Mails haineux anti-catholiques

Julian Assange (fondateur de l’ONG de Wikileaks) a promis de rendre régulièrement publics les courriels hackés du clan Clinton d’ici à l’élection américaine.

Vendredi dernier, alors que les catholiques n’ont jamais été aussi nombreux à vouloir voter démocrate aux prochaines élections présidentielles, étaient révélés plus d’un millier de courriels de la boîte de John Podesta, le directeur de campagne d’Hillary Clinton, dans lesquels paraissent clairement des positions très méprisantes et très méfiantes à l’égard des catholiques.
A propos de la foi catholique des familles de Rupert Murdoch et de Robert Thomson, tous deux magnats de la presse et des médias, Catholic News Agency révèle que John Halpin, un collaborateur d’un cercle progressiste, écrit : «C’est une incroyable bâtardisation de la foi. Ils sont attirés par cette vision terriblement rétrograde des relations [traditionnelles] entre les genres et ignorent absolument tout de la démocratie chrétienne.»

Jennifer Palmieri, directrice de communication de la campagne, répond : «J’imagine qu’ils pensent que c’est la religion conservatrice la plus acceptable socialement et politiquement. Leurs riches amis ne comprendraient pas qu’ils deviennent évangéliques». Leur foi catholique ne serait donc qu’un choix opportuniste pour s’afficher conservateur, mais sans tomber dans le travers impardonnable pour la gauche américaine d’être évangélique, foi religieuse encore plus méprisée par les démocrates qui se veulent les champions du progressisme contre l’obscurantisme évangélique.

Ce à quoi Halpin ajoute, très ironiquement : «Ils peuvent parler à tort et à travers de pensée «thomiste» et de «subsidiarité» pour avoir l’air raffiné mais personne ne comprend un traître mot de ce dont ils parlent.»

Mais une autre série de courriels va bien plus loin. Sandy Newman, président de Voices for Progress, s’adresse à John Podesta dans un courriel publié par National Catholic Reporter : «Toute cette controverse avec les évêques qui s’opposent au remboursement de la contraception, alors que 98 % des femmes catholiques et de leurs conjoints utilisent une contraception, m’a fait réfléchir… Il y aurait besoin d’un Printemps Catholique, dans lequel les catholiques eux-mêmes demanderaient la fin d’une dictature moyenâgeuse et le début d’un peu de démocratie et d’égalité entre les genres dans l’Église Catholique. (…) Est-ce que le remboursement de la contraception pourrait être le sujet à propos duquel ce printemps pourrait arriver ? (…) Bien sûr, cette idée peut montrer mon absence totale de compréhension de l’Église Catholique. (…) Qui pourrait planter les semences d’une révolution ?»

John Podesta, lui-même catholique, lui répond qu’il y a eu des tentatives d’émancipation de l’Église catholique de l’intérieur : «Nous avons créé «Catholics in alliance for the Common Good1» pour s’organiser dans des occasions comme celles-là. Mais il me semble qu’ils manquent de leadership pour y arriver. Comme les Catholics United2. Comme la plupart des «printemps», je crois que celui-ci doit partir de la base.»

Mgr Charles Chaput, archevêque de Philadelphie, n’a pas manqué de commenter ces courriels dans sa colonne hebdomadaire. En 2008, deux membres de Catholics United étaient venus le rencontrer pour tenter de le convaincre ainsi que les autres évêques de voter pour Obama et de ne pas se concentrer sur le seul sujet de l’avortement. Mgr Chaput fait le constat suivant : «Grâce à leur travail et aux activistes de leur espèce, les catholiques américains ont aidé à élire une administration qui a été la plus obstinément défavorable aux croyants, aux institutions religieuses, aux préoccupations des croyants et à la liberté religieuse depuis des générations.»

Le soir de la révélation des courriels de Podesta, un de ses amis, procureur non catholique, respecté dans tout le pays et expérimenté dans les affaires de relation Église/État, lui a envoyé un courriel furieux : «J’ai été profondément blessé par les courriels [du clan Clinton], qui sont empreints du pire fanatisme auquel une machine politique puisse avoir recours. L’Église a un droit absolu de se protéger, en tant que foi et en tant qu’Église, des attaques venant de forces politiques civiles. Cela s’applique certainement ici…»

«Sur les huit dernières années, il est clairement prouvé que l’administration actuelle, dont ces personnes partagent les valeurs, a été très hostile aux organisations religieuses. Maintenant, il y a la preuve évidente que cette approche est délibérée et qu’elle s’accentuera si ces acteurs continuent, peut-être même encore plus, d’être actifs dans le gouvernement.»

«Ces fanatiques s’activent pour établir une stratégie en vue d’orienter le catholicisme non pour être catholique ou cohérent avec les enseignements de Jésus, mais avec la ‘religion’ qu’ils veulent. Ils sont en train d’essayer de changer la religion dans son essence même pour la faire adhérer à leur vues sécularisées du bien et du mal, en cohérence avec leur politique.»

Après les viles déclarations de Trump à l’égard des femmes, ces révélations sur le clan Clinton continuent de faire descendre le niveau du débat aux États-Unis. Selon un ami de Chaput, le choix des américains va se faire entre «un homme vulgaire, voyou, rustre, irrespectueux à l’égard des femmes et avec un sérieux problème de contrôle de ses impulsions ; ou une menteuse, intrigante et robotisée, dotée d’un perpétuel appétit de pouvoir et d’un entourage truffé de fanatiques anti-catholiques.»

«Dans une nation où le ‘choix’ est maintenant la religion d’état non-officielle», conclut Mgr Chaput, «le menu pour le dîner est extraordinairement maigre».

Alix Verdet

 


1L’alliance des catholiques pour le bien commun est une organisation apolitique à but non-lucratif catholique fondée en 2005 aux États-Unis et qui a pour but de promouvoir «la plénitude de la doctrine sociale de l’Église dans la sphère publique, la politique, les médias, la culture.»

2 – Catholics United est une organisation politique à but non-lucratif dédiée «à promouvoir le message de justice et de bien commun fondé au cœur de la doctrine sociale de l’Église». Cette organisation n’est pas rattachée à l’Église Catholique de manière institutionnelle. De sensibilité plutôt démocrate, ils ont soutenu la candidature de John Kerry pourtant pro-choice contre George W. Bush ainsi que l’Obamacare, qui avait fait polémique par son obligation de remboursement de la contraception. Ils militent également en faveur des droits des homosexuels dans l’Église. Voir article sur le site Life.

 

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