Deux livres sur le vivre ensemble

Le 1er juillet 1925, le livre-clé d’Adolf Hitler, Mein Kampf, était rendu public. L’idéologie excessive et le haut potentiel de haine qu’il contenait contribua à son peu de succès dans la presse internationale. En Occident, on y fit peu attention. Il contenait cependant tout son horrible programme de purification ethnique de l’Allemagne, programme qu’il exécuta sans faillir jusqu’à son suicide, signe de son échec.

L’inattention au programme préélectoral d’un candidat est un phénomène courant en Occident. On regarde avec sympathie, indifférence ou méfiance ces publications qui ne sont pour nous que de la propagande électorale. On les dédaigne même, habitués que nous sommes à considérer que ce que dit un candidat n’engage que lui-même, et qu’il est courant qu’il ne traduise pas en actes ce qu’il écrit pour séduire un électorat. On a tort ! Car, dans ces écrits, le candidat s’engage peu. Ce qu’il avance, ne sont pas de véritables promesses électorales. Il affiche cependant une idéologie de base, une sorte de vision, qui donnera plus tard un sens aux politiques au moyen desquelles il gouvernera.

Telle est l’importance qu’il faut attacher au programme électoral d’Emmanuel Macron, Révolution , qui porte en sous-titre : C’est notre combat pour la France. Ce programme, dans sa vision de la France comme dans celle de l’Europe, exprime clairement ce que le Président a en vue et ce qui ne l’intéresse pas. Et cela se retrouve dans ses interventions fleuves, qu’elles soient prononcées ou écrites. Elles ne sont pas que charme séducteur et maîtrise de la communication.

Ce qu’est la France

Pour Emmanuel Macron, la France n’est pas un pays, ce n’est pas une Nation, c’est uniquement un État de Droit. Penser la France comme un pays, penser la France comme une Nation, c’est se référer à un modèle dépassé et qui ne marche plus. Macron peut écrire cette phrase redoutable : «C’est le rêve d’avoir une nation non pas de semblables, mais d’égaux en droits11». Cette phrase, glissée presque avec indifférence, arrive à la fin d’un chapitre où il a fait l’apologie de l’État qui, selon lui, est le seul fondateur du pays et le géniteur universel des enfants de la Nation. Les Français sont des «enfants de l’État2». Cette France est évidemment la République, et elle est née en 1789. Mais ce modèle, si grandiose soit-il, est dépassé. Centralisateur, il nous replie sur nous-mêmes et nous empêche d’entrer dans la marche de l’Histoire : «La civilisation dans laquelle nous entrons est celle dont les contours ne sont plus un seul pays, mais le monde3». Ce qui fait la France, ce ne sont plus ses frontières, ni l’unité de son gouvernement, ni l’héritage d’un passé profondément humaniste, tributaire d’une culture qui lui est propre, dont les racines sont issues d’un heureux mariage entre la romanité, la Gaule française, la foi chrétienne. Tout ce passé n’a que la valeur d’une vénération d’antiquités. La seule valeur d’union, c’est la langue ! «Être Français, ce n’est pas uniquement une question de papier […], ce n’est pas seulement celui qui vit en Mayenne depuis dix générations, mais aussi celui qui, d’où qu’il vienne, et où qu’il se trouve, honore la langue française. […] Il est là le véritable français de nos pères, ces pères venus de partout, établis sur toute la surface de la terre, et qui continuent à faire de nous une grande nation4». Autrement dit, la France réelle se dissout en une large francophonie, dont les frontières floues et vaporeuses s’étendent de par le monde à tous ceux qui ont adopté, comme langue maternelle, sinon langue d’usage, la langue française. Face à l’immense anglophonie, la France alors ne fait pas le poids. Et elle le fera de moins en moins.

