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L’avortement, le malaise mondial ?

La société occidentale se satisfait de l’avortement, le promeut et en vit grassement. Trois événements cette semaine nous rappellent cette horreur.

Tout d’abord, en 2015, deux journalistes ont mis en évidence dans un reportage en caméra cachée le trafic de fœtus de Planned Parenthood (l’équivalent du Planning Familial aux USA). Selon Généthique, ces deux journalistes sont aujourd’hui attaqués par l’organisme :

Logo de Gènéthique

«Les journalistes David Daleiden et Sandra Merritt sont accusés d’avoir porté atteinte à la vie privée des quatorze “travailleuses des droits de l’avortement” qui apparaissent dans leurs vidéos publiées en 2015 […]. Ces vidéos, fruits de trois ans d’enquête en caméra cachée, ont provoqué un scandale sans précédent en mettant à jour les ventes lucratives de restes fœtaux du Planned Parenthood. […] Le Planned Parenthood a demandé à se joindre aux poursuites pénales engagées contre les deux journalistes, “une demande légale inhabituelle”, afin d’assurer “la sécurité de ses travailleurs devant témoigner”.»

En parallèle, toujours aux États-Unis, l’État de New-York a validé le principe d’un avortement jusqu’à neuf mois. Si bien que même le président Donald Trump a réagi simplement et fortement, comme le rapporte Human Life International :

Logo de Human Life International

«Le président Donald Trump s’est fait l’écho de la pensée de millions d’Américains la semaine dernière lors de son discours sur l’état de l’Union, lorsqu’il a souligné la terrible poussée en faveur d’un avortement tardif dans certaines parties du pays ces dernières semaines. “Il ne peut y avoir de plus grand contraste entre la belle image d’une mère tenant son bébé en bas âge et les affichages glaçants que notre pays a vus ces derniers jours”, a-t-il déclaré, avant d’ajouter : “Les législateurs de New York ont applaudi avec plaisir à l’adoption d’une législation permettant à un bébé d’être arraché du ventre de sa mère quelques instants avant sa naissance. Ce sont pourtant de beaux bébés vivants et émus qui ne pourront jamais partager leur amour et leurs rêves avec le monde. Et puis, nous avons eu le cas du gouverneur de Virginie, où il a essentiellement déclaré qu’il exécuterait un bébé après la naissance.” Le président a demandé au Congrès d’adopter une législation […] qui interdirait l’avortement au bout de 20 semaines environ, ajoutant : “Travaillons ensemble pour créer une culture qui chérit la vie innocente. Et réaffirmons une vérité fondamentale : tous les enfants, nés et non encore nés, sont créés à la sainte image de Dieu”.»

En Belgique, le président du parti socialiste flamand préfère empêcher directement certaines personnes d’avoir des enfants pendant un temps limité, comme le révélait Life Site News en janvier dernier :

Logo de Life Site News

«“Si vous écoutez des travailleurs qui vous racontent l’histoire de bébés nés en overdose, parce qu’ils ont trop reçu de produits toxiques, vous ne pouvez plus avoir de doute”, a déclaré Crombez. “Ces enfants doivent se désintoxiquer dans un incubateur en hurlant de douleur. Certaines toxicomanes ont mis trois enfants au monde. La société ne peut plus accepter cela. Je pense que la protection de l’enfant doit passer avant les droits à la parentalité. Certaines personnes devraient être temporairement empêchées d’avoir des enfants. La solution, dit-il, est de leur donner la contraception afin de travailler de manière préventive, pour ne pas dire qu’une femme enceinte n’y est pas autorisée. […] On a demandé si la contraception obligatoire était possible dans une “société chrétienne”, a déclaré Crombez à Humo : “L’avortement et l’euthanasie ne sont-ils pas autorisés aujourd’hui ? Il est temps de débattre : la misère est trop grande. Pas un seul bon chrétien ne peut fermer les yeux.”»

L’avortement à neuf mois est un véritable meurtre… Quant à l’empêchement de la procréation pour des personnes toxicomanes ou autres, c’est une question très délicate. Le pouvoir politique peut prendre des décisions sans pourtant prendre des mesures contre le droit naturel (stérilisation, etc.). Responsabiliser les personnes ?

Déclarations des Prélats Schneider et Müller

Le cardinal Müller et l’évêque d’Astana, Mgr Athanasius Schneider, se sont tous deux exprimés cette semaine. Le premier pour rappeler l’enseignement de l’Église et l’importance du dogme, et le second pour réaffirmer que la Vérité se trouve dans le christianisme et non dans les autres religions.

Le National Catholic Register met en ligne le «manifeste pour la foi» du cardinal Müller. En voici l’introduction :

Logo du NCR

«Face à la confusion qui se répand dans l’enseignement de la foi, de nombreux évêques, prêtres, religieux et fidèles laïques de l’Église catholique m’ont demandé de rendre témoignage publiquement à la vérité de la Révélation. Les pasteurs ont l’obligation de guider ceux qui leur sont confiés sur le chemin du Salut. Cela n’est possible que si cette voie est connue et qu’ils la suivent. À ce sujet, voici ce que l’Apôtre affirme : “Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu” (1Co 15, 3). Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens ne sont même plus conscients des enseignements fondamentaux de la foi, de sorte qu’ils risquent toujours plus de s’écarter du chemin qui mène à la vie éternelle. Pourtant, la mission première de l’Église est de conduire les hommes à Jésus Christ, la Lumière des nations (cf. Lumen gentium 1). Une telle situation pose la question de la direction qu’il faut suivre. Selon Jean-Paul II, le Catéchisme de l’Église catholique est une “norme sûre pour l’enseignement de la foi” (Fidei depositum IV). Il a été publié pour renforcer la fidélité de nos frères et sœurs chrétiens dont la foi est gravement remise en question par la “dictature du relativisme”.»

