Jésus au désert, le diable cherchant à dévorer
  • La tentation consiste à explorer le cœur de l’homme, pour son bien (si Dieu tente) ou pour son malheur (si le diable tente)
  • Si l’ange de lumière peut agir sur notre intelligence, l’ange des ténèbres agit sur notre affectivité
  • Pour lutter contre le mal qui nous habite, nous avons la grâce du baptême et la parole de Dieu

Chaque mardi soir à l’office des Complies, l’Église met dans la bouche de celui qui prie ce passage d’une lettre de saint Pierre (1P 5, 89) : «Soyez sobres, soyez vigilants, votre adversaire le démon, comme un lion qui rugit, va et vient à la recherche de sa proie. Résistez-lui avec la force de la foi». Comme le rappelle si judicieusement la note doctrinale de la Conférence des évêques de France (CEF)1 citant le Catéchisme de l’Église Catholique (CEC) : «Il est de foi que tous les êtres spirituels, parce qu’ils sont créés, connaissent un devenir différent selon l’adhésion de leur volonté à la volonté de Dieu2. Il est de foi qu’une partie des êtres purement spirituels se sont dressés contre la volonté de Dieu3. Il en a résulté pour eux une déchéance, qui les prive d’atteindre leur perfection et les réduit à ne chercher que la ruine du dessein que Dieu poursuit en faveur des hommes4. » Tenir avec fermeté comme vraie l’existence du diable n’est pas une opinion personnelle superstitieuse et dépassée, c’est tout simplement adhérer pleinement à la foi de l’Église.

Bien que nous ne niions pas que l’existence du diable puisse se manifester physiquement et affectivement – ce que nous enseigne Dom Guy Frénod dans la vidéo de cette semaine –, la présence du diable n’est pas limitée à ces cas dits de «possession» qui sont impressionnants mais rares, et qu’il ne faut pas confondre avec des maladies psychiques qui manifestent souvent les mêmes symptômes sans qu’il y ait présence maléfique. Le diable est cet esprit qui nous traque sans cesse et qui nous recherche comme une «proie», non pour s’emparer de notre corps, mais pour perdre notre âme. Il est ainsi beaucoup plus redoutable, plus subtil, plus intelligent que nous. Et, comme le dit l’apôtre Pierre, seule la foi peut nous permettre de le vaincre.

La tentation

Les manifestations «visibles» de la présence diabolique sont assez bien connues dans la littérature spirituelle : ce sont les vexations, les obsessions, les possessions. La note doctrinale de la CEF les analyse avec simplicité et clarté. Plus près de nous, il y a ce que l’Église appelle depuis toujours, de façon classique, la «tentation», c’est-à-dire ces incitations au péché qui nous assaillent quotidiennement et qui échappent à notre vigilance. «Tenter», au sens strict, ne veut pas dire «incliner». Tenter signifie «explorer», chercher à savoir en vue d’une fin. Cette finalité peut être bonne et, en ce sens, on peut dire de Dieu qu’il peut «tenter» non parce qu’Il conduirait au mal, mais parce qu’Il veut manifester une bonté dans l’homme. C’est ainsi qu’Abraham est «tenté» par Dieu, qui lui demande de sacrifier son fils Isaac et de l’offrir en holocauste. L’ange qui arrête le bras d’Abraham lui fait connaître l’intention de Dieu : «N’étends pas la main contre l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique » (Gn 22, 12). Ce n’est pas que Dieu ignorait l’état intérieur du cœur d’Abraham, mais Il voulait que cet état soit manifesté. Sur la foi d’Abraham, Dieu édifiera son peuple.

Entretien avec Dom Guy FRÉNOD, moine bénédictin de l’abbaye de Solesmes

 
La tentation diabolique, au contraire, «explore» le cœur de l’homme non pour l’inciter au bien, mais pour le tromper et l’inciter au mal. L’exemple premier et éloquent est la tentation au «jardin d’Eden» (cf. Gn 3, 1-6), où Satan «explore» l’état intérieur de la femme et de l’homme. Il cherche à savoir par où et par quel moyen il va pouvoir insinuer un «doute» contre l’amour gratuit et désintéressé du Créateur. Les portes d’entrée sont peu nombreuses : vis-à-vis d’eux-mêmes et vis-à-vis de Dieu, les premiers parents sont dans un état de justice qui rend difficile l’incitation à la révolte. Mais il y a une entrée possible : l’interdit de manger du fruit de l’arbre de la science, interdit que Satan leur interprète comme une «soumission» injuste, une «soumission» qui contredit la bonté divine, une «soumission» qui ne manifeste pas à l’évidence l’intention du Créateur d’élever sa créature à la perfection, et qui contient même une contradiction avec la mission du dominium sur toute la terre. Si Adam et Ève doivent se soumettre la terre et la gouverner, pourquoi cette interdiction de manger du fruit ? Dieu ne tient pas ses promesses : ils ne seront jamais ce qu’Il leur a promis, Il ne veut pas des «égaux» (des dieux) mais des esclaves. Le doute est introduit. Le diable se tait et Ève, seule au pied de l’arbre, médite et rumine jusqu’à l’acte final, impensable : «Elle prit du fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea.» (Gn 3,6)


