Dignitas Humanæ face à la SRPJ

Une grave dissension vient de se manifester entre le MRJC et l’épiscopat français au sujet de l’avortement, amenant à un recadrage de ce mouvement chargé de la formation chrétienne des jeunes ruraux.

Le dimanche 21 janvier, alors que des catholiques battaient le pavé pour défendre la vie, le Mouvement rural de Jeunesse Chrétienne s’est distingué par une déclaration bien sentie, affirmant son soutien au «droit fondamental pour les femmes et les couples d’avoir recours à l’IVG».

Suite à la réaction de la Conférence des évêques de France, le MRJC a dû revoir son communiqué et espère «qu’un espace de dialogue se rouvre au sein de l’Église sur l’IVG». En parallèle, le Mouvement se désolidarise de la Marche pour la vie, dénonçant «les messages de culpabilisation, d’intolérance et de haine portés lors de cette marche, sous couvert de valeurs chrétiennes».

Nous ne saurions trop conseiller au MRJC de relire l’instruction Dignitas Personæ de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi qui, dès sa première ligne rappelle : «La dignité de la personne doit être reconnue à tout être humain depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle». La même instruction rappelle que «l’embryon humain a donc, dès le commencement, la dignité propre à la personne», puisque «la réalité de l’être humain, tout au long de son existence, avant et après sa naissance, ne permet d’affirmer ni un changement de nature ni une gradation de la valeur morale, car il possède une pleine qualification anthropologique et éthique».

Depuis son avènement, l’Église essaie d’élaborer une «vision intégrale de l’homme et de sa vocation». Cette vision repose sur le «droit inviolable de tout être humain innocent à la vie» : tout autant que l’on ne peut tuer un homme, nous ne pouvons tuer un enfant dans le ventre de sa mère.

Plus que d’exprimer un simple désaccord sur la manière de défendre la cause «pro-vie», le MRJC s’est délibérément opposé à l’enseignement de l’Église en mettant en exergue le droit pour les femmes d’avoir recours à l’IVG… Une position que le MRJC, jouissant de fonds qui lui sont allègrement alloués par la Conférence épiscopale, devra clarifier s’il veut se revendiquer catholique et surtout d’Église1.

De tout temps, il a eu des personnes pour critiquer les abus de l’Église. Le danger vient bien du fait qu’aujourd’hui, l’Église n’est plus critiquée sur ses abus mais pour ses vertus… La défense de l’enfant dans le ventre de sa mère, quoiqu’en disent les médias et les thuriféraires du féminisme, reste une vertu !

Source : La Croix

Pierre Hardon

Photo : Lilian Auffret / SIPA

 


1 – «En conséquence, je ne reconnais plus le MRJC comme un mouvement de l’Église catholique et, comme évêque, je ne lui donnerai aucune aide financière ou matérielle», a déclaré Mgr Ginoux, l’évêque de Montauban. (Voir La Croix)

 

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