Le 29 juin, la Cour des Comptes a rendu public son rapport sur les finances publiques, qui débute par ces lignes :

«La Cour des comptes rend public son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques, incluant l’audit des finances publiques demandé par le Premier ministre. En dépit des efforts engagés, la situation des finances publiques de la France est loin d’être assainie. La lenteur de la réduction du déficit public de 2012 à 2016 place aujourd’hui notre pays dans une situation en décalage par rapport à nos partenaires européens. La trajectoire financière 2017-2020 présente de nombreux biais de construction qui affectent sa sincérité et elle ne paraît pas pouvoir être respectée.»

Relevons cet éditorial de Gaëtan de Capèle dans Le Figaro du jour, sous le titre «Délit de faux bilan» :

«Ce n’est pas un audit des finances publiques que la Cour des comptes vient de livrer, c’est un véritable réquisitoire. Qu’apprend-on à la lecture de ce document accablant, rédigé par les plus hauts magistrats financiers du pays? Que François Hollande et son gouvernement ont non seulement géré les deniers de la France en dépit du bon sens, mais qu’ils ont aussi sciemment enjolivé les comptes, à tel point que la Cour met en cause la sincérité du budget 2017. Entre les recettes surestimées et les dépenses sous-évaluées, il pourrait manquer la bagatelle de 8 milliards d’euros à la fin de l’année! Dans le monde de l’entreprise, ce genre de pratique s’appelle un faux bilan, et c’est un délit.

Le malheur veut que ces traficotages aient servi à habiller une couardise politique que la France n’a pas fini de payer. Contrairement à ce que l’on nous a seriné, aucun plan d’économies digne de ce nom n’a été engagé ces dernières années : les maigres progrès enregistrés tiennent en grande partie à la baisse des taux d’intérêt, décidée à Francfort, qui a réduit le coût de la dette. Peu de temps avant de quitter l’Élysée, François Hollande s’enorgueillissait de laisser la France en meilleur état que celui dans lequel il l’avait trouvée. La réalité est fort différente : sous son quinquennat, elle a décroché par rapport à tous ses voisins et se trouve désormais dans le wagon de queue européen. Et l’on n’a encore rien vu: avec les cadeaux électoraux distribués – à crédit – aux fonctionnaires, l’addition se corsera encore l’an prochain. Il faut tout le toupet de Michel Sapin et de Christian Eckert, l’ancienne fine équipe de Bercy, pour déceler dans cet invraisemblable laxisme «un sérieux budgétaire sans précédent».

Le spectacle de désolation qu’ils laissent appelle justement «un effort d’économies sans précédent», dit la Cour des comptes, en précisant qu’il en existe de nombreuses, parfaitement identifiées. Dans un pays drogué à la dépense publique, il y a effectivement du grain à moudre. Emmanuel Macron sait ce qui lui reste à faire s’il veut remettre la France en marche…»

Source : Le Figaro