Réunion d'ouvriers en entreprise

Un entretien avec le Père Baudoin Roger

Le Père Baudoin Roger, professeur de morale sociale au Collège des Bernardins et au Centre Sèvres (Facultés jésuites de Paris), a bien voulu répondre à nos questions concernant l’économie de l’entreprise. Cette rencontre trouve sa place dans la rubrique que nous avons ouverte dans le cadre des élections présidentielles et législatives, Sans parti pris. Nous remercions le Père Roger de sa disponibilité.

Père Baudoin Roger

Professeur de morale sociale, le Père Roger enseigne la doctrine sociale de l’Église et conduit des séminaires, notamment sur la personne et la société, le travail, l’entreprise. Il anime également au Collège des Bernardins1 des travaux de recherche avec une trentaine de chercheurs de différentes disciplines et de différents horizons (universités, grandes écoles françaises et étrangères) sur la question de l’entreprise, de sa gouvernance, du travail, etc. Ces travaux mobilisent, depuis 2009, une trentaine de chercheurs de différentes disciplines et de différents horizons (universités, grandes écoles françaises et étrangères). Pour certains de ces scientifiques, ces travaux ont été l’occasion de découvrir que l’Église ne correspondait pas à leurs a priori, mais était un lieu où la réflexion académique avait toute sa place… dans la plus grande liberté. Et il en témoigne.

La SRP : Nous sommes à l’heure des start-up et des auto-entrepreneurs. Face à ces minuscules cellules se dresse l’ombre des multinationales, dont le siège administratif est au dernier étage des grands immeubles des métropoles et les lieux de travail nulle part, c’est-à-dire éparpillés sur toute la planète. L’entreprise qu’on appelait autrefois «entreprise familiale» existe-t-elle encore, a-t-elle encore un rôle économique à jouer ?

Le Père Roger : La notion d’«entreprise» recouvre en effet des réalités très diverses2, depuis la petite PME de trois personnes jusqu’à la grande multinationale. Dans le PIB de la France, si on faisait le rapport entre les travailleurs indépendants et les entreprises, le poids de ces dernières serait majeur3, en particulier au plan de la recherche-développement. Cependant, les entreprises plus petites contribuent aussi largement à la création d’emploi et à l’innovation. Mais, qu’elle soit petite ou grande, l’entreprise est un des acteurs principaux de la vie d’un pays. Les entreprises sont créatrices d’emplois, de produits et de services. Elles ont aussi un rôle de socialisation, de développement du lien social. L’entreprise est en effet l’un des lieux où des personnes d’origines sociales très différentes se rencontrent. La diversité sociale y est plutôt plus importante que dans les autres sphères de socialisation (culture, sport, activités liées au voisinage), où l’on a des typologies sociales beaucoup plus marquées ; en outre, on peut penser que l’importance de cette dimension de socialisation aura tendance à croître dans l’avenir, avec l’affaiblissement des autres formes du lien social.

Au sein des entreprises, les collaborateurs apprennent à travailler ensemble, à mener ensemble un projet commun, à réfléchir et à décider ensemble. De plus, le modèle global de management hiérarchique tend à faire une place croissante à un management plus participatif, qui laisse une plus large autonomie aux inférieurs et pratique une plus grande subsidiarité. En cela, les collaborateurs de l’entreprise font une expérience de nature politique : confronter leurs opinions, débattre, décider, appliquer des décisions auxquelles ils ont plus ou moins participé, c’est aussi apprendre à vivre ensemble…

La SRP : Ce que vous dites du rôle “socialisant” de l’entreprise est-il aussi vrai de la «multinationale» ? Est-elle toujours un facteur de socialisation quand elle n’hésite pas à pratiquer des délocalisations, laissant en plan la communauté des travailleurs, leurs familles et leur enracinement dans un terroir ?

Le Père Roger : La socialisation s’opère essentiellement sur le lieu de travail. Dans les multinationales, la pyramide hiérarchique comporte plus de niveaux, certaines décisions importantes viennent de plus loin, mais d’autres sont prises au niveau local, donc au plus près du travailleur.

