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En Irlande, le baptême catholique critiqué au nom des droits fondamentaux

L’ancienne Présidente de la république d’Irlande, le docteur McAleese, a affirmé que le baptême catholique exerçait une coercition sur l’enfant baptisé, à qui on ne demande pas son avis, et remettait ainsi ses droits fondamentaux en cause. Sarah Mac Donald de The Tablet rapporte ses propos :

«“Vous ne pouvez pas imposer, vraiment, des obligations aux gens qui n’ont que deux semaines et vous ne pouvez pas leur dire à sept, huit, quatorze ou dix-neuf ‘voici ce que vous avez contracté, voici ce que vous avez signé’ parce que la vérité est qu’ils n’ont pas signé.” […] L’ancien chef de l’État a abordé la question du baptême des nourrissons dans sa thèse de doctorat en droit canonique, qu’elle attend de défendre devant un jury académique. Elle croit que le baptême des enfants entraîne une adhésion forcée à l’Église et soutient que cela constitue une violation des droits fondamentaux. Elle a déclaré à l’Irish Times : “[…] il doit y avoir un moment où nos jeunes, en tant qu’adultes baptisés dans l’église et élevés dans la foi, ont la possibilité de dire : ‘Je valide ceci’ ou ‘Je répudie ceci. Nous vivons maintenant à une époque où nous avons droit à la liberté de conscience, à la liberté de croyance, à la liberté d’opinion, à la liberté de religion et à la liberté de changer de religion. L’Église catholique doit encore embrasser pleinement cette pensée”, a-t-elle dit.»

Le Catéchisme de l’Église catholique, dans son paragraphe 1250, affirme que :

«Naissant avec une nature humaine déchue et entachée par le péché originel, les enfants eux aussi ont besoin de la nouvelle naissance dans le Baptême afin d’être libérés du pouvoir des ténèbres et d’être transférés dans le domaine de la liberté des enfants de Dieu (cf. Col 1, 12-14), à laquelle tous les hommes sont appelés. La pure gratuité de la grâce du salut est particulièrement manifeste dans le Baptême des enfants. L’Église et les parents priveraient dès lors l’enfant de la grâce inestimable de devenir enfant de Dieu s’ils ne lui conféraient le Baptême peu après la naissance.»

Un nouveau juge à la Cour suprême américaine

Emblème de la Cour Suprême

Aux États-Unis, le départ du juge Kennedy de la Cour suprême aura-t-il une influence sur l’histoire juridique américaine et sur le droit à l’avortement ? Michael McGough, dans un article de The Tablet (tiré du Los Angeles Times), affirme que l’élection de Donald Trump n’a pas changé le paysage juridique américain et ses disparités en fonctions des États concernant l’avortement :

«Mais sur […] l’avortement, les évêques et le président sont presque toujours d’accord. Trump, qui dit avoir évolué d’une position “pro-choix” à une position “pro-vie”, a promis lors de la campagne 2016 de nommer des juges “pro-vie” à la Cour Suprême, avec pour résultat que la décision Roe vs Wade légalisant l’avortement serait annulée, et les États pourraient à nouveau réglementer fortement, voire interdire, la procédure. […] Écrivant dans le Los Angeles Times, Cecile Richards, l’ancienne présidente de la Planned Parenthood Federation of America1, a émis une sorte de mise en garde : “Les politiciens conservateurs, encouragés par l’administration Trump, tentent de faire reculer les droits à l’avortement dans de nombreux États du pays. Des lois récemment adoptées au Mississippi et en Louisiane interdiraient les avortements après 15 semaines et une loi de l’Iowa interdirait les avortements après une activité cardiaque détectée environ six semaines après la grossesse.” (Les lois du Mississippi et de l’Iowa ont été bloquées, au moins temporairement, par des juges fédéraux.) […] Avant l’élection de Trump, le paysage juridique et politique en matière d’avortement aux États-Unis était compliqué, notamment avec la jurisprudence “Roe vs Wade2” et les décisions suivantes établissant une limite pour les États qui voulaient interdire l’avortement ou le rendre trop difficile à obtenir, tout en permettant certaines restrictions. Ceux-ci comprenaient des lois exigeant la notification pour les parents quand un mineur a commis un avortement et des restrictions sur le financement gouvernemental. […] Si Kennedy devait être remplacé par un juge ouvert à l’idée de renverser Roe [c’est-à-dire si un cas permettait de revenir sur la jurisprudence de la Cour suprême dans le jugement rendu le 22 janvier 1973, qui au nom du 14e amendement de la Constitution américaine — le droit à la vie privée (Due Process Clause) — considérait la loi anti-avortement du Texas comme anticonstitutionnelle, NDLR] on pourrait parler d’un “effet Trump”. Dans ce cas, les opposants à l’avortement, y compris les évêques catholiques, pourraient créditer équitablement ce président pro-vie tardif et autoproclamé pour avoir changé l’histoire juridique.»

