Facebook Twitter Linkedin Whatsapp

Affaire Pell : après la stupéfaction, place à la raison

Le verdict du jury populaire qui a reconnu à l’unanimité le cardinal Pell coupable de cinq crimes d’agression sexuelle et d’attentats à la pudeur a stupéfait. C’est dans un climat australien très hostile à l’Église catholique qu’il convient de l’analyser, tant les poursuites dont a fait l’objet le cardinal au niveau médiatique comme au niveau judiciaire pourraient relever d’une forme d’acharnement.


Laissons la justice faire son travail jusqu’au bout et gardons calme et raison. C’est à ce prix que l’on sert le Bien commun.


Le cardinal, qui avait choisi pour sa défense de ne pas comparaître à la barre, nie toujours les faits et a immédiatement interjeté appel de cette première décision. S’agissant de faits qui remontent à vingt-deux ans et qui se sont déroulés sans témoin, ce sont deux paroles qui s’affrontent sans le support de preuves objectives : celle du plaignant et celle de la défense. De fait, un précédent procès tenu au mois d’août 2018 pour ces mêmes accusations a été annulé, le jury populaire n’arrivant pas à rendre son verdict de culpabilité, soulignant ainsi toute la difficulté de la tâche des jurés. C’est ce qu’a magistralement évoqué Sidney Lumet dans le film Douze hommes en colère, qui témoigne avec une grande finesse de la difficulté de surmonter les passions pour s’approcher d’une réalité la plus objective possible : celle qui rend libre.

Les jurés ont reconnu que le plaignant était sans aucun doute digne de foi, ce qui – sur la base de son témoignage – rend le cardinal Pell coupable. Le jugement en appel sera, lui, rendu par trois juges professionnels, qui vont reprendre un dossier dans lequel l’absence de preuves et les incohérences qui entourent les événements questionnent : comment, juste après une grand-messe à la cathédrale de Melbourne, le cardinal a-t-il pu s’isoler avec le plaignant dans une sacristie où tourbillonnaient un aréopage de clercs et d’enfants de chœur ?

En attendant, et comme beaucoup semblent l’oublier, le cardinal est présumé innocent, bien que placé en détention préventive. Il convient donc de laisser la justice faire son travail jusqu’au bout et de garder calme et raison. C’est à ce prix que l’on sert le Bien commun.

Jérôme Fouquet

 

>> Revenir à l’accueil