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Une cabale contre Monseigneur Barbarin

Monseigneur Philippe Barbarin, primat des Gaules et archevêque de Lyon, est poursuivi par la justice française pour non-dénonciation d’abus sexuels, aux côtés du cardinal Ladaria, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi. En 2016, un plainte pour non-dénonciation avait été classée sans suite par le parquet français, et l’association «La Parole libérée» a engagé une procédure de citation directe. Le 3 septembre se tenait une audience de consignation, reportée au 7 janvier 2019 pour des questions de procédure.

Selon Le Parisien, dans un article du 2 septembre 2018, une partie de l’épiscopat français murmure dans l’ombre au sujet d’une possible démission de Mgr Barbarin :

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«Au sein de l’épiscopat, certaines mitres commencent à avoir des doutes. “Je ne pense pas que ce soit tenable objectivement. Il doit encore se sentir innocent […]. Il s’accroche sans se rendre compte que, derrière son petit carré, une bonne majorité des gens ne comprennent plus son obstination” nous confie un évêque, sous couvert d’anonymat […]. La fracture gagne du terrain. […] “Il serait temps qu’il remette son office au pape, il plombe un peu l’ensemble de nos missions diocésaines en France.”»

Il n’y a pas que certains évêques qui souhaitent la démission du cardinal : une pétition lancée à l’initiative de l’association «La Parole libérée» et du père Pierre Vignon a récolté 102 000 signatures dans toute la France pour l’exiger.

Le 4 septembre, La Croix constate une difficile rentrée pour le diocèse de Lyon :

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«“Beaucoup de prêtres du diocèse ont le moral plombé” reconnaît l’un des rares curés à accepter de témoigner[…]. “Ce sont désormais les laïcs qui accueillent les personnes frappant à la porte de l’Église. Je ne me mets plus en première ligne”, soupire le prêtre de cette paroisse. Et ce, malgré de «nombreux […] catholiques à voler au secours du cardinal en des termes proches de la lettre de soutien adressée par d’anciens collaborateurs.»

Dans un autre article, daté du 3 septembre 2018, La Croix affirme que :

«Le tribunal correctionnel de Lyon a confirmé […] que le procès du cardinal Barbarin […] aurait lieu le 7 janvier. […] L’audience […] devrait se dérouler en l’absence du cardinal Luis Ladaria Ferrer […] pourtant lui aussi cité à comparaître pour complicité de non-dénonciation.»

Cependant, Jean-Marie Guénois, dans Le Figaro du même jour, rapporte une version bien différente :

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«L’audience n’a pas pu se tenir pour des raisons de procédure. Elle a été reportée au 7 janvier. En effet, les plaignants, associations de victimes et autres, veulent absolument que les sept prévenus, dont le cardinal Barbarin et le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, Mgr Luis Ladaria Ferrer, […] comparaissent ensemble et non de façon séparée. Leur idée est de mettre en évidence la responsabilité de l’ensemble de la hiérarchie catholique.»

Les 100 000 signatures ne viennent pas des catholiques de Lyon. Elles ont été sollicitées par La Parole libérée. Elles représentent un noyau d’activistes qui, répandu dans toute la France, cherche à nuire à l’Église catholique, sinon à la détruire.

Mgr Viganò, victime d’attaques ad hominem

Suite à son témoignage dénonçant le cover up de certains membres de la Curie et du pape François concernant l’affaire McCarrick, Mgr Carlo Maria Viganò subit de nombreuses attaques ad hominem, qui ne répondent pourtant pas aux questions qu’il a soulevées.

La revue américaine Commonweal du 5 septembre 2018 affirme dans cette perspective :

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«La lettre de Viganò est un récit subjectif de l’histoire récente de l’Église, remplie de revendications invérifiables. Son ton[…] autoritaire est celui de quelqu’un qui veut régler des comptes personnels. […] En partageant la lettre avec le donateur de droite Timothy R. Busch de l’Institut Napa avant sa publication et en rompant son silence pour accorder des interviews à des médias catholiques conservateurs, Viganò semble avoir orchestré une campagne vindicative contre François au lieu d’essayer honnêtement d’initier la réforme.»

Le journal La Croix du 2 septembre 2018 décrit Mgr Viganò de belle manière :

«Le nouveau pape [le pape François en 2013, NDLR] s’est aussi peut-être méfié de Mgr Viganò, homme à la réputation sulfureuse […] et [de] certains mensonges dans ses lettres à Benoît XVI.»

