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Une Église face aux réseaux homosexuels ?

Dans le magazine Commonweal, Kenneth Woodward revient sur les agressions sexuelles aux États-Unis, et notamment sur le cas McCarrick. Il cible «le péril de l’hypocrisie cléricale», c’est-à-dire le fait de faire du «cléricalisme» la mère de tous les vices des prélats. Pour cela, il écarte le Rapport de Pennsylvanie, qui met en lumière des accusations formelles sur des cas majoritairement dépassés et connus, pour s’attarder sur ce que révèle l’affaire McCarrick :

Logo de Commonweal

«On ne peut nier que l’homosexualité a joué un rôle dans les scandales d’agressions et leur dissimulation […]. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’affaire McCarrick est si importante. Les cibles de McCarrick étaient les jeunes adultes ainsi que les adolescents, ce qui correspond à la définition de l’abus homosexuel et du viol. Comme la plupart des hommes d’âge moyen, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels, il était attiré par les corps plus jeunes (si cela était inhabituel, la publicité, les nouvelles télévisées […] seraient très différentes.) […] Parmi ces problèmes, il en est un que personne au sein de la hiérarchie catholique ne semble vouloir examiner : dans quelle mesure existe-t-il des réseaux homosexuels dans le sacerdoce américain, ses séminaires et ses chancelleries, ainsi qu’au Vatican lui-même ? Et à quelles fins ?
Peut-être la hiérarchie a-t-elle peur de donner du grain à moudre aux partisans de la droite, qui aimeraient utiliser le scandale McCarrick comme une excuse pour éliminer et purger tous les prêtres et évêques homosexuels. Il n’y a aucune raison pour une telle purge. Nous avons tous rencontré des prêtres homosexuels qui mènent une vie chaste et honorent leur vœu de célibat, tout comme nous savons qu’il existe plus d’un petit nombre de prêtres hétérosexuels qui n’honorent pas les leurs. Mais ce n’est pas seulement le cléricalisme qui a permis à McCarrick d’abuser pendant des décennies des séminaristes et des jeunes prêtres, même si son comportement était bien connu des milieux cléricaux. Et ce n’était pas seulement son influence ecclésiastique qui lui assurait sa protection. C’étaient aussi des réseaux. Par réseaux, j’entends des groupes de prêtres gays, diocésains et religieux, qui encouragent la préparation sexuelle des séminaristes et des jeunes prêtres et mènent eux-mêmes une double vie – brisant leur vœu de chasteté tout en servant les laïcs et en fournissant les diverses bureaucraties de l’église.»

Bonne question ! Il faudrait qu’on y réponde franchement !

En marche vers la GPA : la transgression éthique dans la douceur

L’extension de la procréation médicalement assisté aux duos de lesbiennes et aux femmes seules soulève des contestations qui inquiètent le gouvernement. C’est ce que soutient Le Figaro, dans un article, pour éviter d’enflammer l’assemblée :

Logo du Figaro

«Au-delà du mantra sur la nécessaire “sérénité du débat”, il propose une nouvelle manière de fonctionner pour ne pas enflammer l’hémicycle. […] la création d’un “comité” de travail sur le texte de la loi de bioéthique a été proposée aux parlementaires. Il s’agirait de créer les conditions pour qu’ils puissent plancher sur le projet de loi du gouvernement avant même sa présentation. Cela permettrait au texte d’être “le plus complet possible” afin “d’éviter trop d’amendements”. […] À droite, on redoute notamment qu’après le PACS et le mariage gay, la PMA pour toutes ouvre la voie à la légalisation de la gestation pour autrui.»

Bien que favorable à la PMA pour toutes, Éliette Abecassis, écrivain, s’inquiète également de l’arrivée de la GPA, dans un entretien au Figaro :

«On pense souvent que la PMA est un cheval de Troie de la GPA. Mais la PMA est une technique médicale, qui n’implique pas un commerce. […] La GPA conduit a un vrai problème de société […]. L’enjeu, c’est un changement de civilisation et tout simplement la fin de l’humanité telle que nous la connaissons – celle où nous protégeons l’humain dans l’homme, selon le principe kantien : fais en sorte de toujours traiter autrui comme une fin et non comme un moyen.»

Principe kantien qui ne s’appliquerait qu’en cas de commercialisation de l’homme par l’homme… Au contraire, dans la revue Limite, Blanche Streb, d’Alliance Vita, affirme :

Logo de la revue Limite

«Quant à la GPA, le “cheval de Droit” est bien en marche. La propagande médiatique bat son plein, le tapis rouge offert à Marc-Olivier Fogiel est consternant. On connaît même le prix, 18 000 dollars… Je trouve ça très violent, en tant que femme et mère, de constater qu’on peut nous présenter comme idyllique que la femme soit reléguée au rôle de donneuse d’ovocyte pour l’une, de “femme porteuse” pour l’autre. […] Cette mentalité qui veut soumettre le corps féminin à l’économie et aux biotechnologies est tout sauf un pas en avant vers l’égalité et “l’autonomie” vers lesquels on prétend nous emmener.»

