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Célibat sacerdotal : un don pour l’Église

Le pape François, de retour des JMJ au Panama, a affirmé que le célibat des prêtres était un don pour l’Église, tout en reconnaissant la possibilité dans certains endroits éloignés de consacrer des hommes mariés. Edward Pentin, pour le National Catholic Register, y voit des signaux contradictoires :

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«[…] Le pape François a donné des signaux contradictoires concernant l’ordination d’hommes mariés dans le rite latin […]. Ses commentaires interviennent alors qu’un prochain synode sur l’Amazonie en octobre devrait permettre de débattre de la possibilité d’ordonner des hommes mariés afin de remédier à la pénurie de prêtres – une décision qui, selon certains observateurs, est un moyen d’autoriser universellement les prêtres mariés par la petite porte. […] C’est son accent mis sur les idées de Mgr Lobinger, contenues dans son livre de 1998, Like his Brothers and Sisters, Ordaining Community Leaders, qui a attiré le plus l’attention. Le pape a décrit le livre comme “intéressant” et méritant une étude plus approfondie. […] La référence du pape à Mgr Lobinger n’a rien de surprenant, puisque le cardinal Reinhard Marx lui a recommandé de lire les œuvres de l’évêque à la retraite lorsque les évêques allemands étaient en visite ad limina en 2015.»

Jean-Marie Guénois, pour Le Figaro, au contraire, considère qu’il s’agit d’un «non» ferme :

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«C’est donc un “non” ferme qu’il a opposé à l’éventualité d’autoriser le mariage des prêtres dans l’Église catholique latine […]. Pour bien affirmer sa détermination, François a même cité cette phrase de saint Paul VI : “Je préfère donner ma vie que de changer la loi du célibat”. […] En revanche, le pape jésuite s’est dit ouvert à une certaine évolution “pour permettre quelques possibilités”qui seraient réservées “à des endroits très éloignés” – comme les “îles du Pacifique” ou “l’Amazonie”, selon des “nécessités pastorales”. […] Cela signifierait, a encore expliqué le pape, que “l’évêque donnerait seulement le munus sanctificandi” [qui est une des trois parts du pouvoir sacerdotal, ndlr ], à ce type de prêtre, alors que “l’ordination sacerdotale accorde les trois munera : crescendi, celui qui commande le pasteur ; docendi, celui qui enseigne et sanctificandi, celui qui sanctifie par les sacrements. »

Si le célibat est un don pour l’Église, l’existence d’hommes mariés ordonnés pour des nécessités pastorales doit demeurer une exception, sa rareté faisant sa valeur.

Accompagner les femmes en souffrance

Toujours dans l’avion pontifical, le pape a également évoqué la souffrance des femmes qui ont subi un avortement. Andrea Tornielli, pour L’Osservatore Romano, rapporte ses propos. Le pape évoque notamment les paroles d’un jeune aux JMJ : “Il y a une tombe qui crie au ciel et dénonce la terrible cruauté de l’humanité, c’est la tombe qui s’ouvre dans le ventre de la mère…”. Le journaliste affirme que le propos est “très radical” et demande au pape si cette position respecte la souffrance des femmes qui ont subi un avortement. Le pape lui dit :

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«Le message de miséricorde s’adresse à tous, même à la personne humaine en gestation. Après cet échec, il y a aussi la miséricorde. Mais une miséricorde difficile, car le problème n’est pas de pardonner, mais d’accompagner une femme qui a pris conscience de l’avortement. Ce sont des drames terribles. Une femme qui pense à ce qu’elle a fait… Vous devez être dans le confessionnal, vous devez lui donner une consolation et pour cela, j’ai donné à tous les prêtres la faculté d’absoudre un avortement par miséricorde.»

Pendant l’année de la Miséricorde (2015-2016), le pape avait autorisé les prêtres à absoudre les avortements en confession, ce qui relevait jusqu’alors des évêques. Christopher Lamb, dans le magazine The Tablet, y voit une nouvelle orientation pastorale :

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«Ses remarques soulignent comment ce pontificat a façonné une nouvelle stratégie pastorale pour répondre à l’avortement en rejetant les attitudes de condamnation et en adoptant une approche douce et indulgente à l’égard des femmes […]. D’un côté, le pape a maintenu l’opposition sans équivoque de l’Église à l’avortement, qu’il comparait autrefois à “engager un tueur à gages”, mais il a également modifié les règles, afin de permettre aux prêtres de pardonner en confession aux femmes qui ont subi un avortement. […] La réponse tendre de François à la souffrance des femmes qui ont subi un avortement contraste avec les tentatives d’utiliser l’enseignement de l’Église comme arme de combat dans la vie politique. C’est aussi le signe que le pape prend du recul par rapport aux guerres culturelles dans des pays tels que les États-Unis, où l’avortement joue un rôle central dans une bataille entre factions politiques.»