Dans un article du 3 septembre 2018, Jean-Marie Guénois du Figaro analyse :

«Les critiques fusent, mais personne n’a encore sérieusement remis en cause la substance de ses propos. […] Même si la prudence est plus que de mise en matière de dénonciation de mœurs, il apparaît, une semaine après, que personne n’a encore radicalement démenti Viganò sur le fond. […] L’affaire est donc plus épineuse qu’une simple cabale conservatrice contre François.»

Une des attaques contre Mgr Viganò porte sur les propos rapportés par Edward Pentin dans le National Catholic Register, le 4 septembre 2018 :

«Pentin a rapporté une source proche de Benoît XVI qui lui a dit, aussi loin que le pape émérite puisse se souvenir, que “les instructions étaient essentiellement que McCarrick devait faire ‘profil bas’. Il n’y avait pas ‘de décret formel, simplement une demande privée.’” […] Pour certains commentateurs, le rapport de Pentin semble discréditer l’intégralité du témoignage de Viganò. Les “demandes privées” ne sont pas des “sanctions canoniques”, soutiennent-ils, et l’archevêque Viganò n’a donc pas été sincère quant à l’argument central de sa note. […] Il est fort possible que l’archevêque Viganò n’ait pas compris certaines des distinctions implicites contenues dans la phrase qu’il a choisie et inclut dans sa définition du terme “sanctions” des instructions verbales moins formelles. […] Mais rien de cela ne change les grandes allégations du mémo de l’archevêque Viganò : après avoir reçu plusieurs rapports, le pape Benoît XVI a pris des mesures contre le cardinal McCarrick.»

Pour résumer, Hubert Champrun dans InfoVaticana affirme :

«Mais transformer le grand scandale dénoncé par Viganò – celui de la corruption (homo)sexuelle au sein de l’Église et de l’impunité dont elle semble jouir – en petit scandale Viganò, c’est filtrer le moucheron et laisser passer le chameau (cf. Mt 23, 13-24).»

En un mot comme en cent : «Viganò a dit la vérité. C’est tout !» (Mgr Lantheaume, ancien premier conseiller de la nonciature à Washington)…

Un silence de plomb au sommet du Vatican

Du côté du Vatican, le pape refuse de commenter les propos de Mgr Viganò, renvoyant les journalistes à leur professionnalisme pour vérifier la véracité des propos de Mgr Viganò et laissant sans réponse les catholiques en quête d’une compréhension de la situation. Dans le New York Times du 4 septembre 2018, nous apprenons que, si le pape ne parle pas lui-même, il a des défenseurs rangés en ordre de bataille qui le font pour lui :

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«S’exprimant lundi matin au Vatican, le pape François a déclaré : “Avec des gens qui n’ont pas de bonne volonté, qui ne cherchent que le scandale, qui ne veulent que la division, qui ne cherchent que la destruction – y compris la famille –, deux solutions : le silence et la prière.” Il a ajouté que « la vérité est humble, la vérité est silencieuse » et a conclu avec la prière : « Que le Seigneur nous donne la grâce de discerner quand nous devrions parler et quand nous devons rester silencieux. » […] Le pape François s’est appuyé sur quelques évêques américains et une armée de catholiques progressistes en ligne pour le défendre.»

C’est le cas du cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, comme le rapporte Commonweal le 21 août 2018, qui demeure sur la même ligne de défense que le pape critiquant le «cléricalisme» :

«Le cardinal Cupich a récemment dit que toute l’Église était confrontée à des attitudes de pouvoir, des privilèges et des droits qui caractérisent de nombreux prélats et renforcent une structure qui les protège de toute responsabilité. Cela veut dire que les laïcs devraient être autorisés à participer plus à plusieurs aspects de la vie de l’Église.»