Les très grandes entreprises ont des spécificités qui sont en partie problématiques. Elles regroupent des moyens importants en termes d’effectifs, financiers, ou de moyens techniques. Certaines parmi les plus grandes ont un volume de production qui leur donne une puissance supérieure à celle d’un grand nombre d’États. Elles opèrent aussi à un niveau qui se situe au-dessus de celui des États et ceux-ci, qui ne disposent que de pouvoirs de législation territoriaux, ont des difficultés à encadrer leur activité. Ainsi, Apple dispose de 250 milliards de dollars de réserve, ce qui correspond au budget de défense de la France pour cinq ans ans, mais si certains chercheurs tirent la sonnette d’alarme, par exemple sur les développements dans l’intelligence artificielle, l’usage de ces ressources échappe à tout contrôle politique…

D’autre part, l’objet social de la société de capitaux qui sert de support à leurs activités est en général volontairement très imprécis : dans la structure sociétaire, il n’y a pas de caractérisation de l’action au point de vue juridique, ce qui pose problème. Il y a bien un conseil d’administration, mais la société civile a tout de même peu de droits de regard sur leur activité. Pour faire une analogie avec le domaine politique, cela reviendrait à imaginer un État qui n’aurait pas de constitution définissant les prérogatives, les orientations, les modalités de prise de contrôle des décisions, etc. Plus communément, les multinationales peuvent répartir leurs activités entre différents pays en tirant parti des avantages compétitifs de chacun, ce qui encourage une course au moins-disant social, environnemental, fiscal. C’est évidemment le côté sombre des grandes multinationales, lequel laisse les États assez impuissants.

La SRP : Dans Laborem exercens, Jean-Paul II loue le travail de l’homme comme un des aspects du développement de sa personne. Comment est-ce que cela s’applique dans l’entreprise aujourd’hui ?

Le Père Roger : La réflexion de Jean-Paul II avait un caractère prophétique. On reconnaît depuis peu en France que la question du travail au sens d’activité de l’homme a été laissée en jachère : on s’est surtout intéressé aux rémunérations, aux retraites, à la formation, à la sécurité, à l’emploi, mais très peu au travail. Le travail comme expérience, en tant qu’il est une activité essentielle pour les salariés, en termes de développement personnel, de compétences et de savoir-faire, est largement méconnu. La plupart des acteurs économiques se représentent le travail davantage comme activité instrumentale, uniquement justifiée par la rémunération, qui est appréhendée à travers des données de gestion (effectifs, salaires, etc.) et est d’abord vue comme un coût. Ces représentations sont largement nourries par la théorie économique qui voit le travail comme une activité que l’on consent à faire, mais qui est fondamentalement négative4 Cela contraste singulièrement avec les perspectives de Jean-Paul II, qui y voit un « bien de l’homme ».

La SRP : Mais ce travail humain, sans lequel il n’y aurait pas d’activité économique humaine, est-il reconnu comme un facteur indispensable à l’agir économique ou n’est-il envisagé que selon un algorithme comptable ? Et alors, ce n’est plus du travail, ce n’est qu’un des multiples facteurs de production ! C’est du «travail invisible» !

Le Père Roger : L’expression «travail invisible»5 recouvre le fait que le dirigeant d’une entreprise voit le travail à travers quelques chiffres : les effectifs, le coût du travail, le coût de la formation, etc. On parle bien de «capital humain», mais il n’a pas de réalité comptable. Tout cela nourrit une vision assez abstraite du travail. Un jour, j’ai visité une usine de maintenance aéronautique de taille moyenne, où je connaissais un opérateur peintre au pistolet, un métier qui demande un réel savoir-faire. Quelque temps après, cet homme me disait à quel point il était blessé : partant à la retraite, il avait demandé à avoir six mois pour former son successeur ; un mois avant son départ, on lui a donné quelqu’un… qu’on a mis à un autre poste au bout d’une semaine. Cela montre à quel point le dirigeant de cette entreprise n’avait pas pris la mesure du savoir-faire de son peintre, ni réalisé qu’il avait tout intérêt à favoriser la transmission des savoirs dans sa société. Au-delà de la dimension purement économique, cela revient à signifier à la personne concernée que ses compétences sont banales, substituables, sans valeur. En la considérant comme une force de travail brute, on fait un déni d’humanité. Or, les sociologues du travail montrent que les gens sont attachés à leur travail, qu’ils ont envie de faire du beau travail : il y a du goût du travail et des compétences, y compris dans les métiers «simples». Yves Clot dit d’ailleurs à ce sujet que l’une des principales souffrances au travail, c’est le travail «empêché»6, c’est-à-dire le fait de ne pas pouvoir faire le bon travail, le travail de qualité que l’on souhaite faire.