L’état de notre cœur n’étant connu que de Dieu, le diable ne pourra connaître nos faiblesses que par l’exploration


Vis-à-vis de tout homme, la tentation du diable consiste à «explorer5» ses faiblesses, ses habitudes de péché, ses contradictions intérieures, ses doutes, ses désirs, ses frustrations, ses foyers de colère, ses foyers de tristesses, ses révoltes, etc. Il ne les connaîtra que par son exploration, car l’état du cœur de chaque personne n’est connu que de Dieu. Mais ce qui «sort de l’homme» (Mc 7, 15.21) est connu par Lui-même, par les autres… et, avec une forte acuité, par le diable. Le tentateur explore nos faiblesses, surtout les plus grandes, et il s’en sert ou s’en joue pour créer en nous un état de révolte contre Dieu.

Le pouvoir de l’ange

On ne peut comprendre l’action du diable si l’on ne croit pas à l’existence des anges et, par conséquent, si l’on se sépare dans sa foi de l’Écriture Sainte et de la Tradition. On s’enfonce alors dans une vanité inconséquente. Nier l’existence des anges bons ou mauvais, c’est penser que toute la splendeur de la ressemblance de la créature avec Dieu n’est reflétée et dite que par les créatures matérielles, qui ont l’homme comme sommet. L’homme deviendrait le sommet et la clé de voûte de l’image de Dieu en tant que créature humaine. Ce rôle appartient au Christ en tant qu’il est vrai Dieu et vrai homme, mais il est unique ! L’homme n’est qu’un homme, et il ne porte pas la mission d’être dans les limites de sa nature la parfaite ressemblance de l’infinie perfection divine.

L’homme ne porte pas non plus la redoutable responsabilité d’être à lui seul la source et la cause de tout le mal qui existe dans l’univers. C’est ce qu’il devrait assumer si l’on disait que le diable n’est que le symbole du mal qui, ne pouvant venir de Dieu, devrait logiquement venir de l’homme seul.

Toutefois, croire avec la foi de l’Église et la Tradition qu’il y eut dans le ciel «une grande bataille» et que «le Dragon et ses anges furent chassés du ciel» (Ap 12, 7) pour aller guerroyer contre les enfants de la femme «ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus» (v. 18), cela nous donne la possibilité de comprendre cette guerre et de savoir comment obtenir la victoire.


Aucune puissance humaine ou angélique ne peut mouvoir notre volonté de l’extérieur : s’il en était autrement, nous ne serions plus libres


La puissance de Satan est celle d’un ange, que la tradition appelle «Lucifer». Peu importe le symbole de ce nom ; ce qui nous intéresse, c’est le mode d’action de l’ange vis-à-vis de nous. L’ange peut agir sur nos puissances spirituelles et sur nos puissances corporelles. Sur nos puissances spirituelles, il peut agir sur notre intelligence et sur tout le domaine affectif. Sur nos puissances corporelles, sa première mission est, comme cause subordonnée au Créateur, de maintenir l’ordre du cosmos6. L’ange peut donc agir sur notre corps, sur notre affectivité, sur notre intelligence. L’action est néanmoins différente s’il s’agit d’un ange bon qui veut notre bien ou d’un ange mauvais qui nous veut du mal, c’est-à-dire qui veut nous tromper. Toutefois, l’ange bon ou mauvais ne peut agir sur notre volonté. Seul Dieu peut incliner notre volonté, ce qu’Il fait en augmentant en nous l’amour théologal. Aucune puissance humaine ou angélique ne peut «mouvoir» notre volonté de l’extérieur. S’il en était autrement, nous ne serions plus libres.

VIENT DE PARAÎTRE

Mgr René Laurentin & Dom Guy Frénod
Aux frontières de l’invisible – Un combat méconnu contre l’enfer

Livre : Aux frontières de l'Invisible

Cet ouvrage est le résultat d’un travail que Mgr René Laurentin a préparé entre 1992 et 2010, par une patiente écoute des prêtres spécialement mandatés par l’Église pour mener le rude et délicat combat contre les forces du mal, et en particulier par le Père René Chenesseau, lui-même prêtre exorciste.

Le présent livre, à portées historique et pédagogique, évite la fascination des phénomènes, avec toute la gamme des exagérations, pour se concentrer sur les perspectives plutôt pastorales de retour à une vie libre et paisible, pour des personnes qui ont demandé le secours vivifiant de l’Église, notamment au travers de l’exorcisme.