Un «État de Droit»


La Francophonie ne peut être sujet de droit, car elle n’est pas une entité juridique, légitime et souveraine


L’ambiguïté de ces mots est-elle voulue ? Tout État légitimement reconnu par la communauté internationale, dont l’autorité est légitime quel que soit son mode de désignation et dont les frontières sont respectées, est considéré comme sujet de droit. Ainsi, l’État Islamique (EI) n’a jamais été considéré comme un État sujet de droit. Mais la Chine, la Turquie, la Birmanie, la Zambie, même si l’on peut y constater des exactions souvent graves contre les droits de l’homme, sont des États sujets de droit. Leur souveraineté est respectée et, comme États, ils ont droit aux dispositions que prévoit le Droit international à l’égard de tout État légitimement reconnu. En ce sens, la Francophonie ne peut être sujet de droit, car elle n’est pas une entité juridique, légitime et souveraine, qui en ferait une «personne morale» dont on doit respecter les droits. Elle n’est pas sujet de droit.

Par les mots «État de Droit», Emmanuel Macron entend autre chose. L’État de Droit selon lui, c’est l’entité juridique dans laquelle les droits de l’homme tels que les définissait la première Assemblée constituante de 1790 sont respectés. Et, toujours pour lui, le droit fondamental est l’égalité. L’État de droit est l’ensemble des citoyens égaux en droit. Et l’égalité en droit, c’est une égalité des chances, du moins au point de départ. Autrement dit, pour Macron, la France antérieure à 1789 n’était pas un État de Droit ! L’inégalité des situations sociales y abolissait le Droit, puisque ce n’était qu’une infime minorité qui avait la possibilité de devenir «roi» ou de parvenir aux fonctions sociales et politiques les plus élevées. Ce pays, la France de 481 (482) à 1789, n’aurait donc jamais été un État de Droit.

Cet aveuglement sur l’histoire de la France avant la Révolution n’est pas propre à Macron ; elle est l’idéologie de tous ces fonctionnaires, historiens et sociologues qui, dans les grandes écoles, que ce soit l’ENA ou Sciences Po, promeuvent encore cette philosophie politique qui fait dire à François Furet que l’un des malheurs de la France, c’est qu’elle n’arrive pas à terminer une Révolution.


Vouloir une société politique dont les membres sont les uns par rapport aux autres constitués comme égaux est une pure utopie


L’égalité des droits est un aspect social important et nécessaire pour assurer la stabilité d’une société politique. Mais, abstrait quant à son fondement – la dignité de la personne humaine – et absolutisé quant à son idéologie – l’absence de la vertu de justice –, le droit à l’égalité devient une cymbale insonore et une idée pure. Car on ne fera jamais en sorte que les personnes humaines soient, entre elles, égales. Ces inégalités de tous les individus d’une même société politique ne sont pas un mal en soi. Ces inégalités sont des différences, dont se nourrissent les complémentarités des individus qui sont réunis dans un même lieu social. Vouloir une société politique dont les membres sont les uns par rapport aux autres constitués comme égaux est une pure utopie. La vouloir comme une application à tous de l’égalité du droit, comme structure externe du comportement régulé par la loi, est nécessaire. Mais ce n’est pas la seule nécessité pour rendre la société heureuse comme société humaine.

Dialogue culturel ou multiculturalisme ?

Une société humaine n’est pas uniquement un groupement de citoyens réunis par le Droit, ce qui est une thèse des Lumières et, d’une façon plus éloignée encore, de Hobbes assimilé par Rousseau. L’État – le Léviathan – contraint les hommes à renoncer à s’approprier pour eux-mêmes et par eux-mêmes les biens nécessaires à leur survie, et les hommes acceptent bon gré mal gré une autorité qui leur assure les conditions minimales de leur vie. Pour Hobbes, l’homme étant «un loup pour l’homme», la contrainte de l’État fait des hommes réunis en société une meute de loups dociles. Pour Rousseau, la Volonté générale absorbe les volontés particulières, et la sphère publique devient la seule protectrice des droits de l’individu. Ces utopies, ces constructions rationnelles a priori ont un prix à payer, et le prix à payer s’étend sur de longs siècles après leur élaboration.


