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Le «ras-le-bol» des gilets jaunes : l’absence de médiations

Depuis le 17 novembre 2018, les «gilets jaunes» bloquent ou filtrent péages, ronds-points et frontières, pour manifester leur mécontentement face à une hausse de la taxe sur les carburants. Le mouvement s’est durci lors des trois dernières manifestations à Paris, provoquant de nombreux dégâts, des scènes de combat entre CRS et casseurs, et des pillages et dégradations dans les magasins et monuments de la capitale.

Le journaliste Gérard Leclerc, dans le magazine France Catholique, analyse les événements du 4 décembre :

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«Si samedi prochain, l’émeute reprend, on sera vraiment très mal. La difficulté de fond, c’est que la révolte n’est nullement conjoncturelle, elle se rapporte à un mal profond lié à l’évolution globale de la planète. Comme l’explique le géographe Christophe Guilluy à L’Obs : “Ce mouvement est un tout, il porte l’expression d’une insécurité économique, sociale, mais aussi culturelle face à un modèle économique mondialisé à l’œuvre depuis plus de trente ans et qui concentre les richesses, les emplois qualifiés dans les grandes métropoles.”».

La veille, toujours dans France Catholique, le même Gérard Leclerc faisait ces recommandations aux chrétiens :

«Par ailleurs, les chrétiens solidaires des revendications des gilets jaunes, du fait même de la culture qui est celle de la doctrine sociale de l’Église, devraient être en quête des médiations qui manquent aujourd’hui cruellement au mouvement. Jacques Julliard écrit à juste titre dans son carnet du Figaro : “Leur incapacité à s’organiser, à faire régner l’ordre dans leurs propres rangs, à formuler des revendications et à désigner des représentants pour les porter, c’est le degré zéro de l’intelligence sociale.” […] L’esprit de l’Évangile peut inspirer ainsi des hommes et des femmes de bonne volonté, en aidant par priorité la révolte actuelle à ne pas s’enliser dans une guerre civile qui est la pire des solutions.»

Dans Famille Chrétienne, Joseph Thouvenel, vice-président de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), constatait le 3 décembre :

Logo de Famille Chrétienne

«Cela fait des années que les gouvernants méprisent les corps intermédiaires. Ce phénomène n’a pas commencé avec Emmanuel Macron, mais il a accéléré le processus. Le premier corps intermédiaire à être brutalisé, c’est d’ailleurs la famille ! Tous les gouvernements détricotent la politique familiale. Le socle de la société est remis en cause par ceux qui ont en charge notre avenir.»

Dans Le Figaro du 3 décembre, le journaliste Alexis Brézet affirme :

Logo du Figaro

«C’est sans doute que le vieux clivage droite-gauche, à côté de tant de défauts, avait aussi quelques qualités : en récusant la froide logique des intérêts, il permettait au pays de s’affranchir en partie des affrontements de classe. De droite ou de gauche, c’était toujours la même France, tandis qu’aujourd’hui, entre la “France des métropoles” et la “France périphérique”, se dessine en pointillé l’affrontement de deux sociologies, deux modes de vie, deux univers culturels radicalement étrangers.»

Dans le même journal, Vincent Trémolet de Villers conclut le même jour :

«Une simple taxe et l’obstination d’Emmanuel Macron ont réveillé toutes les douleurs de notre corps social. L’invisibilité des plus humbles, la morgue des petits marquis, la détresse profonde du Français moyen, l’impunité des vandales, la disparition du principe d’autorité, la faiblesse de l’État. “On s’est plantés” sur la communication, a confié Christophe Castaner. On s’est surtout plantés parce que depuis des décennies la communication a remplacé la politique. Le réel a choisi de la réduire en poussière. La crise des “gilets jaunes” ne profitera à personne puisque tout est à reconstruire.»

Le malaise social est enraciné depuis longtemps : son origine est antérieure au mandat d’Emmanuel Macron. La solution semblerait être de redonner aux corps intermédiaires – famille, partis politiques et syndicats – leur juste place…

L’urgence de la Fraternité

Le 5 décembre, Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris, a appelé le gouvernement et les gilets jaunes au dialogue, en laissant de côté les violences :

«La violence engendre la vengeance et la haine. Apprenons ensemble à nous écouter vraiment et à nous parler sans a priori méprisant pour ceux qui ne pensent pas comme nous. J’appelle modestement les protagonistes à un véritable dialogue où chacun accepte de sortir de ses certitudes pour établir un vrai diagnostic d’une situation délétère et trouver humblement les voies d’une reconstruction fraternelle de notre société.»

Mgr Aupetit ajoute :

«L’individualisme devient la valeur absolue au détriment du bien commun qui se construit sur l’attention aux autres et en particulier aux plus faibles. Les valeurs de la République que sont la liberté et l’égalité sont parfois détournées par des réseaux d’influence qui réclament des droits nouveaux sans égard pour les plus vulnérables.»

Ces propos ont provoqué le lendemain l’indignation du journal Libération, pour qui le sujet n’est pas l’individualisme, mais celui de «finir les fins de mois» :

Logo de Libération

«À notre connaissance, les gilets jaunes réclament essentiellement de pouvoir boucler dignement leur fin de mois, non pas l’ouverture de la PMA à toutes les femmes. À moins que nous ayons manqué un important épisode… On espère seulement que le gouvernement d’Édouard Philippe ne consultera pas Aupetit pour mieux comprendre la crise du moment !»

