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Ils partent du Honduras vers les États-Unis pour une vie meilleure…

Au Mexique, une «caravane» de migrants venue du Honduras et se rendant aux États-Unis grossit de plus en plus. Elle réunirait au moins 7 000 personnes et provoque des réactions politiques importantes aux États-Unis. Le Washington Post explique que ces caravanes ne sont pas une nouveauté en Amérique centrale, mais reconnaît que celle-ci est d’une ampleur exceptionnelle :

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«Depuis des années, des caravanes de migrants traversent l’Amérique centrale, en partie pour réclamer l’application des droits de l’homme ou pour garantir un passage sûr aux personnes qui empruntent la dangereuse route du nord. Normalement, un Centre-Américain émigrant vers les États-Unis doit payer une série de passeurs liés à des réseaux de passage, la somme pouvant atteindre plus de 10 000 dollars. La caravane offrait un moyen de migration relativement sûr, essentiellement gratuit. […] Le groupe actuel est bien plus grand que les caravanes précédentes. Les Honduriens, les Guatémaltèques et les Salvadoriens qui ont manqué leur chance ce printemps ont décidé que cette fois-ci, ils se précipiteraient pour rejoindre la colonne.»

L’ampleur exceptionnelle de cette caravane est, pour certains journaux, due à des considérations politiques. Le New York Times, par exemple, souligne le caractère politique et l’utilisation par Donald Trump des thématiques migratoires qui ont fait le succès de sa campagne de 2016 :

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«La caravane lui a donné une nouvelle et avantageuse histoire politique à raconter. Utiliser les angoisses américaines à propos de l’immigration avait très bien fonctionné durant sa campagne de 2016. […] En quelques jours, le président a commencé à utiliser Twitter pour attaquer les migrants, accusant ainsi les démocrates et menaçant de réduire le financement des gouvernements d’Amérique centrale. […] Ce qui a commencé comme un différend politique intérieur au Honduras – un effort visant à saper le président nouvellement réélu, Juan Orlando Hernández, et à attirer l’attention sur le sort des migrants – est rapidement devenu une querelle internationale, une source d’embarras au Honduras, de consternation dans la région et d’opportunisme politique aux États-Unis.»

L’Amérique s’interroge sur l’ampleur de cette caravane ? Donald Trump est prêt à faire tout ce qu’il est possible de faire pour arrêter ces migrants ?… Mais, derrière ces réflexions politiques, il y a des milliers de personnes qui ont peut-être des raisons de se tourner vers l’Amérique. Qu’en fait-on ?

Pour une Église plus inclusive…

Dans le cadre du Synode sur la jeunesse, le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, dirige une section pour discuter des problématiques de gender et d’homosexualité, et de l’effort que doit faire l’Église pour les «inclure», c’est-à-dire les accepter. Hannah Brockhaus, dans le National Catholic Register du 20 octobre 2018, souligne l’interprétation donnée au John Jay Report par le cardinal Cupich et, in fine, son influence sur le travail synodal :

Logo du NCR

«Dans le petit groupe dirigé par le cardinal Cupich, et dont font partie l’archevêque Comensoli [archevêque de Melbourne, NDLR] et le cardinal Ribat [cardinal-prêtre de San Giovanni Battista de Rossi, NDLR], la discussion a tourné autour de la situation des jeunes catholiques qui éprouvent une attirance homosexuelle ou qui subissent une douleur à cause de leur genre, en proposant une section séparée pour ces questions dans le document final du Synode. Le principal objectif de cette section pourrait être “l’accompagnement pastoral de ces personnes qui suivent les lignes directrices du Catéchisme de l’Église catholique”, dit le rapport. […] Le cardinal [Cupich, NDLR] a également renvoyé les personnes au John Jay Report, qui affirme que le problème des abus sexuels dans l’Église n’est pas l’homosexualité, mais a des causes différentes. […] Les évêques ont été appelés à expliquer ce que signifie l’accueil et l’acceptation de jeunes gens homosexuels. L’évêque Alain de Ræmy […] a dit que, pour sa part, il annonçait l’Évangile à ceux qui ne le connaissent pas et à ceux qui veulent devenir chrétiens, mais qui ne se sentent pas représentés.»

Rappelons que, selon le même John Jay Report, 81 % des victimes sont de sexe masculin et pubères. Ce que ne retient pas Thomas Plante, dans le magazine America, le 22 octobre 2018 :

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«L’orientation sexuelle en elle-même n’a rien à voir avec les menaces ou risques d’agressions sexuelles. […] Dans l’Église catholique, ces cas sont plutôt des garçons. Si, au XXe siècle, un prêtre voulait passer du temps avec un jeune garçon ou, peut-être, l’emmener faire du camping ou aller jouer au baseball, personne ne s’en serait inquiété. Les enfants étaient confiés aux prêtres. […] Qui plus est, il existe différentes catégories de délinquants sexuels possédant de multiples moyens de victimisation et différentes cibles pour leur désir prédateur. Par exemple, certains préfèrent cibler les jeunes enfants, d’autres les adolescents. Certains préfèrent avoir des partenaires homosexuels adultes, mais en raison de leur incapacité à avoir des relations intimes avec des adultes, choisissent des mineurs comme substituts, en particulier en cas de stress important. […] La fausse et distrayante loupe mise sur l’homosexualité n’a aucun rapport avec le fait de protéger les enfants dans l’Église catholique.»

