L'enfer du néo-communisme

Repenser la place de l’homme dans la société… pourrait être un véritable programme de campagne électorale. On assiste cependant dans ce domaine à un véritable concours Lépine de propositions plus ou moins sérieuses ou réalisables, et dont le financement n’est pas toujours garanti. Alors comment s’y retrouver ?

À la recherche de l’Homme parfait

De tout temps, on a cherché à améliorer les performances de l’être humain. Tout le monde a en tête les ravages provoqués par le dopage des sportifs de haut niveau. Les techniques étant de plus en plus sophistiquées, il est probable que ce fléau ne sera pas éliminé de sitôt.

Depuis quelque temps, les tentatives pour développer l’eugénisme, par la «sélection» initiale des embryons et, à l’autre bout du cycle de la vie humaine, par l’euthanasie, cherchent à ne garder en vie que les «meilleurs» de nos semblables. Il n’est pas inutile de revoir le film Bienvenue à Gattaca pour comprendre que nous ne sommes pas loin de franchir la ligne rouge de la transgression.

L’intelligence artificielle, qui pourrait être une aide pour les personnes, remplacera-t-elle l’intelligence humaine ? C’est envisageable, à en juger le projet d’un «homme cyborg» élaboré par la start-up américaine Neuralink1, avec des recherches sur un implant cérébral qui permettrait à l’homme de télécharger et de décharger ses pensées sur un ordinateur.

Heureusement, les «23 principes d’Asilomar» cherchent à encadrer le développement de l’intelligence artificielle. On peut cependant y voir une tentative d’auto-régulation de ses propres dérives. Peut-être nous restera t-il assez de raison et d’esprit pour dire stop à temps !

Où l’individualisme prime sur le collectif

On observe une dérive individuelle – et donc potentiellement égoïste – de la société, qui ne considère plus la famille et le bien commun comme les piliers de l’accomplissement de la personne humaine. En effet, beaucoup de réformes récentes (ou à venir ?) portent en elles cette évolution.

Par exemple, la réforme de l’IRPP (Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques), qui prévoit le prélèvement à la source (prévu à compter de début 2018) est présentée comme une réforme technique inévitable car moderne, mais en fait elle masque le fait que l’IRPP sera désormais individualisé et réintégré a posteriori au foyer fiscal attaché à la famille… Cette notion de foyer fiscal pourrait bien disparaître avec la fin des ajustements techniques et/ou correctifs prévus dans la phase de transition.

Dans la même lignée, il serait intéressant de vérifier si certains mécanismes désormais individualisés en substitution de ceux intégrés dans la gestion à long terme d’une entreprise (compte personnel de formation, retraites notionnelles individualisées, plans de retraites portables d’une entreprise à une autre,…) ne portent pas en eux-mêmes les germes d’une individualisation croissante de la société.

Vers la disparition de la propriété individuelle

Des groupes de réflexion politique se sont penchés sur une proposition assez iconoclaste : taxer les revenus fictifs liés au simple fait d’être propriétaire2. De quoi s’agit-il ? Une fois les emprunts souscrits pour le financement de son logement principal totalement remboursés, le propriétaire se retrouvera donc sans charges liées au remboursement et au financement des sommes empruntées pour l’acquisition de son logement, hormis la taxe foncière. Il serait alors créé une «inégalité» par rapport aux personnes qui sont locataires, inégalité qu’il conviendrait de supprimer.

On n’ose imaginer la situation future des retraités qui, avec des revenus plus faibles, seraient probablement en grande difficulté pour préserver leur logement.

Le droit de penser et d’avoir une opinion

La diffusion de fausses informations, appelées également «fake news» (« fausses nouvelles ») dans le jargon des médias, n’est malheureusement pas nouvelle. Ces fausses informations, inexactes par nature et non vérifiées avant leur diffusion, ont tendance à se répandre aussi rapidement que les informations considérées comme véridiques, et ce grâce aux réseaux sociaux. Pour autant, une information considérée comme véridique est-elle absolument «vraie», donc conforme à la réalité et représentative des faits et des opinions exprimées ?

La question est donc de savoir ce qui est vrai ou faux, et c’est bien là que le plus étrange arrive. En effet, plutôt que de se soucier de délivrer une information précise et exposée de façon objective, certains médias se sont auto-attribués le droit de définir quelles étaient les informations à considérer comme fiables3. C’est la forme moderne de «l’arroseur arrosé», car les journalistes concernés ont ainsi montré leur peu d’objectivité.

Peut-on encore réfléchir et se faire une opinion face à une puissance médiatique hypertrophiée et très puissante, où l’on rabâche à longueur de journée les mêmes informations, devenant ainsi elles-mêmes la réalité que l’on a voulu décrire ?

À l’approche des élections présidentielles, il est intéressant de se poser de nouveau la question de savoir quelles sont réellement les propositions des candidats sur ces différents sujets.

Alexandre Germain

 


1 – Pour en savoir plus, voir cet article dans Les Échos.

2 – Voir FigaroVox du 4 janvier 2017.

3 – On pense par exemple au «Decodex» du journal Le Monde, ou encore à l’initiative des principaux réseaux sociaux de se structurer pour mieux filtrer et contrôler les informations, au risque de se transformer en «arbitres de la vérité».

 

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