La société humaine s’édifie non à partir des individus, mais à partir des familles et des corps sociaux


La société humaine, au contraire, s’édifie non à partir des individus, mais à partir des familles et des corps sociaux. Ces groupes intermédiaires ont des façons de vivre, des valeurs, des exigences, des traditions qui ne sont pas codifiées par le Droit, mais qui n’en sont pas moins fondatrices d’une manière de vivre ensemble et de poursuivre ensemble un Bien commun. Ces éléments, lorsqu’ils atteignent une coalescence, forment une culture, laquelle comprend un héritage commun, des valeurs communes, des mœurs communes, une religion commune – même non pratiquée, mais ne cessant de nourrir une transcendance. La culture est la voie des valeurs. Elle permet d’humaniser la contrainte du Droit, de le faire passer du juridique à l’humain. Elle est la mère nourricière du vivre ensemble. Elle dispose au Bien commun.

Mais peut-on fonder une société qui fonctionne selon le modèle rousseauiste de l’égalité en respectant la culture ou les cultures ? La culture comme telle fonde la différence et établit comme règle du groupe une similitude. Le fondement du modèle rousseauiste est la renonciation libre des volontés particulières pour entrer dans le pacte social de la volonté générale. Comme le dit Charles Taylor, un professeur émérite de philosophie politique de l’université McGill au Québec : «Chez Rousseau, trois choses semblent inséparables : la liberté (ou non-domination), l’absence de rôles indifférenciés5 et un objectif commun très déterminé. Nous devons tous dépendre de la volonté générale, de peur que ne surgissent des formes bilatérales de dépendance6. Cela a été la formule des formes les plus terribles de la tyrannie “homogénéisante” depuis la Terreur jacobine jusqu’aux régimes totalitaires de notre siècle. Mais, même là où le troisième élément de la triade est laissé de côté, l’alignement de l’égalité de liberté sur l’absence de différenciation est resté un modèle de pensée séduisant. Partout où il règne, que ce soit sous les espèces de la pensée féministe ou du libéralisme politique, la marge est mince qui permet de reconnaître la différence7».

Le modèle rousseauiste a été le modèle préféré d’une certaine partie de la société française, disons d’une «Droite» libérale. Par rapport à une différence des cultures, elle pratique soit l’assimilation, soit l’exclusion. Elle est fondée sur la volonté d’une politique aveugle des différences. La contrepartie préférée par la Gauche n’a pas été le multiculturalisme, mais le refoulement des différences dans la sphère des volontés personnelles, l’affirmation politique d’un pacte social négateur des différences pour affirmer l’unicité des objectifs communs. Aujourd’hui, elle ne se manifeste pas uniquement envers l’Islam, elle s’affirme à l’égard de toute valeur culturelle ou religieuse sous le nom de la laïcité. L’État est non seulement égalitaire, mais laïque, et laïque au nom de l’égalité.

La philosophie sociale et politique de Macron prétend dépasser les affrontements de la Droite et de la Gauche. Elle prétend être au-dessus de l’affrontement masqué des cultures, par la proclamation de l’égalité «pure» des Droits, dans la négation pratique, absolue, des différences. Pour ce faire, elle s’appuie sur les seuls  droits» qui entrent dans sa construction : les droits économiques. «L’argent n’a pas d’odeur», disait jadis Vespasien. Il n’a pas non plus de culture. Les algorithmes actuels des calculs de la Finance n’ont ni odeur, ni culture, du moins en apparence. La productivité, qui doit devenir l’objectif commun de l’homme égalitaire, se porte vers n’importe quelle culture ; elle est aussi bien allemande que française, espagnole qu’italienne, pourvu que l’on accepte les conditions du pacte social. Ce pacte n’est plus national. Il est devenu européen. Ce sont les sept points du programme d’Emmanuel Macron pour relancer l’Europe. Celle-ci s’établit dans la concurrence avec les deux autres grandes productivités mondiales, celle des États-Unis et celle de la Chine.

