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Les «anti» doivent être anéantis !

Autrefois, on était pro-choice ou pro-life ; aujourd’hui, il n’y a plus que des anti-IVG. Autrefois, on était pro-Humanæ vitæ, ou contre-Humanæ vitæ ; aujourd’hui, il n’y a plus que des anti-PMA. Voilà cinq ans, on pouvait être dans le clan des zélateurs du mariage pour tous ou dans celui des zélateurs de la manif pour tous ; aujourd’hui, il n’y a plus que des anti-mariage-pour tous.

C’est la fin du débat social ! Il n’y a plus de place pour un dialogue sérieux et raisonnable entre des options contraires. Il n’y a plus qu’une masse sociale informe qui doit penser la même chose dans toutes ses arcanes et dans tous ses replis, adorer les mêmes valeurs, adopter les mêmes comportements, tendre vers les mêmes buts. Face à cette masse informe, il n’y a qu’une minorité, une toute petite minorité, un dernier quarteron oublié, rejeté, méprisé, condamné au silence, voué au rouleau compresseur de l’écrasement : ce sont les «anti». Il est à peine croyable qu’il existe encore des anti-IVG, des anti-PMA, des anti-mariage pour tous, des anti-GPA. D’où sont sortis ces «anti» ? De quoi se nourrissent-ils ? Qui leur donne vie ?


C’est la fin du débat social ! Il n’y a plus de place pour un dialogue sérieux et raisonnable entre des options contraires.


On n’en croit ni nos yeux, ni nos oreilles. On avait pourtant arrosé tous les champs de la pensée, ratissé large nos jardins pour que les fruits d’une opinion sans couleur, sans odeur, sans vigueur, sans force, s’épanouissent, platement dociles à tous les vents. On avait semé de telles valeurs : avortement (droit des femmes), PMA (enfantement sans filiation), mariage pour tous (sexualité sans corps). On avait pris soin d’épandre tant de liberticides dans la société, dans l’Église, à l’école, dans les clubs politiques, à l’usine, dans l’entreprise, pour que ne paraisse plus jamais – ô grand jamais ! – les petits fruits de la liberté intellectuelle, de la volonté de l’autrement, du désir d’identité héréditaire, d’une foi profonde, qu’on est abasourdi de voir surgir çà et là, ces «anti» ! Il faut vite les inonder d’une pluie d’injures, vite leur faire comprendre que leur seule liberté est de rester sous terre, vite les empêcher de prendre racine. Il faut défendre nos valeurs ! Les leurs ne nous intéressent plus !

À ces «anti», il faut opposer la force vive de nos convictions. Un seul mot les définit : nous sommes des «sans». Nous désirons une société sans enfants, une génération sans pères, un mariage sans foi jurée, une école sans culture et une Église sans salut ! Qu’elles sont belles nos convictions ! Qu’il est vibrant notre avenir ! Ainsi nous pourrons vivre une liberté sans entraves, une fraternité sans l’Autre, une égalité sans différences ! Que tout homme politique se le dise : s’il manifeste quelque tendance à être du côté des «anti», nous mettrons sa tête à prix, il deviendra le bouffon du cirque ! Que tout homme d’Église se le dise : s’il croit qu’il peut nous parler de vérité, il est mort avant d’ouvrir la bouche, nous le réduirons au silence ! Que tout maître d’école l’apprenne, s’il prétend nous introduire dans une autre culture, combattre nos valeurs, sa main sera dépouillée de sa force et sa langue ne parlera plus.

Car nos armes sont puissantes, beaucoup plus puissantes que celles des «anti» : nous sommes les maîtres de la «com». Nous vivons par elle et en elle ! Elle est notre foi, notre vie, notre force. Elle vous détruira tous, vous les «antis» ! Comprenez et taisez-vous !

Ce discours, nous l’entendons depuis près de deux mille ans.

Mais ils n’ont donc pas senti, ces maîtres de l’illusion, ces saltimbanques du mensonge, qu’il y a dans ce pays franc, profondément active au sein de ses terres, une alliance entre la liberté et la foi, le sang et la croix, qui est la force d’une vie qui ne s’éteint pas. Ils ont beau ratisser large, ils ne font que préparer le terrain.

Aline Lizotte

 

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