Possible, mais peu probable !

Helsinki, une rencontre russo-américaine qui permettrait à Trump de sortir des problèmes de l’enquête Mueller

Le Washington Post révèle que Donald Trump et Vladimir Poutine vont se rencontrer à Helsinki le 16 juillet prochain. Le Président finlandais, Niinisto, y voit un signe favorable pour une décrispation des relations entre les deux pays, mais également un moyen pour Donald Trump de réitérer l’absence de collusion avec les Russes lors de la campagne présidentielle de 2016 :

«Peu de temps avant la date et le lieu du sommet, Trump a tweeté, relayant que la Russie continue de nier s’immiscer dans les élections de 2016 et de dénoncer l’enquête du conseiller spécial Robert S. Mueller III sur la possible collusion entre le gouvernement de Poutine et la campagne de Trump. […] Dans un communiqué, la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders, a déclaré que Trump et Poutine “discuteraient des relations entre les États-Unis et la Russie et de toute une série de problèmes de sécurité nationale”. Niinisto a déclaré que l’ordre du jour serait décidé dans les semaines à venir, ajoutant que Trump et Poutine “discuteraient certainement de la situation internationale globale et, espérons-le, des questions de contrôle des armements et de désarmement” lors de leur réunion dans la capitale finlandaise. “Même de petites étapes pour réduire les tensions seraient dans l’intérêt de tous”, a déclaré M. Niinisto dans un communiqué.» […] Le président devrait utiliser toute réunion avec Poutine pour l’affronter sur l’ingérence de la Russie dans nos élections et les élections de nos alliés, l’invasion de l’Ukraine, les crimes de guerre russes et syriens en Syrie et l’attaque des armes chimiques au Royaume-Uni. […] Un membre du Comité du renseignement de la Chambre a déclaré dans un communiqué : “Mais au contraire, je crains que ce sommet ne soit un nouveau coup porté à l’OTAN et à nos alliés et un cadeau au Kremlin”.»

Est-ce le seul but du sommet ?

Russie/États-Unis un dialogue particulier

Le New York Times du 28 juin 2018 rappelle que le sommet d’Helsinki entre Donald Trump et Vladimir Poutine se tiendra quelques jours après un sommet de l’OTAN :

«Les pourparlers d’Helsinki, qui se tiendront à la suite d’un sommet de l’OTAN à Bruxelles les 11 et 12 juillet, pourraient exacerber les relations américaines avec les alliés européens, tout en atténuant les tensions avec la Russie. […] Le potentiel d’une telle réunion de haut niveau a préoccupé certains alliés américains en Europe, en particulier à cause des récentes tensions entre l’administration Trump et les alliés américains traditionnels, y compris le Canada, la France et l’Allemagne. […] Mais une rencontre avec M. Poutine et l’amélioration des relations entre les États-Unis et la Russie ont longtemps semblé être des priorités pour M. Trump.»

Au delà de l’OTAN, Donald Trump souhaite être un interlocuteur particulier avec Moscou ! Cela signifie-t-il qu’il écarte l’OTAN ?

Les gouvernements européens invités à se prendre en main

À l’approche du sommet d’Helsinki le 16 juillet 2018, une rencontre entre Trump et Poutine, Michael R. Gordon du Wall street Journal révèle que le Président américain incite ses partenaires européens à s’investir davantage dans le Traité de l’Atlantique Nord :