Dans une perspective assez large, cette étude explore également des faits liés à l’exorcisme, non seulement en France, mais aussi dans d’autres nations et d’autres cultures, de plus en plus présentes dans notre pays.

Tout ceci pour nous rappeler que le combat concerne le même Adversaire et que la victoire du Christ, – qui enjoignit aux disciples d’expulser les démons –, demeure possible, par la vie ordinaire et la prière incessante de l’Église.

Les auteurs : Historien, théologien et journaliste, Mgr René Laurentin, surtout connu pour ses travaux sur les apparitions de Lourdes, qui a recueilli les matériaux pour cette publication, est l’auteur de plus de 170 ouvrages. Dom Guy Frénod, qui les a mis en forme pour une présentation au grand public, est moine de Solesmes depuis 1961 et l’auteur plus modeste d’une douzaine de livres presque tous publiés aux éditions de Solesmes.

 
L’ange agit sur notre intelligence, dit saint Thomas d’Aquin7, en l’illuminant, c’est-à-dire en lui manifestant directement une vérité ou en la confortant pour qu’elle atteigne la vérité. L’illumination de l’intelligence n’est pas un acte magique. C’est l’acte propre de cette puissance qui «voit» la vérité, c’est-à-dire qui y adhère parce qu’elle peut juger de son adéquation au réel. Nous faisons cette expérience quand, après un dur labeur intellectuel, nous percevons d’une manière lumineuse la vérité d’une proposition. Notre travail intellectuel doit nous mener à la perception de cette vérité. Cependant, nous avons d’autres voies humaines pour parvenir à cette illumination. Lorsque le «disciple» est conduit par le «maître» à comprendre mieux qu’il ne pourrait le faire lui-même tel enseignement, telle proposition, tel raisonnement, le maître illumine l’intelligence du disciple. Par ses dons, principalement le don d’intelligence et le don de science, l’Esprit Saint non seulement dispose l’intelligence à recevoir la vérité de la foi, mais Il augmente la force de l’intelligence à la recevoir comme une proposition vraie. À ce moment-là, «nous voyons et nous croyons». Néanmoins, l’Esprit Saint n’est pas le seul à illuminer l’intelligence. L’ange peut aussi illuminer l’intelligence, et il le fait sur des vérités qui sont nécessaires pour recevoir les vérités de la foi. Il dispose ainsi l’intelligence à recevoir l’acte de l’Esprit Saint. Sans que nous ayons conscience de son action, les «obstacles» qui naissent dans notre esprit contre la vérité de la foi s’amenuisent, les fausses raisons s’évanouissent, les doutes s’apaisent, et nous sommes ainsi mieux disposés à croire, c’est-à-dire à vouloir recevoir la Parole de Dieu et à en faire notre nourriture spirituelle.

Cela dit, seul l’ange bon illuminera notre intelligence ; l’ange mauvais, parce qu’il est ange, pourrait le faire, mais il s’en garderait bien. Car une intelligence qui possède une lumière plus forte ne manquerait pas de voir le mensonge de ses actes. Ainsi, Satan n’agit pas sur notre intelligence. Il n’agit pas non plus sur notre volonté, sur laquelle il n’a aucun pouvoir. Alors, où agit-il ?

Le pouvoir de l’ange des ténèbres

Le lieu propre de l’action diabolique n’est pas notre corps, surtout le corps des baptisés. L’ange des ténèbres agit principalement en nous là où nous agissons nous-mêmes, sur notre affectivité.


C’est dans notre affectivité que nous sommes en lutte avec nous-mêmes, et où se situe le combat entre l’ange des ténèbres et l’ange de lumière


L’affectivité se manifeste dans deux grands types de puissances : celles de la connaissance et celles de l’action. Les puissances de la connaissance sont celles où dominent l’imaginaire et la mémoire. Les puissances de l’action sont celles où dominent les désirs du plaisir et les fuites des tristesses. Les mouvements de ces puissances sont les passions, qui vont d’un extrême à l’autre, sauf si elles sont devenues stables par la vertu. C’est là que nous sommes en lutte avec nous-mêmes. Mais nous ne sommes pas seuls ! Dans ce domaine affectif se déroule aussi le combat entre l’ange des ténèbres et l’ange de lumière. L’ange des ténèbres rôde autour de nous «cherchant qui dévorer». Il explore notre affectivité, cherche à connaître nos passions dominantes, à s’insinuer dans nos habitudes, à se tapir au centre de nos colères ou de nos tristesses, à cultiver nos vanités, à tirer parti de nos gourmandises, à rendre nos sensualités insupportables, à attiser nos envies d’estime, à fourbir nos rancunes, à exagérer nos peurs, à susciter en nous des dégoûts, à augmenter notre paresse. Il finit par connaître mieux que nous-mêmes qui nous sommes dans notre domaine affectif, quelles sont nos faiblesses et quelles sont nos forces. Il se plaira à augmenter les premières et à diminuer les secondes. Il se fera notre complice intérieur, notre «consolateur», notre mentor dirigeant nos ambitions. Il suscitera des exagérations ou diminuera nos défenses. Il nous rendra attentifs aux suggestions du «monde», critiques envers toute autorité, surtout celle de l’Église qui nous garde dans la vérité, suspicieux envers tous les conseils de bien.

