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Le bouc-émissaire des Gaules !

Le cardinal Philippe Barbarin était, en compagnie d’autres évêques qui, à l’époque, étaient ses auxiliaires, sur le banc des prévenus du Palais de justice de Lyon, le 7 janvier 2019. De quoi fournir matière à divers commentaires.

Bernadette Sauvaget, le 8 janvier, dans la revue Témoignage Chrétien, affirme ironiquement que le cardinal ne veut pas dire la vérité, et elle ne lui donne pas le crédit de sa parole :

Logo de Témoignage Chrétien

«L’archevêque de Lyon ne déroge pas à sa ligne de défense. S’il n’a pas signalé à la justice les agissements répréhensibles de Preynat, c’est qu’il ne savait pas qu’il devait le faire, que les faits étaient anciens, que c’était finalement aux victimes, devenues adultes, de s’en charger. À ceux qui attendaient une parole vraie, un mea culpa en vérité, Barbarin, au cours de ce premier jour d’audience, offre le visage de celui qui ne veut pas être condamné pour ne pas avoir à démissionner de son poste.»

La répétition à outrance de ceux qui ont déjà condamné le cardinal et qui espèrent que le tribunal comblera leur espérance !

Gérard Leclerc au contraire, dans le magazine France Catholique du 7 janvier, incite à la prudence et refuse de faire du cardinal le bouc-émissaire de l’affaire :

Logo de France Catholique

«Il convient de rappeler, parce que les médias ne se donnent pas toujours la peine de le faire, que ces crimes ont été commis sous l’épiscopat du cardinal Ducourtray et que certains d’entre eux datent même de la fin des années soixante-dix. […] Le cardinal Barbarin a reconnu publiquement ses erreurs, de là à en faire un bouc-émissaire d’une affaire antérieure à son arrivée à Lyon, il y a une distance qui ne me semble pas toujours respectée. Faire peser sur sa personnalité tout le poids de pareils drames, ce n’est ni juste, ni équitable.»

Dans Le Figaro, Jean-Marie Guénois décrit, derrière le «procès Barbarin», le procès de l’Église :

Logo du Figaro

«Le 1er août 2016, le tribunal de grande instance de Lyon a d’ailleurs classé sans suite les accusations portées contre Philippe Barbarin pour “non-dénonciation d’agressions sexuelles aggravées”. Beaucoup assurent en outre que le cardinal Barbarin, dans ses fonctions épiscopales et sur des cas nouveaux, aurait même agi “rapidement et fermement” pour écarter des prêtres pédophiles du sacerdoce en les dirigeant vers la justice civile. […] Ce que l’on appelle aujourd’hui “l’affaire Barbarin” n’est donc pas tout à fait la sienne. Une partie significative des évêques d’une certaine génération, en France et dans le monde, pourraient tout à fait être convoqués à sa place. […] S’ouvre toutefois, à Lyon, le procès symbolique de ce silence épiscopal passé sur l’impunité interne dont ont longtemps bénéficié les prêtres pédophiles, au détriment de victimes qui étaient alors accusées de diffamation par la hiérarchie.»

Plus que le procès Barbarin, n’est-ce pas le procès la hiérarchie de l’Église ?

Le RIC, un vieux serpent de mer

Les Gilets Jaunes ont, au fil des manifestations et des blocages, dégagé plusieurs revendications. Le gouvernement a décidé, en décembre dernier, de supprimer la hausse des taxes sur les carburants. Pourtant, les manifestations ont toujours lieu.

Selon le journal Marianne, le 2 janvier, le RIC est un bon moyen de vivifier la démocratie française :

Logo de Marianne

«Selon différents universitaires, un RIC serait envisageable en France à condition de l’encadrer. « D’abord, empêcher qu’il aboutisse à la révocation d’élus nationaux, considère Gilles Toulemonde, maître de conférences en droit public à l’université de Lille. […] Selon Bruno Cautrès, chercheur au CNRS, la mise en place du RIC pourrait vivifier la démocratie française : « C’est notre faible culture de la démocratie participative et la méconnaissance des solutions dans les autres pays comme la Suisse qui nous font exagérer les difficultés. Mais si certains pays scandinaves ont réussi à rendre leurs démocraties meilleures, pourquoi pas nous ? »»

Au contraire, le journal Libération semble davantage réticent sur l’idée d’une démocratie plus participative :

Logo de Libération

«Avant le “grand débat national” qui portera, notamment, sur les questions de citoyenneté et de démocratie participative, la majorité semble prête à pas mal d’expérimentations. Dans l’espoir de se rapprocher des Français et avec l’objectif désormais affiché de bâtir une “nouvelle République” […] au-delà du référendum d’initiative citoyenne (RIC), star des ronds-points cet hiver».

Le doute est toujours bon quand il conduit à la vérité ! Mais on peut douter du doute !

Dans le même journal, Benjamin Morel explique pourquoi le RIC n’est pas compatible avec la Ve République :

«Le RIC est, en théorie du moins, une initiative qui permet au peuple de faire le choix du rythme et de l’opportunité des réformes. Cet outil est fondamentalement anti-gaullien. Le président est réputé élu pour fixer un cap et appliquer un programme. Si le RIC remet en cause cette logique, c’est le fondement de la légitimité du chef de l’État qui est atteint.»

Le RIC est un serpent de mer qui veut introduire une idée de participation dans la représentation. Au risque que la première étouffe la seconde.