Réunion de travail

Heureusement, cette question du travail est maintenant plus d’actualité. La CFDT a mené jusqu’en janvier 2017 une grande enquête nationale7 intitulée «Parlons travail», qui a obtenu plus de 100 000 réponses. La CGT est elle aussi assez active depuis quelques années sur ce même sujet. Globalement, on constate une volonté croissante de prendre en compte la réalité du travail telle que les gens la vivent.

La SRP : Mais comment prendre en compte cette réalité humaine du travail ?

Le Père Roger : Au département de recherche du Collège des Bernardins8, nous avons constaté que l’entreprise était un objet très mal théorisé par les sciences sociales, le pire étant la représentation économique, qui est très réductrice. Faute de représentations alternatives, ce vide théorique a contribué à la diffusion des représentations financières et gestionnaires de l’entreprise qui font du travail quelque chose de totalement abstrait. Nous défendons l’idée que ce qui caractérise l’entreprise, c’est qu’elle est un collectif qui démultiplie les potentiels d’action et d’innovation. Cette coordination non marchande au sein de l’entreprise a une vraie réalité : les gens se retrouvent sur leur lieu de travail et partagent un destin économique commun (le projet et la réussite, ou l’échec de l’entreprise) qui rend possible la coopération. Celle-ci démultiplie les compétences et les capacités d’innovation. Pour fonder cette affirmation, il faut considérer ce que fait un homme dans son travail et la façon dont il apprend ou dont les savoirs se transmettent. Dans le livre Penser le travail pour penser l’entreprise9, nous montrons l’importance de l’apprentissage, de la dimension collective du travail, et la création qu’elle rend possible, mais aussi les conditions qui favorisent l’expression de ces potentiels de création.

La SRP : Au début de l’ère de l’industrialisation, la misère ouvrière était terrible. Est-ce que l’entreprise a fait des progrès du point de vue de l’humanisation du travail ?

Le Père Roger : Vous vous référez à la fin du XIXe siècle, à l’époque où Léon XIII publia sa première encyclique, Rerum novarum (1891). Ce texte illustre la réaction forte du pape et des chrétiens face à la misère ouvrière que l’on trouvait partout en Europe, dans les mines et dans l’industrie. Depuis, il y a eu un développement considérable du droit du travail, du droit social, du droit de la concurrence. Au moins dans nos pays, le travail est beaucoup plus encadré par des réglementations, que certains trouvent même trop rigides.

L’effort physique au travail est demeuré longtemps important, mais aujourd’hui, on dispose de plus de moyens pour le limiter. Dans un texte, l’écrivain Georges Navel parle de façon lyrique de la beauté du geste du cantonnier. Une de mes collègues portugaises me disait que ce texte la laissait pensive, car son père travaillait dans les travaux publics et son métier était tellement dur qu’il était obligé de boire pour tenir le coup. Aujourd’hui, sur un chantier d’autoroute, le recours aux machines fait que l’effort physique est résiduel. Mais il restera toujours des métiers physiquement pénibles, pas toujours ceux auxquels on pense. Ainsi, on a calculé par exemple qu’une caissière dans un supermarché soulève une tonne par jour avec son bras gauche.

Par contre, il existe encore une misère ouvrière qui n’est pas très différente de celle que dénonçait Léon XIII, en particulier dans nombre de pays en voie de développement. Souvenez-vous de l’effondrement du Rana Plaza le 24 avril 2013, au Bangladesh, ce bâtiment qui abritait plusieurs ateliers de confection travaillant pour diverses marques internationales de vêtements, et dont l’effondrement fit au moins 1 127 morts. Pensez aussi aux usines en Chine, où les ouvrières sont logées sur place, rentrent chez elles un week-end par mois et travaillent souvent au-delà des horaires raisonnables, dans des conditions difficiles.

Dans nos pays, on voit aussi apparaître une forme d’intensification du travail, de charge mentale, qui sont liés à l’engagement personnel croissant des gens au travail, au point que cela devient préoccupant. Les burn out et les suicides sont à la fois signe que le travail n’est pas une simple activité instrumentale pour gagner sa vie : si l’on se suicide pour son travail, ou si l’on va jusqu’au burn out, c’est que l’on y engage beaucoup plus qu’une partie de son temps pour avoir un salaire. On y engage son identité, une partie du sens de sa vie. Le rapport des gens à leur travail est très fort. Pour les trois quarts d’entre eux, ils l’aiment et en attendent beaucoup sans toujours y trouver ce qu’ils en attendent. Cet engagement est fondamentalement positif, mais seulement dans certaines limites…

La SRP : Quelles est la contribution de votre groupe de recherche à ces améliorations ?

