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Gilets jaunes : les coûts politique et économique du mouvement…

Après une baisse du nombre de manifestants des Gilets jaunes, les analyses de la presse française ont porté cette semaine sur le coût économique et politique des dégradations parisiennes, des blocages et des barrages filtrants.

Le coût économique

Le Figaro évoque notamment les dégâts causés aux commerces parisiens :

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«Selon la CCI, “près de 500 commerces et entreprises de service” ont subi des dégradations lors des manifestations des 1er et 8 décembre sur Paris. L’enseigne Printemps a déjà fait ses comptes : depuis le début du mouvement des “gilets jaunes”, la perte de chiffre d’affaires est “de 30 % à Paris et de 25 % en province”, précise Pierre Pelarrey, le directeur général du Printemps Haussmann. Ces jours-ci, “lorsqu’on ferme un samedi, ce qui est inédit, on perd 100 % de chiffre d’affaires sur un jour de fin d’année où l’on aurait fait trois fois plus de chiffre d’affaires qu’un samedi normal”, souligne-t-il. Les professionnels espèrent désormais tirer profit de l’accalmie du mouvement des “gilets jaunes” pour sauver le chiffre d’affaires des fêtes de fin d’année.»

Le même journal titre : «Une lourde facture à financer pour l’économie française» et évoque une perte d’envie de consommer des Français :

«Les Français semblent avoir perdu l’envie de consommer, car la désaffection pour les commerces physiques n’a pas été compensée par une hausse des achats en ligne. […] Pour 2019, c’est le grand flou. Les mesures décidées par Emmanuel Macron pour calmer les “gilets jaunes” soutiendront-elles la consommation et la croissance ? Les Français, qui ont différé des achats en décembre, se rattraperont-ils en janvier ? Ce n’est pas certain : avec des retraites et des salaires amputés par le prélèvement à la source, leur moral pourrait ne pas s’améliorer tout de suite…»

Le coût politique et médiatique

Du côté politique, Le Monde fait un constat très sévère sur la chute de popularité du président de la République :

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«Seule certitude : “Le chemin sera long” pour reconquérir l’opinion, anticipe un très proche du chef de l’État. Selon le baromètre mensuel de l’IFOP, publié dimanche 16 décembre, les Français ne sont plus que 23 % à se dire satisfaits de l’action d’Emmanuel Macron. À titre de comparaison, au même moment de son mandat, Nicolas Sarkozy comptait 44 % d’opinions favorables, tandis que François Hollande ne donnait satisfaction qu’à 22 % des Français, selon l’institut. En un an, la cote de popularité de l’actuel chef de l’État a été divisée par plus de deux.»

De plus, les mesures d’urgence prises par le Président risquent d’arriver à contretemps, obligeant les parlementaires à siéger pendant les vacances de Noël, comme le craint Libération :

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«Cela obligerait les parlementaires à revenir siéger pendant leurs vacances, qui débutent vendredi. Ce que majorité comme opposition préféreraient éviter, sans pouvoir le dire ouvertement vu la fracture démocratique révélée par la crise des gilets jaunes. Selon Ferrand, le projet de loi “gilets jaunes” en préparation devrait être discuté jeudi par l’Assemblée et vendredi par le Sénat. “L’objectif n’est pas de pinailler, mais de faire vite ce qui a été annoncé”, explique le ministre des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, dans Le Parisien. Le temps presse, d’autant plus que le prélèvement de l’impôt à la source entre en vigueur en janvier et que l’exécutif joue la montre pour que les mesures sur le pouvoir d’achat arrivent avant, afin d’atténuer le choc psychologique sur les feuilles de paie.»

Le Monde, quant à lui, évoque les agressions contre les médias et craint un véritable affaiblissement de la démocratie :

«[…] les responsables de La France insoumise, du Rassemblement national ou certains “gilets jaunes”, qui ont agressé verbalement et parfois physiquement des journalistes, seraient bien inspirés de lire le rapport de RSF. Comme le souligne le document, “ces sentiments haineux” à l’égard des médias “ légitiment ces violences et affaiblissent, un peu plus chaque jour, le journalisme et la démocratie”.»

Gouverner les hommes ?

Pourtant, pour Aleteia, Pierre-Yves Gomez analyse le mouvement et résume sa pensée en un paragraphe :

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«Ce n’est finalement pas grand-chose que demandent ces Gilets jaunes : juste de savoir qu’on les prend aussi en considération quand on décide. Pas de revendication catégorielle, et c’est ce qui ennuie les technocrates. Pas de projet grandiloquent, et c’est ce qui navre les idéologues. Pas de manifestations en rangs serrés, et c’est ce qui agace les gardiens de l’ordre. Aucune velléité d’imposer leur loi par la rue, puisqu’ils ne prétendent pas faire la loi. Simplement que l’on prenne en compte ce qu’est leur vie quand on fait la loi, quand on impose des taxes, quand on prescrit ce que doit être leur quotidien. Une attention qui devrait être, admettons-le, le fondement de l’art de gouverner.»

Gouverner les hommes, pas les graphiques de l’INSEE, en somme…

L’Église sur tous les fronts

Réduction du C9 au Vatican

Le pape François vient de réduire son conseil de neuf cardinaux à six. Ce conseil restreint a pour but de donner l’impulsion à une réforme en profondeur de la Curie. Cependant, les affaires qui ont touché certains cardinaux ont atténué son action.