La restructuration de la communication du Vatican

Le 31 décembre 2018, le directeur (Gregory Burke) et la vice-directrice (Paloma Ovejero) de la salle de presse du Vatican ont démissionné. Ces démissions, ainsi que le départ de Giovanni Vian, qui dirigeait l’Osservatore Romano, font réagir les vaticanistes de tout bord.

Nicolas Senèze, dans La Croix, note une volonté du pape d’unifier la communication du Vatican autour de lui :

Logo du journal La Croix

«Le 18 décembre 2018, c’est Andrea Tornielli, journaliste et vaticaniste, qui était nommé comme nouveau directeur des rédactions du Dicastère pour la communication du Saint-Siège. Le même jour, la direction de l’Osservatore Romano, le journal du Vatican, avait également été modifiée. En six mois, donc, avec la démission de Greg Burke, toutes les têtes de la communication vaticane ont changé. […] Nul doute que le pape souhaitait reprendre la main à l’entame d’une année cruciale qui sera notamment marquée par le sommet sur les abus sexuels, convoqué fin février à Rome.»

Edward Pentin, pour le National Catholic Register, y voit une réorientation de la communication du Vatican, mais également l’aboutissement d’un projet quinquennal :

Logo du NCR

«Les deux [Andrea Monda pour l’Osservatore Romano et Andrea Tornielli à la tête du Dicastère, NDLR] vont probablement donner à la communication vaticane une orientation différente. Les départs de Burke et de Garcia font suite à une révision en profondeur de la communication au Vatican, notamment sur l’impulsion d’un important programme de réformes structurelles quinquennal et grâce à la nomination, plus tôt cette année, d’un préfet laïque du dicastère, Paolo Ruffini.»

Sandro Magister, pour L’Espresso, évoque quant à lui une politique qui a eu pour conséquence la démission du directeur et de la vice-directrice de la salle de presse :

Logo de L'Espresso

«Bien entendu, les démissions de Burke et de Paloma Ovejero, dont le travail était jusqu’à présent très apprécié des journalistes accrédités auprès de la salle de presse du Vatican, fait suite au séisme créé le 18 décembre par la défenestration de Vian [ancien directeur de l’Osservatore Romano, NDLR] et la nomination de Tornielli comme patron de tous les médias de communications du Vatican, salle de presse comprise. Tous deux ont vu leur marge d’autonomie réduite au point de les pousser à la démission.»

Une nouvelle orientation, avec deux proches du pape François ?

Le célibat des prêtres

Dans son homélie de Noël, le cardinal Marx, président de la Conférence épiscopale allemande, a affirmé que l’Église, «à la lumière de l’échec» devait entrer plus encore dans la modernité et débattre du célibat des prêtres.

L’Irish Catholic explique que la pensée des évêques et des catholiques allemands est fortement teintée de protestantisme, notamment sur la question du célibat :

Logo de The Irish Catholic

«La pression pour mettre fin au célibat sacerdotal obligatoire s’est accrue en Allemagne à la suite du scandale des abus sexuels l’an dernier. L’histoire et le but du célibat sacerdotal sont maintenant une question très controversée en Allemagne. Les médias laïques ont préconisé l’abolition du célibat, affirmant qu’il s’agit d’une pratique dépassée. Les catholiques allemands sont également devenus sceptiques face au célibat en raison de la formidable influence du protestantisme sur le christianisme dans le pays.»

L’abandon du célibat, une idée moderne !!!

Les vœux du pape au corps diplomatique

Le pape a présenté ses vœux de début d’année aux 183 plénipotentiaires chargés des relations entre les États du monde et le Vatican. Il a évoqué pendant une longue déclaration le cas de la Chine, les problématiques sur le continent africain, et insisté sur les migrations et les problématiques nationalistes.

Christopher Lamb, dans The Tablet, écrit :

Logo de The Tablet

«Le discours de François intervient après une année qui a vu la montée du populisme en Italie, dans certaines régions d’Allemagne, dans les communautés catholiques d’Amérique latine, au Brésil, et dans des pays à majorité catholique comme la Pologne, l’Autriche et la République tchèque. Les tendances populistes et nationalistes ont également été citées à l’origine du vote par référendum de la Grande-Bretagne en 2016 de quitter l’Union européenne et de l’élection du président Donald Trump […]. Mais le pape a averti que les politiques nationalistes et les « solutions réactives, émotives et précipitées » pourraient permettre de « dégager un consensus à court terme » mais ne résoudront pas les problèmes plus profonds.»

Nicolas Senèze, pour La Croix, voit dans les vœux du pape une attention prévenante à toutes les vulnérabilités, notamment à l’égard des «sans-voix de notre temps» :

«Car c’est bien la “défense des plus faibles”, des “sans-voix de notre temps”, qui motive le pape et l’Église, au premier rang desquels les réfugiés et plus largement tous les migrants. Une nouvelle fois, François a plaidé pour “leur intégration sociale dans les pays d’accueil”, demandant aussi “à ce que les personnes ne soient pas contraintes d’abandonner leur propre famille et nation, ou puissent y retourner en sécurité et dans le plein respect de leur dignité et de leurs droits humains”. Et là encore, François n’a oublié aucun des pays qui se singularisent par leur accueil des réfugiés, avec un mot spécial pour l’Italie : alors que des maires font valoir leur objection de conscience face à la loi très restrictive du ministre de l’Intérieur d’extrême droite, il a appelé “le peuple italien” à maintenir “vivant cet esprit de fraternelle solidarité qui l’a longtemps distingué”».

Le pape affirme sa paternité sur toute l’humanité. C’est le rôle du Vicaire du Christ !

Pierre Hardon

 

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