Franc-maçonnerie : loge de Marseille

En décembre 2017, Jean-Michel Blanquer affirmait à la radio que les portables seraient «confinés» pour les élèves dès la rentrée 2018. Une décision qui pourrait améliorer les capacités de concentration des élèves, à l’heure où les effets néfastes des écrans sont de plus en plus décriés.

En effet, il y a quelques années, nous apprenions que les patrons de la Silicon Valley n’autorisaient pas leurs enfants à utiliser les objets connectés qu’ils vendaient partout dans le monde1. Une forme d’aveu qui en disait long sur les craintes que devaient éprouver ces personnes pour l’avenir de leurs enfants. Aujourd’hui, plusieurs pays d’Europe s’essaient à des expérimentations pour réduire l’influence des écrans dans leurs écoles. Au Danemark, par exemple, 4 écoles sur 10 seraient «libérées» du portable2. Le choix de mot n’est pas anodin : le portable asservit. En Angleterre, les écoles expérimentent, avec des résultats notables, une interdiction durant les cours, ou bien encore dans les pensionnats, après 21h30.

En France, Le Figaro n’hésite pas à parler de «désintoxication», preuve ici encore que le portable est une addiction dans laquelle les enfants tombent malgré eux… Si bien que les activités comme la lecture deviennent anecdotiques. Non pas que tous les écoliers, parce qu’ils quitteront leur iPhone, liront trente livres par an. La suppression du portable, pas seulement à l’école, mais aussi à la maison, redonnerait du temps aux enfants pour d’autres activités, et notamment celle de lire.

La publication du Test PIRLS3 a encouragé le ministre de l’Éducation nationale à redonner aux enfants le temps de lire (et ainsi de comprendre ce qu’ils lisent), d’améliorer leur orthographe, etc. Soulignons, au passage, les récents déboires du passé simple, qui comme un nouveau symptôme, vient se greffer à ces problématiques qui découlent de la profusion d’écrans et d’images, ne laissant aucune place à l’imagination4, ni à la perception du réel autrement que par le truchement d’un écran.

Nous pouvons voir dans cette décision et cette volonté une position de bon sens. Il est certain que le portable, bien loin d’être utilisé pour les cas d’urgence (qui relèvent de l’extraordinaire), est ordinairement utilisé par les élèves, et pas seulement pour «contacter leurs parents». La suppression permettra une meilleure capacité de concentration de l’élève, d’écoute et de réception des informations.

Nous savons à quel point il est facile de se laisser distraire par cette sonnerie ou ce vibreur qui nous annonce un SMS dans le train-train quotidien de notre travail d’adultes… Il en est de même pour l’enfant… La tâche des enseignants est suffisamment complexe pour instruire les enfants. Cette mesure pourrait faciliter leur travail.

Pierre Hardon

Photo : Durand Florence / SIPA

 


1Courrier International du 1er janvier 2015.

2Le Figaro du 8 janvier 2018.

3 – Programme International de Recherche en Lecture Scolaire, qui classe la France 34e sur 50 nations en lice concernant la lecture et la compréhension des textes en classe de CM1.

4Le Figaro du 8 janvier 2018.

 

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