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Est-il juste de sanctionner ?

Quand le Ministre de l’Éducation Nationale évoque la possibilité de sanctions à l’endroit des élèves violents, un large soutien lui parvient de tous les pans de la société, emportant avec eux l’adhésion des acteurs éducatifs qui se trouvent en première ligne.
Lorsque le Ministre de l’Éducation Nationale évoque les pistes envisagées pour mettre en œuvre ces sanctions, le soutien s’effrite, il s’effondre dans toutes les strates de la population, et les médias relaient les corps intermédiaires faisant état de mesures inappropriées qui viendraient, notamment, punir des familles en situation de difficulté.

Là où Jean-Michel Blanquer parle de «sécurisation autour des établissements», de «création de structures dédiées pour les élèves les plus violents» ou encore de «responsabilisation des familles1», les partenaires de terrain arguent de «mesures discriminantes et stigmatisantes2», de «principe de double peine : l’élève étant sanctionné, pourquoi sanctionner la famille financièrement3 ?»

Disons-le, toucher au portefeuille n’est plus concevable. Et si, pour chacun, recevoir des allocations semble vécu comme normal, se les voir retirer relève de l’injustice !


Toute sanction envisagée vise à rétablir une certaine égalité entre les protagonistes.


Le mot est lâché… véritable lame de fond exhaussée par une vague rendue actuellement visible par le mouvement des Gilets jaunes. Or, si l’on crie à l’injustice, c’est bien parce que l’on attend autre chose.

Mais quelle forme doit donc prendre cette justice que l’on appelle de ses vœux ? Rappelons-en l’essence… La justice, par les actes qu’elle pose, conduit à la possibilité de vivre ensemble en société en réglant les rapports entre les hommes.

Aussi, lorsque Jean-Michel Blanquer évoque l’éventualité d’une sanction, il ne fait rien d’autre que rappeler le fondement de toute justice, laquelle recouvre largement le seul cadre de ce «vivre ensemble» cher à notre République et à ses représentants. Lorsque Jean-Michel Blanquer souhaite une sanction, il a raison. En effet, au regard de la violence commise, l’acte de justice est nécessaire. Toute sanction envisagée vise à établir, à rétablir, une certaine égalité entre les protagonistes. La sanction est due, en toute justice, comme moyen de réparation. Et cette réparation prend tout son sens quand elle tient compte des rapports de personne à personne : on parle alors de justice commutative ou de justice corrective. Elle œuvre en effet tant pour sauver la personne victime de la violence commise que pour restaurer celle qui a causé la violence.

Jérôme de Lartigue

 


1 – Invité de Nicolas Demorand et Léa Salamé le 14 janvier 2019 sur France Inter dans l’émission «Grand Entretien».

2 – Intervention de Rodrigo Arenas, Co-Président de la FCPE, diffusée le 10 janvier 2019 dans le «19/20 Journal National» sur France 3.

3 – Intervention de Bruno Bobkiewicz, SNPDEN-UNSA, diffusée le 10 janvier 2019 dans le «19/20 Journal National» sur France 3.

 

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