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Noël 2018 : la France, terre de discorde ?

Les manifestations des Gilets Jaunes pourraient continuer à déstabiliser la société, si les forces de l’ordre n’arrivent pas à éliminer les infiltrations des casseurs professionnels.

Le journal Marianne révèle que le préfet de police a été écarté de la direction des opérations, le 8 décembre :

Logo de Marianne

«C’est le premier enseignement de la journée du 8 décembre : le préfet de police de Paris a perdu son leadership sur le maintien de l’ordre dans la capitale. La semaine dernière, le ministère de l’Intérieur, sous la double commande de Christophe Castaner et Laurent Nuñez, a pris les choses en main, largement épaulé en ce sens par les syndicats policiers. Cette mainmise du ministère de l’Intérieur ne s’est pas faite sans friction avec la préfecture de police de Paris, où le préfet Michel Delpuech a grincé à plusieurs reprises devant la mise en place d’un dispositif mobile et décentralisé, contraire aux pratiques antérieures.»

Logo du journal Le Monde

Le journal Le Monde, quant à lui, révèle la fracture grandissante entre la société médiatique et les «gilets jaunes» dans les manifestations :

«Le divorce entre les “gilets jaunes” et les médias est “l’expression d’une coupure avec les élites politiques et économiques, auxquelles les journalistes sont accusés d’appartenir”, selon Thierry Thuillier, le patron de l’information du groupe TF1. Son homologue chez France Télévisions, Yannick Letranchant, pointe, lui, “une défiance envers la profession [qui] ne date pas de ce mouvement mais [qui] s’est exacerbée avec lui”. “Il y a une contestation de notre rôle d’intermédiaire, abonde Céline Pigalle, chez BFM-TV. Les ‘gilets jaunes’ ne veulent pas qu’on leur tende le micro, ils veulent prendre le micro.” C’est ce que leur permet Facebook, où ils ont pris l’habitude de filmer en direct leurs actions.»

Logo de France Catholique

Enfin, Gérard Leclerc, dans France Catholique, s’interroge à propos de l’appel à la Fraternité de l’archevêque de Paris, Mgr Aupetit :

«Le rappel à la charité peut-il modifier ce qui relève des rapports de force ? On entend l’objection : «Nous t’entendrons là-dessus une autre fois.» Seules les médiations politiques peuvent changer la donne en arbitrant entre les intérêts. Sans doute, oui. Mais il est bon aussi que se fasse entendre un autre langage qui s’adresse directement aux consciences pour les mettre en garde contre certaines passions mauvaises qui détruisent de l’intérieur toute fraternité humaine.»

La croissance des manifestations et la répétition des violences multiplient les fractures en France, du sommet à la base ! Les promesses d’Emmanuel Macron permettront-elles de calmer les gilets jaunes ?

Le Brexit de Theresa May

Theresa May a fait face à un vote de défiance dans son parti (conservateur) après avoir repoussé, le 10 décembre 2018, la soumission au vote à la Chambre des communes de son plan «Brexit». Elle a réussi à obtenir la confiance, mais a promis de quitter ses fonctions aux prochaines législatives.

Le Courrier International souligne les pérégrinations du Premier Ministre anglais :

Logo de Courrier International

«Avant de revenir à Londres leur soumettre le texte pour de bon – à condition que les négociateurs européens acceptent de rouvrir les discussions –, Theresa May entend arracher des garanties sur le fameux “filet de sécurité”, visant à éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la république d’Irlande en cas d’absence d’accord commercial. “J’ai entendu vos préoccupations”, a-t-elle précisé lundi, sous les rires (jaunes) des députés, avant d’exposer son intention d’obtenir l’assurance que le maintien du Royaume-Uni dans une forme d’union douanière après le Brexit sera limité dans le temps.»

Le magazine Challenges analyse la capacité de Theresa May à prendre des coups depuis deux ans :

Logo de Challenges

«Elle a beau être sur la sellette depuis des mois, avoir subi une hémorragie de ministres mécontents de sa manière de gérer le Brexit, la combativité de la dirigeante conservatrice de 62 ans reste intacte – de même que sa capacité à louvoyer à travers les écueils. […] Pour éviter une défaite nécessairement frustrante et humiliante à seulement quelques mois du Brexit, le 29 mars, la Première ministre a dû mettre son propre avenir politique dans la balance, annonçant qu’elle projetait de quitter ses fonctions avant le scrutin législatif de 2022.»

Au Royaume-Uni, si Theresa May a passé cet écueil, ce n’est pas une victoire pour autant, comme l’affirme Matthew d’Ancona dans le Guardians :

Logo de The Guardian

«Toute analyse impartiale aboutit à la conclusion que le seul moyen sûr de sortir de cette horrible impasse parlementaire est de retourner auprès de l’électorat pour lui demander de nouvelles instructions. Et cela, pour un Premier Ministre qui a traversé deux ans et demi d’enfer pour parvenir à un accord mal-aimé, est la pire des perspectives – pire, même, que d’être renvoyée par ses propres députés.»