Le magazine La Vie tente de justifier la restriction du conseil, mais reconnaît que l’ombre des affaires pèse sur cette décision du pape :

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«Alors, que va devenir le conseil des cardinaux ? L’instance n’a jamais eu vocation à devenir pérenne, et il est fort probable qu’elle n’existe plus après la présentation de la nouvelle constitution de la Curie. Or, le document se trouve actuellement en phase finale de relecture canonique. Donc le C9 devient un “C6”… le temps de terminer sa mission. […] Mais le climat qui entoure les départs des cardinaux Errazuriz et Pell jette une ombre sur cet allégement. D’autant que le verdict concernant le cardinal Pell doit être rendu le 4 février, trois semaines avant la réunion au Vatican des présidents de conférences épiscopales. Un rendez-vous souhaité par François dans l’agenda de la lutte contre la pédophilie. Au Vatican, donc, l’année 2019 s’annonce aussi difficile que cruciale.»

Le National Catholic Register rapporte de nouvelles informations à propos d’une potentielle condamnation du cardinal Pell pour agressions sexuelles sur mineurs quand il était archevêque de Melbourne :

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«Dans le cas de l’archevêque, le juge d’appel Roy Ellis a noté que la description faite par les médias de la crise des violences sexuelles dans l’Église a pu être un facteur déterminant dans le verdict de culpabilité. De telles représentations “peuvent constituer une pression apparente pour qu’un tribunal aboutisse à une conclusion qui semble correspondre à l’orientation de l’opinion publique, plutôt qu’à la règle de droit qui exige qu’un tribunal rende la justice en suivant un processus établi”, a-t-il déclaré.»

Secret professionnel ou secret de la confession en Belgique

L’Église est également attaquée sur le secret de la confession, comme le rapporte La Croix au sujet d’un prêtre belge qui n’aurait pas aidé un homme qui voulait se suicider et qui l’a averti trois fois par téléphone. Il a invoqué le secret absolu de la confession au téléphone :

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«Le tribunal correctionnel de Bruges a finalement reconnu que le secret confessionnel est un aspect du secret professionnel. Il a cependant motivé son jugement en expliquant que le secret professionnel ne déchargeait pas la personne de prévenir les secours face à un tel cas. […] Pour le théologien belge Henri Wattiaux, professeur émérite de théologie morale à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, le fait qu’une confession sacramentelle puisse avoir lieu par téléphone est “pour le moins discutable”. “Or, poursuit le théologien, s’il y a un doute à cet égard, le prêtre n’est pas forcément tenu au secret absolu.”»

Homosexualité et agressions sexuelles : le point de vue américain

Aux États-Unis, l’affaire McCarrick continue d’engendrer des débats, notamment sur l’homosexualité dans les séminaires et l’existence potentielle de réseaux. Avant la réunion des différents présidents de conférences nationales autour du pape en février, le sujet semble de plus en plus prégnant, comme le rapporte toujours le National Catholic Register :

«[…] Bien que l’entretien du pape ait été enregistré en août, avant même que l’idée de la réunion de février ne soit conçue, ceux qui voient un lien entre l’homosexualité et les agressions sexuelles commises considèrent la question de l’homosexualité comme cruciale pour les discussions à venir. “Il s’agit d’un problème important, car il est devenu évident que certains membres du clergé, y compris des évêques, se livrent à des activités homosexuelles”, a déclaré le père capucin Thomas Weinandy, ancien directeur exécutif du secrétariat pour la doctrine et les pratiques pastorales de l’USCCB.»

La question de l’homosexualité est, en effet, cruciale, car la pédophilie est une attraction pour les enfants non pubères… Un homosexuel est attiré par une personne du même sexe pubère, ce qui constitue 80 % des agressions selon le John Jay College Report…, la pédophilie réelle représentant un pourcentage infime !

Intercommunion en Allemagne

En Allemagne, le problème de l’intercommunion (autoriser un conjoint protestant à communier quand son conjoint est catholique) pose encore des problèmes, comme le révèle le National Catholic Register :

«[…] Divers évêques allemands ont interprété le document [NDLR : le document pastoral de la Conférence allemande] de manière à donner plus ou moins librement la Sainte Communion aux conjoints protestants. Mgr Heiner Koch, archevêque de Berlin, est le dernier en date à avoir demandé aux prêtres, diacres et laïcs de son diocèse engagés dans le ministère pastoral de prendre ces lignes directrices comme “fondements de leurs actions”, selon Katholisch.de […]. Le cardinal Gerhard Müller, préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait très tôt souligné le fait qu’un mariage mixte n’est “pas une situation d’urgence” et que “ni le pape ni nous, évêques, ne pouvons redéfinir les sacrements, soulager la détresse mentale et satisfaire les besoins spirituels” car ils sont “des signes effectifs de la grâce de Dieu”. La décision de recevoir ou non la Sainte Communion « ne peut pas être laissée à la conscience de catholiques ou de non-catholiques », a-t-il déclaré».

Baisse des dons au Denier de l’Église en France

Enfin, en France, c’est le Denier de l’Église qui inquiète, car pour la première fois, il est en baisse, comme le révèle La Vie :

«Ce dernier point va d’ailleurs se révéler de plus en plus crucial dans bon nombre de diocèses, du fait de la baisse de leurs ressources. Autrement dit, les diocèses vont devoir se serrer la ceinture, ce qui passe par une réduction des salariés ou de certaines activités. Une situation déjà bien réelle dans bien des endroits. “Cela fait des années que les finances sont serrées, explique Ambroise Laurent. Il n’y a pas de diocèses en faillite mais nul n’est à l’abri. Dans 90 % des cas, les diocèses sont en déficit d’exploitation.” Cela signifie que les dépenses courantes ne sont pas couvertes par les ressources courantes et que les diocèses doivent compter sur des ressources extraordinaires, comme les legs ou les cessions d’actifs, pour boucler leur budget.»

Les catholiques sont-ils moins généreux ? Ou bien, y a-t-il moins de catholiques qui remplissent leur devoir d’aider l’Église, tout en étant plus généreux ?

Pierre Hardon

 

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