Le Père Roger : Au Collège des Bernardins, le cardinal Vingt-Trois a jugé opportun de développer un pôle de recherche, car si nous, chrétiens, voulons contribuer à façonner le monde futur, il faut que nous travaillions sur les grands sujets de société avec tous les acteurs de la société civile quelle que soit leur confession. C’est le projet du pôle de recherche des Bernardins, qui comporte plusieurs départements. Le département d’économie a plusieurs spécificités. La première est de se proposer de produire des idées à destination des acteurs, pour faire changer les choses. En diffusant nos travaux auprès des dirigeants, syndicats, responsables politiques, nous contribuons à la discussion et aux évolutions des idées. C’est pourquoi nos productions visent à concilier la rigueur académique et une argumentation solide, tout en restant accessibles. Une autre spécificité est d’associer dans les équipes de recherche des spécialistes des différentes disciplines académiques (économie, droit, sociologie, …) et des acteurs (managers, DRH, financiers, entrepreneurs, consultants, avocats, …).

Il serait présomptueux de penser que nos idées ont une influence déterminante, mais il ne faudrait pas non plus la négliger. Ainsi, en 2011, à la fin du premier programme, nous avons rencontré un certain nombre de dirigeants, nous avons aussi présenté nos travaux à l’ensemble des syndicats lors d’une séance au Collège des Bernardins. Nos travaux ont en outre fait la une des Échos, ce qui nous a permis de toucher directement un plus grand nombre d’acteurs économiques. En 2014, nous avons conclu un second programme par un autre colloque et, aujourd’hui, nous en sommes au troisième programme. Le nombre croissant de nos contacts avec des acteurs, institutions10 ou syndicats montre que l’intérêt de nos travaux est reconnu. Nos chercheurs participent aussi à la diffusion de nos idées auprès des acteurs politiques, voire, dans certains cas, collaborent à la rédaction de propositions de lois.

Néanmoins, c’est un travail de longue haleine. Des idées peuvent mettre plusieurs décennies à se diffuser. Il ne faut pas pour autant négliger leur importance : l’évolution du monde est conduite par des idées qui émergent, qui se répandent, dont la pertinence est reconnue, et qui s’établissent peu à peu comme une norme admise. La phase de néolibéralisme et de “financiarisation” que l’on connaît depuis une quarantaine d’années est le fruit d’un mécanisme de ce type. Nos travaux peuvent contribuer à en corriger les excès.

La SRP : Vos recherches sont importantes, mais ce sont des idées qui circulent. Cela change-t-il, cela améliore-t-il légalement et socialement l’agir du travailleur ?

Le Père Roger : Sur différents sujets, il y a eu des évolutions législatives qui correspondent à l’esprit de nos propositions. Ainsi, l’actionnariat volatile est un problème pour une entreprise : les actionnaires à très court terme font peser sur l’entreprise un surcoût qui est indirectement supporté par les actionnaires de long terme. C’est pourquoi nous promouvons une conception de l’actionnaire qui prend en compte la durée de détention des titres. Il est en effet difficile de considérer comme «actionnaire», c’est-à-dire comme partie prenante au contrat de société, des personnes qui détiennent une action pendant quelques minutes, quelques semaines ou quelques mois. Et plus encore de légitimer la capacité d’actionnaires nomades à décider des orientations de la société de capitaux. Pour favoriser un actionnariat stable, nous avons proposé de qualifier d’actionnaires seulement les personnes qui détiennent des titres depuis plus de deux ans et de conditionner le droit de vote et la perception des dividendes à cette durée de détention. En deçà, il s’agit plutôt d’investisseurs qui cherchent à faire de la plus-value, de spéculateurs. C’est utile, mais comme ils ne participent pas de façon positive au projet de l’entreprise, il n’y a pas de raison de les rémunérer avec des dividendes, ni de les laisser participer aux décisions. Le Gouvernement a fait voter en 2014 la loi Florange11, qui est une forme de réponse à cette question en différenciant les actionnaires longs et les actionnaires courts.