«Mais le président Donald Trump a déjà perturbé l’atmosphère et a augmenté les enjeux en avertissant les dirigeants européens dans une série de lettres sans détour qu’ils ne font pas leur part. “Je comprends les pressions politiques internes”, a écrit M. Trump dans une lettre adressée le 19 juin au Premier ministre norvégien, Erna Solberg, qui a été examinée par le Wall Street Journal. “Il deviendra, cependant, de plus en plus difficile de justifier aux citoyens américains pourquoi certains pays continuent de ne pas respecter nos engagements de sécurité collective.” […] Au cours de sa campagne politique, M. Trump a déclenché des alarmes en Europe lorsqu’il a laissé entendre que les États-Unis ne pouvaient défendre que les alliés de l’OTAN qui respectaient leurs obligations de dépenses militaires. M. Trump a ensuite cherché à dissiper le malaise des alliés lors d’une visite à Varsovie en juillet 2017 en entérinant l’article 5 de la charte de l’OTAN qui stipule que les alliés viendront à la défense de l’autre s’ils sont attaqués. […] M. Trump voit cependant le sommet comme une occasion de faire pression sur les alliés pour qu’ils fassent plus et les responsables européens voient ses lettres comme une menace à peine voilée : si les alliés ne dépensent pas plus pour défendre l’alliance, les États-Unis peuvent faire moins.»

La rencontre de Donald Trump avec Vladimir Poutine peut effectivement ressembler à une pression imposée aux gouvernements européens ou à une occasion de sortir du confort du «Big Brother».

Simone Veil telle que la révèlent ses Mémoires

Simone Veil
Photo M.L. Nguyen / Wikimedia Commons

Le journaliste Guillaume Perrault dans Le Figaro brosse un portrait plus nuancé de Simone Veil que celui fait habituellement, et il met en garde contre les anachronismes que l’on pourrait commettre en la jugeant comme la créatrice des avortements de confort :

«“La contraception consacre la liberté des femmes et la maîtrise qu’elles ont de leur corps, dont elle dépossède ainsi les hommes. Elle remet donc en cause des mentalités ancestrales. L’avortement, en revanche, ne soustrait pas les femmes à l’autorité des hommes, mais les meurtrit”, écrit-elle. Dans ses Mémoires figure en annexe son discours du 26 novembre 1974 à l’Assemblée. Or, à la tribune, Simone Veil explique qu’elle ne se propose pas de consacrer un droit à l’avortement, mais d’autoriser l’IVG en cas de “situation de détresse”. Elle assigne au projet de loi, parmi ses objectifs, celui de “dissuader la femme” de recourir à l’IVG (tout en lui reconnaissant la possibilité de le décider, répétons-le) en apportant à celle-ci un soutien financier et moral. Si la femme choisit de recourir à une IVG, ajoute Simone Veil, cette décision “ne devrait pas, chacun le ressent, être prise par la femme seule, mais aussi par son mari ou son compagnon”. Si le projet de loi autorise l’information sur l’IVG, “il interdit l’incitation à l’avortement par quelque moyen que ce soit, car cette incitation reste inadmissible”. […] Il est fréquent de lire aujourd’hui que le discours de Simone Veil à l’époque ne traduisait pas sa pensée et était une concession tactique à la droite conservatrice. Sans prétendre en rien être catégorique sur ce sujet délicat, nous pouvons affirmer que rien, dans les Mémoires de Simone Veil, n’accrédite cette thèse. Dans son ouvrage, celle-ci présente sa position publique en 1974 comme l’expression fidèle de sa pensée à l’époque aussi bien, semble-t-il, qu’au moment où elle écrit ses Mémoires. En combien d’autres passages de ses Mémoires Simone Veil fait comprendre aux jeunes lecteurs qu’ils la connaissent mal ! Plaquer sur le passé les idées, les mots et la sensibilité du présent — autrement dit, l’anachronisme — est décidément le fléau de l’Histoire.»

La loi du 17 janvier 1975 relative à l’IVG a ouvert la porte à des millions d’avortements… C’est l’illustration de mesures législatives de toute sortes votées sous l’effet du sentiment public, suscité en l’occurrence par l’histoire des «cas de détresse». Leurs conséquences échappent à la volonté du législateur.

Pierre Hardon

 


1 – Planning familial.

2 – La décision Roe vs Wade établit que l’avortement relève de la vie privée de la femme qui compte y recourir. En l’espèce, une femme nommée pour l’affaire Jane Roe saisit un juge pour contester la loi du Texas interdisant l’avortement. Elle perd le procès, mais son avocat fait appel contre le procureur de Dallas Henri Wade : cette jurisprudence a permis à la plus grande partie des États de dépénaliser l’avortement. Elle a bouleversé non seulement les USA, mais tout l’Occident.

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