La miséricorde envers la femme qui a subi un avortement est une chose, mais elle n’empêche pas d’essayer de lutter contre le fléau de l’avortement. C’est ce que dit le pape.

JMJ : l’homélie du Saint Père aux jeunes

Le pape François a exhorté les jeunes catholiques aux JMJ du Panama à vivre leur vie dans le Christ. Le journal La Vie rapporte l’homélie du Saint Père lors de la messe finale :

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«[…] Chers jeunes, il peut vous arriver la même chose chaque fois que vous pensez que votre mission, votre vocation, que même votre vie est une promesse seulement pour l’avenir et n’a rien à voir avec votre présent. Comme si être jeune était synonyme de salle d’attente de celui qui attend son heure. Et dans l’“entre-temps” nous vous inventons ou vous vous inventez un avenir hygiéniquement bien emballé et sans conséquences, bien armé et garanti, tout “bien assuré”. C’est la “fiction” de la joie. De cette manière nous vous “tranquillisons” et nous vous endormons, pour que vous ne fassiez pas de bruit, pour que vous ne vous demandiez pas ni ne demandiez, pour que vous ne vous remettiez pas en question ni ne remettiez en question ; et dans cet “entre-temps”, vos rêves perdent de la hauteur, commencent à s’assoupir et deviennent des “rêvasseries” au ras du sol, mesquines et tristes, seulement parce que nous considérons ou vous considérez que ce n’est pas encore votre heure […]. Parce que, chers jeunes, vous n’êtes pas l’avenir mais l’heure de Dieu. Il vous convoque et vous appelle dans vos communautés et vos villes à aller à la recherche de vos grands-parents, de vos aînés ; à vous lever et, à prendre la parole avec eux et à réaliser le rêve que le Seigneur a rêvé pour vous. Pas demain, mais maintenant […]. Chers frères, le Seigneur et sa mission ne sont pas un “entre-temps” dans notre vie, une chose passagère. Ils sont notre vie !»

Feu nourri sur Bellamy !

François-Xavier Bellamy a été désigné par Laurent Wauquiez pour diriger la liste Les
Républicains aux élections européennes, qui se tiendront fin Mai 2019. Christophe Forcari, pour le journal Libération, voit dans le jeune philosophe un «tradi qui divise le parti» :

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«Reste que sa personnalité, aussi brillante soit-elle, est jugée trop “clivante” par beaucoup au sein du parti. […] Le casting n’emballe pas […] Christian Jacob, selon lequel “[…] Il est beaucoup plus conservateur que je ne le suis ou que d’autres le sont. Il y a une ligne rouge, pour moi, c’est la défense de la loi Veil sur l’IVG”. […] S’il ne fait pas un casus belli de la désignation de François-Xavier Bellamy comme tête de liste, “Gérard Larcher a bien précisé, lors de ses vœux à la presse au Sénat, qu’il serait très attentif à la manière dont celle-ci serait échafaudée”».

Laurent Joffrin (cf. sa Lettre politique), toujours dans Libération, va plus loin en soulignant que François-Xavier Bellamy fait «un éloge du vieux pays dans un vieux discours fondé sur de vieilles idées masquées d’un vernis philosophique. […] Il s’agit plutôt du prolongement de l’alliance passée il y a deux ans par François Fillon avec le groupe catho tradi Sens Commun, qui apporte aux placides notables de la droite républicaine le supplément d’âme et la ferveur militante qui lui manque face aux légions bruyantes du national-populisme.»

Libération qui critique le militantisme… Ne serait-ce pas la Gauche qui vieillit ?

Du côté du journal Le Monde, Gérard Courtois profite d’un article traitant des difficultés des partis politiques pris entre les Gilets jaunes et la République en Marche pour porter l’estocade à François-Xavier Bellamy en pointant «le choix – controversé – de M. Wauquiez de confier la tête de liste européenne à François-Xavier Bellamy, jeune et talentueux philosophe certes, mais tenant d’une droite rétrécie à son socle le plus conservateur, voire traditionaliste.»

Guillaume Tabard, dans Le Figaro, reconnaît que François-Xavier Bellamy est un conservateur, mais que cette désignation répond à une certaine logique :

«[…] Il y a certes eu le “séisme” Macron et l’exode d’une frange significative de l’électorat de la droite. Que LR ait pour mission de la récupérer est une évidence, surtout maintenant que le macronisme a perdu de sa superbe dans l’opinion. […] Mais il serait paradoxal qu’au nom de son nécessaire élargissement, la droite se prive d’une partie non négligeable de son électorat ou l’oblige à taire ses convictions. D’autant que dans les nombreux maelströms électoraux qu’elle a subis, ce socle-là est sans doute celui qui lui a été le plus fidèle.»

«Tradi», «conservateur», «vieilles idées», «controversé»… Une forme de bienvenue dans l’arène politique… !

Pierre Hardon

 

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