Discours de Macron
Photo P.R.M. / Wikimedia Commons

 


L’être humain est avant tout un être culturel, qui tient compte de ses sensibilités, de ses manières de vivre et de penser, et de sa façon d’aimer


Voilà ce que Macron propose à l’Europe : devenir, en renonçant aux autonomies périmées et aux différences culturelles, un vaste business lancé dans la productivité. Une façon d’intégrer les cultures. La France peut devenir le producteur mondial du vin et du fromage, l’Allemagne celui de la choucroute et de la haute technologie. C’est une division des rôles qui se justifie par un objectif commun, la productivité. Voilà ce qui devrait enthousiasmer la jeunesse : être productif aussi bien en Allemagne qu’en France, établir n’importe quelle start-up en Norvège aussi bien qu’en Italie, harmoniser partout le même droit commercial, avoir les mêmes politiques salariales, les mêmes droits sociaux, développer les talents des constructeurs de projet aussi bien en Estonie qu’aux Pays-Bas et ne goûter aux différentes cultures que le soir venu, au bistrot du coin, devant un bière à la hollandaise ou un bordeaux à la française ! Voilà un projet politique qui se veut séduisant, mais qui nie un élément essentiel de l’homme, surtout européen. L’être humain n’est pas seulement un homo œconomicus, comme le voulait Adam Smith ; il est avant tout un être culturel, qui tient compte de ses sensibilités, de ses manières de vivre et de penser, et de sa façon d’aimer.

L’amitié comme fondement de la société

Dans son Traité sur l’Éthique à Nicomaque, Aristote, après avoir développé longuement la justice dont l’objet est le droit, ajoute deux traités sur l’amitié comme fondement politique d’une société humaine. Au livre VIII, il écrit : «L’amitié est ce qu’il y a de plus nécessaire pour vivre. Car sans ami, personne ne choisirait de vivre, eût-il tous les autres biens. […] L’amitié semble aussi constituer le lien des cités, et les législateurs paraissent y attacher un plus grand prix qu’à la justice même. […] Et quand les hommes sont amis, il n’y a plus besoin de justice, tandis que s’ils se contentent d’être justes, ils ont en outre besoin d’amitié, et la plus haute expression de la justice est, dans l’opinion générale, de la nature de l’amitié8». L’amitié n’exige pas d’abord la différence, elle exige la similitude : «Ceux qui sont semblables sont amis, d’où les dictions : le semblable va à son semblable, le choucas va aux choucas9».

Les trois grandes similitudes que développe l’Éthique à Nicomaque sont : 1. l’utilité ; 2. la bienveillance ; 3. la vertu. Ces similitudes peuvent se trouver dans toutes les formes de différences. Au lieu que ces différences créent des barrières insurmontables et des obstacles infranchissables, l’amitié les surmonte par la reconnaissance d’un bien réel qui permet l’union des volontés. On pourrait analyser longuement ces trois exigences de l’amitié, et surtout développer comment les sociétés modernes ont ratiboisé ces relations qui rendaient la vie sociale humaine. Autrefois, on allait chez son boucher, chez son boulanger, chez son coiffeur, etc. La relation n’était pas uniquement commerciale, elle était amicale, même si elle était utile. Aujourd’hui, on va au supermarché, et l’on arrive même à faire ses courses uniquement sur Internet et à les récupérer au Drive. C’est plus pratique, plus technique et plus efficace peut-être. Pour le supermarché, c’est économiquement plus rentable ! Comme le dit Macron, avec une pointe de satisfaction au bout de la plume, le progrès technique robotisé est celui de l’avenir. Il ne faut plus former des hommes, il faut former, à grande vitesse, des humains esclaves de leur clavier d’ordinateur. Et sachant gouverner les relations économiques non à partir des passions et des volontés des hommes, mais à partir des logiciels. Le numérique va constituer la mort de l’amitié.