Le journaliste de Crux John Allen, le 31 août 2018, pense que l’absence de réponse du pape vient du fait que l’affaire Viganò est centrée sur les États-Unis et ne s’étendra pas à l’Église universelle :

Logo de Crux

«En résumé, il est clair que, jusqu’à présent, les commentaires épiscopaux favorables à Viganò, à l’exception de Schneider, proviennent entièrement des États-Unis, tandis que les évêques ou groupes d’évêques relativement peu nombreux qui ont parlé ont tous soutenu le pape. Nous devrons voir si ce schéma est valable […]. Voici comment “Il Sismografo”, un blog catholique largement lu basé en Italie, l’a écrit jeudi : “Au fil des jours, de dimanche matin à aujourd’hui, et après de nombreux examens journalistiques intelligents et honnêtes, il semble à présent établi que la dénonciation de Tossati [faisant référence à un journaliste italien connu qui a contribué à l’élaboration de la lettre] et de Mgr Viganò est en réalité quelque chose à contextualiser entièrement aux États-Unis.” Aussi compréhensible que cela puisse être, et que ce soit tout à fait exact ou non, cela va sans doute compliquer la capacité des évêques en dehors de l’espace américain à prendre au sérieux les affirmations factuelles de Viganò au sujet du pape.»

En ciblant directement le pape et en appelant même à sa démission, Mgr Viganò a déplacé le centre de l’affaire de la nonciature de Washington aux couloirs du Vatican !

Aux racines de la chrétienté

Benjamin Wiker publie une tribune dans le National Catholic Register, dans laquelle il relie l’homosexualité, la pédophilie, l’avortement, l’infanticide et l’euthanasie aux pratiques païennes existant avant l’arrivée du christianisme, qui en a fait, lors de l’évangélisation, des questions morales et théologiques.

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«Ce sont les leçons que cette histoire doit nous inspirer. Le seul motif pour lequel existent encore des lois civiles qui interdisent et punissent la pédophilie, c’est que le christianisme, en l’évangélisant, a dominé l’Occident. L’unique raison pour laquelle l’homosexualité a maintenant été acceptée dans la culture et dans le droit, c’est la déchristianisation de plus en plus accentuée de la culture occidentale. Si l’Occident continue à se déchristianiser (= retour au paganisme), la pédophilie sera bientôt acceptée, tout comme l’homosexualité, l’avortement, l’infanticide et l’euthanasie l’ont déjà été.
C’est vraiment là une crise majeure dans et pour l’Église, car un réseau mondial homosexuel qui étend de profondes racines chez nos prêtres, nos évêques et nos cardinaux s’ingénie à réaliser une complète déchristianisation en s’en prenant aux garçons de 12 à 18 ans, recréant littéralement dans nos séminaires et nos diocèses la culture sexuelle gréco-romaine. Pour savoir ce qu’était l’ambiance sexuelle sordide de la Grèce antique et de Rome, prenez connaissance du rapport du Grand Jury de Pennsylvanie. Constat ironique, ne pensez-vous pas ? Les mêmes qui sont chargés avant tout de l’évangélisation des nations œuvrent activement à leur sécularisation. En agissant ainsi, ces prêtres, ces évêques et ces cardinaux se comportent au cœur même de l’Église catholique comme des acteurs du paganisme, démolissant 2 000 ans d’histoire de l’Église.»

Ce n’est pas complètement faux… Mais le lobby gay ne concerne qu’une toute petite partie d’un clergé encore à la recherche de son identité. De quoi faire réfléchir sur la formation des prêtres.

En Australie, des évêques vent debout pour protéger le sceau de la confession

En Australie, les évêques ont fait une déclaration rappelant qu’ils ne briseront pas le «sceau de la confession» malgré les recommandations de la Commission royale qui le préconise pour protéger les enfants d’éventuels abus. The Tablet rapporte :

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«La réponse des évêques et des religieux a indiqué que les diocèses examineraient […] les pratiques confessionnelles. Les évêques ont déclaré que les confessions de groupes d’enfants se déroulaient normalement à l’extérieur et que le Catholic Professional Standards Limited, qu’ils avaient établi, développait des normes et des protocoles. « Cependant, le ‘sceau de la confession’ est inviolable pour le prêtre confesseur », ajoute le texte. « Les enfants seront moins en sécurité si la déclaration obligatoire des aveux est requise : le cas rare où l’auteur ou la victime aurait pu confesser l’agression aurait moins de chances de se produire si la confiance dans le sceau sacramentel était compromise. Ce serait peine perdue pour encourager un auteur à se présenter aux autorités civiles ou aux victimes pour chercher une forme de sécurité », a déclaré la réponse des évêques. « Le signalement obligatoire des confessions constituerait également une violation de la liberté de croyance et de culte religieux. »»

Le secret de la confession est absolument inviolable, comme l’explique l’article du P. Bernard Dupuy-Montbrun sur ce sujet cette semaine.

Pierre Hardon

 

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