Selon Libération, Mgr Aupetit livrerait «une piètre analyse» de la situation des gilets jaunes. Au contraire, il décèle les causes profondes du mouvement qu’il situe dans l’individualisme et l’absence de recherche du Bien commun…

Inquiétudes anglo-saxonnes !

Dans la presse internationale, le climat français inquiète : «Paris brûle !», titre le New York Times, «Le monde démocratique devrait sentir la chaleur venant de Paris», déclare le Washington Post.

Le New York Times, tout particulièrement, propose cette analyse le 5 décembre :

Logo du New York Times

«Une hausse relativement modérée des taxes sur les carburants, destinée à réduire les émissions de dioxyde de carbone de la France, s’est avérée être la dernière chance, pour une large partie des citoyens de province et de banlieue croyant que les ministres, les bureaucrates, les syndicats et plus particulièrement la classe politique parisienne sont sourds à leurs problèmes économiques, de se manifester. […] Les réformes qu’ils [le gouvernement, NDLR] ont entrepris, tant en France que dans l’Union européenne, sur le plan environnemental, étaient ce qu’ils avaient ouvertement promis lors de ces élections et ce dont la France a besoin.»

Si la hausse est «modérée» et nécessaire à la France, outre-Atlantique, The Economist met en relief des solutions pour préserver la planète :

Logo de The Economist

«La principale raison [des difficultés pour lutter contre le changement climatique, NDLR] est que le monde n’a pas d’antécédents historiques ni les institutions pour régler ces questions [climatiques, NDLR]. Les dommages causés par le réchauffement climatique ne touchent pas les personnes ou les générations qui sont les plus aptes à lutter contre lui. Ceux qui en souffrent sont et seront principalement les pays pauvres. Ceux qui en assument les coûts sont et seront les mieux lotis. Les gilets jaunes mécontents de la hausse des taxes sur le carburant et la famille mexicaine qui, dans vingt ans sera contrainte de quitter ses terres à cause de la sécheresse, ne se connaissent pas. […] Ceux qui peuvent le plus s’adapter au changement climatique ne sont pas les pauvres et ont donc moins de raisons d’éviter les changements. Et rendre les pauvres assez riches pour s’adapter suppose une croissance économique qui repose encore principalement sur les combustibles fossiles.»

Les gilets jaunes revendiquent une participation au Bien commun à laquelle ils ont droit. Mais attention aux violences !

Tensions accrues entre l’Ukraine et la Russie : Poroshenko appelle les démocraties occidentales à l’aide

Le président ukrainien Petro Poroshenko vient d’instaurer la loi martiale dans son pays, suite à la capture de trois bâtiments de la marine ukrainienne par la marine russe. Il appelle toutes les démocraties occidentales à lutter contre la Russie et pense à une invasion russe déferlant sur l’Europe, comme le rapporte le New York Times :

«L’objectif de la Russie est évident : elle veut revenir à une époque où la propriété et la terre étaient saisies par force. Cela commence avec l’Ukraine et continuera vers l’ouest aussi loin que le monde démocratique le permettra. Les pays démocratiques doivent maintenant faire un choix : défendre ce qui est juste ou continuer à apaiser le président Vladimir Poutine. Si l’histoire nous a appris quelque chose, c’est que l’apaisement a un prix lourd et mortel. En dépit de la propagande du Kremlin, M. Poutine est plus faible qu’il ne voudrait le faire croire à l’Occident. L’Occident peut – en augmentant la pression sur lui – le contraindre à se replier dans le droit chemin.»

Des chars russes à Madrid pour le nouvel an ?…

La chasteté parfaite du prêtre

Le pape fait toujours face aux problèmes d’agressions sexuelles dans l’Église. Le problème de fond, selon de nombreux clercs, serait le «cléricalisme». Or, de récents témoignages ont mis en lumière l’influence de réseaux homosexuels actifs dans les séminaires.

Le National Catholic Register, le 29 novembre, donne cette information :

Logo du NCR

« »Certains séminaristes et certains prêtres ont facilité le recrutement et le placement d’autres séminaristes partageant un mode de vie alternatif similaire dans certains diocèses des États-Unis ». Un rapport de 2012 expurgé ne nommait aucune des personnes qui, selon lui, se seraient livrées à une inconduite sexuelle et/ou à un autre acte répréhensible.»

Le pape a récemment exhorté les prêtres et les religieux ayant un attrait homosexuel, comme le souligne The Tablet :

Logo de The Tablet

«“Le pape François exhorte le clergé gay à être “impeccablement responsable”. Nous devons “exhorter les prêtres homosexuels et les religieux et religieuses à vivre le célibat avec intégrité et, surtout, à ce qu’ils soient irréprochables, essayant de ne jamais scandaliser ni leurs communautés ni le peuple fidèle et saint de Dieu”, a déclaré le pape.»

Qu’une personne soit homosexuelle ou hétérosexuelle, si elle reçoit un appel à suivre le Christ dans une vie qui lui est consacrée, cela implique la pratique de la chasteté parfaite. Tous n’y sont pas appelés. Ceux qui en reçoivent la grâce doivent en vivre humblement, et ils ont peut-être aussi besoin d’être aidés à vivre cet appel.

Pierre Hardon

 

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