beretta dans Le Point, de souligner l’urgence d’une refonte du projet européen et la tentative de prise de pouvoir du président français sur les destinées de l’Union européenne :

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«Des propositions destinées à rassembler les Européens à un moment critique de leur histoire. “C’est le moment de la renaissance européenne, écrit le président de la République. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.” […] Emmanuel Macron a choisi de signer cette tribune seul, sans la coécrire avec d’autres leaders. “Si nous l’avions signée avec l’Allemagne, les 26 autres nous l’auraient reproché, répond-on à l’Élysée. Si nous l’avions signée avec nos alliés politiques en Europe, on nous aurait accusés de publier un texte partisan. Donc toutes les autres formules étaient facteurs de divisions. Or nous voulons rapprocher les Européens autour de leurs valeurs communes.” Emmanuel Macron revendique donc un leadership des idées, pas un leadership qui écrase, mais un leadership qui associe et propose au débat.»

Guillaume Tabard, dans Le Figaro, analyse une «nouvelle forme» du discours du président de la République :

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«C’est une nouvelle forme du “en même temps” macronien : faire le pari de l’élan individuel et solitaire pour relancer un projet collectif. Comme s’il voulait marier le style d’un de Gaulle et les convictions d’un Delors. […] Son combat reste plus que jamais tourné contre les “nationalistes” – qu’il a renoncé depuis quelques mois déjà à appeler “populistes”. Contre ce “repli nationaliste” qui est “un rejet sans projet” ; contre ces “exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations qui promettent tout et son contraire”. Mais le président français procède à deux inflexions majeures. La première est de sortir de la réponse frontale. Au “nationalisme”, il n’oppose pas le “fédéralisme”, mais la “souveraineté européenne”, notion autrement plus tempérée et équilibrée. Au “repli”, il n’oppose pas “l’ouverture”, mais la “protection”. Face à ceux qui veulent moins d’Europe, il ne propose pas plus d’Europe, mais au contraire un retour à ses “valeurs” fondatrices : liberté, protection, progrès.»

Emmanuel Macron se positionne comme chef de file des défenseurs de l’UE ; Angela Merkel observe un silence étonnant…

Avortement aux États-Unis : une lutte politique au plus haut sommet

Le président américain Donald Trump vient de rendre la tâche du planning familial beaucoup plus ardue en obligeant à une séparation physique des bâtiments fournissant les prestations de planification des naissances (subventionnée) de ceux perpétrant des avortements. Grâce à la Protect Life Rule, les centres d’avortement ne pourront plus bénéficier des subventions des centres de planning familial.

Kristan Hawkins, dans First Things, se réjouit que Donald Trump sépare la planification des naissances et l’avortement :

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«Mais entre-temps, la “Protect Life Rule” de Trump mérite d’être soutenue. Arrêter les financements du planning familial est un impératif moral, surtout quand ce promoteur d’avortements, le premier du pays, a infiltré tous les programmes gouvernementaux. Les modifications apportées au Titre X par l’administration Trump sont un bon point de départ pour éloigner les maigres recettes fiscales d’une entreprise soutenue par les profits de l’avortement.»

Le National Catholic Register souligne la victoire politique sur cette question de la Maison-Blanche sur le Congrès à majorité démocrate :

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«Avec la prise de contrôle de la Chambre par les démocrates, le gouvernement Trump ne verra plus de législation pro-vie émaner du Congrès. […] La majorité à la Chambre est désormais résolument favorable à l’avortement dans ses perspectives législatives et a fait de la suppression de la législation anti-avortement une priorité. Trump, pour sa part, s’est engagé à opposer son veto à toute législation visant à éliminer les lois et règlements pro-vie ou anti-avortement. […] Mais le succès de la Maison Blanche souligne également les échecs au Congrès du GOP [Great Old Party, parti conservateur, ndlr] en matière de législation pro-vie.»

L’avortement n’est pas un acte de planification des naissances… Une victoire de Donald Trump sur le Congrès démocrate !

Le cardinal Pell (pré)jugé coupable ?

Le 11 décembre 2018, le cardinal Pell a été jugé coupable d’agressions sexuelles sur des enfants de chœur dans la cathédrale de Melbourne durant les années 1996-1997. Cette décision est rendue publique depuis le 26 février 2019. Le cardinal a fait appel de la décision.

Malgré la décision du juge, le père Raymond J. de Souza, dans le National Catholic Register, défend vigoureusement le cardinal Pell :

«Le cardinal George Pell était exactement à sa place mercredi soir à Melbourne : en prison. Laissons Henry David Thoreau expliquer : “Sous un gouvernement qui emprisonne injustement toute personne, la vraie place pour un homme juste est aussi une prison” (désobéissance civile). […] Cela [le procès, ndlr] a été fait avec la malveillance de la police et du parquet. […] Toute l’affaire s’est déroulée en six minutes après lesquelles les garçons sont allés rejoindre la chorale et n’ont jamais parlé à qui que ce soit pendant vingt ans, même pas aux autres. En effet, l’un des garçons décédé d’une overdose d’héroïne en 2014, a explicitement dit à sa mère avant son décès qu’il n’avait jamais été agressé sexuellement. […] Après tout, des dizaines et des dizaines de policiers et de procureurs hautement qualifiés et expérimentés ont décidé que l’ancien archevêque de Sydney était coupable avant même que des accusations ne soient portées. Telle est la haine australienne pour l’Église catholique en général et pour George Pell en particulier. […] Lors du premier procès, le plaignant a témoigné devant le jury. Ce dernier a voté pour ne pas condamner [le cardinal, ndlr]. Lors du deuxième procès, le requérant n’a pas du tout témoigné, mais les enregistrements de son témoignage […] ont été consignés. Il semble que le premier jury, qui a entendu le requérant [physiquement, ndlr], l’a trouvé moins crédible que le second jury, qui ne l’a pas rencontré directement.»

