Trump, roi de la com

La victoire de Trump est certainement l’échec d’Obama. Comment se fait-il que deux mandats du charismatique, élégant et brillant premier président noir des États-Unis aboutissent à l’avènement de Trump ? Car le nouveau Président s’est totalement imposé comme étant l’anti-Obama. Obama est un exceptionnel communicant, jamais pris en défaut, toujours flegmatique, mesuré dans ses propos, au point de désespérer les imitateurs et humoristes, qui ne peuvent que très peu le caricaturer. Au moins, une chose est sûre, leur déprime s’est arrêtée ce mardi 9 novembre 2016 !

40 % des américains disent souffrir de l’augmentation des inégalités sous la mandature d’Obama, dévoilent Les Échos. Alors, à quoi sert tout ce brio, s’il ne contribue pas à améliorer la vie des Américains ? Et c’est la compétente mais tellement prévisible Hillary Clinton qui en a payé les conséquences. Elle a aussi ajouté sa dose de mépris – en toute bonne foi tant une certaine élite est certaine de son bon droit – en traitant les électeurs de Trump de «panier de gens déplorables». Et quand, à la fin du second débat, le présentateur a demandé aux deux participants de dire une parole positive sur son adversaire, Clinton a botté en touche en félicitant les enfants de Trump «très capables et dévoués, ce qui en dit long sur Donald» tandis que Trump reconnaissait à sa rivale beaucoup de courage et de pugnacité : «Elle n’abandonne jamais. Je la respecte pour ça. (…) C’est une battante» rapporte Le Monde.

En faisant ainsi, il se montrait finalement fair-play, capable de dire directement du bien de sa rivale, sans commettre l’erreur de la sous-estimer. Ce que n’a pas fait Hillary Clinton, pourtant bien plus rompue en communication, mais en fait trop attendue, trop lisse et trop bien-pensante. Face à elle, Trump n’avait qu’à être lui-même, direct, impulsif et outrancier, pour déchirer les apparences de papier glacé du politiquement correct. Mais au moins, avec Trump, on sait à quoi s’en tenir, on semble savoir à qui on a affaire. Et les premières paroles du discours du Président Trump ont été pour féliciter chaleureusement et sincèrement sa rivale battue : «Hillary a travaillé longtemps et très dur sur une très longue période et nous lui devons une immense gratitude pour tout ce qu’elle a fait au service du pays» lit-on dans le Washington Post.

Si l’on compare l’attitude de Trump avec François Hollande, fraîchement élu en 2007, on constate que le président «normal» n’avait pas eu cette élégance à l’égard du président sortant. Il a même multiplié tout au long de son mandat les paroles méprisantes pour toutes les couches de la société. Pourtant, cela n’était pas dans sa campagne, contrairement à Trump pourrait-on dire, ni dans son programme… Finalement, qu’est-ce que les États-Unis ont à perdre avec un Président anormal ? Ce fut toute la stratégie de Trump, simple mais efficace, à l’égard des minorités : «What do you have to lose by trying something new like Trump ? What do you have to lose ?» Qu’avez-vous à perdre en essayant quelque chose de nouveau comme Trump ? Qu’avez-vous à perdre ? Les déçus d’Obama se sont visiblement laissé tenter.

Alix Verdet

Photo : Gage Skidmore / Wikimedia Commons

 

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