Sans supprimer le Droit, l’amitié crée non seulement une relation d’altruisme mais aussi une relation de similitude


Il est inutile de vouloir se battre contre le progrès technique. Il faut, au contraire, apprendre à l’homme comment s’en servir, sans en devenir esclave. Et pour cela, il n’y a qu’une solution : l’amitié, comme lien humain, individuel, sociétal et politique. Seule l’amitié peut apprivoiser les différences, en acceptant les inégalités comme autant de valeurs humaines qui sauvegardent l’estime et la dignité de l’autre. Le Droit agit, en justice, pour protéger la valeur des biens fondamentaux nécessaires à la vie humaine. Il ne dépasse pas cette sphère, il n’agit pas à l’intimité des consciences. On peut payer le juste prix de son plein d’essence tout en méprisant le professionnel qui la met à votre disposition. L’amitié accorde une valeur humaine à l’éboueur comme au professeur, à la serveuse de table comme à l’énarque. Il n’est pas toujours sûr que le contraire se pratique. Sans supprimer le Droit, l’amitié crée non seulement une relation d’altruisme, elle crée aussi une relation de similitude. Former une communauté de semblables n’est pas donc pas un mal, comme le sous-entend Macron. C’est surtout former une communauté humaine qui unit des individus marqués par la différence entre une attitude qui reconnaît dans l’autre sa propre similitude et qui l’aime en raison de cette similitude. «Tu aimeras ton prochain, comme toi-même».

L’éditorialiste du Figaro du 4 octobre 2017 faisait remarquer que la France est une société dans laquelle la jalousie et l’inimitié sont plus marquées qu’ailleurs. Les tensions sociales issues des révoltes populaires à partir des grands soulèvements de la fin du XVIIIe siècle et exploitées jusqu’à nos jours ne sont pas encore calmées. La France donne la marque d’une société dans laquelle les Français ne s’aiment pas !

Mais où apprend-on à aimer, si ce n’est dans une famille normale et traditionnelle ? Et comment sauvegarder les valeurs des familles traditionnelles devant des lois qui sans cesse les matraquent ? La politique sociétale de Macron sur ces questions est sensiblement la même que la politique des Hollande, des Taubira et des Valls. En réalité, elle est pire. Elle ne combat pas les différences. Elle les ignore totalement. Dans le dernier budget, il n’y a rien qui favorise la famille. Il y a des mesures qui, au contraire, tentent de réduire l’aide de l’État aux familles, telle la suppression de la PAJE (Prestation d’Accueil du Jeune Enfant). En ce sens, Macron appartient bien à la génération des énarques de son temps, ceux qui croient que le progrès technique, tous les progrès techniques, résoudront les problèmes humains. Le projet d’étendre la PMA à toutes les femmes en âge de fécondité, quelles que soient leurs différences sociales ou leurs différences dans l’exercice de leur sexualité, s’appuie uniquement sur ce que permet la technique, dans une politique volontairement aveugle des différences. Mais cette politique conduit directement à la blessure du tissu social, à l’affirmation cachée que seul le Droit – encore faut-il qu’il y ait Droit ! – suffit, et que l’amitié est inutile. Or, l’amitié est le fondement de toute société politique.

Le pays, lassé par les disputes stériles des derniers quinquennats, a élu sans grand enthousiasme Emmanuel Macron à la tête de l’État. Depuis, fort d’une grande expertise dans l’art de la communication, il a brillé de tous ses feux ! Il ne faudrait pas que la France se réveille trop tard et qu’elle découvre qu’elle a placé à la tête de l’État non un président, mais un banquier pour qui l’argent n’a pas d’odeur, encore moins de sentiment. Et que seule la relation du droit économique est fondatrice de l’égalité, qu’elle résoudra tous les conflits et guérira toutes les blessures. Dans une telle société, l’amitié devient inutile. Elle n’a plus de valeur. Mais cette société est-elle encore humaine ?

Aline Lizotte

 


1Emmanuel Macron, Révolution, XO Éditions, 2016.

2Ibid., p. 46 ss.

3Ibid., p. 53.

4Ibid., p. 44.

5 – L’abolition d’une hiérarchie.

6 – Cf. Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat Social, livre I, ch. 7.

7Charles Taylor, Multiculturalisme, Flammarion, coll. Champs essais, 372, pp. 71-72.

8Aristote, Éthique à Nicomaque, L VIII, 1155 a 1-27.

9Ibid. 1155 a 32-33.

 

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