Le John Jay Report, rendu par le John Jay College en 2004, souligne :

«Cependant, tous les abus sexuels ne se produisent pas avec des jeunes enfants, et tous les abuseurs d’enfants ne correspondent pas à ce diagnostic clinique. Certains chercheurs ont identifié une condition similaire, l’éphébophilie, qui fait référence à des individus qui présentent ces mêmes fantasmes, pulsions ou comportements envers des jeunes post-pubères.»

Cette éphébophilie n’est pas la pédophilie.

Un pourfendeur du régime saoudien assassiné en Turquie

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été torturé et assassiné dans le consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul, en Turquie, ce qui provoque une crise politique internationale majeure. États-Unis, Europe, Turquie souhaitent que l’Arabie saoudite s’explique sur cet acte. Le journaliste Georges Malbrunot, pour Le Figaro, écrit à propos du journaliste assassiné :

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«Il fut […] journaliste, conseiller des princes, relais des services de renseignements et dépositaire […] de lourds secrets. Depuis son titre d’éditorialiste au Washington Post, il est devenu le pourfendeur en chef du pouvoir quasi absolu du nouvel homme fort de Riyad, le prince héritier Mohammed Ben Salman […]. Pour les commanditaires de sa disparition, Jamal était devenu une voix dissidente trop écoutée aux États-Unis. Là même où MBS fit un show en mars lors de ses trois semaines de visite entre la Silicon Valley, la Maison-Blanche et le Texas.»

Une belle manière de traiter les opposants politiques… Le Wall Street Journal rapporte les propos du Donald Trump, qui jette la suspicion sur le prince Bin Salman (MBS), héritier d’Arabie saoudite :

Logo du Wall Steet Journal

«Dans une interview accordée au Wall Street Journal dans le bureau ovale, M. Trump a dressé un bilan sévère de l’Arabie saoudite à la lumière du décès de M. Khashoggi, affirmant qu’il était convaincu que le roi Salman n’était pas au courant du meurtre à l’avance. Interrogé sur l’implication possible du prince Mohammed Bin Salman, M. Trump a déclaré : “Eh bien, le prince dirige les affaires là-bas à ce stade. Il dirige des choses et si quelqu’un veut le faire, ce serait lui.”»

L’Arabie saoudite s’est débarrassée d’un opposant gênant aux États-Unis. Mais le prince Bin Salman, qui charmait son monde (ami de Jarod Kushner, le gendre de Donald Trump, libéralisation partielle du pays à propos des femmes, etc.), semble aujourd’hui en difficulté dans son propre pays.

Faux pistolet, vrais problèmes !

À Créteil, un professeur a été menacé avec une arme factice par un élève de quinze ans. La vidéo de cette agression a été diffusée sur les réseaux sociaux et a provoqué un véritable tollé dans le monde politique. Comme pour le mouvement #MeToo, un hashtag a même été lancé sur Twitter : #pasdevagues.

Bernard Moignard, interrogé par Le Monde, explique que, si cette vidéo est extraordinaire par sa violence, il n’en demeure pas moins qu’il n’existe pas d’explosion de violence à l’école :

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«Les enquêtes montrent régulièrement que moins de 1 % des enseignants sont touchés par des violences physiques. Dans l’enquête de victimation de 2013, 99,2 % des enseignants déclaraient n’avoir jamais subi de coups, ce qui n’a pas tendanciellement changé depuis. Ce sont des incidents peu fréquents, mais traumatiques. Ce qui est plus ordinaire, ce sont les insultes. Dans les enquêtes de victimation, on a toujours autour d’un tiers des enseignants qui disent en avoir subi pendant l’année. Ce n’est d’ailleurs pas une spécialité des établissements des quartiers populaires. Depuis le milieu des années 1990, on a vu naître un discours très alarmiste à l’apparition de chaque nouveau fait divers, alors qu’on observe plutôt une stagnation, et en aucun cas une explosion du phénomène des violences à l’école.»

Comment sont établies ces statistiques ? Et qu’en est-il des insultes, notamment sur les femmes ? Le journaliste sous-entend que c’est la surexposition du cas qui incite à la généralisation : il met en cause la diffusion sur les réseaux sociaux. Un point de vue que met largement en doute Barbara Lefèbvre dans Le Figaro :

«Mettre ici les réseaux sociaux au cœur du débat est un moyen grossier de détourner l’opinion du vrai sujet : quel type d’humanité sommes-nous en train de forger ? Quelle révolution anthropologique est à l’œuvre avec cette toute-puissance de la technique, où l’homme devient l’esclave des machines qu’il crée. Bernanos dans La France contre les robots avait tout compris dans l’immédiate après-guerre. Déplorer les aspects néfastes de la révolution numérique tout en la célébrant 24 heures sur 24 montre l’incohérence dans laquelle nous vivons. Les gestionnaires comptables qui nous dirigent ne conçoivent pas les effets déshumanisants de cette société sans âme qui n’a que la loi du marché pour boussole.»

La question est intéressante : quelle humanité sommes-nous en train de forger ?

Pierre Hardon

 

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