l'éducation sexuelle des migrants

Cours d’éducation sexuelle pour des migrants au centre de réfugiés de la ville flamande de Broechem, dans la province d’Anvers. Une douzaine d’afghans déroulent des préservatifs sur des pénis en plastique, tantôt avec sérieux, tantôt en pouffant de rire. Pour la plupart d’entre eux, l’arrivée en Belgique a constitué un choc culturel : «A Logar, dont je suis originaire», explique l’un d’eux, «on ne parle pas aux filles. Et si on le fait, les Talibans nous lapident», lit-on dans The Economist. Même s’il n’ose toujours pas parler aux filles, il apprécie de les regarder.

L’Europe veut donner des leçons de bonne conduite sexuelle

Plusieurs pays ont ressenti la nécessité de former les réfugiés aux relations hommes-femmes dans les sociétés occidentales. La Norvège, la Belgique et l’Allemagne ont ajouté des cours d’éducation sexuelle et sociale à l’apprentissage de la langue du pays. En effet, l’Europe semble découvrir que le fossé culturel est immense entre l’accueil bienveillant et humanitaire de ses membres et les migrants de culture musulmane. La preuve en est que les médias restent sans voix quand des agressions sexuelles d’ampleur majeure impliquent des réfugiés. A Cologne, police et médias ont honteusement minimisé les agressions commises par des immigrés maghrébins et remis en cause les tenues des plaignantes, qui ont pourtant été plus d’une centaine à être agressées. En Suède, après le scandale de Cologne, la police a reconnu avoir caché le nombre exact de plaintes pour agressions sexuelles lors des deux éditions successives d’un festival d’été pour adolescents. Les agresseurs, une cinquantaine de mineurs non accompagnés, étaient tous des demandeurs d’asile d’origine afghane, révélait BFMTV.

Et que dire de l’épouvantable silence sur les viols dont ont été victimes les enfants et adolescentes des familles ouvrières de la ville de Rotherham pendant 16 ans, tout cela parce que leurs agresseurs étaient pakistanais et qu’il ne fallait pas passer pour des racistes en les dénonçant… Même si les agressions sexuelles restent majoritairement le fait d’Européens et qu’il est injuste de stigmatiser les réfugiés, il existe véritablement un double choc : celui des Européens qui pensent que des discours sur le vivre ensemble vont suffire à accueillir et intégrer des réfugiés ; et celui des réfugiés à qui l’on tente d’expliquer les «bonnes mœurs évoluées» des occidentaux, vis-à-vis des femmes notamment.

Initiation à la perversion morale occidentale

Mais que trouve-t-on dans ces sites internet et ces guides d’éducation sexuelle proposés aux migrants ? Si l’on prend le site allemand «Zanzu, mon corps en mots et en images», on y apprend en douze langues l’existence des moyens de contraception, mais aussi de positions diverses et variées qui ne se font pas nécessairement dans un lit, de moyens d’augmenter le plaisir sexuel ; le ministère allemand de la santé a tenu à ajouter que «la masturbation ne comporte aucune nocivité et rappelle que la pornographie peut être utilisée pour stimuler une excitation sexuelle réciproque», indique le site belge 7sur7. L’homosexualité étant dépénalisée en Europe, ce site «donne également des conseils sur comment faire son coming-out» précise Slate.

Toutes ces thématiques sont présentées comme «liées à la santé sexuelle et à la reproduction» et prodiguées pour leur garantir «un accès discret et direct au savoir dans ce domaine» ; sans oublier la prévention contre les maladies sexuellement transmissibles. Et pour les analphabètes, des pictogrammes explicites assortis du symbole du pouce levé se chargent de faire leur éducation. En résumé, la permissivité est totale, à l’exception des attouchements, du harcèlement et du viol qui vont contre le consentement – seul critère de bien ou de mal – et de l’exhibitionnisme, qui n’a certainement pas le même sens pour un Afghan et pour un Européen.

Mais jusqu’où est tombé l’Occident pour se croire légitime d’émanciper ainsi les immigrés, pour n’avoir à offrir qu’une vision dégradée du corps et de la sexualité ? Et sommes-nous sûrs qu’il soit nécessaire d’informer sur les positions et mouvements favorables à une «sexualité satisfaisante» présentée comme «respectueuse» de l’autre ? De qui se moque-t-on ? Des migrants, certainement, avec l’infinie condescendance des néo-colons idéologiques que fustige le Pape François. Si l’on devait «former» les jeunes de nos collèges et lycées avec ce genre de guides, nul doute que les parents s’y opposeraient avec la plus grande indignation. Mais ces réfugiés afghans ou pakistanais, empressons-nous de les abreuver de notre indécence et de notre décadence, parangons de l’homme enfin libre.

