Monseigneur Michel Aupetit

«Depuis tout petit, je rêvais d’être médecin parce que je supportais mal de voir souffrir ceux que j’aimais. […] Je voulais devenir médecin de campagne.» Celui qui présente ainsi son choix professionnel est devenu médecin des corps avant de devenir médecin des âmes. Michel Aupetit a en effet exercé comme généraliste à Colombes pendant une dizaine d’années avant d’entrer au séminaire de Paris et d’être ordonné prêtre par Mgr Lustiger en 1995. Cet appel au ministère sacerdotal a transformé radicalement son regard sur la vie : «Pour un médecin qui n’a pas la foi, la mort a forcément le dernier mot, il sait que, même s’il continue à vaincre la maladie, un jour il va perdre. Tandis que moi, prêtre confronté à la mort, à tous les coups je gagne. Une sacrée différence !»

Vicaire général du diocèse de Paris, puis évêque auxiliaire de ce même diocèse en 2013, titulaire d’un DU d’éthique médicale à la faculté de médecine de Créteil, Mgr Aupetit a été chargé par le cardinal Vingt-Trois des questions de bioéthique pour le diocèse de Paris. Il a ainsi collaboré au Département d’Ethique médicale de la Faculté de médecine de Créteil où il a enseigné conjointement avec le Dr Boubakeur (recteur de la Mosquée de Paris) et avec le Pr Kanovitch (membre du Consistoire israélite). Il a, en outre, enseigné la bioéthique à l’École Cathédrale de Paris pendant plusieurs années.

Mgr Aupetit a participé à la Manif Pour Tous le 26 mai 2013. À propos de la loi Taubira, il avait écrit : «Il ne convient pas qu’au nom d’un individualisme exacerbé, on crée une loi pour chaque catégorie de personnes. Sinon, pourquoi pas la polygamie ? L’inceste ? L’adoption d’un enfant par un frère et une sœur ? Pourquoi pas, en effet, “puisqu’ils s’aiment”, pour reprendre l’argumentation des partisans du “mariage homosexuel” ?»

Devenu évêque de Nanterre en 2014, Mgr Aupetit vient d’être élu par la Conférence des évêques de France à la tête du Conseil famille et société (dont il était déjà membre), succédant dans cette fonction à Mgr Jean-Luc Brunin, l’évêque du Havre, qui ne pouvait être reconduit après deux mandats.

Dans le contexte politique et sociétal actuel et dans la perspective des réformes touchant aux questions de vie, le Conseil famille et société est un des organes les plus exposés de la Conférence des évêques de France. Le choc provoqué par le «mariage pour tous» et ses extensions collatérales (gender, PMA, GPA) l’a mis sur le devant de la scène. Avec le synode sur la famille, il se trouve également à l’intersection des sujets les plus débattus au sein de l’Église en France, devant suivre en particulier la question de l’interprétation et de l’application d’Amoris laetitia, l’exhortation apostolique sur la famille, dans les diocèses français.

2 livres de Monseigneur Aupetit

Par la richesse de son expérience et par l’étendue de sa réflexion, Mgr Michel Aupetit est particulièrement bien armé pour appréhender ces questions. Il a publié plusieurs ouvrages traitant de questions anthropologiques et bioéthiques, parmi lesquels :
L’homme, le sexe et Dieu : pour une sexualité plus humaine, éd. Salvator, 2011. Dans cet ouvrage, Michel Aupetit fait un exposé très maîtrisé de l’enseignement catholique sur la sexualité remarquable par son ampleur de vue, sa structuration et sa concision, et émaillé de trouvailles inattendues. Les notions de relation et de communion constituent le pivot de sa synthèse théologique. Ses connaissances médicales et anthropologiques viennent étayer son analyse philosophique et éthique, qui invite le lecteur à entrer dans la fécondité de l’Amour divin.
Construisons-nous une société humaine ou inhumaine ?, Éditions du Moulin, 2016. Prenant à bras le corps les questions que posent aujourd’hui les nouvelles techniques biomédicales, l’auteur se demande quelle société nous construisons actuellement pour les générations à venir. Tout est imaginable : transhumanisme, enfant à volonté et sur mesure, personnes gênantes «abrégées», etc. Mais en allant trop loin, l’homme ne risque-t-il pas de perdre sa dignité humaine ? Revenant aux sources de ce qui fait notre être, notre personne, notre vie, ce petit recueil nous permet d’avoir les idées claires pour construire la société de demain en vue d’un plein épanouissement de l’homme.

Ayant choisi pour devise épiscopale «Je suis venu pour qu’ils aient la vie en abondance», c’est bien des questions les plus critiques touchant à la vie que Mgr Aupetit aura à traiter dans le cadre de ses nouvelles fonctions.

Laure-Marie de Synthe

Photo : Olivier LPB / Wikimedia Commons

 

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