En attendant le résultat de l’appel, le cardinal Pell est présumé innocent (Voir l’éditorial de la SRP du 1er mars 2019, par Jérôme Fouquet).

Résultat insuffisant pour les associations de victimes

La conclusion de la réunion des présidents des Conférences épiscopales à Rome autour du pape François a déçu les associations de victimes, qui attendaient des prises de décisions fortes en faveur de la «politique de tolérance zéro».

Austen Ivereigh, dans le Commonweal, revient sur leurs réactions :

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«En réalité, les évêques et le pape n’auraient rien pu dire qui soit propre à satisfaire les groupes de victimes. Leur réponse au problème est une réponse que François a explicitement rejetée : une rétribution universelle. Comme l’a souligné Mgr Scicluna, lorsque l’Église applique des sanctions ou des pénalités, c’est pour la conversion du pécheur et la réparation du scandale, pas simplement pour la punition. Cela ne veut pas dire que c’est indulgent. […] Bien sûr, si vous ne croyez pas en la force de la grâce pour transformer la conscience, cela sonnera comme une parole évasive. Si vous croyez que les évêques sont fondamentalement corrompus et intéressés, et qu’ils n’agiront contre les prêtres abuseurs que lorsqu’ils se verront enfermés dans une prison, vous saisirez à peine le sens de l’analyse du pape.»

Exactement !

Malgré les troubles, le renouveau catholique ?

Le visage du catholicisme français évolue. Dans La Vie, le sociologue Yann Raison du Cleuziou aborde, par une approche sociologique, les changements politiques, culturels et sociaux des catholiques français durant ces vingt dernières années :

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«Cette note [note doctrinale de Benoît XVI évoquant des “principes non-négociables”, ndlr] de la Congrégation pour la doctrine de la foi a donné une légitimité aux militants conservateurs pour critiquer la compromission des catholiques avec un système politique qui serait corrompu par le relativisme éthique. […] Nous sommes en train de vivre un mouvement de fond dans le monde des idées : la croyance dans le progrès s’épuise. La préoccupation écologique se diffuse dans cette droite, parce qu’elle est cohérente avec la pensée conservatrice. Il ne s’agit plus de défendre le passé, mais, comme l’écrit la philosophe Chantal Delsol, de conserver la possibilité d’un avenir. […] Les catholiques pratiquants, auparavant réticents à voter FN, s’alignent désormais sur les moyennes nationales. Le RN a trouvé toute une série de nouveaux relais influents parmi la jeune garde catholique : Jacques de Guillebon, Thibaud Collin, etc. Aujourd’hui le décloisonnement entre RN et LR s’expérimente déjà au sein du catholicisme conservateur. Marion Maréchal y fait l’unanimité. Jean-Frédéric Poisson ambitionne d’être le pivot d’une alliance. La référence aux “racines chrétiennes” véhicule une nouvelle forme de rhétorique populiste et nationaliste. […] Ce national-catholicisme finira par se heurter à la réalité toujours plus mondialisée de l’Église de France. S’il y a un “grand remplacement” aujourd’hui, c’est certainement dans le clergé, où le nombre de prêtres étrangers est croissant. Par ailleurs, les rangs des pratiquants sont renouvelés grâce à des migrants. Peu visible, cette réalité du catholicisme va changer le visage de l’Église.»

Si l’on attend le renouveau du catholicisme par les instruments du combat politique, on fait fausse route.

Autre facteur de renouveau, la pratique du jeûne. La Croix évoque le Carême et le «retour» du jeûne :

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«Sans doute en réaction à des excès de formalisme, “le Carême a été très intellectualisé, spiritualisé”, ajoute le père [Grégoire, ndlr] de Maintenant. “Bien sûr, jeûner de Facebook ou de paroles mauvaises, c’est bien. Mais cela fait l’impasse sur la corporalité, qui est un aspect important pour nous aider à revenir à l’essentiel”. “Pour les générations plus anciennes, le jeûne était une chose présentée comme douloureuse, pénitentielle, triste. Comme cela, ce n’est pas très attrayant”, décrit le père Souveton. À ses yeux, le modèle à suivre pour jeûner est “celui de Jésus, c’est-à-dire celui de quelqu’un qui se sait bien-aimé du père et qui, par le jeûne, veut se mettre en état de recevoir un don de vie”. “Qu’est-ce que le Carême, poursuit ce prêtre, sinon un temps favorable pour se préparer à accueillir la vie, avec Pâques ?”»

Bon et saint Carême à tous !

Pierre Hardon

 

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