Le journal Life Site News publie le texte de Mgr Schneider, nommé «Le cadeau de l’adoption filiale» :

«Le christianisme est la seule religion voulue par Dieu. Donc, il ne peut jamais être mis côte à côte avec les autres religions comme s’il en était complémentaire. Ceux-là violeraient la vérité de la Révélation divine, telle qu’elle est affirmée sans équivoque dans le Premier commandement du Décalogue, qui affirmeraient que la diversité des religions est voulue par Dieu. Selon la volonté du Christ, la foi en lui et en son enseignement divin doit remplacer les autres religions, cependant non pas par la force, mais par la persuasion aimante […]. On aurait épargné le martyre aux Apôtres et aux innombrables martyrs chrétiens de tous les temps, spécialement ceux des trois premiers siècles, s’ils avaient dit : “La religion païenne et son culte est un chemin qui correspond aussi à la volonté de Dieu.” Il n’y aurait pas eu par exemple de France chrétienne, pas de “Fille aînée de l’Église”, si saint Remi avait dit à Clovis, roi des Francs : “Ne méprisez pas la religion païenne que vous avez adorée jusqu’à présent, et adorez désormais le Christ que vous avez persécuté jusqu’à maintenant.” Le saint évêque a en réalité parlé très différemment, même si c’est d’une manière assez rude : “Adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré.” […] En dehors de la foi chrétienne, aucune autre religion ne peut être un chemin vrai, voulu par Dieu, puisque la volonté explicite de Dieu est celle-ci : que tous croient en son Fils : “La volonté de mon Père qui m’a envoyé, c’est que quiconque voit le Fils, et croit en lui, ait la vie éternelle” (Jn 6, 40). En dehors de la foi chrétienne, aucune autre religion n’est capable de transmettre la vraie vie surnaturelle : “Or la vie éternelle, c’est qu’ils vous connaissent, vous le seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus Christ” (Jn 17, 3).»

Des réflexions tout à fait pertinentes !

Ligue du LOL : féministes et harceleurs !

En France cette semaine, l’affaire de la Ligue du LOL a défrayé la chronique. Il s’agit d’un groupe de jeunes journalistes qui, il y a dix ans, a monté un groupe twitter consistant à se moquer d’autres personnes et à harceler ceux qui ne leurs revenaient pas. L’affaire pose encore une fois la question de l’anonymat sur internet.

Le Figaro commente une affaire «sordide», qui a pu «servir la carrière» des membres de cette «meute» :

Logo du Figaro

«C’est aussi un groupe dont peu de gens connaissaient l’existence avant ce vendredi 8 février, et dont certains membres occupent aujourd’hui des postes à responsabilité dans de grands médias nationaux. Des membres dont l’appartenance à cette Ligue, loin de leur avoir causé du tort, a pu au contraire “servir leur carrière” […]. Déjà sordide, l’affaire prend une toute autre ampleur après la publication de l’article lorsque sortent d’autres témoignages sur Twitter qui laissent entrevoir un réel pouvoir de nuisance, des faits de cyber-harcèlement en “meute” qui ont sali des réputations.»

Le journal Libération, qui a dévoilé l’affaire grâce à son service CheckNews, invite à une introspection de tous les médias, tout en réservant sa critique contre le mâle blanc patriarcal et dominateur :

Logo de Libération

«Pour le petit monde de la presse et des journalistes, le temps semble venu d’engager son introspection. Depuis l’affaire Weinstein et l’émergence du mouvement “MeToo”, les médias ont ausculté les structures de domination – masculine – s’exerçant contre les minorités et les femmes, dans une kyrielle d’univers très différents. Culture, politique, entreprise, sport, tous les milieux ont été disséqués. Racontée vendredi par Libération, l’histoire de la “Ligue du LOL” (impliquant deux journalistes travaillant actuellement pour Libé) dont certains membres sont accusés d’avoir mené des campagnes de cyber-harcèlement il y a plusieurs années, a tout pour servir de déclencheur à une vaste autocritique. Où l’analyse des abus de pouvoir, des rapports de force, des inégalités et des manquements de la profession pourraient conduire à une grande remise en cause. […] Cette Ligue “n’est qu’un des monstres né d’un seul et même problème […] : l’entre-soi masculin-blanc-cisgenre-hétéro dans la très grande majorité des postes à responsabilité, tout comme c’est le cas dans le reste de la société”, constate sur Twitter Rozenn Le Carboulec, rédactrice en chef au magazine Têtu

Le Monde, lui, condamne directement les propos d’Emmanuel Macron demandant la levée progressive de l’anonymat sur Internet :

Logo du journal Le Monde

«[…] Contrairement à ce qu’a sous-entendu M. Macron, la démocratie ne peut exister que grâce à une saine dose d’anonymat. Le vote est anonyme ; les délibérations des jurés de cours d’assises le sont aussi. Dans ces deux moments, parmi les plus solennels de la vie citoyenne, l’anonymat est la condition nécessaire d’une expression libre, protégée au maximum des pressions et des tentatives d’influence. Ce qui ne veut pas dire que l’on puisse, ou doive, être anonyme partout et tout le temps. Ni qu’il est légitime de dissimuler qui l’on est, et d’où l’on parle, pour propager des arguments politiques ou de fausses informations. Mais tout comme l’on est, en démocratie, présumé innocent avant d’être jugé coupable, les plateformes en ligne tolèrent l’anonymat ou le pseudonyme jusqu’à ce qu’il soit démontré qu’un utilisateur en abuse.»

Dans l’affaire de la ligue du LOL, le problème n’est pas l’anonymat des harceleurs, mais plutôt le fait qu’ils agissaient en pleine lumière.

Pierre Hardon

 

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