Le journal Le Monde affirme que l’hypothèse de revenir devant les citoyens britanniques n’est qu’une question de temps :

«Si le Brexit était une évidence, les Communes seraient déjà en vacances de Noël. Il ne l’est pas parce que l’UE d’aujourd’hui est largement une création de Londres – marché unique, libre-échange, élargissement. Elle sert les intérêts britanniques dans un monde de brutes où l’exercice de la souveraineté réelle impose aux Européens de s’unir. Paradoxe de ces deux dernières années : outre-Manche, on prend la mesure des avantages de l’UE. L’idée monte d’un deuxième référendum, si le Parlement de Westminster n’arrive pas à se décider d’ici au 28 mars 2019. La pendule est en marche : “Tic-tock on the Brexit clock”».

Ces turbulences permettent-elles de faire croire à la possibilité d’un nouveau référendum ? Comment est-ce possible ?

Pacte sur les migrations

Le pacte sur les migrations signé à Marrakech provoque des discussions entre ceux qui y voient un appel à l’invasion migratoire et ceux qui considèrent qu’il ne va pas assez loin dans l’aide aux «migrants».

L’Express constate ce rapport de force :

Logo de Logo de l'Express

«Ses détracteurs le voient comme un encouragement à un flux migratoire incontrôlé. Les défenseurs des droits de l’Homme le soutiennent, mais regrettent son caractère non contraignant et le trouvent insuffisant sur plusieurs points : droits des migrants, accès à l’aide humanitaire et aux services de base, statut juridique, etc.»

Jean-Thomas Lesueur, de l’institut Thomas More et pour Le Figaro, regrette le flou que la notion de «migrants» peut apporter dans l’ordre juridique international, alors que divers statuts existent en France :

Logo du Figaro

«En France, on distingue en effet classiquement quatre catégories d’immigration: pour raisons familiales (dont le regroupement familial), pour raisons liées à l’éducation (les étudiants), pour raisons liées à l’emploi (les travailleurs) et les autres raisons (dont les demandes d’asile). En effaçant ces catégories, le terme “migrant” crée un flou majeur, à commencer entre l’immigration légale et l’immigration illégale, et contribue à imposer une approche essentiellement émotionnelle de la question migratoire.»

Le Vatican, qui est un des signataires de l’accord, soutient le pacte «de manière appuyée», selon Nicolas Senèze du journal La Croix :

Logo du journal La Croix

«Dès le début, le Saint-Siège avait pourtant fortement promu le processus d’élaboration de ce pacte, en particulier à travers la section pour les migrants et réfugiés du Dicastère pour le développement humain intégral, qui avait notamment publié 20 pistes d’action fortement soutenues par le pape François. À Marrakech, le cardinal Parolin a rappelé cet engagement du pape résumé dans les quatre mots-clés : «accueillir, protéger, promouvoir et intégrer». «Quatre actions que nous voyons imprégner les bonnes pratiques et les engagements du Pacte mondial sur les migrations», s’est-il félicité.»

Cependant, il émet également quelques réserves, comme le rapporte le National Catholic Register :

Logo du NCR

«Les principes et directives contiennent “certaines interprétations idéologiques des droits de l’homme qui ne reconnaissent pas la valeur inhérente et la dignité de la vie humaine à chaque étape à son début, pendant son développement et à sa fin”, a déclaré le cardinal Parolin, ajoutant que le Saint-Siège ferait connaître ces objections, “en temps voulu.”»

Le Pacte de Marrakech a-t-il le mérite d’exister ou n’est-il qu’un mauvais document fourre-tout où toutes les idéologies foisonnent ? Pour le moment, on ne sait pas.

Le cardinal George Pell aurait été condamné…

Selon des sources proches du cardinal Pell, ce dernier aurait été condamné par la justice australienne. Pendant ses procès pour des faits d’agressions sexuelles, une ordonnance de blocage (gag order) a été rendue pour empêcher la diffusion des éléments du procès dans les médias, tant le sujet est brûlant en Australie. Malgré tout, les médias affirment qu’il a été condamné, après une campagne médiatique menée contre le cardinal et l’Église.

Le National Catholic Register analyse pourtant :

«L’ampleur de l’hostilité dirigée contre le cardinal Pell par plusieurs médias australiens, avant même que les accusations ne soient portées, a suscité un débat public dans certains médias australiens sur la possibilité de trouver un jury impartial pour le cardinal. Bien que l’ordonnance de blocage [gag order] ait été rendue, une source a mis en doute l’intégrité de la procédure. Dans une allocution à l’AIIC, il a qualifié le procès de “farce” et de “chasse aux sorcières”. Il a déclaré que les procureurs australiens étaient déterminés à obtenir la condamnation, en dépit d’un procès en annulation.»

La campagne médiatique contre le cardinal Pell avant son procès, et ce malgré l’abandon des charges les plus lourdes, aurait-elle influencé la décision judiciaire, et ce malgré l’ordonnance ? (cf. l’article du 23 mai 2018 : Cardinal George Pell : entre procès d’intention et procès judiciaire)

Pierre Hardon

 

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