Ce qu’il cherche, c’est la confusion dans l’intelligence, afin que nous ne voyions plus clair pour déterminer ce qui est bien et ce qui est mal, afin que nous ayons de bonnes raisons pour ne plus écouter la Parole de Dieu, afin que nous devenions moins dociles à l’enseignement de l’autorité dans la foi. Diminuant en nous ou allant jusqu’à anéantir en nous le sens de la vérité, refusant sa splendeur, nous devenons une proie facile. Comme Ève méditant seule au pied de son arbre, nous finissons par vouloir l’impensable, souvent l’irréparable. Par un acte volontaire, suffisamment libre pour que nous en soyons responsables, nous nous séparons de l’amitié divine. Et l’ennemi poursuit son acte. Tomber est une chose, désespérer de s’en relever en est une autre. Ce que cherche le Malin, ce n’est pas seulement de nous faire tomber, mais de nous désespérer de nous en relever. Nous sommes menacés de perdre l’Espérance ! Nous ne voyons plus que le salut apporté par le Christ n’est pas pour ceux qui ne sont jamais tombés et qui pensent qu’ils ne tomberont jamais, mais pour ceux qui n’ont pas refusé l’Espérance de retrouver cette amitié. Or l’Espérance nous est donnée, elle est créée en nous par notre baptême. Elle est toujours là. Il suffit de la regarder et de retrouver le regard du Christ pour «prendre notre grabat et marcher».

Notre difficulté


Si Satan explore nos faiblesses, nous avons aussi le devoir de les connaître


Il est souvent difficile, et même impossible, de toujours bien discerner entre d’une part ce qui est en nous «sans être de nous», ce qui dépend de nos affectifs conditionnés par tant d’événements dans notre histoire, et d’autre part cette action de l’ange des ténèbres qui actionne des moteurs et des défenses que l’on voudrait diminuer ou faire disparaître. Peu à peu, il faut dans notre vie spirituelle apprendre à discerner entre nos faiblesses et nos forces et l’action du diable. C’est un long exercice spirituel qui n’est pas vain et qui nous rend plus forts. Mais si on s’amuse à penser que Satan n’est qu’un symbole, on n’y parviendra jamais. Pour lutter contre le mal qui nous habite, nous avons en premier la grâce du baptême, que le Seigneur se plaît à augmenter quand Il le veut et comme Il le veut. Cette grâce est une inhabitation permanente de la Trinité Sainte au cœur même de notre être, la certitude que jamais Dieu ne nous abandonnera au pouvoir de Satan. C’est ce que nous demandons chaque jour dans cette prière du Seigneur : «Ne nous laisse pas entrer en tentation», ce qui veut dire : que nous ne soyons pas vaincus par l’Ange des ténèbres. Et nous avons en plus la Parole de Dieu qui doit nous habiter et la vie sacramentelle qui nous donne des forces. Il faut cependant nous rendre compte que le Notre-Père nous fait demander de «ne pas entrer en tentation» et non de ne pas  être tentés». Car si Satan explore nos faiblesses, nous avons aussi le devoir de les connaître. Les connaissant, nous pouvons nous approprier les mots de l’Apôtre : «Ma grâce te suffit, car c’est dans la faiblesse que ma puissance se montre tout entière. Je préfère donc bien volontiers me glorifier de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi.» (2Co 12, 9)

Aline Lizotte

 


1 – Note doctrinale n°13, du 23 novembre 2014. Vous trouverez le texte intégral de cette note dans la rubrique «Religion».

2 – CEC 311.

3 – CEC 311.

4 – CEC 391-393.

5Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Ia, q. 114, a. 1.

6 – Cette notion vient d’Aristote, qui parle des substances séparées dont le rôle est maintenir l’ordre du «mouvement local», c’est-à-dire l’ordre du mouvement physique fondamental. Cette notion un peu mystérieuse s’accorde cependant bien avec la mission qui est donnée à l’homme d’ «emplir la terre et de se la soumettre» (Gn 1,28).

7Saint Thomas d’Aquin, Questions disputées, De Malo, q. 2-3.

 

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