Notre réflexion a aussi porté sur le domaine de la gouvernance. Si l’entreprise est par nature un collectif créateur, les apporteurs de capitaux rendent possible ce projet mais n’y contribuent pas effectivement, sauf s’ils y sont engagés comme actionnaires actifs, voire comme administrateurs ou comme dirigeants. Il ne nous paraît donc pas défendable que le pouvoir de décision ultime repose exclusivement entre les mains des actionnaires. Nous avons proposé d’évoluer vers une gouvernance plus équilibrée qui laisse la place à des administrateurs salariés dans les conseils. La législation aussi évolué sur ce point en 2013, et nous accompagnons cette évolution. Nous avons ainsi organisé deux demi-journées de colloque en 2015 et en 2017 avec des partenaires spécialisés dans ces questions. Ces « Assises des administrateurs salariés » ont rassemblé à chaque fois près de 250 personnes au Collège des Bernardins.

Quand on considère l’entreprise et les relations économiques à travers la question des pouvoirs (des actionnaires, des dirigeants, du donneur d’ordre sur le sous-traitant, de la maison-mère sur les filiales, etc.), on est conduit à s’interroger sur la légitimité et sur les modalités d’exercice de ces pouvoirs et sur les responsabilités correspondantes. Nous avons pas mal travaillé dans cette perspective. Par exemple, plusieurs de nos chercheurs ont participé à la réflexion sur la loi qui porte sur la responsabilité des maisons mères à l’égard des filiales, qui a été votée récemment12. Nous avons aussi été à l’origine d’une séance au Parlement italien sur la question des administrateurs salariés, qui a rassemblé des chercheurs et des hommes politiques français et italiens. Nous essayons de nourrir la réflexion et de donner des arguments aux politiques pour les aider à aller dans une direction qui nous paraît bonne. Je note enfin avec plaisir que notre façon d’envisager l’entreprise et la personne humaine qui en est le centre rencontre de l’intérêt. Certains entrepreneurs nous ont même dit que nos travaux avaient influencé leur manière de voir les choses et les ont conduits à changer leur mode de fonctionnement, de management.

La SRP : Merci, Père Roger, de la part de tous nos abonnés qui sont vos lecteurs !

Photo : Zinkevych / Fotolia

 


1 – Le département de recherche Économie et Société.

2 – En France, 1 million de micro-entreprises emploient le même nombre de personnes que les 200 plus grosses (environ 2 millions de personnes). P.-Y. Gomez parle de «l’effet Gulliver» pour qualifier notre tendance commune à appréhender la réalité de l’entreprise à partir des plus grandes.

3 – Avec 25 % de l’emploi total, les TPE réalisent 500 milliards d’euros de chiffre d’affaire en France, soit l’équivalent des 30 plus grosses entreprises.

4 – Les économistes parlent de «désutilité».

5 – Pierre-Yves Gomez, Le travail invisible : Enquête sur une disparition, Paris, François Bourin Editeur, 2013.

6 – Yves Clot, Le travail à cœur. Pour en finir avec les risques psychosociaux, Paris, La Découverte, 2010, 192 p.

7 – Ce questionnaire en ligne était ouvert à tous ceux qui ont un avis sur le travail (salariés du privé ou de la fonction publique, intérimaires, autoentrepreneurs, étudiants, stagiaires, demandeurs d’emploi, retraités…). Il s’agissait de collecter jusqu’en janvier 2017 des millions de réponses sur le thème du travail : comment est-il ressenti, voulu, investi ? A-t-il du sens et si oui, lequel ? Que met-il en jeu individuellement et collectivement ? Quel est son impact sur la santé des personnes ? Leur vie privée ?

8 – Depuis 2009, au Collège des Bernardins, une trentaine de chercheurs mènent un travail sur ces questions. Ce groupe publie des ouvrages importants sur des sujets touchant l’entreprise.

9 – Olivier Favereau, Alexandra Bidet, Jean-Marc Le Gall, Helena Lopes, Baudoin Roger, Amélie Seignour, Penser le travail pour penser l’entreprise, Paris, Presses des Mines, 2016, 180 p.

10 – Cf. par exemple, le rapport fait par O. Favereau à la demande de l’OIT en 2016.

11 – Cf. Loi n°2014-384 du 29 mars 2014 visant à reconquérir l’économie réelle.

12 – Cf. Proposition de loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre, enregistrée le 11 février 2015.

 

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