La stratégie des petits pas semble fonctionner à plein régime…

Approfondissement de la collaboration France/Allemagne au détriment de la souveraineté nationale

Le Président de la république française va présider les cérémonies officielles de l’Armistice du 11 novembre avec Angela Merkel. Cependant, pas de défilé militaire pour célébrer la victoire, mais un contenu de cérémonie «négocié avec l’Allemagne». Un point que souligne le journal Marianne :

Logo de Marianne

«[…] “Le sens de cette commémoration, ce n’est pas de célébrer la victoire de 1918. Il n’y aura pas de défilé ou de parades militaires” glisse une source élyséenne à L’Opinion. […] Le président, qui “regarde l’histoire en face” d’après ses conseillers, souhaiterait d’abord que l’on retienne que la Grande Guerre fut “une grande hécatombe” lors de laquelle “les combattants qui seront au cœurs des commémorations étaient pour l’essentiel des civils que l’on avait armés”. […] Et l’Élysée précise que le contenu des défilés a été dûment négocié avec l’Allemagne, particulièrement marquée par sa défaite de 1918.»

De l’autre côté, Emmanuel Macron pourrait décider de partager l’arme nucléaire française avec son voisin germanique, malgré les interdictions qui pèsent sur le pays – sanctions historiques. Ce que souligne L’Obs :

Logo de l'Obs

«Elle pourrait, écrit Jean Dominique Merchet, payer une partie des coûts de l’armement nucléaire français (qui vont fortement augmenter dans les années à venir) et ainsi « acheter » la protection atomique de notre pays – sous le parapluie duquel elle serait désormais abritée. […] Ainsi, il y a fort à parier qu’Emmanuel Macron proposera au mieux à Angela Merkel une « dissuasion élargie » voire « concertée » : autrement dit, en cas de crise gravissime qui pourrait conduire à déclencher le feu nucléaire, le Président français promettrait de s’entretenir, dans la mesure du possible, avec la chancelière avant le lancer une ogive thermonucléaire.»

Une collaboration possible qui rendrait à l’Europe une véritable autonomie face à un Amérique hésitante ? Pourquoi pas ?

Synode sur les jeunes : résultat convaincant mais des interrogations

Le document final du Synode sur les jeunes a été rendu et suscite une approbation assez générale ainsi que quelques doutes. Le journaliste Christopher Lamb, pour le magazine The Tablet, souligne l’importance de la forme synodale pour le pape François :

Logo de The Tablet

«Tout au long de ses cinq années de papauté, le pape François a fait valoir une Église missionnaire et tournée vers l’extérieur, se servant du synode des évêques comme d’une instrument majeur de ce programme de renouveau. […] La réunion des évêques était “bien plus qu’un document”, mais un véritable “style” pour l’Église. […] Le pape François dit que la réponse de l’Église doit être une authentique et réelle foi qui se connecte avec les personnes.»

John Allen, dans Crux, relativise cependant l’importance d’une Église synodale, plus démocratique :

Logo de Crux

«En bref, les termes synodalité et collégialité sont des termes qui se réfèrent à une prise de décision plus décentralisée, plus inclusive dans le catholicisme. La collégialité est une sorte de principe ecclésiologique, tandis que la synodalité est un moyen de la rendre opérationnelle au niveau local, régional, national et continental, regroupant les évêques et d’autres participants.»

Mgr Charles Chaput s’est exprimé dans les colonnes de First Things, notant quelques points flous :

Logo de First Things

«[…] Le document final, même s’il n’est pas sans défauts, est une amélioration par rapport au texte de l’Instrumentum laboris. […] Le document final du synode est franchement inadéquat et désarçonnant sur la question des agressions sexuelles. […] Et le cléricalisme […] s’il est une partie du problème, n’est pas le problème principal pour de nombreux laïcs, notamment les parents. […] L’Église a déjà une anthropologie claire, riche et articulée. […] Cela n’aide pas de créer le doute ou l’ambiguïté autour des questions d’identité, de but et de sexualité, à moins que l’on ne prépare le terrain pour changer ce que l’Église croit et enseigne à propos des trois, en commençant par la sexualité»

Des critiques que soulève également Edward Pentin dans le National Catholic Register, notamment à propos de la synodalité :

Logo du NCR

«[…] Certains paragraphes posent question, même s’ils ont été adoptés à la majorité requise des deux tiers : […] Synodalité : […] De nombreux pères synodaux étaient mal à l’aise avec l’inclusion de ce terme, qui figurait à peine dans les débats synodaux, qui était inséré dans le document à la toute fin de l’assemblée, ne figurait pas dans le document de travail et méritait d’avoir son propre synode compte tenu de son importance. Certains craignaient une telle insistance sur le sujet […] car ils la voyaient comme un moyen de décentraliser et de démocratiser l’Église et le magistère pour l’éloigner de la papauté et du Vatican vers les Églises locales.[…] Homosexualité […]. Un autre sujet de préoccupation est que le paragraphe parle également d’un engagement de l’Église “contre toute discrimination et toute violence sur une base sexuelle” […] Des sources bien informées proches du processus ont déclaré au Register que “de nombreuses personnes ont proposé et demandé” un amendement visant à garantir la mention “discrimination injuste”, mais cela a été ignoré.»

L’acronyme LGBT, qui avait trouvé place dans l’Instrumentum laboris, n’a pas été repris. Mais l’attitude de certains dans l’Église n’est pas plus claire pour autant en ce qui concerne l’homosexualité.

Pierre Hardon

 

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