Galanterie ou voyeurisme : quelles sont les normes sexuelles européennes ?

Comme l’analyse The Economist, «enseigner des normes sexuelles est un exercice délicat, vu que les sociétés européennes elles-mêmes ne sont pas d’accord sur ces normes.» Et les différences sont des plus risibles. En Norvège, un cours s’attache à montrer des photos de stars aussi peu habillées que Kim Kardashian ou d’autres bimbos adeptes de l’exhibition sur les réseaux sociaux pour expliquer que ces manières de s’habiller sont «des expressions de liberté individuelle plus que des signaux de disponibilité» et doivent donc être «respectées», tout en invitant «les réfugiés hommes à protéger leur réputation en ne recherchant pas les filles faciles»… En Wallonie, dans un style très différent, «la galanterie est présentée comme un idéal : les hommes doivent ouvrir la porte pour les femmes, porter leurs bagages lourds et leur proposer de les aider à mettre leur manteau», ce que les féministes trouvent paternaliste et condescendant ailleurs. Pas facile de s’y retrouver dans ces mœurs européennes ! Mais ce qui est sûr, c’est que ces «normes sexuelles» occidentales sont jugées choquantes par les réfugiés. «D’un côté, il y a les publicités avec des femmes à demi nues ; et de l’autre côté, il est très difficile d’inviter les femmes à sortir. C’est très déroutant.»

Une génération saturée d’errance sexuelle

En réalité, il n’y a pas que les migrants à être déroutés et déconcertés. C’est la société occidentale tout entière qui l’est. Une enquête parue dans le Washington Post a constaté que les générations des «millennials» – c’est-à-dire ceux nés dans les années 1990 et qui ont grandi avec internet et les téléphones portables mais aussi avec les MST et l’envahissement des normes de sécurité en tout genre – se détournent de la sexualité débridée de leurs aînés. Ce n’est pas par conviction religieuse, ni par éducation (car ils ne suivent pas l’exemple de leurs parents). Mais, c’est «le devoir de performance encouragé et déformé par les images pornographiques, les attentes irréalistes de perfection physique mises en avant par les appli de rencontres et la peur du viol» qui bloquent les jeunes générations.

Malgré les apparences, nous atteignons la queue d’une déchéance des mœurs qui a commencé dans les années 60 et dont nous subissons encore les effluves. La génération montante est écœurée de ce libéralisme moral dont elle a subi tous les traumatismes et contre laquelle elle voudrait bien lutter avec des moyens insuffisants. Apprendre aux migrants les formules de nos libertés sexuelles, c’est leur enseigner jusqu’à quel point l’Occident méprise ses propres valeurs, ces valeurs qui donnent un sens à l’amour, à la famille, au respect de la femme. Ces valeurs, fondement d’une civilisation humaine, nous avons mis plus de 2000 ans à les construire et à les intégrer dans un vivre ensemble respectueux de l’intégralité de la personne humaine. Au lieu d’aider une autre culture qui possède un certain nombre de ces valeurs à les intégrer dans une société qui les pratique avec plus d’intériorité et de liberté, nous utilisons nos techniques d’irresponsabilité morale à persuader des hommes que leurs libertés pulsionnelles trouveront, dans nos mœurs perverties, un terrain d’accueil favorable, pourvu qu’ils respectent certaines règles d’hygiène et un consensus largement hypocrite. Quand nous aurons appris aux migrants à mettre un préservatif, aux femmes à utiliser un stérilet ou à prendre la pilule, aurons-nous pour autant évité les orgies de Cologne, les horreurs de Rotherham et celles qui sont cachées dans les autres pays ? Nous aurons abdiqué nos responsabilités et nous nous retrouverons entre deux mondes prêts à se dévorer pour préserver, l’un sa vision religieuse, l’autre sa corruption morale.

Il est grand temps que notre jeunesse dise ce qu’elle a à dire. Il est aussi important de l’aider à atteindre les valeurs qu’elle pressent et de lui donner les moyens de les intégrer dans une société dont elle devra prendre la charge.

Alix Verdet

 

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